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mardi 1 octobre 2013

L'arme soviétique bientôt équipée de Sukhoi T-50

Le Sukhoi T-50 est le chasseur de 5eme génération fruit d'une collaboration indo-russe avec une participation financière de l'Algérie et de la Chine. Il remplacera les MiG-29 et Su-27.
Développé dans les années '90, le prototype vola pour la première fois en 2010 et fut présenté au public en 2011. Il est disponible en versions mono et biplace.
Le président Vladimir Poutine a confirmé le 25 avril 2013 que la version monoplace opérationnelle sera livrée à l'armée russe en 2016, un an plus tard que prévu.
Cet avion de combat polyvalent est équipé de deux turboréacteurs AL-41F1 d'une poussée unitaire de 130 kN. Il pèse 29 tonnes dont 18 tonnes sont réservées au carburant et mesure 19.7m de longueur pour 4.8m de hauteur.
Il comprend 1 canon de 30 mm et dispose de 2 soutes à armement entre les réacteurs et de 2 soutes auxiliaires pouvant embarquer un missile air-air. 


Outre sa taille imposante et son double empennage, la taille de son aile delta est étonnante. Le Sukhoi T-50 présente une surface alaire de 78.8 m2, équivalente à celle du F-22 Raptor (pour une puissance équivalente), soit près de 50% plus grande que celle du Mirage 2000 (41m2), deux fois plus grande que de celle du MiG-29 (38 m2) et près de trois fois grande que celle du F-16 (27.9 m2), ce dernier vu sa taille restant le plus agile des avions de combats.
Le T-50 dispose d'une avionique sophistiquée. Ce biréacteur dispose notamment d'un camouflage furtif, de radars optique et infrarouge venant compléter des radars micro-ondes à commande de phase et en bande L (~1.3 GHz) dans les ailerons. Il atteint une vitesse de 2500 km/h (Mach 2.5) et un plafond de 20000 mètres.
MAKS 2013
Le Sukhoi T-50 était présent au salon aéronautique MAKS 2013 qui s'est tenu du 28 août au 1er septembre à Joukovski, dans la région de Moscou.
Comme on le voit sur la vidéo suivante, il vola sans postcombustion, donc dans un ballet tout en douceur, nous présentant notamment un beau cobra de Pugachev à 06:10 et de beaux loopings à partir de 09:00. La deuxième vidéo nous le présente en tandem avec le MiG-29.


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dimanche 17 février 2013

Accidents et grosses frayeurs sur les routes de Russie

En Russie notamment, certains automobilistes équipent leur tableau de bord d'une caméra embarquée (dashcam) dans l'éventualité où ils seraient victime d'un accident de la route, l'enregistrement pouvant servir de preuve pour les avocats de leur compagnie d'assurance.
Voiçi quelques accidents insolites survenus en Russie et enregistrés par ces caméras embarquées.
Il faut malheureusement constater que beaucoup d'accidents se produisent suite à l'imprudence ou l'inconscience des autres. Que cela nous serve de leçon.


