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mardi 11 mars 2014

Pensez différemment !

Voici deux petits problèmes intellectuels :


92% des personnes résolvent assez rapidement le premier problème tandis que 42% d'entre elles seulement résolvent le second.
Indice : Certains patients atteints de lésions cérébrales sévères parviennent à résoudre facilement les deux problèmes car leur handicap les force à ne plus se restreindre aux seuls opérateurs (ce n'est pas une raison pour vous frapper la tête !).
Conclusion : un problème a priori difficile peut facilement se résoudre si on l'aborde sous un autre angle. Pensez différemment !
NB. Les deux réponses sont dans les commentaires.

samedi 14 décembre 2013

Quel mot voyez-vous en premier ?

Derrière la lecture au premier degré, ce test est intéressant car l'air de rien il permet de comprendre la manière dont chacun interprète ce qu'il lit et indirectement comment il réfléchit.


Au premier degré, on lit le titre, on lit la grille et on répond naturellement "Amour". Si ce n'est pas votre cas, soyez rassuré, c'est normal.
En effet, bien qu'ayant lu la même question certaines personnes répondront "Intelligence" ou "beauté" ou verront de suite toute une série de mots. Ont-elles répondu à la question ? Non a stricto senso, ou plutôt, à leur façon. C'est tout ce qui fait la difficulté ou l'intérêt, selon le point de vue, d'étudier la communication dans une société.
Pourquoi toutes les personnes ne donnent-elles pas la même réponse ?
C'est ici que réside l'explication la plus intéressante. Plus de vingt mots sont cachés dans ce texte, y compris verticalement : d'amour à intelligence en passant par beauté, jeunesse, désir, succès, santé, expertise, expérience, humour, joie, popularité, plaisir, argent, honnêteté, tête, amitié, puissance, liberté, avenir, salaire, vivre... Je vous laisse découvrir les trois derniers.
En fait chacun dirige ses actions non seulement en fonction du contexte et des nécessités mais également en fonction de sa façon de penser et de ses propres motivations.
Chacun va interpréter la question à sa façon. Une personne verra peut être d'abord le mot qui répond à la question mais peut-être aussi celui ou ceux qui reflètent ses motivations actuelles, ce qu'il recherche le plus, ce qui lui manque, ceux dont il se sent proche ou ont le plus de valeurs à ses yeux.
Ainsi une personne disciplinée va peut-être s'arrêter au premier mot de la grille et simplement répondre à la question, tandis qu'une personne plus indépendante, plus dissipée ou plus artistique, au caractère plus affirmé voire rebelle va peut-être retenir des mots contenus dans le titre tandis qu'une autre risque de parcourir la grille et de ne pas répondre à la question mais réagira plutôt selon ses émotions, bref de répondre différemment.
Imaginez maintenant comment cette même personne va interpréter un texte de loi ou résoudre un problème. Ce n'est donc pas sans raison que les professionnels ont développé des méthodes et autres modèles pour que tous les acteurs d'un projet par exemple parlent le même langage et suivent le même processus intellectuel.
PS. Les lecteurs ayant passé le test peuvent donner leur réponse en laissant un message indiquant également leur sexe, leur âge et leur profession.
Résultats
Un test similaire fut réalisé sur LinkedIn. Sur 174 participants, il y avait deux-tiers d'hommes âgés entre 30 et 60 ans, la majorité ayant moins de 40 ans. 23 mots ont été identifiés. Amour est cité à 38 reprises soit 21% des sélections. 16% des participants ont indiqué plusieurs mots (amour, intelligence, etc) puis viennent les mots intelligence (11%), succès (6%), quel (5%) et expérience (5%). D'autres mots sont cités dans 2% des cas tels que beauté, jeunesse, humour, popularité, joie, etc. Trois personnes ont trouvé des mots qui n'existent pas et une autre a cité le premier caractère de la grille.
Il y a donc au moins cinq tendances ou profils bien marqués :
- Les 21% de participants qui s'arrêtent au premier mot de la grille, que j'appelle les attentifs
- Les 16% de participants qui identifient tous les mots, que j'appelle les indisciplinés
- Les 11% de participants dissipés qui parcourent toute la grille en diagonale et identifient le dernier mot, que j'appelle les curieux
- Les 5% de participants qui estiment que le titre fait partie du contexte, que j'appelle les analystes
- Les 2% de participants qui citent un mot répondant à leur envie ou en inventent, ceux que j'appelle les imaginatifs.
Notons que plusieurs femmes ont ajouté le smiley ;-) ou :) derrière le mot amour ou joie.
Si nous voulons être plus précis, nous pourrions affiner les profils par sexe, culture et profession et mettre en évidence l'influence du sexe, de la culture et de l'éducation à partir d'un test aussi simple et pourtant révélateur de notre manière de penser, de nos intérêts et de notre état d'esprit.

samedi 23 février 2013

L'humour nuirait à la séduction féminine

La rumeur court selon laquelle les femmes aiment les hommes ayant de l'humour. Une autre rumeur prétend qu'une femme a plus de chance d'être prise en auto-stop qu'un homme. C'est peut-être vrai.
Pour en avoir le coeur net, des scientifiques ont conduit une expérience visant à savoir si les conducteurs étaient influencés par l'humour des autos-stoppeurs postés au bord de la route.
L'expérience
A tour de rôle un homme et une femme font de l'auto-stop et attendent d'être pris en charge par un automobiliste.
Quand ils se comportent normalement et portent une panneau indiquant leur destination, les femmes ont effectivement au moins deux fois plus de chances d'être prises en stop que les hommes.
L'explication est multiple et s'explique notamment par l'idée de rendre service (par gentillesse, compassion, altruisme) mais également dans la relation de séduction sexuelle qui s'établit entre l'auto-stoppeuse et le conducteur masculin, le cliché que nous avons de la femme fragile qui n'a rien à faire seule sur le bord d'une route, etc.
Quant à l'auto-stoppeur, sans doute que les conductrices seront plus sensibles à son charme et le prendront en charge tandis que la plupart des hommes considéreront qu'il peut bien se débrouiller seul ou attendre un peu...
Maintenant ajoutons simplement un smiley sur le panneau indiquant notre destination et observons l'attitude des automobilistes envers nos deux auto-stoppeurs.
Le résultat est surprenant. Cette fois l'homme fait mouche et est embarqué très rapidement tant par des hommes que par des femmes. En revanche pratiquement tous les automobilistes passent devant l'auto-stoppeuse sans s'arrêter ! Au final, la femme qui a fait de l'humour obtient même un score inférieur à l'homme ordinaire (l'auto-stoppeur sans smiley) !
Quand l'humour nuit
Ce résultat ne me surprend qu'à moitié. Comme tout le monde je suis étonné qu'un simple smiley dessiné sur un panneau change l'attitude des automobilistes envers les auto-stoppeurs masculins. Mais je ne suis pas étonné que l'attitude d'une femme faisant de l'humour soit considérée comme déplacée. Pourquoi ?
Avant même de connaître les résultats de cette expérience, je me suis dit à propos de l'auto-stoppeuse au smiley "Ttt, ça n'ira pas. Ca ne marchera pas...".
Cet avis n'engage que moi mais je pense que dans une telle situation ce n'est pas une question d'égalité homme-femme, de respect, de faculté intellectuelle ou de gentillesse.
Ainsi que je l'ai dit en introduction, du point de vue masculin nous avons toujours cette idée atavique voire même surannée qu'une femme seule ou même un groupe de femmes n'a pas sa place sur le bord d'une route, même avec la meilleure bonne volonté du monde. Ce greffe sur ce sentiment, l'attirance sexuelle. C'est sans doute cet ensemble de sentiments alliant l'attirance, l'altruisme, la compassion et ce besoin de protéger la femme qui conduisent la plupart des conducteurs à prendre l'auto-stoppeuse en charge.
En revanche, ces sentiments s'effacent quand la femme se donne publiquement un genre "léger". Une femme faisant de l'humour en public est considérée comme se donnant en spectacle et semble mal interprété par les hommes : cette attitude ressemble à des taquineries, des avances déguisées, un comportement bohème ou "fofole", signe d'un caractère peut-être incontrôlé ou immature, en tous cas qui ne plaît pas beaucoup aux hommes, semble-t-il.
Même si cette manière de penser est totalement désuette et fausse, dans les faits cette expérience scientifique toute simple démontre qu'elle reste d'actualité.
Moralité : si vous êtes un homme faite de l'humour en public mais faites-le en privé ou entre amies si vous êtes une femme. Quant aux humoristes féminines, toutes vous diront qu'elles ont beaucoup plus galéré que les hommes avant de réussir et d'acquérir leur notoriété. Et combien sont-elles ? Une poignée...

