La récente sortie du film "Jurassic World" a revitalisé
l'intérêt du public pour la paléontologie.
Les dinosaures notamment ont dominé la planète durant plus de 135 millions
d'années. Parmi ceux-ci, il existait l'Helicoprion, une espèce de requin cartilagineux vivant
au Permien, il y a 290 millions d'années.
Ce requin avait la particularité d'avoir une mâchoire étonnante comme on le voit sur les illustrations suivantes : elle était en spirale, formant une sortie de scie circulaire !
L'un des aspects mais faux de l'Helicoprion adapté du Staab Studios (mais dont ils ne sont pas l'auteur selon Garry Staab).
A l'inverse des requins modernes qui perdent et remplacent leurs dents,
Helicoprion conservaient ses dents, les dents usées étant finalement cachées dans la gencive de sa mâchoire.
On imagine que lorsqu'il capturait une proie, il devait refermer sa gueule
tandis que la dent spiralée déchirait les chaires.
Mais à en juger par les dessins, les paléontologues ont toujours eu du
mal à se représenter cette dent en spirale dont un fossile et son modèle est présenté ci-dessous.
Si la plupart des experts s'accordent pour réfuter la forme d'une roue
placée à l'avant de la mâchoire souvent évoquée, certains l'imaginent plutôt comme une gueule dont la lèvre
inférieure se prolongerait en spirale. Mais cette représentation serait également fausse.
Autre représentation mais également fausse de l'Helicoprion.
En effet, dans un article scientifique publié en 2013 par le Pr. Leif
Tapanila et son équipe du Musée d'Histoire Naturelle de l'Université d'Idaho, de
nouvelles analyses indiqueraient que cette structure spiralée n'est pas disposée de la sorte.
Tapanila déclare notamment : "nous avons pu déterminer où se situait cette stucture dentaire dans l'animal. Elle se trouvait à l'arrière de la bouche, juste à côté
de la branche de la mandibule. On a pu réfuter l'idée qu'elle se situait à
l'avant de la mâchoire".
La représentation (l) sur le dessin suivant serait donc la plus conforme. Avis aux illustrateurs et aux journalistes scientifiques.
La version définitive du Staab Studios élaborée en concertation avec le Pr.Tapanila.
On ferait un film avec cet animal, personne ne croirait qu'un tel monstre ait pu exister, et pourtant ! La nature est vraiment incroyable et étonnante.
La paléobiologiste britannique Louise T. Humphrey du Musée d’Histoire Naturelle de Londres et son équipe viennent de publier un article apportant la preuve que les hommes préhistoriques du Pléistocène souffraient de maux de dents il y a 15000 ans, bien avant le début de l'agriculture et la production de céréales et autres aliments qu'on pensait jusqu'alors liés au développement des caries.
Caries dentaires remontant à 15000 ans. DocumentLouise T. Humphrey et al.
L’étude publiée le 7 janvier 2014 dans le magazine américain des Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) concerne les squelettes de 52 Homo sapiens remontant entre 13700 et 15000 ans appartenant à la population Ibéromaurusienne.
Ces squelettes furent découverts dans les années 1950 et suite à d'autres excavations commencées en 2003 dans la grotte des Pigeons située près de Taforalt, au Maroc.
Les analyses de la dentition et des mâchoires de ces chasseurs-cueilleurs ont montré que jusqu’à 51% des dents d'adultes présentaient des caries qui devaient provoquer d'importants problèmes d'hygiène dentaire, déclarent les auteurs. Or jusqu'à présent ce pourcentage variait entre 0% et 15% chez ces populations.
D'autres indices suggèrent que ces hommes se nourrissaient de glands et de pignons de pins, des fruits à coque riches en glucides fermentables (jusqu'à 54 g de glucides par 100 gr pour les glands, 16.2% g par 100 g pour les arilles des grenades et 13 g par 100 g pour les pignons de pins).
Nous savons depuis les années 1960 que la bactérie Streptococcus mutans qui fait partie de la flore buccale est responsable de la carie dentaire.
Des colonies de bactéries ont probablement consommé les glucides laissés sur les dents de ces hommes préhistoriques, l'acide produit finissant par attaquer l’émail. "La majorité des occupants de cette grotte avait des caries et des abcès dentaires et ils devaient avoir souvent mal au dent et mauvaise haleine", explique Isabelle de Groote, anthropologue à l'Université John Moore de Liverpool, qui participa à ces travaux.
Pignons de pins parasols. Aujourd'hui comme il y a 15000 ans, ces graines sont toujours prélevées à la main sur les cônes.
"La fréquence et la sévérité de ces caries observées dans ce groupe d'hommes préhistoriques montrent clairement que le fait de consommer des graines et plantes sauvages peut induire autant de problèmes dentaires que les aliments contenant du sucre raffiné dans les sociétés modernes", dit-elle en suspens.
La transmission de cette infection se fait par contact de proche en proche. On peut supposer qu'elle conduisit à une explosion démographique de la bactérie S.mutans.
Selon les paléontologues, cette découverte remet en question l'hypothèse selon laquelle les caries dentaires s'étaient développées avec l'agriculture il y a environ 11000 ans. De plus, la médecine a démontré qu'une mauvaise hygiène bucco-dentaire pouvait induire des problèmes de santé comme les maladies cardiovasculaires.
Selon les auteurs, ce manque d'hygiène pourrait être à l'origine de la mortalité élevée dans les populations préhistoriques de chasseurs-cueilleurs.
La revue Nature a publié le 7 juin 2012 un article intitulé "Approaching a state-shift in Earth’s biosphere" qui fait autant d'effets dans la communauté scientifique que les faits qu'il expose.
En effet, les auteurs de cette étude prédisent la fin possible de notre planète dans moins d'un siècle en raison de l'emballement des changements radicaux des écosystèmes et du climat de la Terre.
Vers une fin du monde
Cette étude de la Simon Fraser University (SFU) de Vancouver démontrerait qu'un effondrement total de la planète se produirait d'ici la fin du siècle.
L'étude, menée par 18 scientifiques, met en évidence plus faits alarmants :
- la dégradation générale de la nature et des écosystèmes
- les fluctuations climatiques de plus en plus extrêmes
- le changement radical du bilan énergétique global.
Ces modifications à l'échelle globale finiraient par arriver à un point de non-retour, où elles seraient irréversibles.
Selon Arne Moers, qui a dirigé l'étude : "Le dernier point de basculement dans l’histoire de la Terre est apparu il y a 12000 ans. C'est à l'époque où la planète est passée de la phase glaciale à celle actuelle, appelée inter glaciale. A ce moment, des changements biologiques les plus extrêmes menant à notre état actuel sont apparus en seulement 1000 ans. C’est comme passer de l’état de bébé à l’âge adulte en moins d’une année. Et la planète est en train de changer encore plus vite aujourd'hui".
Or, un système ne peut pas passer d’un état à un autre sans épuisement. Pour Moers : "La planète ne possède pas la mémoire de son état précédent.[...] Le prochain changement pourrait être extrêmement destructeur pour la planète. Une fois que le seuil critique sera dépassé, il n’y aura plus de possibilité de revenir en arrière". Ce "seuil critique" serait l'utilisation de 50% des ressources terrestres, alors que 43% ont déjà été exploitées.