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mercredi 12 septembre 2007

La Russie a testé une nouvelle bombe thermobarique

La bombe à implosion la plus puissante du monde, comparable en termes d'efficacité à une charge nucléaire, a été testée en Russie, a annoncé la chaîne de télévision russe Pervy-Kanal le 11 septembre au soir, rapportant une information publiée par l'agence RIA Novoski.Explosion de la nouvelle bombe à vide russe. Document Channel One TV (Russie).
La nouvelle bombe thermobarique utilise un explosif à base de carburant. Elle peut être soit larguée d'un avion soit mise à feu, et explose en deux temps. La première explosion dégage le container à une altitude déterminée et disperse le carburant dans un nuage qui se mélange à l'oxygène de l'air et recouvre rapidement l'objectif à détruire. La seconde explosion enflamme le nuage, créant une détonation.
La bombe à implosion contenait 7.8 tonnes d'explosif thermobarique et a été larguée par un bombardier stratégique Tupolev Tu-160. En arrivant près du sol, son explosion a dégagé une boule de feu qui a tout détruit dans son périmètre, l'onde de choc ayant été aussi puissante que celle d'une explosion nucléaire !
Les bâtiment en béton qui se trouvaient sous l'hypocentre ont été totalement détruits et le sol cratérisé d'innombrables impacts.
"Les résultats des tests de cette munition d'aviation montrent que celle-ci en termes d'efficacité et de possibilités est comparable à une charge nucléaire. Je tiens à le souligner tout particulièrement, cette munition, une fois utilisée, ne pollue absolument pas l'environnement", a indiqué dans un entretien à la chaîne de TV l'adjoint au chef d'Etat-major général des forces armées russes Alexandre Roukchine.
Egalement appelée "bombe à vide", cette bombe à impulsion permettra de remplacer toute une série de moyens de frappe nucléaires de faible puissance créés antérieurement, selon le Pervy-Kanal.
Explosion de la bombe russe à implosion.Le ministère de la Défense souligne que cette conception ne viole aucun traité international, rappelle la télévision. Disons simplement que cette nouvelle bombe va intimider les Américains et renforcer un peu plus les tensions Est-Ouest.
Avant ce test, la bombe à vide la plus puissante du monde avait été testée en 2003 aux Etats-Unis par USAF, c'était la MOAB qui contenait une charge explosive de 8 tonnes, donc même un peu plus élevée que la bombe russe.
Cette superarme avait immédiatement été baptisée la "mère de toutes les bombes". Par analogie, les concepteurs russes ont appelé leur création "papa de toutes les bombes", note la chaîne. Mais cette bombe n'a pas encore d'appellation officielle.
"On sait également que son explosif est plus puissant que le TNT, ce qui nous permet de réduire les frais de fabrication, ce que nous recherchons actuellement. Nous avons donc obtenu une munition relativement bon marché et disposant de propriétés de frappe élevées", a indiqué de son côté Iouri Balyko, responsable de l'un des centres de recherche du ministère russe de la Défense.
La bombe russe dépasse l'efficacité explosive de son analogue américain en tous points. La bombe thermobarique russe libère une énergie équivalent à 44 tonnes de TNT et dégage ses effets dans un rayon de 300 mètres, deux fois supérieur à la bombe américaine. Pour une moindre masse d'explosif (7.8 kg conbtre 8 kg), la bombe russe est quatre fois plus puissante tandis que la température au foyer d'explosion est deux fois plus élevée que son analogue américaine. Quant à sa surface de destruction (zone d'efficacité), "papa" dépasse "maman" de 20 fois !
"La nouvelle munition nous permettra de garantir la sécurité de l'Etat et de faire dans le même temps face au terrorisme international, en toutes circonstances et en tout lieu", a encore indiqué Alexandre Roukchine.
Les armes thermobariques
La bombe à implosion américaine, baptisée officiellement GBU-43/B "Massive Ordnance Air Blast (MOAB), pèse 10 tonnes et est guidée par satellite (GPS). Elle est également larguée par un bombardier.La bombe thermobarique testée par l'USAF en 2003. Document DoD.
Ces nouvelles bombes thermobariques diffèrent des munitions explosives conventionnelles par le fait qu'elles utilisent l'oxygène de l'air plutôt que de transporter un agent oxydant dans leur charge explosive. Elles produisent plus d'énergie qu'une arme conventionnelle mais sont plus difficiles à contrôler.
Les Etats-Unis ont utilisé des bombes similaires pour éclaircir la jungle et permettre l'atterrissage des hélicoptères durant la guerre du Vietnam (principalement entre 1964-1973).
La Russie a également développé ses propres armes thermobariques, qu'elle déploya durant ses guerres contre la Chine, en Afghanistan, ainsi que durant sa seconde guerre en Chechenie.
La nouvelle bombe arrive à un moment où la Russie comme les Etats-Unis semblent vouloir renégocier les traités de limitation des armes nucléaires signés durant la Guerre froide et après l'effondrement de l'Union soviétique.
Le site de MSNBC propose une vidéo montrant la détonation de la bombe russe.

