mardi 5 octobre 2021

Toyota GT-86

Le coupé Toyota GT-86 alias BTZ (car en grande partie issue du concept-car Subaru BRZ STi) a été présenté au salon de Tokyo, en attendant sa mise sur le marché annoncé pour l'été 2012 en Europe. La surprise fut au rendez-vous.
Des conducteurs l'ont même vu circuler sur les highways américaines, sans doute dans le cadre d'un essai pour des journalistes, ce qui a suscité encore plus d'intérêt pour cet élégant coupé.


Moteur suralimenté
Ce coupé dispose d'un moteur central avant de 4 cylindres à plat opposés (boxer) de 1998 cm3 à double injection (directe/indirecte). Alliés à un taux de compression de 12.5:1, cette configuration permet de modérer la consommation tout en ayant de la puissance et du couple sur une large plage de régimes moteur.
Equipé d'une boîte manuelle à 6 rapports ou automatique avec palettes au volant, les 200 ch à 7000 tr/min développent 205 Nm à 6600 tr/min. Résultat, un moteur nerveux mais sobre au comportement plutôt sage.
Pour le reste, la GT-86 dispose de suspension MacPherson à l'avant et à double triangulation à l'arrière, de pneus de 18" (215/40R18 à l'avant et 225/40R18 à l'arrière) et d'options de sécurité bien utiles comme l'ABS (anti-bloquage des roues lors de freinage d'urgence), le VSC (contrôle de stabilité) et d'un différentiel à glissement limité.
Avec 4240 mm de long, 1285 mm de haut et un empattement de 2570 mm, la Toyota GT-86 est la voiture sportive à 4 places la plus compacte du monde.
Pour améliorer la dynamique de cette propulsion, la garde au sol a été surbaissée à 460 mm et les masses réparties à 53/47 %. Son poids situé juste au-dessus de 1200 kg présage de belles performances.


Enfin, pour accentuer son côté sportif, ce coupé est équipé d'un (petit) volant de 36.5 cm de diamètre gainé de daim, d'un compte-tour placé au centre du tableau de bord, d'un pédalier sport en aluminium, d'un aileron arrière et d'un double pot d'échappement. L'ensemble de ces caractéristiques lui confère une allure très élégante.
Bref, malgré le côté trop sage de son moteur, ce coupé nipon est très séduisant.
Ce coupé GT-86 pourrait être proposé au prix de 33000€.

vendredi 1 janvier 2016

Nouvelle année, nouvelle stratégie

Dorénavant pour éviter de dissiper mes efforts, les articles seront autant que possible intégrés directement dans le site Luxorion, ce qui a déjà été fait avec beaucoup d'entre eux ou, si le sujet n'est pas suffisamment documenté, il y sera fait référence sur ma page Facebook où il est plus simple et convivial d'insérer des liens directs vers les sources documentaires et d'échanger des avis avec les amis.


Ceci dit, ce blog reste actif mais probablement plus avec la même fréquence que par le passé. Merci à tous pour l'intérêt que vous portez à mes articles.

vendredi 18 décembre 2015

La fracture Nord-Sud en chiffres

Voici quelques chiffres qui en disent long sur les soi-disant "bonnes intentions" de l'Occident - les membres du G-20 pour être précis - à vouloir réduire la fracture "Nord-Sud". Une enquête édifiante. A méditer.
Selon le PNUD, les 3 personnes les plus riches du monde sont aussi riches que les 48 pays les plus pauvres.
Les avoirs des 84 personnes les plus riches dépassent le produit intérieur brut de la Chine avec ses 1.2 milliard d'habitants.
Les 225 personnes les plus riches ont un revenu annuel équivalent à celui de 47% de celui des individus les plus pauvres de la planète, soit 3 milliards de personnes en 2005. Il suffirait de moins de 4% de la richesse cumulée de ces 225 plus grandes fortunes mondiales (évaluées à plus de 1000 milliards de dollars US) pour donner à toute la population du monde l'accès aux besoins de base et aux services élémentaires : soins de santé, alimentation, éducation
Selon la Banque Mondiale, la dette totale des pays en développement s’élevait à environ 2527 milliards de dollars en 2001 dont 20% de dettes privées non garanties. Ces pays remboursent chaque année plus de 200 milliards de dollars.
Les réductions ou annulations de dettes consenties aux pays du tiers-monde représentent moins de 2% de l’ensemble de leurs dettes.
L’ensemble des aides publiques au développement atteint 45 milliards de dollars par an.
L’Afrique subsaharienne dépense quatre fois plus d'argent pour rembourser sa dette que pour toutes ses dépenses de santé et d’éducation.
En réévaluant 5% de ses réserves d'or, soit 2.1 milliards de dollars, le FMI pourrait assurer l'éducation de l'Afrique subsaharienne durant 10 ans.
En vendant ou réévaluant un quart de ses réserves d'or, le FMI pourrait annuler la totalité des dettes contractées par les pays pauvres très endettés (PPTE) envers son institution.
A titre de comparaison, tant aux Etats-Unis que dans l'Union Européenne, la dette publique dépasse 5500 milliards de dollars.
Le déficit commercial des Etats-Unis bat tous les records avec 420 milliards de dollars en 2005 du fait des importations, notamment avec la Chine, alors que l'Allemagne présente un excédant à l'exportation de 80 milliards de dollars (et 14 milliards de dollars pour l'U.E.).
Dans le monde les dépenses militaires s’élèvent à 780 milliards de dollars chaque année et les dépenses en publicité atteindraient 1000 milliards de dollars (1998).

jeudi 29 octobre 2015

Découverte de galaxies primitives réionisant l'univers

Le 22 octobre 2015 et pour la première fois, une équipe internationale d'astronomes dirigée par Hakim Atek du Laboratoire d'Astrophysique de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) a annoncé la découverte grâce au programme "Frontier Fields" du Télescope Spatial Hubble de plus de 250 galaxies naines impliquées dans le processus de réionisation de l'univers.