Critiques
L'étude qui pose clairement l'hypothèse de l'Apocalypse sur Terre si nous ne changeons pas radicalement nos habitudes a été critiquée par de nombreux chercheurs. Parmi eux, le Dr. Aaron Ellison, expert en Ecologie et des dynamiques liées à la biodiversité et aux changements climatiques de l'Université d'Harvard Forest dénonce la banalité de l'étude : "On sait déjà très bien que les choses changent très vite et qu’il faut comprendre ce qu’il va se passer, considéré l’urgence de la situation". Pour le Dr. Brad Cardinal, expert en Ecologie à l’Université du Michigan, les conclusions de cette étude sont loin d'être définitives : "Seul le temps nous donnera la réponse. Ce n’est pas la première fois qu’une étude du genre est publiée".
Pourtant, l'étude se distingue de celles réalisées jusqu'alors par l'originalité des méthodes employées. La diversité des sources, notamment, apportent du crédit à ce nouvel avertissement. En effet, des théories scientifiques, des modélisations d'écosystèmes et des preuves paléontologiques ont, pour la première fois, converger pour montrer la destruction imminente de notre planète si le processus se poursuit.
"Les hommes n'ont rien fait de réellement d'important pour éviter le pire" explique Moers. Dans tous les cas, ce qui semble évident pour tous les experts du domaine est l'urgence d’effectuer une vraie révolution dans le style de vie de l’humanité. Cette révolution impliquerait une augmentation du développement durable, des énergies alternatives et une meilleure gestion de l’écosystème. Propositions
Si les chercheurs ayant réalisé cette étude annoncent l'Apocalypse, ils proposent également aux gouvernements d'entreprendre quatre actions immédiates pour éviter ce scénario :
- diminuer radicalement la pression démographique;
- concentrer les populations sur les zones enregistrant déjà de fortes densités afin de laisser les autres territoires tenter de retrouver des équilibres naturels;
- ajuster les niveaux de vie des plus riches sur ceux des plus pauvres;
- développer de nouvelles technologie permettant de produire et de distribuer de nouvelles ressources alimentaires sans consommer davantage de territoires et d'espèces sauvages.
Dans nos pays capitalistes à l'économie ultra libérale où les bénéfices immédiats des individus l'emportent souvent sur les investissements durables dans l'intérêt de la communauté, ces idées ont fait chuter plus d'un gouvernement...
Et Moers de conclure : "[jusqu'ici] les hommes n'ont rien fait de réellement important pour éviter le pire car les structures sociales existantes ne sont simplement pas les bonnes. C’est comme si on refusait d’y penser. Nous ne sommes pas prêts. Mes collègues ne sont pas juste inquiets. Ils sont terrifiés".
Des chercheurs ont identifié les plus vieux instruments de musique connus dans le monde.
Des flûtes fabriquées dans un os d'oiseau et de l'ivoire de mamouth ont été découvertes dans une caverne du sud de l'Allemagne et confirme l'occupation de l'Europe par les premiers Homo sapiens.
Grâce à une datation au carbone-14, les scientifiques ont démontré que les flûtes avaient entre 42000 et 43000 ans. Les découvertes ont été décrites dans le magazine Journal of Human Evolution.
Une équipe conduite par le Pr. Tom Higham de l'Université d'Oxford a daté les ossements comme appartenant à la même couche de sédiments que celle de la grotte de Geissenkloesterle située dans le Jura Swabien allemand.
Le Pr. Nicholas Conard, de l'Université de Tuebingen qui avait découvert le précédent exemplaire d'instrument de musique en 2009 était présent sur le site. Il explique : "Ces résultats sont cohérents avec l'hypothèse émise il y a plusieurs années selon laquelle le Danube constituait un corridor clé dans la transumance des humains et des technologiques innovantes en Europe centrale il y a 40000 à 45000 ans".
"Geissenkloesterle est l'une parmi les quelques grottes de la région ayant produits d'importants exemples d'ornements personnels, de figurines artistiques, de représentations mythiques et d'instruments de musiques."
Selon les experts, les instruments de musique ont peut être été utilisés à des fins récréatives ou pour des rites sacrés.
La dernière édition des Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) relate que des paléontologues ont découvert des gravures rupestres dans le sud de la France sur une paroi rocheuse mesurant 1.5 mètres. Cette découverte représente la plus vieille trace d'art préhistorique. Elle remonte à environ 37000 ans et offre de nombreuses preuves selon lesquelles l'art avait sa place dans la vie quotidienne des premiers humains de l'Aurignacien.
L'équipe de chercheurs, comprenant plus d'une dizaine de scientifiques d'universités américaines et européennes ainsi que d'instituts de recherches ont travaillé sur le site baptisé l'Abri Castanet depuis une quinzaine d'années.
L'Abri Castanet et son site jumeau l'Abri Blanchard situés dans le Périgord ont longtemps été considérés parmi les plus vieux gisements d'Eurasie présentant des artefacts du symbolisme des premiers hommes.
Des centaines d'objets ornementaux ont été découverts dans ces gisements, y compris des dents d'animaux perforées, des coquillages performés, des perles en ivoire, des gravures et des peintures sur des plaques de calcaire. "Les premiers humains de l'Aurignacien fonctionnaient, plus ou moins, comme les humains d'aujourd'hui," explique le paléontologue et professeur Randall White de l'Université de New York, l'un des co-auteurs de l'étude. "Ils avaient des identités sociales relativement complexes qu'ils se communiquaient grâce des ornements personnels et pratiquaient la sculpture et les arts graphiques." La culture Aurignacienne a disparu il y a environ 28000 ans.
En 2007, la même équipe avait découvert des gravures pariétales dans un abri sous roche occupé par un groupe de chasseurs de rennes de l'Aurignacien. Des analyses géologiques ultérieures ont révélé que le plafond de l'abri se trouvait 2 mètres au dessus du sol sur lequel vivaient les Aurignaciens - à portée de bras. Grâce à la datation au carbone-14, les chercheurs ont déterminé que les deux plafonds sculptés, comprenant des représentations d'animaux et des formes géométriques ainsi que les autres artefacts découverts sur le sol étaient âgés d'environ 37000 ans.
"Cet art semble être un peu plus vieux que les fameuses peintures rupestres de la Grotte Chauvet," située dans le sud-est de la France explique White à propos de la grotte découverte en 1994. "Mais contrairement aux peintures et gravures de Chauvet qui sont profondément enfouies et éloignées des habitats, les gravures et les peintures de Castanet sont directement associées à la vie de tous les jours si on se réfère à leur proximité avec les outils, les os et autres ramures ainsi que les ateliers de fabrications des ornements."
Cette découverte, combinée aux autres datées approximativement de la même période découvertes dans le sud de l'Allemagne, dans le nord de l'Italie et dans le sud-est de la France, posent de nouvelles questions sur le sens de l'évolution et de l'adaptation de l'art et des autres formes de représentations graphiques dans la vie des populations humaines modernes.