lundi 16 juillet 2007

Energie : retour de la Guerre froide

Sous la plume de Liam Fox, membre du Parti Conservateur anglais et actuel Secrétaire britannique à la Défense dans l'Opposition, le journal britannique The Sunday Times a publié le 15 juillet un article d'opinion sur la sécurité énergétique de la Grande-Bretagne et des autres pays européens et le rôle équivoque que joue la Russie du président Vladimir Poutine.
Les ambitions russes
Liam Fox attire l'attention sur l'attitude de Moscou qui manifeste, selon lui, l'intention de se servir de ses ressources énergétiques en vue de réaliser ses ambitions de grande envergure en politique étrangère.
Dans son article, Liam Fox estime que les pays de l'OTAN, et en particulier la Norvège et la Turquie, doivent assurer la stabilité des livraisons énergétiques russes à l'Occident et prévenir la menace militaire croissante émanant de la Russie. "L'Union européenne doit jouer un rôle important, surtout dans le réglement des problèmes créés par la Russie ... Mais l'Union européenne n'est pas un instrument suffisamment fort", constate Liam Fox. "L'OTAN doit jouer le principal rôle en matière de sécurité énergétique de l'Occident", a-t-il estimé.
Selon Liam Fox, "l'Union européenne manque de puissance militaire et de volonté politique pour adopter un ordre du jour tant soit peu ambitieux sur la sécurité énergétique". "Au sens politique, l'Union européenne est faible face à la Russie et, sur le plan militaire, elle est encore plus faible", indique Liam Fox en se référant aux récentes déclarations du Premier ministre portugais José Socrates, qui a laissé entendre qu'il voudrait éviter une confrontation avec la Russie. En même temps, selon Liam Fox, l'OTAN, à travers la Norvège et la Turquie qui ne font pas partie de l'Union européenne, peuvent jouer le premier rôle pour assurer la sécurité énergétique de l'Occident grâce à leur situation géopolitique.
Liam Fox.Sans citer les détails sur l'activité de ces pays dans le domaine de la sécurité énergétique, il souligne qu'"aucune stratégie de sécurité énergétique ne peut être efficace sans le soutien et la coopération de la part de ces deux Etats".
Liam Fox prévient les pays occidentaux que la Russie emploie ses pétrodollars pour financer le programme de réarmement de ses forces armées jusqu'à 2015 en dépensant pour cela, au total, 189 milliards de dollars. "La dépendance de l'Occident vis-à-vis du pétrole et du gaz a pour conséquence que nous finançons la menace dirigée contre nous", affirme l'homme politique britannique qui à maintes fois mis en garde l'Europe sur la menace militaire croissante que représente potentiellement la Russie.
Selon Liam Fox, la suspension de la participation de la Russie au Traité sur les Forces Conventionnelles en Europe (FCE) confirme ses soupçons, de même que le refus de Moscou d'extrader vers l'Angleterre divers suspects clés dans des affaires de meurtres, et notamment tout récemment l'homme d'affaire Andreï Lougovoï, ancien membre du KGB, accusé par la justice britannique du meurtre de l'ancien agent du FSB, Alexandre Litvinenko, mort à 43 ans à Londres en novembre 2006, suite à un empoisonnement au polonium-210, une substance radioactive très rare, affaire qui fait toujours grand bruit à la Chambre des Communes de Londres et dans les couloirs du Kremlin.
Propagande ou fait établi
Ce n'est pas le premier écho de ce genre que nous relatent les journalistes, les diplomates ou les politiciens. Si on suit l'actualité russe depuis quelques années, la nature des relations Est-Ouest, les types d'accords économiques signés entre l'Europe ou ses Etats membres et Moscou, et si on connaît un peu le profil du président Poutine, on peut estimer que cet article est fondé et qu'il ne s'agit pas simplement de propagande antirusse de M. Fox comme certains Russes le pensent.
Bien que le Royaume-Uni soit membre de l'Union européenne, il est notoirement connu que les Anglais sont loin de partager les vues européennes - ils ne sont pas dans la zone euro - et nous savons bien ce que l'Angleterre de Blair (et peut-être celle de Brown) signifie pour l'Europe sociale. Mais le point de vue du conservateur Liam Fox permet d'ouvrir les yeux des Européens sur ce problème économico-politique qui peut avoir des conséquences majeures à terme si l'Union européenne et ses chefs d'Etats n'y prennent garde.