samedi 22 décembre 2012

Quand l'Amour est au rendez-vous

C'était un matin, environ 8h30, quand un homme d'un certain âge est arrivé pour faire enlever les points de suture de son pouce. Il dit qu'il était pressé car il avait un rendez-vous à 9 heure.
En l'examinant, j'ai vu que ça cicatrisait très bien, alors j'en ai parlé à l'un des docteurs et j'ai fait le nécessaire pour enlever ses points et soulager sa blessure.
Pendant que je m'occupais de sa blessure, je lui ai demandé s'il avait un autre rendez-vous avec un médecin ce matin, puisqu'il était pressé. L'homme me dit non, qu'il devait aller dans une maison de santé pour déjeuner avec sa femme.
Je me suis informé de la santé de sa femme. Il m'a dit qu'elle était là depuis quelque temps et qu'elle était victime de la maladie d'Alzheimer.
J'ai demandé si elle serait contrariée s'il était en retard. Il a répondu qu'elle ne savait plus qui il était, qu'elle ne le reconnaissait plus depuis cinq ans. J'étais surprise et je lui ai demandé : "Et vous y allez encore tous les matins, même si elle ne sait pas qui vous êtes?".
Il souriait en me tapotant la main et dit : "Elle ne me reconnaît pas, mais je sais encore qui elle est". J'ai dû retenir mes larmes quand il est parti, j'avais la chair de poule et je pensais que c'était le genre d'amour que je voulais dans ma vie. Le vrai Amour, ni physique, ni romantique. Le vrai Amour est l'acceptation de tout ce qui est, a été, sera et ne sera pas.
Les gens les plus heureux n'ont pas nécessairement le meilleur de tout, ils s'organisent du mieux qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Donner vaut plus que recevoir ! [source inconnue, image TheChive.com/Bob]

samedi 24 novembre 2012

Le temps de la romance

Le temps, variable physique indépendante, caractéristique humaine voire illusion, des livres entiers ont été écrits sur le sujet sans jamais le cerner.
Sur le plan psychologique, le temps s'écoule différemment pour chacun d'entre nous et selon les circonstances. Sur le plan sentimental et dans nos relations amoureuses, il joue également un rôle.
Le temps qui passe
Le temps est ton ennemi car dès le début de la romance, le temps est déjà compté. Le temps perdu ne revient jamais et emporte avec lui les espoirs déçus comme les souvenirs. Le temps comme l'amour éternel ou absolu sont des illusions. Il faut donc de la volonté et de l'imagination pour apprivoiser le temps, infléchir sa courbe et rester maître de son destin.
Adieu le passé et vive l'avenir
Jolie expression d'une personne a priori optimiste, encore faut-il vouloir tourner la page pour envisager sereinement l'avenir. C'est à la portée de tous mais beaucoup n'ont pas ce courage et subissent la permanence du temps qui fuit sans oser aller de l'avant.
Le futur
Oser aimer et ne pas s'engager, bref avoir peur du futur ou des sentiments qu'éprouve réellement son partenaire est le signe d'un manque de confiance en soi et dans la capacité des autres à vous aider, on craint sans fondement ce qu'on ignore et de prétendus lendemains désenchantés. Cette attitude angoissante paralyse, sème le doute, soustrait la volonté d'explorer de nouvelles voies, de vouloir changer les choses, de s'épanouir et maîtriser le temps qui passe. Comme une feuille morte emportée par les vents, c'est préférer se pourrir la vie que de la vivre.
Petit ami ou mari, il faut choisir
Un ami est une relation proche pour laquelle tu as des affinités et que tu rencontres occasionnellement.
Ton meilleur ami est un ami intime devenu ton confident.
Ton petit ami est celui qui prendrait le risque de t'aimer et qui a mis tes sens en émoi. Parfois c'est ton amant.
Ton mari c'est différent; c'est celui avec lequel tu risques de vivre longtemps mais envers lequel tu n'éprouves peut-être plus d'amour. Cela arrive une fois sur deux. 
Alors entre mari et petit ami, il faut choisir. Certaines personnes choisissent non pas la personne mais l'idée qu'elle se font de la vie la moins risquée et la plus confortable, d'autres laissent parler leur coeur, composent avec le risque, apprivoisent leur partenaire et le temps qui passe.
A Anne T et toutes les femmes qui rêvent au prince charmant.

samedi 13 novembre 2010

Journée mondiale de la gentillesse

En cette Journée mondiale de la gentillesse, certains se demandent encore si cette qualité ne serait pas un défaut ? Etre bon, aimable, attentionné, tendre, indulgent, prévenant, autant de synonymes de gentillesse sont sans aucun doute des qualités. Mais comme en toute chose, l'abus peut vous nuire.
Trop gentille
Une de mes amies avait été voir un psychologue qui, me dit-elle, lui avait expliqué qu'elle était "trop gentille" et que cette attitude pouvait lui nuire. Il lui conseillait de prendre du recul et de se méfier un peu plus des personnes qu'elle rencontrait.
En effet, nous avons tous au moins une fois dans notre vie rencontré une personne que nous croyions "gentille". La réalité fut différente : mensonge, hypocrisie, violence, abus, tromperie, vol et j'en passe...
Les blessures sont d'autant plus cruelles et profondes quand les faits touchent aux sentiments et à la confiance que l'on accorde à ces personnes.
En fait la femme dont je parle compte parmi mes meilleures amies parce que justement elle est très gentille (en plus d'être charmante). Mais ce n'est pas pour autant qu'elle est fragile. Sous ses apparences sociable, bienveillante, sensible et calme, cette femme cache un caractère certain qui s'exprime franchement si vous tentez d'abuser de sa bonté.
Gentille mais vulnérable
Mais paradoxalement, comme la plupart d'entre nous, cette personne présente les défauts de ses qualités. Je la sens vulnérable car elle ne voit le mal nul part ou du moins elle ne calcule pas ni n'anticipe les événements.
En conclusion, soyez gentil, c'est évident, mais pour éviter les mauvaises rencontres ayez l'esprit critique, relativisez l'intérêt que certains vous portent, gardez-vous un jardin secret, car nous savons tous qu'il y a autour de nous des personnes surnoises, intéressées, opportunistes et malhonnêtes... A défaut de pouvoir facilement les identifier, j'ose seulement espérer qu'elles sont minoritaires et ne comptent pas parmi mes relations.