Pour plus d'information
PNAS magazine, Randall White et al. 10.1073/pnas.1119663109, 2012.
Une équipe internationale de scientifiques vient d'annoncer la découverte des pierres taillées les plus sophistiquées jamais fabriquées par des hommes du paléolithique.
Des chercheurs ont découvert dans la grotte de Blombos situé près du Cap des Aiguilles en Afrique du Sud des pointes bifaciales remontant à 75000 ans, alors que ces outils ne se rencontrent habituellement que dans les populations humaines d’il y a 30 à 20000 ans. L’équipe dirigée par le chercheur français Vincent Mourre de l'INRAP avait déjà découvert des bijoux, des poinçons et des bifaces dans la même grotte en 2004.
Ces outils nous apportent suffisamment de preuves démontrant que le peuple de Blombos constituait une civilisation humaine techniquement très avancée.
Apparemment, ce peuple a inventé une technique de taille appelée "pressure flaking" (coups par pression) une manière de fabriquer des couteaux très affûtés quelques 55000 ans avant que d’autres peuplades l'inventent. La technique utilisée implique l’usage d’un os d’animal, de préférence taillé en pointe, avec lequel on frappe le bord d‘une pierre pour en extraire des lames et affûter son tranchant. Avec l'os on appuye ensuite fortement sur le pourtour de cette lame pour ajuster sa forme ainsi qu'on le voit sur la vidéo suivante donnée à titre d'exemple.
La technique dite "pressure flaking".
Jusqu’à présent on pensait que cette technique était apparue il y a environ 20000 ans. Cette découverte relance le débat sur l’avantage que pouvait procurer cette technologie aux premiers peuples qui ont quitté l’Afrique il y a 60000 ans pour s’installer au Moyen-Orient, en Asie puis en Europe. Il ne fait aucun doute que les hommes possédant de tels outils dominaient les autres peuples par leur capacité à chasser et se nourrir par leurs propres moyens. Il est tout à fait possible que les humains de la grotte de Blombos soient les tout premiers inventeurs techniques et que nous leur soyons redevables de toutes les machines et les outils sophistiqués que nous utilisons aujourd’hui. Pour plus d'information, consultez le magazine Science (par abonnement).
Une équipe internationale de généticiens et de paléontologues dirigée par le généticien suédois Svante Pääbo de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutive de Leipzig (MPG) a annoncé au cours d'une conférence de presse avoir séquencé le génome de l'homme de Néandertal et mis en évidence qu'entre 1 et 4% de notre ADN est identique à celui de Néandertal ! Préparation et analyse des échantillons
Cette surprenante conclusion fait suite à la découverte d'os appartenant à 3 femmes de Néandertal vieilles d'environ 38000 ans dans la grotte de Vindija, en Croatie vers 1980. En 2006, Svante Pääbo avait annoncé qu'il voulait reconstruire l'ADN de l'homme de Néandertal, ce qui donna naissance au "Neanderthal Genome Project".
Après avoir nettoyé les échantillons de toute contamination (pollution, ADN bactérien, moisissures, etc), les chercheurs ont récupéré quelque 500 mg d'os qui ont ensuite été séquencés grâce à une nouvelle machinerie, le "Séquenceur 454" de la firme Roche, un outil 100 fois plus rapide que les systèmes classiques afin d'en extraire la signature ADN. Il faut savoir que le séquençage de l'ADN est un travail très complexe qui demande non seulement une installation très sophistiquée mais également un traitement chimique et informatique très lourds.
Sachant que l'ADN néandertalien contient plus de 3 milliards de bases mais qu'il était fragmenté en petits tronçons de 200 bases seulement, il a fallut créer de nouveaux algorithmes informatiques pour remettre les brins bout à bout. Le nouveau séquenceur a permis aux généticiens de déchiffer 400000 fragments d'ADN en parallèle et de reconstituer plus de 65% du génome de Néandertal.
Il y a du Néandertal en nous Les premières analyses démontrent qu'il y eut un métissage entre l'homme de Néandertal et les premiers Homo sapiens. En effet, l'ADN des Européens (Français), des Chinois, des Papous , des habitants d'Afrique de l'Ouest (Yoruba) et d'Afrique du Sud (San) est identique à 99.7% à celui de l'homme de Néandertal. Mais sur les 5 ADN étudiés, celui des Africains ets légèrement plus éloigné des Néandertaliens que les autres. Autrement dit, les Européens, les Chinois et les Papous se sont génétiquement "rapprochés" des Néandertaliens après avoir quitté l'Afrique il y a environ 100000 ans. Selon Svante Pääbo cette proximité génomique n'a qu'une seule explication : c'est la preuve qu'il y eut des croisements entre Néandertal et Homo sapiens. Où vécurent ces Néandertaliens ? En 2009, des études de l'ADN mitochondrial conduites par Virginie Fabre et des chercheurs du Laboratoire d'Anthropologie du CNRS de l'Université de Marseille ont permis de confirmer l'existence d'au moins 3 sous-groupes de Néandertaliens et d'un possible 4eme en Asie. Ceux-ci sont distribués entre l'Europe occidentale, le bassin Méditerranéen et le Moyen-Orient.
Ce mélange se serait produit au Proche-Orient il y a 80000 à 60000 ans. On ignore actuellement en quelle proportion et à quelle fréquence les deux populations d'hominidés se sont mélangées.
Les contacts et le métissage entre les deux populations d'hominidés ont donc dû se produire hors d'Afrique, juste avant que les différentes populations se séparent et colonisent l'Europe et l'Asie.
Si on estime que de 1 à 4% de l'ADN des populations non-africaines actuelles provient des hommes de Néandertal, cela signifie que de 1 à 4% de notre génome est exactement identique à celui de Néandertal.
Le reste ? Les 96% restant forment les différences comme il en existe entre les membres d'une même famille possédant des gènes en commun. Ainsi, votre cousin partage environ 1/8e soit 12.5% de votre génome. Cela ne veut pas dire que 87.5% de vos gènes sont différents de celui de votre cousin. Tous les humains ont le même ADN à 0.1% près. L'héritage de Néandertal
Actuellement on ignore quels sont ces 4% de gènes que nous a légué Néandertal. En fait, ces morceaux de gènes sont distribués au hasard sur l'ensemble de l'ADN.
Toutefois, la comparaison gène à gène a déjà permis d'obtenir certains résultats. 15 locus ou régions du génome humain comprennent entre 1 et 12 gènes "sélectionnés positivement", selon Svante Pääbo.
Ainsi, le gène THADA, impliqué dans le métabolisme des cellules aurait donné à l'homme moderne un supplément d'énergie. RUNX2 qui joue un rôle dans la formation et la suture des os aurait donné à l'homme moderne la forme de son crâne ou les dimensions du thorax. D'un autre côté, nous savons que 0.3% seulement de notre ADN est unique à l'homme moderne et ne se retrouve pas chez Néandertal.
