Affichage des articles dont le libellé est Elections. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Elections. Afficher tous les articles

mercredi 7 novembre 2012

Obama est réélu président des Etats-Unis

Barack Obama a gagné les élections présidentielles américaines de 2012 avec 270 grands électeurs de préférence contre 206 pour Mitt Romney.


Yes ! Ouf, il en fallut de peu mais nous voilà rassurés, Obama peut sereinement poursuivre et asseoir sa politique dans le long terme et relever de nouveaux défis.
Notons toutefois que le décompte des votes est toujours en cours en Floride. Nous ne reconnaîtrons le résultat définitif que dans quelques jours.
Ceci dit, à l'étranger, les premières réactions se sont déjà fait entendre, notamment celle du président du Conseil de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, qui déclara ce mercredi être "très heureux de la réélection du président Barack Obama."


La grâce retrouvée
Malgré qu'Obama ait perdu ses principaux conseillers à partir de 2010, que la cote financière des Etats-Unis ait été dégradée, que les pauvres soient encore plus pauvres, il a mené à bien de nombreux programmes dont celui de l'assurance-santé et la guerre contre Ben laden, et ses convictions n'ont pas changé, ce qui globalement a renforcé son autorité et joué en sa faveur.
Son programme électoral de 2012 est tout aussi crédible, car fidèle à l'image de l'homme qu'il est réellement derrière la caméra.
En effet, bien plus social et moral que celui de son adversaire, le programme d'Obama est cohérent et rigoureux sur les plans économique et financier, chiffres et méthodes à l'appui, et accorde une place de choix aux questions sociales et de société qui touchent la plupart des Américains. C'est sans doute ce dernier point qui a rallié à lui les électeurs indécis des swing states et redonné espoir aux Américains.

Voici la version française de ce discours.

Le meilleur reste à venir
Mais mieux que cela c'est l'idéal d'une Amérique démocratique, multi ethnique, ouverte au monde et progressiste qui a gagné les élections, bref une partie de l'American Dream qui est préservée même si elle fait de moins en moins rêver et si l'Amérique n'est peut être plus le modèle idéal de société.
Mais il vaut toujours mieux être démocrate et avoir l'esprit ouvert que républicain et ploutocrate quand on veut préserver des principes démocratiques comme l'égalité sociale, la fraternité et la liberté et faire de son pays une grande nation.
Mais Obama reste optimiste et clairvoyant quand il déclara cette nuit dans son discours de remerciement, "le meilleur reste à venir".

Résultat provisoire des élections du 7 nov 2012. Les résultats de Floride ne sont pas encore connus.


Ceci dit, les choses sérieuses vont commencer et Obama n'a pas encore gagné la partie. Il sait que les Républicains du Congrès (Chambre des représentants) sont majoritaires et donc tout aussi puissants que lui sinon davantage et feront tout pour ignorer ses projets de lois et ne pas voter ses budgets. Mais restons optimistes, le Sénat reste aux mains des Démocrates.
La falaise fiscale où la grande menace sur l'économie
Dans l'immédiat, Obama doit faire face au défi de la "falaise fiscale" qui attend tous les Américains le 1 janvier 2013 (l'échéance des allègements fiscaux décidés sous l'ère Bush qui, à défaut d'accord au Congrès conduira à une augmentation de 4% des impôts sur les revenus au sens large).
Républicains et Démocrates savent qu'ils devront trouver des compromis au risque de plonger les Etats-Unis dans la récession, concrètement une nouvelle crise socio-économique majeure. Cela conduirait probablement à une nouvelle décote de la notation financière des Etats-Unis, une situation qui serait encore plus dramatique car elle aura non seulement un impact sur tous les acteurs du secteur financier, mais également sur l'activité des PME et des particuliers en quête de crédits mais par effet domino sur l'économie mondiale également selon Fitch.
Dernière nouvelle
Suite au décomptage des votes en Floride, l'état qui ferma le plus tard ses bureaux électoraux, il apparaît au 10 novembre 2012 que Barack Obama a devancé Mitt Romney avec un avantage de 27000 électeurs seulement.
A l'échelle de l'Union, Obama conforte son leadership avec 332 Grands électeurs contre 206 pour Romney.

mardi 6 novembre 2012

Barack Obama contre Mitt Romney

A quelques heures des résultats de l’élection présidentielle américaine (attendus le 7 novembre vers 2h du matin, heure de Bruxelles, si l'un des deux candidats se détache sinon cela peut durer quelques heures de plus), voici quelques uns des programmes clés sur lesquels les deux candidats ont centré leur discours et fondé tous leurs espoirs pour tenter de convaincre les électeurs américains.