*
Eloge de la gentillesse
Méprisée par l’élite et les intellectuels, la gentillesse est aujourd’hui reléguée au rang des petites vertus.
Elle reste néanmoins le langage par lequel les sourds entendent et les aveugles voient.
Son histoire est celle d’un discrédit : née dans la noblesse romaine, dénigrée dans le christianisme, réhabilitée à la Renaissance, elle s’étiole comme une fleur fanée dans la démocratie marchande. Emmanuel Jaffelin démonte les rouages de cette histoire contrariée et montre que la gentillesse est une vertu postmoderne.
Entre sagesse et sainteté, elle offre aux hommes une morale praticable au quotidien et fondatrice d’un nouveau rapport à l’autre.
Vertu caressante, véritable libido voluptatis, la gentillesse forge une morale pour notre temps, à portée de main, dont les petits gestes déploient de grands effets et préfigurent l’avènement d’un nouveau gentilhomme.

samedi 23 octobre 2010

Amour: savoir s'excuser et demander pardon

Vous débutez une relation amoureuse mais votre partenaire ne se décide pas ? Vous êtes démotivé et finissez par perdre tout espoir de vivre ensemble ? Ou la situation inverse se produit : vous l'aimez mais il reste de glace ? Vous discutez mais il n'écoute pas ? Le temps passe et rien ne change ? Il ne vous donne aucune réponse et le status quo s'installe ? Ou pire, votre partenaire est marié et à peur d'un deuxième échec ? Bref, rien n'avance et le temps passe...
Puis un jour l'un des deux, démotivé ou agacé se décide et c'est la rupture. Parfois rapide et franche parfois plus ambiguë où chacun sent bien que ses sentiments sont toujours vivaces envers son partenaire.
Malheureusement l'histoire est vieille comme le monde et personne n'a encore trouvé la recette de l'amour parfait... Commençons d'abord par une leçon humoristique sur la présentation des excuses :


Quant aux excuses qu'on aimerait présenter à son ex-partenaire concernant un amour manqué ou une désillusion, elles sont souvent difficiles à exprimer; soit on ne reconnaît pas son erreur soit on ne veut pas blesser son ex car l'épreuve est déjà assez pénible à vivre pour les deux partenaires, rien ne sert de la prolonger en vaines explications.
Elton John a très bien résumé toute la difficulté de présenter des excuses dans "Sorry seems to be the hardest word" :


Chicago l'explique très bien aussi dans “Hard to say I'm sorry” :


Que ce geste soit justifié ou non, ce moment est redoutable et en a fait pleurer plus d'un. L'animation suivante sur l'air de "Always On My Mind" d'Elvis Presley exprime tous les regrets et les remords qu'on peut éprouver après une rupture :


Les conséquences sont connues depuis longtemps comme en témoigne la chanson de Randy VanWarmer "Just When I Needed You Most"; en perdant sa moitié on perd ses repères, son ou sa confident(e) et on se retrouve seul(e) à devoir gérer sa vie :


Dans ces conditions, certain(e)s préfèrent encore ne jamais dire adieu car quelque part les sentiments sont toujours présents, tout en espérant que le temps arrangera les choses, comme le dit si bien Gloria Gaynor dans "Never Can Say Goodbye" :


Mais la sagesse revient peut-être aux Bee Gees dans "How can you mend a broken heart" (comment pouvez-vous réparer un coeur brisé); le coeur est non seulement blessé mais il est brisé :


La déchirure et le chagrin sont permanents, ce que Don Williams chanta en version country dans "Some broken hearts never mend" quelques années plus tard :


Dans ces conditions, présenter ses excuses ne suffira pas... Pire, parfois le partenaire prétend accepter vos excuses - et vous imaginez que le problème est résolu - mais dans le fond il a toujours une "revanche" à prendre et ne vous pardonne pas; dans sa tête il a déjà rompu mais il préfère vous mentir, consciemment ou à demi-mots, le temps de vous annoncer sa décision.
Pour guérir de sa blessure affective, la victime doit pouvoir comprendre ce qui s'est passé pour envisager de pardonner à son ex-partenaire (et parfois vice-versa), tourner la page, puis se reconstruire et se fixer de nouveaux objectifs.
Elle attend donc beaucoup plus que de simples excuses de sa part : une explication convaincante qui peut éventuellement s'exprimer par des gestes et des actions concrètes, de vrais sentiments... Mais parfois c'est encore insuffisant, voire trop tard.
A défaut, peuvent-ils encore rester amis ? Dans une histoire sentimentale il est toujours difficile pour la victime de revenir en arrière mais ce n'est pas impossible. La question est ouverte. A chacun d'apprécier.
Sinon, la personne qui est à l'origine de ce malentendu devra vivre avec le regret de ne pas avoir été à la hauteur, de ne pas avoir osé dire "je t'aime" à son partenaire, espérant toujours un improbable signe de celui ou celle qui aurait pu devenir l'Amour de sa vie.
Parfois la situation inverse se produit. On exprime clairement son amour pour son partenaire mais celui-ci reste indifférent ou joue avec vos sentiments jusqu'à ce que vous cédiez.
Michel Polnareff a très bien exprimé la douleur lancinante de cet échec où la frustration, l'incompréhension, l'indifférence et l'ennui se mêlent à la tristesse de ne pas être aimé dans "Love Me, Please Love Me" :


Bref, donner l'illusion d'aimer une personne, lui faire croire en quelque chose que vous savez pertinemment bien ne pas ou plus pouvoir lui donner, est une histoire triste qu'il vaut mieux éviter et avoir la franchise d'avouer. Sinon la tristesse sera profonde et durable.
Néanmoins pour certains l'espoir subsistera ainsi que le résume parfaitement la chanson "Right Here Waiting" de Richard Marx...



ainsi que la chanson "All Out Of Love" de Air Supply :



Gardez espoir
Si l'aventure est terminée et avez compris qu'il était vain de garder espoir, séchez vos larmes et regardez l'avenir. Dites-vous que la nostalgie fait partie du passé et que le temps perdu l'est a jamais.
Tournez la page. Ressaisissez-vous, prenez une profonde respiration et faites de nouveaux projets.
PS. Cet article est l'un des plus consultés de ce blog avec près de 1000 visites à ce jour...

mercredi 17 mars 2010

Jusqu'où va la télé...

A voir ce soir sur France 2 : "Jusqu'où va la télé" ou jusqu'où les candidats peuvent-ils aller pour faire plaisir à l'animateur et au public télévisuel...
Rappelez-vous le film "I comme Icare" avec Yves Montand et plus récemment le jeu TV "Le maillon faible" où l'animatrice maltraite verbalement les candidats.
L'expérience du conflit intérieur
Le scénario se fonde sur les expériences du psychologue américain Stanley Milgram sur la soumission à l'autorité.
L'expérience consiste à demander à des candidats volontaires de participer à un soi-disant jeu télévisuel. Le candidat doit poser une série de questions au joueur. La règle du jeu stipule que le candidat doit donner une décharge électrique au joueur chaque fois qu'il donne une mauvaise réponse. A chaque nouvelle question, la décharge électrique augmente pour finalement atteindre... 460V.
En fait, lorsque le candidat électrocute le joueur, ce dernier simule la souffrance mais le candidat ne le sait pas. Il croit donc punir réellement le joueur (même si après le jeu, la majorité des candidats prétendent qu'ils savaient que les décharges étaient factices, une manière pour eux de se libérer de cette responsabilité).