En étudiant ces gènes bien spécifiques à Homo sapiens sapiens Svante Pääbo et son équipe espèrent en apprendre un peu plus sur nous-mêmes. Le concept d'espèce Mais s'il y eut des croisements entre Néandertal et Homo sapiens, cela signifie que les deux soi-disant "espèces" étaient compatibles, viables et fécondes.
Si cette hybridation est fertile - nous sommes-là pour en témoigner - cela signifie donc que contrairement à ce qu'on pensait (notamment en étudiant uniquement l'ADN mitochondrial) les deux embranchements forment une seule et même espèce. Nous savions déjà que les deux groupes d'hominidés avaient cohabités : Néandertal et Homo sapiens ont vécu 50000 ans côte-à-côte au Moyen-Orient et plus tard dans le sud de l'Europe. On a également retrouvé des outils et des objets trop semblables pour les attribuer à l'une ou l'autre population. La conlusion est donc évidente : soit les deux populations se sont rencontrées soit il y eut convergence. Pour appuyer la première hypothèse, rappelons qu'en 1998 un squelette d'enfant métissé fut découvert au Portugal (Lagar Velho); à la fois Néandertalien (par la robustesse de ses os et de ses mandibules) et Homo sapiens (par l'anatonomie de son crâne, de ses dents, radius et pubis), on ne peut pas le classer dans une espèce précise, à moins qu'il s'agisse d'un juvénile aux caractères encore mal définis. Dans tous les cas, des croisements entre Néandertal et Homo sapiens ont donné une descendance fertile, des petits neandertalis sapiens il y a plus de 80000 ans, et en nombre suffisant pour laisser des traces dans notre génome. Il faut donc revenir sur la définition d'espèce telle que Buffon la proposait au XVIIIe.s. : "une même espèce est celle qui, au moyen de la copulation, se perpétue et conserve la similitude de cette espèce".
Cette définition sous-entend que tout accouplement stérile interdit de classer les parents dans la même espèce (exemple du cheval et de l'ânesse dont le bardot est stérile). Inversement, que l'union de deux espèces ne peut pas engendrer de descendance fertile ni maintenir leur spécificité.
En effet, depuis le milieu des années 1990 les biologistes ont relevé de nombreuses exceptions qui viennent mettre en pièce le concept d'espèce.
L'exemple le plus simple d'espèce hybride donnant des populations fécondes est celui du loup et du coyote du nord des Etats-Unis qui donne naissance à des individus fertiles qui restent deux espèces bien distinctes. S'il n'était pas évident au début du siècle dernier de classer les espèces successives à l'origine de l'homme moderne, aujourd'hui la frontière entre les espèces est encore plus difficile à définir.
Malgré les grandes avancées faites par les paléontologues, généticiens et biologistes, cette nouvelle découverte va forcer les scientifiques à revoir leur système de classification depuis le préhumain au faciès simiesque et écervelé jusqu'à l'homme moderne.
Si cette découverte risque de relancer le débat dans l'esprit de certains opposants à la théorie de l'Evolution, elle tombe à point nommer pour agrandir les membres de notre petite famille...
Pour plus d'information Press release : "The Neandertal in us", Max Planck Society, 7 mai 2010 (PDF)
Des paléontologues de l'Université d'Oslo ont découvert le fossile d'un jeune lémurien femelle (Darwinius massillae) âgé de 47 millions d'années qu'ils ont baptisé Ida.
Ce fossile est l'un des chaînons manquants de l'évolution darwinienne. Découvert en 1983, le squelette ne fut identifié comme étant le plus vieil ancêtre de l'homme qu'en 2009 par les paléontologues Jorn Hurum et Jens Lorenz Franzen.
Le squelette, long de 53 cm (1 mètre avec la queue), est complet à 95% et comporte des traces de quelques parties molles ainsi que du contenu de l'estomac. Cet animal était un mammifère herbivore se nourrissant de fruits, de graines et de feuilles.
Nous savons que les ancêtres immédiats de l'homme sont les lémuriens remontant à quelque 60 millions d'années mais jusqu'à présent nous n'avions découvert que des fragments de squelettes.
Aujourd'hui on retrouve les descendants de ces primates sur l’île de Madagascar. Ils sont également représentés par les loris de la péninsule indienne et le tarsier adapté à la vie arboricole.
Lucy, notre plus vieille ancêtre directe fossile existe aujourd'hui sous forme numérique en trois dimensions. Un nouveau système de scanner CAT (tomographie calculée) à haute résolution installé à l'Université du Texas a permis de numériser le squelette de Lucy âgé de 3.9 millions d'années. Ce projet vise à faciliter les discussions autour du thème de l'évolution de l'homme. En effet, cette Lucy virtuelle pourrait s'avérer d'une valeur inestimable pour les scientifiques en leur donnant un premier aperçu de l'intérieur des os fossilisés. Les scanners montrent des détails microscopiques de la structure interne des os et des dents de Lucy donnant des indices sur la manière dont elle se déplaçait et mangeait. "Ces images scanner permettront aux générations futures de se familiariser avec Lucy", explique Jara Mariam, directeur général de l'autorité d'Ethiopie pour la recherche et la conservation de l'acquis culturel (Authority for Research and Conservation of Cultural Heritage, ARCCH), et de pousuivre, ce projet "représente la contribution de l'Ethiopie à l'étude de l'évolution humaine. La Lucy virtuelle pourra être examinée par toutes les écoles de la planète." Plusieurs versions de Lucy virtuelle seront par la suite mise à la disposition du public, selon le paléoanthropologue John Kappelman de l'Université du Texas. Un site web disposant d'une version de base permettra aux étudiants d'examiner Lucy et de comparer son squelette à ceux des humains et des singes modernes, tandis que les chercheurs pourront accéder aux informations en haute résolution.
Un squelette fragile Les fragments du squelette de Lucy furent découverts en Ethiopie en 1974 à l'Est du Rift, dans la dépression des Afar. Ils représentent les restes les plus complets du plus vieil ancêtre humain adulte ayant marché sur ses deux pieds.
A ce titre, ses fossiles sont aussi précieux que le plus vieux manuscrit car ils représentent le texte original d'un livre ouvert sur notre passé. Les fossiles originaux étaient exposés au Pacific Science Center de Seattle, à Washington, lorsqu'en 2007 ils furent rapatriés des Etats-Unis en Ethiopie, les autorités éthiopiennes s'inquiétant de leur éventuel endommagement.
Alemu Admassu, le conservateur du Musée National d'Ethiopie a été la seule personne à pouvoir toucher les fossiles de Lucy pendant le procédé de scanning. Des inspections méticuleuses ont été faites avant et après l'opération afin de vérifier que Lucy n'a pas été endommagée pendant le procédé.
A présent que Lucy a été digitalement archivée, les scientifiques et les étudiants peuvent examiner sans danger son squelette en utilisant les outils disponibles sur le web.