samedi 16 juin 2007

Du plomb dans l'aile du Traité FCE

A la demande des Russes, trente pays se sont réunis du 12 au 15 juin 2007 au siège de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) à Vienne pour réviser le traité qui limite les forces conventionnelles en Europe (FCE).
L'ordre du jour
Les deux grandes puissances avaient posé d'emblfrée un calendrier divergent. Elaboré en 1990 (voir plus bas), le Traité FCE avait marqué positivement la fin de la Guerre froide, mais Moscou le juge aujourd'hui obsolète, ravivant les tensions croissantes entre Moscou et les Occidentaux.
Le Conseil permanent de l'OSCE siégant à Vienne.
Dans un communiqué publié le 28 mai 2007, les Russes avait clairement exprimé leurs attentes. "La Russie espère que cette conférence extraordinaire discutera sérieusement de la situation. Nous espérons que nos partenaires feront preuve de volonté politique dans la recherche d'une solution acceptable par tous qui permette d'en finir avec la crise du traité sur les Forces conventionnelles en Europe", déclara le chef de la délégation russe Anatoly Antonov.
Officiellement, cette conférence extraordinaire devait permettre à la Russie de "déplacer librement ses troupes sur son territoire", avait expliqué Anatoly Antonov. Il avait dénoncé les "limitations inéquitables" qu'impose le traité sur "les flancs" des deux anciens blocs et reproché aux Américains et Européens de ne pas ratifier le traité adapté en 1999, estimant que Moscou avait rempli ses obligations.
De leur côté, les Occidentaux refusent cette ratification tant que les troupes russes n'auront pas totalement évacué la Géorgie et la Moldavie, deux anciennes républiques soviétiques.
Le 5 juin 2007 à Bruxelles, les Occidentaux ont donc proposé à la Russie d'accepter une force de paix multinationale en Transdniestrie (entité séparatiste pro-russe en Moldavie). Ce à quoi le délégué russe a rétorqué que la conférence de Vienne n'était pas un forum approprié pour en discuter.
En fait, cette conférence intervient dans un contexte difficile tant pour l'OTAN que pour la Russie, celui du bouclier antimissile américain en Europe centrale et l'indépendance annoncée de la province serbe du Kosovo, deux projets que récuse Moscou. Depuis quelques semaines ces questions suscitèrent des relents de guerre froide entre Washington et Moscou. Toutefois ces deux thèmes n'étaient pas à l'ordre du jour à Vienne.
Anatoly Antonov estime que le Traité FCE entré en vigueur en 1992 "n'est plus viable aujourd'hui pour la sécurité russe", notammrnt du fait qu'il plafonne les forces armées et les équipements classiques des deux anciens blocs en Europe.
Histoire du Traité FCE
Pour rappel, suite à la disparition du Pacte de Varsovie, le Traité FCE fut signé le 19 novembre 1990 par les membres du Conseil permanent de l'OSCE , à savoir l'OTAN représenté alors par 16 Etats (22 Etats aujourd'hui) et les 6 Etats membres du Pacte de Varsovie de l'ex-URSS (8 Etats aujourd'hui). Il entra en vigueur en 1992.
Le Traité FCE limite l'arsenal militaire conventionnel dans chaque bloc à 20000 chars de combats, 30000 blindés, 20000 pièces d'artillerie, 30000 hélicoptères d'attaque et 30000 avions de combat.
Depuis 1992, le Traité FCE a permis la destruction de 60000 chars et hélicoptères de part et d'autre. Il prévoit également des mesures pour renforcer la confiance (annonce des grandes manoeuvres) et la transparence, la fameuse "glasnosk" (inspections réciproques).
Le traité fut revisé en 1999 lors du Sommet d'Istanbul de l'OSCE afin de mieux correspondre à l'évolution géopolitique résultant de l'éclatement de l'Empire soviétique en 1991, mais la version modifiée n'a été signée (ratifiée) jusqu'à présent que par la Russie, le Bélarus, le Kazakhstan et l'Ukraine. Vous trouverez sur le site du Parlement européen le détail des documents de travail et des conventions relatives au Traité FCE.
La Russie, qui craint que les restrictions imposées par le traité initial ne limitent le déploiement des forces à l'intérieur de son territoire, a exhorté les pays membres de l'OTAN à ratifier le plus tôt possible la convention amendée avant d'engager de nouvelles négociations pour envisager davantage de modifications.
Parmi les sujets d'inquiétude, Moscou critique le déploiement de nouvelles troupes américaines en Roumanie et en Bulgarie, jadis alliés de l'URSS. La Russie réclame également que les trois pays Baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, intègrent le Traité FCE. Mais de son côté, ainsi que nous l'avons dit, l'Alliance atlantique refuse de le ratifier tant que des troupes russes restent stationnées dans les provinces séparatistes de Géorgie et de Moldavie.