Questions
Sur les plans sociologique et psychologique, cette expérience met en évidence le rapport entre le subordonné et l'autorité, la morale du candidat et le règlement imposé par le jeu, bref entre l'obéissance et la désobéissance.
Désobéir à l'autorité, même pour une raison légitime, exige du courage. La désobéissance est une infraction consciente et volontaire. Tout contrevenant va devoir affronter l'autorité dont la réaction peut être aveugle et implacable.
Toute la question est de savoir jusqu'où faut-il être soumis et quand commence l'insoumission ?
Au cours de l'expérience, on constate que 19% des candidats désobéissent à l'autorité. Pourquoi ? Quelles sont leurs motivations ? C'est tout le fond de ce problème qui est développé dans cette émission très intéressante et que je vous convie à voir et à revoir car elle est très riche d'enseignements.
Précisons que les candidats ayant poursuivi le jeu, les obéissants, se disaient soi-disant épris de compassion, libres en pensée et en acte, tolérants, incapables de punir, etc. Cette expérience prouve le contraire : lorsque les candidats sont seuls responsables, souvent le pire peut arriver. Cette conclusion est terrifiante et me donne le frisson...
Ce qui est toutefois rassurant, c'est que sans ordre de l'autorité, ces mêmes candidats ont arrêté spontanément de punir le joueur. Ouf ! La morale est sauf ? Non, pas vraiment...
L'éducation et l'esprit critique
En effet, que pourrait devenir cette expérience au quotidien ? Indirectement cette expérience s'applique à vous et moi dès lors que nous soutenons sans réfléchir une idéologie, que nous nous engageons vis-à-vis d'une autorité, qu'il s'agisse d'un manager, d'un politicien, d'un chef religieux, de l'animateur d'une secte ou toute forme de réseau régit par des règles. Nous en connaissons tous les abus.
Un bon conseil, informez-vous, gardez l'esprit critique et raisonnez, il en va de votre humanité mais également de votre libre examen. C'est moche à dire, mais sachez dire non !

dimanche 12 avril 2009

Le grand jeu du moment sur Facebook

C'est le grand jeu du moment sur Facebook : créer un album au hasard.
1. Allez sur Wikipedia et prenez un article au hasard. Le premier article que vous trouverez constituera le nom de votre groupe.
2. Allez ensuite sur ce site et choisissez une citation en anglais ou sur ce site pour une citation en français. Les 3 ou 4 derniers mots de la dernière citation formeront le titre de votre image.
3. Allez enfin sur flickr et prenez la 3e photo.
4. Avec Photoshop ou un autre logiciel d'édition d'image, assemblez ces éléments et faites-en une pochette d'album.
5. Postez la photo sur Facebook ou ailleurs et parlez-en autour de vous. Exemples.
Mot pris au hasard : Agent secret, Citation : ...se rappeler pourquoi, et cette image.
Mot pris au hasard : Baćoglava, Citation : ...encore des victoires, et cette image.
Cela nous donne les deux pochettes d'albums suivantes :

Le hasard fait bien les choses, non ?
En fait, dans le premier exemple, l'homme a les yeux convergents suite à un accident de camion qu'il conduisait en état d'ébriété mais il a conservé sa vue intacte, 20/20. En réalité il ne se demande pas pourquoi, il le sait, mais comment cela lui est-il arrivé.
Dans le deuxième exemple, la beauté du portrait peut facilement être associée à un critère de qualité, de sélection, de compétition, de réussite... bref, avec la victoire.
Dans ce jeu de hasard, Internet devient l'acteur de votre imagination. Mais sans connaître le contexte, c'est vous, le spectateur, qui interprétant le texte et l'image, trouvez les associations et leur donnez un sens.
Et voilà comment les internautes passent leur temps...

samedi 11 avril 2009

Une promotion au travail peut nuire à votre santé

Une étude publiée en décembre 2008 par deux chercheurs en économie et psychologie de l'Université de Warwick (GB), démontre qu'une promotion sur le plan professionnel engendre plus de stress dans 10% des cas et réduit de 20% le temps consacré à rendre visite à un médecin.
Quand une promotion peut vous mettre KO
Chris Boyce et Andrew Oswald se sont basés sur l'hypothèse qu'une amélioration du statut professionnel entraînerait une amélioration de la santé, conséquence d'une meilleure estime de soi.Stress au travail (Document canadien, 2006). C'est du moins l'idée positive que l'on se fait généralement d'une promotion...
Or, en utilisant des données collectées en Grande Bretagne sur un millier d'individus promus dans leur travail entre 1991 et 2005, les deux chercheurs n'ont pas constaté une telle amélioration. Ils ont au contraire observé un plus grande pression psychologique chez ces personnes.
Cet effet fut déjà noté en 2006 au cours d'une étude réalisée au Canada (schéma de droite).
Selon Chris Boyce qui dirigea l'étude anglaise, "Obtenir une promotion à son travail n'est pas aussi formidable qu'on pourrait le croire. Nos recherches montrent que la santé mentale des managers se détériore typiquement après une promotion, et d'une façon qui va au-delà du simple court-terme". Et de souligner : "Il n'y a pas de signe d'une amélioration de la santé [...] autre qu'une baisse de la fréquentation des cabinets des généralistes, ce qui est peut-être quelque chose dont il faut se préoccuper plutôt que se féliciter".
Quand le travail vous met KO...
On peut s'en moquer comme ci-dessus, mais de fait, personnellement j'ai connu de tels cas. Soudain, un manager ou un gestionnaire sain de corps et d'esprit, dans la quarantaine, s'est effondré, KO, ou a "pété un cable" sur son lieu de travail, sans signe avant-coureurs, quoique...
Seules "alertes", dans un cas son service était en sous-effectif chronique depuis des années et il avait un job stressant. Dans l'autre cas, l'expert était certes désorganisé mais ses doléances n'avaient jamais été prises en compte. Tous deux travaillaient dans le secteur financier. Merci pour eux, ils s'en sont remis, mais on ignore la cause de leur malaise.
En conclusion, un bon salaire ou un poste à responsabilité ne préserve pas votre santé et je serais tenté de croire qu'il peut l'affecter surnoisement si on en juge par ces cas vécus.
Consultez également cette étude canadienne réalisée en 2006 sur le stress au travail.
Autres vidéos sur les effets du stress au travail : Un mauvais jour au bureau.

dimanche 22 février 2009

De la difficulté des relations homme-femme

Pourquoi un couple se sépare-t-il ? Pourquoi avons-nous parfois du mal à comprendre et à vivre avec notre partenaire ? Voici quelques pistes de réflexions.
Identité n'est pas égalité
Rappelez-vous que la femme n'est pas l'égale de l'homme ni réciproquement. L'égalité des sexes n'est valable qu'en droit, dans le sens où hommes et femmes sont responsables ou peuvent réaliser les mêmes tâches. Mais cela ne peut pas s'appliquer à la relation sentimentale.
Dans un couple, il ne faut pas confondre identité et égalité des sexes. L'identité de la femme est par exemple mise en exergue par les mouvements féministes mais ils n'exigent pas nécessairement l'égalité homme-femme au quotidien.
Les machos par exemple existeront donc toujours, mais dans un cadre délimité, celui dans lequel la partenaire accepte de jouer le jeu.
En revanche, si l'identité et la confiance en soi ne sont pas marquées, le couple peut-être en danger faute d'avoir de véritables repères.
Equilibre et complémentarité
Pour qu'un couple s'accorde et accepte de construire des projets communs, leur relations doivent être sans équivoque, franches et équilibrées. Il doit y avoir un accord préalable, explicite ou tacite entre les partenaires ou une compensation à la clé. A défaut d'équilibre au sein du couple, il est logique et naturel qu'il glissera naturellement vers l'échec.
En revanche, sexuellement parlant, homme et femme sont complémentaires, ils ne sont ni égaux ni même identiques. Cette différence sexuelle se marque dans le comportement propre des hommes et des femmes et leur manière de penser. Nous en avons des exemples tous les jours dans la façon dont les uns et les autres conduisent leur vie.
Vous voulez des exemples ? Voici quelques attitudes propres aux hommes et aux femmes illustrées sous forme de parodies.
D'abord ce que pensent les hommes et les femmes
*
*
Ensuite il y a les non-dits, faux-semblants et ceux ou celles qui se font des films
*
Bref, ni homme, ni femme ?
Florence Foresti à Montréal
*
En résumé, cherchez plutôt l'Amour et le vrai sens des valeurs
*
Pour une étude plus détaillée de la question, consultez l'article Pourquoi les hommes et les femmes sont différents ?