Des détails 3D de 5 microns Les images scannées de Lucy ont été effectués avec un CAT médical qui découpa son squelette en sections transversales ayant 1 à 2 millimètres de résolution. Mais du fait que Lucy n'était pas une patiente vivante, les rayons X de haute énergie ne pouvaient pas être utilisés, au risque de l'endommager. La tomographie calculée appliquée à Lucy montre des détails internes de l'ordre de 5 à 50 microns, plus petits que la largeur d'un cheveux humain. Ce niveau de détail va apporter de nouveaux renseignements d'ordre biologique et physiologique sur nos ancêtres. Ainsi, le squelette fossilisé de Lucy avait déjà permis de clarifier les questions clés de l'étude de l'évolution humaine. Les examens précédents ont par exemple indiqué que nos ancêtres ont commencé à marcher sur deux pieds avant qu'ils aient développé de grands cerveaux. La forme du bassin de Lucy, ses pieds, ses genoux ainsi que les jointures de ses hanches indiquent tous que Lucy a marché droit en dépit d'un petit cerveau de la taille de celui du chimpanzé. Mais beaucoup de questions restent sans réponse.
Bien que les paléontologues ne doutent plus que l'espèce à laquelle appartient Lucy, Australopithèque afarensis, ait marché sur ses deux pieds, il est moins évident que ses parents aient également passé beaucoup de temps au sol. En fait ils auraient surtout vécu dans les arbres.
Certains éléments de son squelette - les doigts et les orteils incurvés, l'orientation de l'articulation de son épaule et ses bras relativement longs - suggèrent au moins un style de vie partiellement arboricole. Cependant, d'autres experts affirment que ces éléments ne sont qu'un héritage acquis de ses ancêtres arboricoles.
Lucy montait-elle aux arbres ? La question de savoir si Lucy et les représentants de son espèce sont réellement montés aux arbres ou ont juste hérités des traits liés à leurs ancêtres grimpeurs est une discussion ouverte de longue date et que les images scanners CAT peuvent aider à résoudre. "Si nous pouvons comparer les éléments structuraux des os des membres, nous pourrions répondre à cette question", a déclaré le paléontologue Christopher Ruff de l'Université John Hopkins. Puisque la structure des os se renforce quand ils sont intensivement utilisés (un joueur de tennis droitier aura des os plus épais dans son bras droit qu'un écrivain gaucher), ce critère permet de comparer la partie haute de Lucy avec ses membres inférieurs afin de déterminer ceux qu'elle a utilisé le plus souvent. "Vos os répondent comment vous les utilisez", explique le paléobiologiste Brian Richmond de l'Université George Washington. "Nous savons que l'os spongieux est particulièrement sensible aux changements d'activité et d'exercice." En comparant l'épaisseur et la distribution de l'os spongieux dans le bras avec celui des jambes de Lucy, les chercheurs espèrent déterminer si elle passait beaucoup de temps dans les arbres. Puisque le squelette de Lucy est assez complet - près de 40% de ses restes ont été découverts - elle représente le seul fossile de cette espèce d'hominidé sur lequel un tel essai est possible. Dans tous les autres cas, comparer un os du bras d'un individu avec l'os de la jambe d'un autre individu serait fallacieux.
Le plus dur reste à faire Notons que l'Université du Texas à Austin a également scanné la boîte crânienne d'un Archaeoptéryx et d'une météorite martienne. Cependant, en raison de son statut de "VIP", avoir Lucy au catalogue fut un nouveau défi. "C'est le premier trésor national que nous avons jamais scanné", a déclaré le géologue Richard Ketcham, directeur du service.
Le biologiste Jason Head et son équipe de l'Université de Toronto ont annoncé le 4 février 2009 dans le magazine scientifique Nature la découverte du plus grand serpent du monde, le Titanoboa cerrejones, un reptile préhistorique de la famille des boas, une espèce vivant il y a environ 60 millions d'années.
C'est en explorant une mine de charbon à ciel ouvert dans la formation de Cerrejón située dans le nord-est de la Colombie que les chercheurs ont mis à jour les vertèbres et les côtes de 28 serpents géants. Le gisement remonterait entre 58 et 60 millions d'années (Epoque du Paléocène, Période du Tertiaire, Ere du Cénozoïque).
Les vertèbres fossiles sont trois fois plus grandes que celle d'un anaconda moderne, considéré jusqu'à présent comme étant le plus grand serpent du monde.
Si l'anaconda et autre python peuvent mesurer jusqu'à 6.5 mètres de longueur pour un poids atteignant 136 kg, par extrapolation le Titanoboa mesurait 12.8 mètres de longueur et devait peser plus d'une tonne (1135 kg) ! Il était "plus long qu'un bus de la ville... et plus lourd qu'une automobile" explique Jason Head, auteur de la publication.
La taille démesurée du Titanoboa suggère que la température moyenne de la région tropicale préhistorique où vivait ce reptile devait être plus élevée qu'aujourd'hui, atteignant 30-34°C, selon une étude qui analysa la relation entre la taille du corps du serpent, son métabolisme et la température extérieure. "Nous pouvons utiliser le serpent, si vous voulez, comme un gigantesque thermomètre", confirme Jason Head.
Comme certaines espèces de la famille des Boïdes (anaconda, python et boa), le Titanoboa est un serpent constricteur : il s'enroule autour de sa proie et l'enserre jusqu'à ce qu'elle étouffe et que ses os se brisent.
Considérant sa taille, la force du Titanoboa "devait probablement être équivalente à celle de ces machines qu'on utilise pour comprimer les vieilles voitures mises à la casse", a déclaré Hans-Dieter Sues du Smithsonian Museum (MNH) de Washington, D.C. La vie des Boïdés
Si on se base sur le comportement de l'anaconda ou du boa constricteur actuel qui vit en Amérique centrale et du Sud et notamment en Colombie (Boa constrictor imperator), le Titanoboa était sans conteste un superprédateur. Il devait vivre près de l'eau (dans les marais) car son descendant actuel se baigne et boit beaucoup. Il vit dans des zones semi humides (60% d'hygrométrie), il a besoin de beaucoup de chaleur (30-32°C) et d'un endroit frais pour la nuit (24-25°C).
Comme tous les serpents, le boa constricteur est très discret. Il chasse à l'affût, donc à très courte distance, aidé par un "sixième sens" très développé (capteurs de vibrations et thermique). Il se nourrit de mammifères (gibier, rongeur, etc) et d'oiseaux et vit en moyenne 20 ans.
Le Titanoboadevait probablement suivre ce régime, le complétant occasionnellement de petits sauriens et d'autres reptiles voire de poissons. Il devait vivre beaucoup plus longtemps que les boas actuels si toutefois il n'était pas victime d'autres superprédateurs.
Pour plus d'information sur le Titanoboa consultez Nature, Vol. 457, 7230, p715-717 (2009). Des serpents et des hommes
Les serpents ne laissent personne indifférent. L'écologie aidant, on les apprécie toutefois mieux que jadis car nous savons qu'ils jouent un rôle très utile dans la chaîne alimentaire.
Pour l'anecdote, en se promenant, une amie est "tombée" sur un serpent dans le parc d'Echternach (L), à deux pas du plan d'eau. Surprise, mon amie poussa un cri comme j'en ai rarement entendu.