Barack Obama contre Mitt Romney
Obama (né en 1961) est entré en politique en 1996, Romney (né en 1941) en 2002. Nous connaissons le profil démocrate d'Obama ainsi que ses résultats et ses échecs politiques.
En revanche, Romney bien qu'ayant très bien réussi sur le plan professionnel, a déjà été battu en politique en 2004 et 2008 et est loin d'avoir fait ses preuves. On connaît toutefois le profil des Républicains souvent plus attachés à l'oligarchie ou la ploutocratie qu'aux principes démocratiques...
Bref pour caricaturer la situation, nous pourrions dire qu'Obama est un progressiste qui regarde vers l'avenir alors que Romney est un conservateur qui veut retourner dans le passé. Les preuves sont inscrites dans leur programme respectif dont voici quelques extraits.
Economie
Obama : A sauvé les Etats-Unis d'une grande dépression. Il a signé l' “American Recovery and Reinvestment Act”, connu sous le nom de « stimulus », un paquet de 768 milliards de dollars de réductions fiscales et d’investissements dans l’éducation, les infrastructures, la recherche dans le domaine de l’énergie, la santé et d’autre programmes. A réinjecté des milliards dans l’industrie automobile américaine et sauvé des dizaines de milliers d’emplois; a signé des accords commerciaux avec la Colombie, le Panama et la Corée du Sud ; a signé une loi sur la régularisation du système financier.
Romney : Centre son programme sur l’annulation des lois mises en place par Obama. Romney veut réduire les taxes, annuler la réforme des soins de santé (Obama care) votée en 2010, annuler la loi sur la régulation du secteur bancaire votée en 2010, il veut réduire les autres lois de contrôle qu’il prétend opposées à la croissance économique; il est opposé au principe de caution pour l’industrie automobile; il propose de réduire les dépenses fédérales de manière sensible mais donne peu de détails sur la manière d’atteindre ses objectifs.
Taxes
Obama : A effectivement réduit les taxes payées par la majorité des Américans; voudrait abroger la réduction des taxes votée par Bush pour les propriétaires ayant un revenu supérieur à 250000$ par an; propose d’appliquer la "règle de Buffet » du milliardaire Warren Buffet qui se traduit par une augmentation du taux de taxe effectif payé par les millionnaires.
Romney : Voudrait que toutes les réductions de taxes votées du temps de Bush soient permanentes, réduction des taxes sur le revenu des salariés, supprimer les taxes sur les revenus des investissements, supprimer la taxe immobilière et réduire le taux de taxation des entreprises. Les hauts revenus taxés devraient être avantagés. Il augmenterait les revenus en supprimant les taxes non spécifiques.