lundi 17 décembre 2007

La solitude en fin d'année passe par Internet

Etre seul(e) en fin d'année (et en temps normal parfois) est une sensation déplaisante pour la majorité des personnes. Alors que tout le monde se rassemble pour fêter dignement ces évènements dans la joie, vous ressentez un vide profond, une grande solitude, de la tristesse et de la frustration d'être seul(e).
Un poids s'abat sur vous quand vous passez à côté d'un couple d'amoureux ou sous un bouquet de gui.
Il n'y a personne avec qui discuter, personne pour vous réchauffer le coeur, personne pour vous embrasser tendrement, personne le soir pour réchauffer votre grand lit froid.
Cela vous laisse un goût amer au soir des fêtes les plus agréables de l'année. Vous avez peut-être 50 ou plus de 500 amis sur Facebook mais ils ne sont pas auprès vous.
A mesure que Noël et le Nouvel An approchent, les personnes seules repassent leur vie en revue et finissent pas se demander si elles ont fait le bon choix.
A l'époque des fêtes, les sites de rencontres et autres forums font énormément de promotion car le contexte est propice au commerce.
A défaut de trouver l'âme soeur au coin de la rue, les personnes qui souhaitent refaire leur vie utilisent de plus en plus Internet dans l'espoir de retrouver un(e) partenaire. Elles partent du principe que d'autres personnes sont dans le même cas, et que finalement les sites de rencontres ou les petites annonces sont un moyen comme un autre de faire des rencontres, même si au début cela paraît froid et virtuel, loin du romantisme qu'on attend d'une première rencontre.
Vu le peu de contrôles dont ils font l'objet et le nombre grandissant de personnes vivant seules, les sites de rencontres sont extrêmement populaires et rassemblent parfois des millions de célibataires potentiels en quête d'amour ou d'aventure.
Les deux visages des sites de rencontres
S'il est vrai qu'on peut rencontrer l'âme soeur via ces sites de rencontres, il ne faut toutefois pas s'attendre à des miracles.
Certes, ces sites offrent un sentiment de sécurité car on peut effectuer cette recherche à domicile et ne pas répondre ou couper la connexion si cela ne vous convient pas.
Mais cette manière de choisir son partenaire sur base d'un profil ressemble un peu trop à la sélection d'un produit de consommation dans une boutique en ligne. Mais si on s’accommode de ce côté impersonnel et froid du système en ce disant que ce n'est que temporaire, pourquoi pas. Le tout est de ne pas favoriser ce moyen de rencontre et de communication au détriment de la vrai vie, celle de la réalité des discussions que l'on peut avoir lors d'un rendez-vous en tête-à-tête.
Comme dans la vie réelle, les sites de rencontres rassemblent tous les profils de la société. On peut même supposer qu'ils concentrent les profils les plus difficiles à satisfaire (pas uniquement pour une question de caractère ou d'âge mais peut être aussi de disponibilité) sinon on peut imaginer qu'ils auraient déjà trouvé leur partenaire.
Quelquefois, sur Internet on peut tomber sur des personnes bien comme on peut tomber sur des indécis, des pervers et des salauds, des intéressées, des mangeuses d'hommes et des salopes. Il n'y a pas de raison que ce monde virtuel soit différent du réel.
C'est la même chose avec les petites annonces publiées dans les rubriques "Rencontres" des magazines.
Des sites comme Badoo, Netlog, AdultFriendfinder ou Meetic notamment sont tenus par des gens sérieux. Payer un abonnement de quelques mois vous permet de discuter voire de rencontrer l'âme soeur.
Evitez seulement les sites payants où les candidats refusent de vous rencontrer au risque d'y perdre beaucoup d'argent en très peu de temps.
En effet, il y a aussi le côté obscur des sites de rencontres, les arnaqueurs (les fameux brouteurs d'Afrique) et les escrocs (le site eDesirs par exemple) qui profitent des personnes naïves ou en état de faiblesse.
Les réseaux sociaux offrent également à certaines personnes un moyen de communiquer dans un monde où plus personne ne se connaît et où chacun s'isole chez soi et devient tous les jours plus égoïste et exigeant.
Finalement, que vous tombiez amoureux d'une personne au travail, dans un club de sport ou sur Internet, il n'y a pas de recette miracle pour trouver l'âme soeur. Juste des individus qui ont des idées plus ou moins bonnes ou mauvaises. A chacun de poser les bonnes questions et de bien connaître son partenaire avant de faire le grand saut.
Faites le pas si vous estimez que cela peut vous aider, soyez prudent dans votre sélection, mais ne vous en voulez surtout pas si vous ne trouvez pas le bon partenaire par Internet; comme en dehors du web l'amour est avant tout une question de désir et d'affinités et certains devront peut être rencontrer dix voire cent personnes avant de tomber amoureux.
Emails professionnelles et arnaques
Suite à la publication de cet article, j'ai reçu en 2015 un long commentaire anonyme qui ne mérite pas la peine d'être publié car dès les premières lignes j'ai douté de sa véracité. Ce témoignage évoquait une arnaque aux sentiments.
Mon pressentiment fut confirmé après quelques minutes de recherches sur Internet où j'ai trouvé plusieurs articles sur le même thème citant les mêmes noms et adresses emails.
Rappelons simplement que le nom de domaine "diplomats.com" est connu pour être exploité par les arnaqueurs comme l'explique cet article du webzine "Comment Ca Marche".
Cet autre article du même webzine révèle également que "Bernard Fioles" défendant soi-disant la cause des victimes d'arnaques est un nom d'emprunt.
La coïncidence était trop belle pour être vrai et il m'a semblé inutile de publier des adresses emails de phishing ou incitant les arnaques sentimentales ;-).
Pour plus d'informations
A lire : Sites de Rencontres: y aller ou pas, Psychologies.com
Consultez les forums Les Arnaques et Escrocs.net notamment où les victimes témoignent de leur mauvaises expériences et dressent la liste de sites de rencontres infréquentables (eDesirs, etc).
Tous les sites de rencontres sont concernés par les arnaques et autres "brouteurs" mais certains en ont fait une règle, où pratiquement tous les profils sont fictifs et l'entreprise gérée par des escrocs.
Team Muguhunters (association underground luttant contre les escrocs et autres brouteurs)
Facebook, terrain de chasse rêvé des "brouteurs" du net, Jeune Afrique, 2012
Consultez également ces reportages sur YouTube :
Les arnaques sur les sites de rencontres (Côte d'Ivoire)
Arnaque chantage webcam.