Courant la rejoindre, j'ai vite compris son effroi. Tapie dans les hautes herbes à l'ombre d'un arbre, une couleuvre à collier Natrix (grise foncée) était roulée sur elle-même à deux pas de nous.
Ressemblant trait pour trait à celle présentée à droite, elle était très épaisse et devait mesurer plus de 50 cm voire 1 m. Nous l'avons dérangée car elle fuya dans les hautes herbes.
La couleuvre est omniprésente en Europe. Elle n'est pas vénimeuse mais sa morsure est douloureuse, elle provoque un oedème (enflure) et occasionnellement de la fièvre. Aussi, tout "superprédateurs" que nous étions, nous avons vite rejoint le sentier... !
Le National Geographic vient de publier un nouveau portrait de l'homme de Néandertal, en fait celui d'une femme prénommée Wilma.
Ce portrait en grandeur nature est basé sur des ossements cannibalisés remontant à 43000 ans ainsi que sur les dernières connaissances que nous avons en biologie moléculaire et en anatomie. Sa physionomie a été reconstruite en 2008 par Kennis et Kennis (photo de Joe McNally/NGS). On constate notamment que cette femme est rousse et à des yeux bruns (noisettes). On peut se demander pourquoi n'a-t-elle pas les yeux bleus ? Selon le National Geographic les dernières recherches suggèrent que l'iris bleu serait issu d'une mutation génétique apparue il y a seulement 18000 ans, donc longtemps après l'extinction des hommes de Néandertal qui commença il y a 28000 ans.
Profil de l'homme de Néandertal
L'homme de Néandertal se sépara de ses ancêtres Homo erectus il y a un peu plus de 100000 ans et s'établit en Europe. Le premier squelette fut découvert dans la vallée de Néander en Allemagne. Ces hommes survécurent jusqu'il y a 36000 ans environ, époque vers laquelle nous retrouvons les dernières traces de l'homme de Néandertal en France, à Saint-Césaire. Un seul groupe survécut en Tchécoslovaquie jusqu'il y a 26000 ans. C'est à cette époque que l'homme de Cro-Magnon apparut. Les deux espèces, Néandertal et Cro-Magnon ont donc vécu côte-à-côte plusieurs milliers d'années. L'homme de Néandertal mesurait environ 1.65 m et sa boîte crânienne est 10% plus volumineuse que celle de l'homme moderne. L'homme de Néandertal fut le plus robuste des hommes. Et il le fallait pour débusquer les fauves les plus féroces jusque dans leur tanière et oser s'attaquer aux ours des cavernes ou aux mammouths. Véritables "homme des bois" à la carrure et la démarche imposantes, quoi qu'on en dise, les hommes de Néandertal étaient adaptés à leur environnement. Il ne faut pas oublier qu'ils vécurent plus de 200000 ans - 6 à 7 fois plus longtemps que notre espèce - et essentiellement dans des conditions climatiques très difficiles, subissant les effets du refroidissement de l'âge interglaciaire : humidité, vents glacés, neige et intempéries étaient leur menu quotidien. Même s'ils ont disparu, il faut leur reconnaître une adaptation remarquable dans des conditions hivernales très rigoureuses. Cela revient à nous demander de vivre sous la tente par 0°C habillé de peaux de bêtes et de chasser sous la pluie glacée ou la neige... Seuls quelques Inuits et Indiens de Patagonie pourraient éventuellement soutenir ce régime, et encore, car je ne suis pas certain que leur santé y gagnera. Jusqu'à l'heure actuelle l'homme de Néandertal est l'espèce humaine qui vécut le plus longtemps.
Pour plus d'information, consultez le magazine du National Geographic d'octobre 2008 ainsi que l'article sur L'origine et l'avenir de l'homme.
Selon une étude publiée dans la revue "Science" ce 25 avril 2008, les oiseaux d'aujourd'hui sont les plus proches descendants du redoutable Tyrannosaurus rex alias T. rex.
"Les résultats de cette première analyse de protéines extraites d'os de dinosaures confirment les prédictions faites à partir des observations anatomiques des squelettes et représentent la première preuve moléculaire du lien dans l'évolution des espèces entre les oiseaux modernes et un dinosaure non aviaire", a expliqué Chris Organ, spécialiste de l'Evolution à l'Université de Harvard (OEB) et co-auteur de cette étude. Jusqu'à présent dit-il, les indices ne montraient que des similarités anatomiques entre les dinosaures non-aviaires et les oiseaux. Les pigeons sont apparentés au T.rex
Les protéines analysées, et comparées à celles de 21 espèces modernes, proviennent de bribes de collagène (protéines alpha-1 et alpha-2) découvertes intactes dans le fémur fossilisé d'un T. rex de 68 millions d'années retrouvé aux Etats-Unis en 2003. Ces analyses moléculaires ont montré des liens de parenté directe avec les poulets, les autruches et dans une moindre mesure avec les alligators.
Les chercheurs ont également effectué des analyses moléculaires similaires avec des protéines de collagène dérivées d'os fossilisés de mastodonte datant de 600 000 à 160 000 ans avant notre ère et aujourd'hui éteint, qui ont établi une parenté étroite avec les éléphants modernes. Cette dernière étude est basée sur des travaux réalisés par John Asara du Centre Médical Beth Israël Deaconess de l'Université d'Harvard (BIDMC) et Lewis Cantley de la faculté de médecine de l'Université de Harvard (HMS), dont les résultats furent publiés dans "Science" en 2007. Ces chercheurs avaient été les premiers à séquencer des petits fragments de protéines de collagène provenant d'un fémur de T. rex. Ce fémur avait été découvert en 2003 dans un champs de fossiles très riche situé dans le Wyoming et l'ouest du Montana.
En 2005, la paléontologue Mary Schweitzer de l'Université d'Etat de Caroline du Nord avait découvert des tissus préservés à l'intérieur du fémur du T. rex. Rappelons que le T. rex est un grand dinosaure carnivore. Malgré son apparence, il n'est pas apparenté aux reptiles mais est bien l'ancêtre de nos oiseaux. T.rex vivait dans ce qui est maintenant l'Amérique du Nord à la fin du Crétacé il y a 70 et 65 millions d'années.
Rappelons aussi qu'on a récemment découvert que le fameux Velociraptor qui vivait à la même époque de le T.rex (Cf Jurassic Park) était couvert d'un fin duvet de plumes, confirmant sa parentée avec les oiseaux.
Dans ce contexte, il n'est pas impossible non plus qu'à sa naissance, le bébé T.rex fut revêtu d'un fin duvet. Ceci dit, de nombreux autres espèces de dinosaures étaient couvertes de plumes : Archéoptéryx, Deinonychus, Dromaeosaurus (Sinornithosaurus millenii), Thérizinosaurus (Beipiaosaurus), etc.
Pour plus d'information, consultez "Molecular Phylogenetics of Mastodon and Tyrannosaurus rex", Chris L. Organ et al., Science, Vol 320, Issue 5875, 25 April 2008, p499.
Les premières analyses d'un dinosaure momifié qui vécut il y a 67 millions d'années ont été dévoilées par Phillip Manning et son équipe de paléontologues de l'Université britannique de Manchester.