Les membres de l'OTAN et du "bloc de l'Est"

Faute d'un accord, fin avril le Président russe Vladimir Putine était prêt à suspendre la participation de Moscou ce qui suscita l'indignation de Washington qui mis en garde contre une telle éventualité. C'est dans cet esprit conflictuel que débuta la conférence extaordinaire du 12 juin 2007.
La conférence extraordinaire sur le Traité FCE
A l'issue de la première journée de négociation passée à huis clos, Dan Fried, secrétaire d'Etat adjoint aux affaires européennes et chef de la délégation américaine déclara aux journalistes que les Russes n'avaient pas annoncé de suspension du traité, contrairement à ce qu'avait suggéré le Président Putine. "Les alliés de l'OTAN lui ont demandé de ne pas le faire, en usant d'un ton modéré" a-t-il déclaré.
Le général Evgueni Boujinski, numéro deux de la délégation russe a réaffirmé que si la Russie confirme son "moratoire" sur le Traité FCE, cela ne signifiait pas que l'Armée russe allait augmenter le nombre de ses chars d'assaut. Moscou envisageait simplement de renoncer aux "mesures de confiance" prévues par le Traité FCE, comme l'annonce des grandes manoeuvres ou des modalités de transparence, comme les inspections et échanges d'experts. Pour la déléguation russe, c'était la seule manière pour que l'Armée russe soit plus libre de ses mouvements.
Anatoly Antonov Dès le 11 juin, avant l'ouverture formelle de la conférence, les Etats-Unis avaient déjà dit qu'ils comprenaient les inquiétudes Russes mais qu'ils refusaient "un retour à la rhétorique dommageable de la course aux armements". Le soir même, Anatoly Antonov s'était interrogé sur un ton aigre-doux sur la réalité des proclamations "d'amitié de l'OTAN", dont certains pays membres font "comme si le Pacte de Varsovie existait toujours".
Le 13 juin, le représentant des Etats-Unis présenta un autre échéancier : Moscou devait d'abord remplir ses engagements, en Géorgie (ce qui est presque fait) et Moldavie. D'où la proposition de force multinationale en Transdniestrie. Suite à quoi, les membres de l'OTAN seraient prêts à avancer sur la ratification du traité, puis à envisager une nouvelle révision des déploiements de forces sur les flancs de l'Europe, mais en tenant compte aussi des préoccupations d'autres pays comme la Turquie qui refusent "des concentrations militaires sans limitations à leurs frontières".
Comme on s'y attendait, au cours de la conférence, le représentant russe a critiqué l'installation des nouvelles bases américaines en Bulgarie et en Roumanie avec déploiement de troupes. Dan Fried a écarté cette accusation : "En Bulgarie et en Roumanie [...] il n'y aura pas ou peu de troupes stationnées en permanence" et "nous mènerons à bien ce projet modeste [qui] n'est vraiment pas une menace pour la Russie".
Dan FriedLes Russes se sont également plaints du fait que la "logique des blocs" continuait de prévaloir et que les effectifs des nouveaux membres de l'OTAN en Europe de l'Est soient affectés aux plafonds alloués à l'Est. Le dirigeant américain a reconnu le 12 juin au soir : "nous sommes d'accord avec eux que la structure en deux blocs est démodée [...] Bien des problèmes que la Russie présente seraient résolus instantanément si le traité adapté (où il n'est plus question de blocs) entrait en vigueur".
Le 15 juin 2007, les deux parties ont constaté l'échec de la conférence. Anatoly Antonov dénonça l'attitude occidentale, reprochant aux pays de l'OTAN de "poursuivre leurs remontrances" sans écouter les demandes russes et de réaffirmer que le Traité FCE de 1990 "n'est plus viable" pour la sécurité du pays, "c'est un anachronisme", a-t-il déclaré à la presse. Il rappela également la menace du Président Putine de suspendre la participation russe au Traité FCE, mais il a cependant assuré que les Russes restaient "ouverts à un dialogue" et à de nouvelles négociations constructives.
Après quatre jours de conférence extraordinaire, les deux parties se sont donc quittées sur un échec, ne parvenant pas à un accord concernant la révision du Traité FCE. "Nous ne sommes pas satisfaits des résultats de la conférence", a déploré Anatoly Antonov, après la clôture de la conférence. "Nous voulons des négociations sérieuses, pas la répétition des anciens slogans", a-t-il ajouté.
Dans un communiqué l'OTAN a exprimé son regret vis-à-vis de l'échec des négociations, tout en appelant Moscou à "poursuivre les pourparlers qui pourraient parvenir à un résultat positif dans le futur."
Et si on changeait de Président ?
Décidemment, l'échec de cette conférence nous a donné une triste image de l'intransigeance des deux blocs et du peu d'efficacité de la diplomatie en matière militaire, ou plutôt le contraire : les Etats membres ont donné au public l'impression de discuter mais en sachant fort bien qu'aucune partie ne ferait de concession pour des raisons politiques.
Car si on se penche sérieusement sur le problème, les représentants des deux blocs discutent du Traité FCE depuis 1999 sans agir ! Il paraît évident que tant que MM.Bush et Putine sont au pouvoir, deux personnages intolérants et au profil finalement très semblable, rien ne changera en matière de géopolitique et de désarmement.
Si l'ingérance des Russes est intolérable dans les républiques séparatistes et requiert plus de tolérance et de compréhension de la part de Moscou, il semble également nécessaire d'attendre l'élection d'un nouveau Président américain pour enfin pouvoir discuter sérieusement d'une révision du Traité FCE. Tovaritch Bush dirait Putine, tes heures sont comptées et notre objectif est à portée de main ! L'avenir sera juge.