vendredi 23 novembre 2007

Les jeunes violents dans leur relation amoureuse

Les jeunes de 12 à 21 ans déclarent que "la femme battue, ça ne les concerne pas", dans une enquête sur l'Amour et violence chez les jeunes réalisée en septembre 2007 par Ipsos pour la Direction de l'Égalité des chances de la Communauté française de Belgique et publiée le 23 novembre 2007 dans le magazine "Faits & Gestes".
La violence. Document EdA/Philippe Luc.Or, après enquête, on constate que 91 % des jeunes interrogés reconnaissent avoir été victimes de violence dans leur relation amoureuse et 72 % y ont déjà eu recours. La sensibilisation et la prévention s'imposent donc.
Cinq types de violence ont été décrites par les jeunes :
- violence physique (3 à 14 % selon qu'il s'agisse de pousser, gifler, tirer les cheveux ou menacer par un objet);
- domination (contrôle du GSM et des fréquentations, injonctions d'habillement, etc) : 54 % des jeunes interrogés disent avoir déjà été empêchés de parler avec des amis, 71 % d'avoir dû dire avec qui il ou elle était;
- déni (ne pas tenir compte de son avis, par exemple) : 55 % ont déjà été confrontés à un(e) petit(e) ami(e) refusant de discuter, fuyant le dialogue;
- dévalorisation : 53 % ont déjà vécu des critiques sur leur apparence physique de la part de leur "amoureux";
- manipulation (chantage, créer une mauvaise réputation).
Selon cette étude, 30 % des jeunes disent avoir "toujours" ou "souvent" été victimes de ces comportements violents, 60 % disent "quelques fois ou "rarement". 70 % des jeunes ont un jour été "auteurs" de ces comportements, dont 15 % "toujours" et "souvent".
Un chiffre est révélateur : 99 % des auteurs sont aussi victimes de violences, laissant supposer que pratiquement tous reproduisent des schémas acquis sans vraiment discerner le bien du mal ou se rendre compte des conséquences de leurs gestes.
Selon les chercheurs, l'âge renforce ces mécanismes. Selon la fréquence et le cumul des actes décrits comme violents, les chercheurs ont défini des agresseurs et victimes en mode "majeur", c'est-à-dire où la violence est érigée en système, ou en mode "mineur", où elle reste occasionnelle voire exceptionnelle.
Entre 12 et 14 ans, 3 % des filles et 5 % des garçons se disent victimes en mode majeur; à 18-21 ans, c'est 28 % des jeunes femmes et 20 % des jeunes hommes qui sont concernés.
La violence physique et les comportements de domination sont davantage masculins, alors que déni et manipulation sont plutôt féminins.
On pourrait en déduire que le garçon ou l'homme en général est naturellement plus brutal et direct, et que la fille ou la femme est plus surnoise et hypocrite. Si la réalité est évidemment plus subtile et démontre parfois le contraire, il est logique que face à la force brutale, la jeune fille développe d'autres aptitudes comme la ruse pour se protéger ou aboutir à ses fins.
Il est également inquiétant de constater que 34 % des jeunes ont des difficultés à accepter que l'autre refuse des caresses, et 17 % qu'il refuse de faire l'amour.
Il va donc de soi qu'une fois adulte, si ces jeunes ne sont pas mieux éduqués, ils vont reproduire les mêmes actes, conduisant à la violence conjugale en reportant la même agressivité sur leur partenaire ou leur enfant.
L'influence de la pornographie
Bien que cette étude ne se penche pas sur les causes de cette violence, d'autres sondages ont mis en évidence que chez les garcons principalement, entre 14 et 21 ans, l'influence de la pornographie qu'ils voient sur Internet libère leurs tabous et développe les déviances sexuelles.
Sous l'influence de sa libido, le jeune veut reproduire dans sa relation amoureuse la seule forme d'"amour" ou de sexe qu'il connait, celle du hard core avec une partenaire a priori consentente. Or, sous cette forme, un consentement tacite de sa partenaire ne suffit évidemment pas, d'où le risque de conflit et de violence.
On pourrait également discuter de la violence banalisée dans les films ou des relations toutes aussi violentes des jeunes entre eux (dans leurs attitudes et leurs façons de parler).
Ici, non seulement les parents ont un rôle à jouer mais également l'éducation scolaire, l'enfant passant l'essentiel de son temps à l'école.
Un constat
Il ressort de cette enquête que les jeunes évoluent dans une société où la violence est banalisée, puisque 9 jeunes sur 10 affirment avoir été victimes d'actes relevant de la violence dans leur relation amoureuse.
Cette enquête démontre également le degré d'immaturité des jeunes dans leur relation amoureuse - le fait qu'ils ignorent tout du sexe opposé - et le manque chronique de dialogue entre les partenaires, des attitudes que l'on retrouve généralement à l'âge adulte et qui conduisent trop souvent à la rupture du couple, ainsi que l'explique cet article sur les peines de coeur : réflexions sur la vie.
Sur le plan pénal, précisons qu'un mineur coupable d'actes de violence avec coups et blessures sur autrui risque deux ans d'emprisonnement dans un centre fermé. Sa responsabilité est donc engagée. Un homme averti en vaut deux.
Redoubler la vigilance
A partir de ce constat plutôt alarmant, on ne peut que suggérer aux parents de redoubler de vigilance, en interrogeant notamment leurs enfants quand ils reviennent avec des ecchymoses, des traces de griffes sur le corps ou des objets abîmés.
Si les enfants doivent apprendre à se débrouiller seuls dans la vie et forger leur propre expérience comme leur propre opinion, ils doivent aussi être encadrés afin de gérer au mieux ces situations parfois difficiles.
Ne démissionnez surtout pas sous prétexte que vous ne les comprenez plus. C'est à l'âge de la puberté qu'ils ont le plus besoin de votre soutien pour comprendre la violence et la rapidité des changements qui se produisent dans leur corps, dans leur tête et dans celle de leur(s) ami(e)s.
Pour plus d'information, téléchargez le magazine Faits & Gestes (PDF de 10 pages).