Les fossiles de cet hadrosaure ou dinosaure à bec de canard surnommé "Dakota" présentent encore des tissus et des os intacts sous sa peau admirablement bien conservée, comme s'il avait été momifié.
On connaît généralement les dinosaures à travers leurs os mais que l'on découvre rarement dans leur position originale ni même ensemble, comme ils devraient être en réalité. Mais avec Dakota "nous pouvons observer une enveloppe corporelle en trois dimensions", explique Manning. "En de nombreux endroits, le corps est complet et intact - autour de la queue, des cuisses, des pattes et une partie du corps."
Cette découverte de premier ordre permettra aux scientifiques de mieux comprendre quel était l'aspect de la peau des dinosaures et à quelle vitesse ces créatures se déplaçaient, a expliqué Manning. "Ce spécimen dépasse le jackpot" a-t-il déclaré.
L'hadrosaure
Dakota mesurait environ 12 mètres de long et pesait environ 35 tonnes, mais ce dinosaure n'était pas un lambin, selon les études préliminaires.
A l'aide d'un CT-scan surdimensionné (le même scanner à rayons X que celui utilisé en tomographie. Il est spécialement adapté pour montrer les différents types de tissus), les chercheurs ont déterminé la quantité de masse musculaire présente entre l'os et la peau de la queue de Dakota. Ils en ont déduit que la partie arrière de ce spécimen était 25% plus large que la théorie le prédisait.
Dakota avait de puissants muscles aux cuisses et des pattes plus puissantes que ce qu'on imaginait jusqu'à présent, des observations qui remettent en cause les théories sur l'aspect de la peau et la vitesse de locomotion des dinosaures.
Les hadrosaures sont des herbivores qu'on appelle communément les "vaches du Crétacé" (145 à 65 millions d'années). Ils portaient un bec corné et édenté mais disposaient de centaines de dents dans leurs bajoues et une queue longue et raide qui servait probablement de balancier.
Les données recueillies ont été modélisées sur ordinateur afin de déterminer comment les dinosaures se déplaçaient. "Notre modèle confirme que cet hadrosaure pouvait potentiellement courir plus vite que le T.rex", dit Manning. Les calculs préliminaires suggèrent que Dakota pouvair courir à 45 km/h contre 32 km/h pour le T.rex. Tous les deux galopaient plus vite qu'un sprinter.
Pour Manning, ces estimations sont logiques sur base de l'idée que les hadrosaures auraient été les proies des T.rex. Il leur fallait donc courir plus rapidement pour échapper à leur prédateur. 'Et c'est ce que nos découvertes initiales supportent", a-t-il ajouté.
Toutefois John Hutchinson qui étudie la locomotion des créatures vivantes et des animaux éteints au College Vétérinaire Royal de l'Université de Londre (RVC), veut rester prudent concernant le résultat des modélisations informatiques qu'il utilise lui-même dans son travail. La marge d'erreur est supérieure à 50%, précise-t-il, suffisante pour balayer toute différence de marche entre un hadrosaure et un T. rex. "Sachant que la masse musculaire des pattes pourrait réduire au moins une incertitude, c'est un progrès, mais il reste encore d'énormes incertitudes", conclut-il. L'aspect de la peau
La peau fossilisée de Dakota apporte également des renseignements sur son aspect, explique Manning.
Bien que la peau ait perdu sa couleur, l'essentiel de sa texture est restée intacte, ce qui permet aux scientifiques de modéliser l'animal en 3D. "Il semble y avoir une variation dans la dimension des structures qui pourrait peut-être être corrélée - comme c'est le cas chez de nombreux reptiles modernes - avec les changements de couleurs", explique Manning. "Il semble y avoir des zébrures ou des bandes associées aux zones jointives des pattes et des motifs également intéressants sur la queue".
Une autre voie de recherche consiste à extraire le collagène, la protéine de l'os comme on l'a déjà fait sur un T.rex. Manning n'a pas l'équipement nécessaire mais Roy Wogelius, géochimiste et membre de l'équipe, dispose des moyens techniques adéquats.
"Il est rare de découvrir un squelette articulé et plus encore de trouver des tissus mous fossilisés", a expliqué Peggy Ostrom, zoologue à l'Université d'Etat du Michigan qui a également étudiée les anciennes protéines pour trouver des indices sur les relations génétiques entre organismes. "Si de telles éléments se sont si bien conservés, nous pouvons imaginer qu'il pourrait exister des biomolécules non fossilisées dans les restes d'autres organismes préhistoriques". Dakota
L'hadrosaure en question fut découvert en 1999 par un adolescent qui s'intéressait à la paléontologie, Tyler Lyson, non loin de la propriété de ses parents, dans les collines du Dakota du Nord, au sein de la formation d'Hell Creek (les "Badlands" situés à l'est du Montana), un haut lieu de la paléontologie. La découverte était tout à fait fortuite et sa conservation des plus étonnantes.
En effet, on découvrit que l'animal avait échappé à des prédateurs, aux charognards et à la dégradation par les effets du temps et de l'eau. Ensuite, le processus chimique aurait dû minéraliser ses tissus avant que les bactéries ne s'en nourrissent. Enfin, les restes ont dû survivre des millions d'années sans être abîmés, autant de conditions rarement réunies.
"Les éléments qui auraient dû être décomposés et dispersés par des décennies de traitements ont été conservés grâce à la minéralisation qui fut tellement rapide que le cadavre a été piégé et préservé", explique Manning. "L'environnement l'a préservé d'une manière tellement unique qu'on peut dire qu'il s'agit des conditions nécessaires à la momification d'un dinosaure", explique Lyson, aujourd'hui étudiant en géologie à l'Université de Yale, à un reporter du National Geographic.
Pour le moment, l'équipe continue à examiner ce spécimen rare et prépare un article scientifique.
Notons que Phillip Manning a écrit deux livres sur le sujet, "Dinomummy" en 2007 et "Grave Secrets of Dinosaurs: Soft Tissues and Hard Science" en 2008, dans lesquels il décrit le fossile et sa découverte. Les deux ouvrages sont actuellement en promotion.
Pour plus d'information, consultez l'article publié par le National Geographic.
Le webzine chinois Chine-Information rapporte que la plus grande empreinte de dinosaure au monde a été découverte en Chine dans un village isolé situé en Mongolie intérieure.
Une grande foule d'habitants locaux s'est déplacée pour admirer cette énorme empreinte. D'autres traces ont été trouvées dans toute la région.
Après 9 mois d'étude sur ces traces, les experts sont arrivés à la conclusion que cette empreinte appartenait à un dinosaure de la famille des Ankylosaurus, une espèce de dinosaure herbivore qui vécut entre la fin de la période Jurassique et le Crétacé (99-65 millions d'années).
La plus grande empreinte trouvée mesure 3 mètres de longueur sur 2.4 mètres de largeur ! Les experts pensent que le dinosaure auquel appartenait ces traces devait mesurer 50 mètres de long et 10 mètres de hauteur !