mardi 1 mai 2007

Hommage à Mstislav Rostropovich (1927-2007)

Le musicien Mstislav L. Rostropovich est décédé le 27 avril 2007 à Moscou. Le génial violoncelliste, chef d'orchestre et pianiste russe s'est éteint à l'âge de 80 ans des suites d'un cancer.
Rostropovich restera dans l'Histoire comme étant le plus grand virtuose de la seconde moitié du XXe siècle, un fervent défenseur de la démocratie et de la liberté d'expression.
Rostropovich donna son premier concert de violoncelle à 15 ans et recevra la plus haute distinction russe, le prix Staline en 1950, à 23 ans. Il enseigna au Conservatoire de Léningrad (Saint-Pétersbourg) puis à celui de Moscou.
Rostropovich débuta sa carrière internationale en 1964. En 1969 avec son épouse la cantatrice Galina Vichnevksaïa il accueilla dans sa maison de campagne située hors de Moscou l'écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne, malade et sans ressource. En 1970, Rostropovich n'hésita pas à écrire une lettre ouverte au Président Léonid Brejnev pour défendre la liberté culturelle, mais en vain. Son attitude lui vaudra d'être exilé et déchu de sa citoyenneté soviétique en 1978 pour "préjudice au prestige de l'Union soviétique".
Jugé "persona non grata" en Russie et faisant l'objet de représailles, Rostropovich s'installera aux Etats-Unis avec sa femme en 1975 mais resta apartride.
En 1974, Rostropovitch fit l'acquisition d'un violoncelle "Duport" (nom du premier propriétaire de ce violoncelle en 1800) fabriqué par Antonio Stradivarius en 1711.
En 1977, Rostropovich créa à Paris le Concours de violoncelle qui porte aujourd'hui son nom dont il présida le jury jusqu'à sa mort. De 1977 à 1994 il dirigea l'Orchestre Symphonique National de Washington (OSN), fonda de nombreux festivals (Aldeburgh, Rostropovich Festival, etc.), réalisa des récitals et des concerts et fonda la fondation Vishnevskaya-Rostropovich (VRF) se consacrant à la santé publique.
Rostropovich fut récomposé par la médaille de Grand Officier de la Légion d'honneur (F) et celle de Chevalier de l'Ordre de l'Empire Britannique.
Le 11 novembre 1989, alors que le mur de Berlin s'effondrait sous la pression populaire, Rostopovich marqua l'événement en s'asseyant devant le mur dagé et improvisa un récital qui sera retransmis par la télévision, ce qui lui valut d'être connu dans le monde entier y compris par les têtes couronnées.
Rostropovich sera réhabilité en 1990 par un décret du Président Mikhaïl Gorbatchev et reviendra en Russie. Il repartit ensuite en tournée avec l'OSN puis défendit la jeune démocratie russe en 1991 contre les putschistes.
Mais l'homme resta exigeant et irritable au point qu'il annula certains contrats en dernière minute ou jura qu'il ne se représenterait plus jamais en Russie... Les spécialistes justifient son attitude par le perfectionnisme et la nature exceptionnelle du maître.
Citoyen du monde mais profondément russe, Rostropovich restait sentimental au point de "pleurer comme un enfant en lisant des mauvaises critiques sur ses concerts dans la presse russe", se souvient son amie et pianiste Vera Gornostaïeva dans le quotidien "Nezavissimaïa Gazeta".
La discographie de Rostropovich compte plus de 70 CD reprenant de nombreuses oeuvres en soliste, en musique de chambre ou interprétant de très nombreux compositeurs parmi lesquels Bach, Beethoven, Brahms, Chopin, Dvorak, Haydn, Rachmaninov, Schubert ou Vivaldi.