jeudi 22 novembre 2007

Les bébés savent juger avant de pouvoir parler

Les bébés âgés de 6 et 10 mois préfèrent clairement les personnes sociables que celles qui les empêchent d'agir ou les ignorent, selon une étude américaine publiée dans le magazine Nature.
L'étude conduite par Kiley Hamlin et ses collègues de l'Université de Yale montre que les bébés ont la capacité d'évaluer les motivations des personnes avant même de pouvoir parler.
Selon cette étude, les bébés développent une sorte de sens éthique qui valide l'adage "agis comme tu le ferais pour toi".Un bébé de 6 mois. Documment iStockphoto.com/René Jansa.
L'âge très jeune auquel cette aptitude apparaît, avant même que les bébés aient le temps d'être profondément socialisés (à la crèche notamment) indique qu'il s'agit probablement d'un instinct évolué plutôt qu'un comportement lié à l'apprentissage enseigné par les parents ou d'autres adultes.
"L'existence d'une évaluation sociale si tôt dans l'enfance suggère que l'évaluation des individus par la nature de leurs interactions avec les autres est au centre de leur façon de traiter le monde social, à la fois sur le plan évolutionnaire et du développement", expliquent les chercheurs. "Cette capacité peut servir de base à la pensée et l'action morales, son apparition très tôt dans la vie soutenant l'idée que l'évaluation sociale fait partie d'une adaptation biologique".
L'expérience du bon samaritain
Au cours de leur étude, l'équipe de chercheurs a utilisé un ensemble de poupées élémentaires qu'elles ont animées dans un décor, pour examiner les réponses de bébés âgés 6 et 10 mois.
Dans la première expérience, les bébés ont observé une marionnette en bois (un cercle rouge) ayant de grands yeux, appelée "le grimpeur", qui essayait à plusieurs reprises de gravir une colline. Une deuxième poupée a ensuite été introduite et interagissait avec le grimpeur de différentes manières.
Une poupée représentée par un triangle jaune semblait aider le grimpeur à gravir la pente en le poussant vers le sommet comme on le voit ci-dessous. Une autre poupée, de forme carrée, semblait au contraire gêner le grimpeur en bloquant son chemin et en le poussant vers le bas.
Après avoir visionné ces scènes, les scientifiques ont étudié la réponse des bébés en leur offrant les poupées carrée et triangulaire, et en notant laquelle ils choisissaient. Les 12 bébés âgés de 6 mois ont choisi la poupée triangulaire, de même que 14 des 16 bébés âgés de 10 mois.
Dans une deuxième expérience, les chercheurs ont renversé le scénario, le grimpeur descendant la colline, pour savoir si les bébés répondaient en fonction de la direction du mouvement. Dans un tiers des cas, les bébés des deux âges ont préféré une poupée neutre qui ne faisait rien plutôt que celle qui gênait le grimpeur, ou choisissaient une poupée utile plutôt qu'une poupée neutre, désintéressée.
Les résultats suggèrent aux scientifiques que dès la prime enfance, les personnes sont programmées pour distinguer les individus utiles des inutiles. Ces capacités sont critiques dans le cadre d'activités coopératives comme la chasse, le rassemblement et la guerre.
Pour les scientifiques, "la capacité d'évaluer d'autres personnes est essentielle pour évoluer dans la société. Les êtres humains doivent pouvoir évaluer les actions et les intentions des gens qui les entourent". "Beaucoup d'aspects du système moral sont au delà des capacités concientes des bébés. Pourtant, la capacité de juger différentiellement ceux qui exécutent des actes sociaux positifs et négatifs peut former une base essentielle dans n'importe quel système qui conduit par la suite à différencier le bon du mauvais".
L'intelligence des enfants
Cette expérience confirme qu'une fois de plus les bébés ou les jeunes enfants ne sont pas aussi immatures qu'on le pense parfois, notamment en se fondant sur leur façon de s'exprimer.
Si bébé imite les gestes et la voix de ses parents vers 6 mois et ne prononce ses premiers mots qu'à 8 mois environ avec "maman", "papa" sans distinction de sexe (cela ne viendra que vers 11 mois), il sait déjà parfaitement lequel des deux est le plus facile à vivre, lequel lui met des "bâtons dans les roues" ou hausse le ton ou fait des grands yeux quand bébé n'en fait qu'à sa tête. Si les bébés ont beaucoup à apprendre de leurs parents, ils nous étonneront encore beaucoup par leur bon sens.

jeudi 1 novembre 2007

La chimpanzée Washoe est morte à 42 ans

Après Judith de Daktari qui attirait la sympathie de bien des jeunes dans les années '70, Washoe est certainement la chimpanzée la plus célèbre et la plus attachante dans le monde scientifique.
Washoe est née en Afrique de l'Ouest en 1965 et fut adoptée bébé par des chercheurs de Reno, au Névada (som nom est celui de la ville où elle vécu), qui lui apprirent le langage américain des signes (ASL) utilisé par les malentendants et les sourds.Washoe en 1995. Document CWU/CHCI. Droits réservés.
Vers 5 ans, elle maîtrisait assez de signes pour attirer l'attention du monde et ouvrir le débat sur la question de l'apprentissage du langage chez les animaux, un débat toujours d'actualité.
Mais le 30 octobre 2007 au soir, après une courte maladie, Washoe est morte, a déclaré Mary Lee Jensvold, directrice assistante au Chimpanzee and Human Communication Institute (CHCI) de l'Université Central Washington à Ellensburg, où Washoe avait vécu durant plus de 20 ans. La chimpanzée est morte dans son lit comme l'ont dit, à l'âge de 42 ans, entourée par les membres de l'équipe et d'autres primates proches d'elles, a déclaré la Dr. Jensvold.
L'apprentissage du langage
Les chercheurs avaient essayé sans succès d'apprendre aux grands singes à imiter les sons de la voix humaine jusqu'à ce que le couple Gardner, Allen et Beatrix, des chercheurs spécialisés dans l'étude de la pensée et de l'intelligence (cognition) adoptent une jeune chimpanzée âgée de 10 mois dans le cadre d'un programme scientifique militaire en 1966.
Les Gardner étant sceptiques à l'idée que d'autres primates puissent parler comme les humains, ils ont appris le langage américain des signes à Washoe, encourageant son apprentissage jusqu'à ce qu'elle signe de manière compréhensible.
En 1969, un rapport sur Washoe établit par les Gardner constatait que leurs travaux avaient ouvert un tout nouveau champ d'études jusque là inexploré. On a même prétendu qu'en voyant Washoe signer "eau" et "oiseau" en parlant d'un cygne, “c'était comme un SOS venu de l'espace", se rappelle Roger Brown, psychologue de l'Université d'Harvard.
Les professionnels du langage aux quatre du monde ont alors commencé leur propres projets d'études, essayant de reproduire et d'étendre les découvertes des Gardner. Mais l'excitation retomba à la fin des années '70 lorsque Herbert Terrace, un chercheur cognitif de l'Université de Columbia publia un rapport sur un chimpanzé dénommé Nim Chimpsky auquel il essaya d'apprendre le langage des signes. Nim pouvait apprendre les signes, mais le fit avant tout pour imiter ses éducateurs ainsi qu'on le constate dans les enregistrements vidéos de ses exercices conservés par le Dr. Terrace. "Il n'y avait pas de spontanéité, par d'usage réel de la grammaire", explique le Dr. Terrace.
Il analysa ensuite une vidéo de la gestuelle de Washoe, qui avait appris environ 130 signes, et dit qu'il trouva des preuves qu'elle, également, réagissait aux attitudes de ses éducateurs, mais n'engageait rien qui ressemblait à une conversation humaine.
Le lexigramme
Les chercheurs ont alors modifié leur approche. Sachant qu'un symbole présente plus de sens qu'un simple mot, ils ont utilisé des symboles (un lexigramme) pour représenter des mots. Ils ont également créé des environnements dans lesquels les primates apprenaient comme le font les nourrissons, d'abord par imitation puis par l'observation, en regardant les autres communiquer puis en essayant eux-mêmes.
Le Dr. Rumbaugh a constaté qu'un certain nombre de chimpanzés communs et de chimpanzés pygmés ont appris un langage de cette manière, ce qui démontre que les singes ont la capacité d'utiliser un langage élémentaire. "Ils ne signeront jamais un contrat d'édition de livres, ils ne seront jamais invités pour donner une conférence, ils ne pourront pas voter, etc, mais leurs fonctions intellectuelles chevauchent" de certaines manières celles des humains.
Deborah et Roger Fouts en compagnie de Washoe en 1995. Document CWU/CHCI. Droits réservés.De nombreux chercheurs n'en sont pas encore convaincus. Mais ils reconnaissent que Washoe a soulevé les passions et le débat, même si elle ne répondait pas à toutes les questions que ses facultés soulevaient.
Un ancien assistant des Gardner, Roger Fouts ainsi que sa femme Deborah que l'on voit à gauche, ont repris Washoe en 1980 et l'ont élevée dans un centre spécialisé qu'ils ont fondé à Ellensburg, dans l'Etat de Washington. Washoe disposait d'un vocabulaire d'environ 250 mots.
A Ellensburg, elle fut l'autorité matriarcale de trois jeunes chimpanzés, Loulis (29 ans, son fils adoptif), Tatu (31 ans) et Dar (31 ans) avec lesquels elle fut tendre.
Loulis a directement appris quelques mots du langage des signes grâce à Washoe qui lui montra comment placer ses mains et ses doigts correctement.
Le Dr. Jensvold continue à les surveiller afin de déterminer si elle a transmis d'autres notions à ses compagnons ou certaines passions. "Washoe a toujours été attirées par nos chaussures, et si nous portions une nouvelle paire, elle signait pour qu'on lui montre" se rappelle le Dr. Jensvold. "Ensuite elle pouvait signer quelque chose à propos de leur couleur. De ce côté là, elle était vraiment une "shoe lady", passionnée par les chaussures". Mais ses attitudes et ses sentiments allaient bien pous loin que cela.
Les sentiments
Diane Fossey, spécialiste des chimpanzés, et Jane Goodall, experte des gorilles notamment, ont montré qu'une femelle gorille ou chimpanzée qui venait de perdre son bébé refusait cette fatalité et conservait son cadavre au cours de ses déplacements.Washoe. Document CWU/CHCI. Droits réservés.
Dans les années 1970, Washoe avait eut un bébé mais il mourut dans les semaines qui suivirent. Quand les éducateurs lui retirèrent son bébé des bras, Washoe signa et signa encore pour qu’on lui rende. Elle ressentait un grand désarroi.
Jane Goodall a également montré que chez les chimpanzés, le mâle dominant déchu dans un combat singulier peut sombrer dans une profonde dépression, s’isoler et se laisser mourir de faim. Washoe connut la même dépression le jour où on lui apprit que son bébé était mort. Ses yeux trahissaient une grande tristesse. Les sentiments des singes sont plus profonds qu'on l'imagine et tendent à démontrer que ces mammifères peuvent d'une certaine manière se projeter dans l'avenir.
Pour plus d'information sur les origines de la conscience et du langage, consultez l'article Le rire est le propre de l'homme.