Précisons qu'en général les empreintes d'Ankylosaurus mesurent entre 20 et 25 cm de longueur, l'animal mesurant environ 3 mètres de longueur. Ce spécimen ci est donc de la taille des Diplodocus !
Une équipe de paléontologues argentins et brésiliens ont découvert en Patagonie argentine, les fossiles d'un dinosaure inconnu et de taille impressionnante : 12 à 15 m de haut, 32 à 34 m de long, pour un poids estimé à environ 80 tonnes. C'est un herbivore à long cou, vieux de 88 millions d'années.
"C'est le troisième plus grand fossile de dinosaures jamais découvert dans le monde et le plus complet d'entre eux, puisque nous avons retrouvé 70% du squelette", a affirmé le paléontologue argentin Jorge Calvo, directeur du Centre paléontologique de l'Université Nationale de Comahue (Argentine) lors d'une conférence de presse à l'Académie des Sciences de Rio de Janeiro. Baptisé Lognkosauria, il s'agit du premier représentant d'une branche jusque-là inconnue de la famille des titanosaures, du groupe des sauropodes, qui était répandu sur une grande partie des continents (Amérique du sud, Afrique, Inde et Europe).
Le premier spécimen de titanosaure fut découvert il y a plus d'un siècle en Inde. Certaines espèces étaient carnivores. Totalement adaptés à leur biotope, les titanosaures vécurent plus de 20 millions d'années.
Ce nouveau dinosaure a été appelé "Futalognkosaurus dukei", un nom issu de la langue des Indiens Mapuche signifiant "chef géant des sauriens". Le mot "dukei" rend hommage à l'entreprise privée Duke Energy Argentina ayant financé la plus grande partie des fouilles sur les berges du lac artificiel Lago Barreales, situé à 90 km de la ville de Neuquém, au nord de la Patagonie argentine. "Nous avons d'abord trouvé trois vertèbres cervicales en février 2000. Puis en 2001 cinq autres. En 2002, nous avons eu un problème avec la crue du lac qui a recouvert les fossiles. Les travaux ont été supendus pendant 10 jours. On a repris pour finalement trouver la colonne vertébrale pesant huit tonnes", a relaté Jorge Calvo dont l'équipe se composait de 13 Argentins, huit Brésiliens et un Italien. Les chercheurs ont présenté lundi à Rio une réplique de la dernière vertèbre du cou du dinosaure - de 1.10 m de haut dont le poids réel est de 200 à 300 kg - découverte au début des fouilles ainsi que la première vertèbre de sa queue, pesant 80 kg pour 88 cm de long.
La Patagonie, bibliothèque du Crétacé supérieur La Patagonie est riche de fossiles en tous genres dont certains affleurent sur le sol. Depuis février 2000, outre le Futalognkosaurus dukei, les chercheurs ont trouvé plus de 1000 fossiles de divers groupes d'animaux et de plantes, sur une zone restreinte de 400 m2.
Les paléontologues ont découvert dans cette zone des poissons - les premiers de la région -, des coquillages, au moins deux espèces de crocodilomorphes et différents groupes de dinosaures dont des carnivores comme le Megaraptor doté d'une griffe de 40 cm. Ils ont trouvé par ailleurs des restes de grands ptérosaures (reptiles volants) et des fossiles de feuilles qui devaient être la base de l'alimentation du Futalognkosaurus dukei.
Cela a permis de reconstituer un écosystème du Crétacé supérieur "avec une précision comme jamais auparavant", a souligné Calvo. "Le fait que la majorité des fossiles ait été trouvée sur une zone restreinte et dans une couche de roches de 50 cmd'épaisseur, permet de déduire que tous ces animaux ont vécu en même temps", a-t-il ajouté. "Jusqu'à présent, on ne connaissait aucun dépôt du Crétacé supérieur réunissant une telle diversité d'animaux rassemblés en un seul endroit", a déclaré à l'AFP le chercheur brésilien Alexander Kellner.
"Schématiquement, a-t-il expliqué, ce Futalognkosaurus dukei est mort pour des raisons inconnues sur les berges d'un fleuve. Une partie de son squelette a été séparée par des animaux carnivores comme le Megaraptor par exemple et/ou des crocodilomorphes. Une forte averse a entraîné ce qui restait de la carcasse du Futalognkosaurus dukei à l'intérieur du fleuve. Etant donné sa taille, la carcasse n'a été que partiellement engloutie, ce que des analyses sédimentologiques confirment. La partie émergée a agi comme une barrière naturelle de sorte que la rivière a perdu de sa force et que d'autres organismes se sont accumulés près de la carcasse".
Le vélociraptor, ce petit dinosaure (3m de long, 25 kg) particulièrement agile et féroce rendu célèbre par le film "Jurassic Parc" de Steven Spielberg, avait des plumes, rapportent Alan H. Turner, paléontologue du Musée Américain d'Histoire Naturelle (AMNH) et de l'Université Columbia à New York et ses collègues géologues, ce 21 septembre 2007 dans le magazine Science.
En effet, ainsi qu'on le voit sur les images présentées à droite, un os de l'avant-bras (ulna) d'un vélociraptor (Velociraptor mongoliensis) découvert dans le désert de Gobi en Mongolie en 1998 montre les excroissances sur lesquelles des plumes étaient attachées avec des ligaments, comme c'est le cas chez de nombreux oiseaux d'aujourd'hui, précisent les auteurs. "L'absence de ces excroissances sur les os ne veut pas nécessairement dire qu'un dinosaure n'avait pas de plumes, mais en trouver sur un vélociraptor indique sans l'ombre d'un doute qu'il en avait", a expliqué dans un communiqué Alan Turner."Nous soupçonnions depuis longtemps que les vélociraptors étaient ailés mais personne n'avait pu jusqu'à présent en trouver des preuves", a-t-il ajouté.
Selon ces chercheurs, cette découverte est une indication de plus que de nombreux dinosaures portaient des plumes.
Il est rare de trouver des traces fossiles ou des empreintes de plumes, les spécimens que nous possédons ayant été trouvés dans les couches calcaires des gisements fossilifères de Lagerstätten ("gros filon" en allemand), notamment à Solnhofen, en Allemagne et à Liaoning, en Chine.
Bien que ces dinosaures ne pouvaient pas voler, ces plumes leur fournissaient une parure comme les paons, et une isolation, un autre indice suggérant que ces animaux pourraient bien avoir eu le sang chaud, confirment ces chercheurs.
Ces plumes pouvaient aussi les aider à contrôler leurs mouvements quand ils couraient, ont-ils ajouté.
L'os date de 80 millions d'années, durant la période du Crétacé. Les paléontologues pensent que les premiers oiseaux sont apparus il y a environ 150 millions d'années et qu'ils sont des descendants de petits dinosaures carnivores à plumes.
A ce jour, les chercheurs ont dénombré 25 espèces de dinosaures portant des plumes, dont le fameux archéoptéryx, dont vous trouverez les descriptions et les représentations sur le site Dinosaur-World.
Pour plus d'information, consultez le magazine Science, Vol 317, N° 5845, p1721 (2007).