lundi 23 avril 2007

Hommage à Boris Eltsine (1931-2007)

Boris Eltsine, le premier président de la Russie post-soviétique est décédé le 23 avril 2007 à l'âge de 76 ans de suites d'une insuffisance cardio-vasculaire. L'ancien président russe souffrait de problèmes cardiaques depuis de longues années. Boris Eltsine a rendu sa liberté à l'ex-URSS et ouvert sur l'extérieur le plus vaste pays du monde. Il connut un règne hors du commun mais qui s'est achevé dans la rancoeur. "Boris Eltsine, un réformateur mal aimé" tel pourrait être son épitaphe.

Les présidents russe Boris Eltsine et américain Bill Clinton, le 23 octobre 1995 à Hyde Park dans le Vermont. Clinton ne peut se retenir de rire devant les propos que tient Eltsine à propos des journalistes qu'ils considèrent comme "un véritable désastre". Un bon moment de franche rigolade. Document AFP/Don Emmert.

Parmi les hommages rendus au défunt chef d'Etat, Mikhaïl Gorbatchev, grande figure de la politique russe a été le premier à réagir. Pour l'ancien président soviétique et père de la perestroïka, Boris Eltsine a connu "un destin tragique".
La réaction du président russe Vladimir Poutine n'est venue que plus tard et il semblait ému. Une "nouvelle Russie démocratique, un Etat libre ouvert au monde", sont nés grâce à lui, a-t-il dit. Enfin, la Maison Blanche a qualifié l'ancien président de "figure historique à une époque de grands changements et de défis pour la Russie."
Boris Eltsine aura en effet métamorphosé la Russie en portant le coup de grâce à l'ex-URSS. Le 8 décembre 1991, réunis près de Minsk sans le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, Eltsine et ses homologues ukrainien Léonid Kravtchouk et bélarusse Stanislav Chouchkievitch avaient proclamé la "mort de l'URSS".
Boris Eltsine fut le premier Président de Russie élu démocratiquement. Il a ouvert sur l'extérieur le plus vaste pays du monde, y a imposé la démocratie et encouragé le développement des médias. Mais il a aussi envoyé les chars à l'assaut du Parlement, laissé s'effondrer le système de santé et d'éducation, s'étendre l'emprise de la mafia, et ordonné la répression sanglante des indépendantistes tchétchènes.
Ayant mis sur les rails de difficiles réformes économiques, entre 1991 et 1994, Eltsine s'est par la suite montré plus soucieux de préserver son vaste pouvoir que de corriger les multiples imperfections des premières années de réformes.
C'est aussi au cours de la seconde période qu'il a accumulé les ennuis cardiaques, et qu'il se lancera dans l'aventure la plus malheureuse et la plus impopulaire de sa présidence : la guerre de Tchétchénie, qui fera en 20 mois des dizaines de milliers de morts.
La crise économique d'août 1998 sonnera le glas pour Boris Eltsine. Le Kremlin sera alors forcé de dévaluer le rouble, suspendre le remboursement de certaines dettes, semant la panique parmi les Russes et dans les milieux financiers occidentaux. S'ensuit une crise de régime qui affaiblit définitivement le président.
La personnalité et l'état de santé de Boris Elstine ont fait l'objet d'un certain nombre de controverses : il a été accusé d'alcoolisme, ce qui a amené certains à douter de sa capacité à assumer ses fonctions. Atteint d'une maladie cardiaque, Boris Eltsine subit plusieurs attaques, notamment en 1995 et 1996, ce qui ne l'empêcha pas d'être réélu face au candidat communiste. Il subit à la fin 1996 un quintuple pontage coronarien. Malade et isolé, il annonce sa démission le 31 décembre 1999, à la surprise générale, ainsi que le nom de son dauphin, Vladimir Poutine, un ancien du KGB passé en politique.
Finalement, l'Histoire retiendra que Boris Eltsine fut le premier chef d'Etat Russe élu démocratiquement, tout d'abord apprécié puis mal aimé par les Russes. Mais sans lui, la Russie ne serait pas devenue une république fédérale.