mardi 30 octobre 2007

Pourquoi les hommes et les femmes sont différents ?

Le "Times Online" vient de publier un excellent article sur les différences de comportement entre les hommes et les femmes lors des disputes conjugales.
Intitulé "Why men and women argue differently", l'article explique que les femmes souhaitent discuter mais les hommes préfèrent généralement battre en retraite et se retranchent dans un mutisme digne d'une taupe.
Des psychologues américains se sont penchés sur le sujet et déclarent qu'il y a des raisons scientifiques et donc objectives derrière ces différences de comportement, ce que nous avons déjà évoqué il y a quelques mois à propos des peines de coeur.
En fonction de notre caractère (calme, passif, renfermé, soumis, timide, nerveux, jovial, agressif, colérique, abusif, intolérant, extraverti, explosif, etc) et de notre culture comme de nos expériences passées, nous allons réagir de manière particulière face aux réactions de notre partenaire.
On n'y fait généralement pas attention car cela se fait intuitivement avec plus ou moins de bonheur, mais il y a d'énormes différences entre la manière dont les femmes et les hommes gèrent leur couple et notamment les disputes. C'est en fait la différence sexuelle qui s'exprime à travers le comportement et les réactions de chaque partenaire : en deux mots, hommes et femmes ne pensent pas de la même façon.
Les hommes rompent le combat
Ainsi, lorsque les hommes sont confrontés à leur partenaire féminine, les recherches tendent à démonter que la tactique inconsciente des hommes consiste à rapidement hausser le ton et s'énerver mais ils peuvent se replier aussi rapidement si leur épouse avance trop d'arguments. Certains hommes expliquent leur attitude en disant qu'il ne sert à rien de lutter car soit ils ne veulent pas en arriver aux mains et être violents soit ils sont lassés ou n'ont pas envie de s'expliquer pour ce qu'ils considèrent des détails de la vie commune. Mais évidemment leur interprétation n'est pas partagée par leur femme qui pense au contraire et à juste titre que cette accumulation de "petits détails sans importance" finira par faire déborder le vase.
Le chasseur et la proie
En général, les femmes se retrouvent plus souvent à gérer leur relation de couple. Elles sont souvent les premières à soulever un problème et de poursuivre leur époux jusqu'à obtenir le changement souhaité (et on peut même dire, que sinon la rupture est programmée).
Selon la thèse de John Gray, l'incompréhension qui réside entre hommes et femmes n'est pas tant le sujet de désaccord que la manière dont le couple communique à ce sujet. "La plupart des couples commencent par argumenter sur une chose et en l'espace de cinq minutes discutent de la manière dont ils invectivent l'autre". Ainsi, la femme évoque un problème, posant souvent des questions de rhétorique plutôt que d'être franche et directe. L'homme, qu'il ait raison ou tord, n'y entend que des désapprobations.
Or, selon Gray, les hommes ont grandement besoin d'approbation. Sentant qu'ils sont face à un défi, l'homme va se concentrer sur la droiture de son comportement au point d'oublier ses bons sentiments, son côté amoureux. Sa femme devient alors excédée par l'attitude volontairement froide et distante de son mari et va prendre ses distances vis-à-vis de cette expression froide et rigide dans lequel elle ne le reconnaît plus. Son ton va devenir cassant, blessant, elle va devenir méfiante et rejeter son mari. Dans ces circonstances, Gray explique que les hommes doivent se rappeler que leur partenaire se révolte, non pas en fonction de ce qui a été dit mais comment cela a été dit.
"La plupart du temps, c'est l'escalade lorsque l'homme commence à invalider les arguments de sa femme et qu'elle lui répond de manière désobligeante". Quand une femme partage ses frustrations, les hommes se mettent sur la défensive et dressent d'avance toute une liste d'explications et de justifications pour éloigner le conflit et la colère de leur femme.
Mais si la manière de faire une remarque peut blesser le partenaire (en s'emportant, en devenant vulgaire ou en brisant des objets par exemple), la passivité ou le mutisme est tout aussi mal compris.
Les hommes doivent s'humaniser
Christine Northam, conseillère en relations conjugales et citée dans le livre de Dallos et Draper, constate que les hommes ont difficile, même très difficile à supporter leurs émotions. Les femmes lui disent à propos de leur mari : "Il ne veut pas répondre, il ne m'écoute pas, il pense qu'il a toujours raison." Les hommes ont été socialement habitué à croire qu'ils savent de quoi ils parlent.
Ceci est en train de changer mais ce sentiment est toujours présent et les femmes internalisent cette attitude. "Elles deviennent alors frustrées, hystériques quand elles voient que leurs arguments ne sont même pas considérés à leur juste valeur et n'ont aucun effet."
Northam considère toutefois que les jeunes hommes qu'elle rencontre "sont plus souvent prêts à s'engager et à discuter de leur émotions avec leur partenaire. Les hommes plus âgés sont légèrement plus rusés voire plus que simplement plus rusés".
On peut donc en conclure qu'avec l'âge, la recherche des compromis et les bons sentiments disparaissent au profit de la satisfaction personnelle, bref on devient plus difficile et intolérant.
C'est d'autant plus grave lors d'une dispute, lorsque la femme va s'effondrer en larmes et se retirer une demi-heure dans la salle de bain, dans la chambre ou ira faire un tour à l'extérieur puis reviendra pour constater que monsieur est devant la télé et fait comme si rien ne s'était passé.
Là il y a une incompréhension totale qu'il faut immédiatement résoudre par des paroles et les gestes adéquats. Si à ce moment là, les partenaires ne font pas un geste l'un envers l'autre et ne s'expliquent pas, le divorce est garanti, demain ou dans dix ans. Car plus un couple est en proie à ce genre de comportement, plus difficile et plus instable devient leur relation.
Pour plus d'informations
Je vous propose de consulter l'article du Times pour plus de détails. Il fait la compilation de plusieurs études dont celle publiée par Elaine D. Eaker dans le magazine Psychosomatic Medicine et d'extraits des livres "The Myth of Mars and Venus" de Deborah Cameron, "Men are from Mars, Women are from Venus" de John Gray et "An Introduction to Family Therapy" de Dallos et Draper.