L'amas de galaxies Abell 2744 également appelé l'amas de Pandore photographié par les télescopes spatiaux Hubble et Spitzer. Le champ couvre 2'x3'. Document NASA/ESA/STScI/Spitzer.
Ces galaxies ont été découvertes dans trois amas de galaxies contenant des lentilles gravitationnelles, Abell 2744 (l'amas de Pandore), MACSJ0416.1-24503 et MACSJ0717.5+3745 et les champs associés présentant de hauts redshifts. A ce jour, c'est MACSJ0717 qui présente les plus grandes lentilles gravitationnelles.
Les galaxies étudiées présentent un décalage Doppler compris entre z~6 et z~8, certaines se situant à plus de 13 milliards d'années-lumière. Leur magnitude apparente varie entre +26 et +29 pour une magnitude absolue comprise entre -17 et -20 (fonction de luminosité UV) et ce qui est 20 fois plus brillant qu'une galaxie normale à cette distance.

L'amas de galaxies MACSJ0416.1-24503. Document NASA/ESA/STScI/Spitzer.
Ces galaxies ont la particularité de s'être formées entre 600 et 900 millions d'années après le Big Bang. L'analyse de leur spectre en ultraviolet a révélé qu'elles étaient impliquées dans le processus de réionisation de l'univers qui s'est déroulé entre 400000 ans et 1 milliard d'années après le Big Bang.
Ce processus est encore très mal connu des astronomes car jusqu'à présent, en raison de la taille réduite des instruments, aucun télescope n'était parvenu à observer des galaxies remontant à cette lointaine époque.
Aujourd'hui, grâce à l'effet amplificateur des lentilles gravitationnelles et au télescope infrarouge Spitzer, les astronomes sont en mesure d'observer des galaxies encore un peu plus éloignées, jusque 13.2 milliards d'années-lumière, présentant un décalage Doppler jusque z~12. Au-delà, il faudra patienter jusqu'en 2018 avec le lancement du télescope JWST de 6.5 m qui permettra d'atteindre z=30 et d'observer en détail des galaxies qui se sont formées entre 400000 et 600000 ans après le Big Bang.

L'amas de galaxies MACSJ0717.5+3745. Cet amas comprend les plus grandes lentilles gravitationnelles découvertes à ce jour. Document NASA/ESA/STScI/Spitzer.
La réionisation de l'hydrogène
Pendant la période qu'on appelle les Âges Sombres qui débuta environ 300000 ans après le Big Bang, l'univers était essentiellement constitué d'hydrogène neutre totalement opaque au rayonnement.
Il a fallut attendre que le rayonnement UV des étoiles "chauffe" l'hydrogène neutre dans des régions de plus en plus vastes jusqu'à ioniser totalement le milieu intergalactique constitué de protons (noyaux d'hydrogène) et d'électrons libres. On estime que ce processus se termina au plus tard environ 1 milliard d'années après le Big Bang.
L'espace devenu transparent a ensuite permis à ce rayonnement dit Lyman alpha de se libérer des nuages d'hydrogène ionisé et de parvenir sur Terre. 
C'est ce rayonnement que les astronomes recherchent dans le spectre des galaxies et des quasars les plus éloignés. Vu l'époque à laquelle il fut émis, il est bien entendu fortement décalé vers le rouge, passant d'une longueur au repos de 121.5 nm à plus de 1160 nm pour z=8.

Les étapes clés de l'évolution de l'Univers.
Document S.G.Djorgovski/Caltech Digital Media Center adapté par l'auteur.
Selon les astrophysiciens, les galaxies massives et lumineuses qu'on observe à plus courte distance ne sont pas suffisantes pour expliquer la réionisation de l'univers. Le bilan doit tenir compte d'autres d'autres sources d'énergie comme le vent stellaire émit par les premières étoiles dites de Population III, hypermassives et très chaudes qui vécurent entre 10 millions et 100 millions d'années, les explosions de ces mêmes étoiles en supernovae et sur les nombreuses galaxies naines primitives, d'où l'intérêt de cette étude et d'utiliser les télescopes les plus puissants.
Cette étude a montré que la fin de la réionisation se situe aux alentours de 700 millions d'années après le Big Bang, correspondant à z=7.5, donc un peu plus tôt que prévu, ce que d'autres études avaient déjà indiqué.
Ces travaux furent publiés dans l'Astrophysical Journal sous le titre "The Faint-end of the UV Luminosity Function at z~6 to z~8: Combined Constraints from the Hubble Frontier Fields Clusters and Parallels" dont voici le draft sur ArXiv et un résumé sur site Hubble Space Telescope.
Notons qu'une étude similaire portant également sur l'amas Abell 2744 (Pandore) fut publiée en 2014 par l'équipe dirigée par Masafumi Ishigaki et comprenant notamment Ryota Kawamata dont les travaux sont cités dans le même article et dont voici le draft sur ArXiv.