*
 
*

Energie
Obama : En faveur des investissements dans les énergies propres tel que l’éolien et les voitures électriques; veut renforcer l’efficacité de la consommation des véhicules et réduire les émissions nocives; arrêter le développement des oléoducs de Keystone (pipeline d'hydrocarbures synthétiques et de sable bitumeux), déplacer les sites de sables bitumeux du Canada vers le Golfe du Mexique jugeant que les Etats-Unis n’ont pas eu suffisamment de temps pour évaluer l'impact environnemental.
Romney : Voudrait faciliter le développement des mines de charbon, l’exploration pétrolière et la construction de centrales nucléaires; voudrait encourager le forage de puits de pétrole sur la façade continentale de l’Atlantique et du Pacifique; propose de simplifier les lois relatives aux oléoducs de Keystone.
Soins de santé
Obama : A signé la fameuse loi réformant le système d'assurance-santé ou “Obama care” en 2010 visant à donner aux 47 millions d'Américains qui en sont dépourvus une assurance de soins de santé individuelle, tout en empêchant les assureurs de refuser de couvrir une personne sur base d’une affection préexistante; la loi permet aux états d’inscrire les plus pauvres dans un programme d’assurance médicale publique (Medicaid).
Romney : Veut supprimer la loi “Obama care” sur les soins de santé bien qu’elle soit modelée sur une loi qu’il signa dans le Massachusetts; voudrait remettre la politique des soins de santé entre les mains des états; voudrait limiter les poursuites juridiques contre les médecins auteurs d'erreurs médicales; voudrait encourager les individus à acheter des assurances dans le secteur privé, y compris leur faire acheter dans d’autres états où elles seraient meilleur marché.
Avortement
Obama : En faveur du droit à l’avortement; est supporté par deux Cours Suprêmes.
Romney : Prétend que sa présidence sera “pro-life” alors qu’il supportait le droit à l’avortement quand il fut gouverneur du Massachusetts en 2002; supporte le verdict de Roe contre Wade de la Cour Suprême qui légalise l’avortement et permet aux états de juger si l’avortement est légal ou pas; voudrait supprimer les fonds fédéraux alloués aux soins de santé.
Immigration illégale
Obama : Utilise la puissance du pouvoir exécutif pour légaliser le statut de certaines minorités de jeunes immigrants illégaux, détournant le vote des Républicains du Congrès; A très fortement augmenté le renvoi des immigrants illégaux.
Romney : Critique les mesures d’Obama en faveur des immigrants illégaux mais ne dit pas comment il résoudrait le problème. Dit que les Etats-Unis devraient encourager les migrants à « s’auto-déporter » en leur rendant la vie plus difficile.
Sécurité intérieure et guerre
Obama : A supprimé l'essentiel de l'autorité d’al-Qaeda's, notamment Osama Ben Laden; A retiré les troupes US d’Irak; a accepté une réduction de 487 millions de dollars dans les dépenses de l’armée sur une période de 10 ans en collaboration avec les congressistes Républicains.
Romney : Voudrait investir beaucoup plus dans la matériel militaire et investir dans les missiles de défense, ce qui augmenterait le budget du Pentagone de 100 milliards de dollars, tout en réduisant la bureaucratie de la défense civile dont le rôle de la FEMA.
Afghanistan
Obama : Avait tout d’abord augmenté le nombres de troupes en Afghanistan; a commencé à les retirer pour un retrait total prévu fin 2014.
Romney : Son but serait « de réussir la transition vers les forces de sécurité Afghanes fin 2014 » mais il promet de revoir cette mesure en fonction des conditions dans le pays telles qu’elles seront évaluées par le Commandement.
Iran
Obama : Dit qu’il est déterminé à empêcher l’Iran de déveloper l’arme nucléaire; s’oppose à toute frappe militaire à court terme de la part d’Istraël sur les installations nucléaires iranniennes; insiste sur la nécessité d’une solution diplomatique mais prévient que cette « ouverture est close » et que « toutes les options sont sur la table »; a approuvé de nouvelles sanctions contre la banque centrale d’Iran, les revenus du pétrole et le système financier.
Romney : Dit qu’il est inacceptable que l’Iran possède l’arme atomique; que l’option militaire « reste sur la table » et les analystes déclarent qu’il représente une menace non dissimulée pour l’Iran; voudrait envoyer la Navy en patrouille en Méditerranée et dans le Golfe Persique; appelle à plus de sanctions; voudrait publiquement soutenir les groupes d’opposition iraniens.
Autres points
Nous pourrions ajouter que Romney est un milliardaire qui n’a cure des pauvres gens et de leurs problèmes même si occasionnellement il peut être généreux (mais son statut lui permet bien), il est opposé au mariage homosexuel, son libéralisme extrême le rend capable d’acheter et revendre une entreprise par intérêt personnel plutôt que de sauver les emplois ou encore ses tendances eugénistes où il est persuadé que l’homme blanc est une race supérieure à toute les autres et mérite tous les privilèges. Dans le monde peu de gens se reconnaissent dans ce personnage intéressé, sans morale et qui retourne sa veste plus vite que son ombre.
En revanche, malgré les multiples crises que les Etats-Unis et le monde ont connu, Obama s'en est très bien sorti, il est devenu une icône à travers le monde et si nous devions voter, les Européens comme beaucoup d’autres citoyens voteraient en faveur d’Obama. Verdict dans la nuit.

mercredi 5 novembre 2008

Obama président des Etats-Unis !

A 5 heures du matin (heure de Bruxelles), CNN a annoncé officiellement la victoire de Barack Obama, avec 349 voix contre 163 pour McCain. Obama obtient surtout 200 grands électeurs sur les 270 nécessaires à son élection.
A 47 ans, Obama devient ainsi le premier président noir des Etats-Unis.
Notons que les Etats du Sud ont traditionnellement vôté Républicain ainsi que les habitants vivant dans les grandes plaines du centre du pays.
Une élection historique
L'accession à la Maison-Blanche du sénateur de l'Illinois constitue un symbole fort, non seulement pour les Américains mais pour le monde.Le président barack Obama élu 44eme président des Etats-Unis le 4 novembre 2008. En effet, au-delà de la rupture avec les années Bush, cette élection marqua une rupture non seulement politique mais également socio-culturelle.
La participation fut de 64.2%, un record historique qui n'avait pas été égalé depuis… 1964 avec de l'élection de Lyndon B. Johnson ! Même Kennedy n’a pas eu autant de supporters.
« C'est une élection historique », a déclaré Barack Obama lors de son discours durant la nuit de 4 au 5 novembre, à Chicago. « Je reconnais la signification particulière qu'elle a pour les Noirs américains, la fierté qui doit être la leur ce soir ».
On rapporte que partout dans le pays « des scènes de liesse, les cris et les larmes de la communauté noire [ont] témoigné d'une ferveur, d'une espérance que les Etats-Unis n'avaient peut-être jamais connues ».
Cette fierté fut partagée bien au-delà des Etats-Unis. Tout d’abord par la fille de Martin Luther King, Bernice King, qui a salué l'élection d’Obama : « je sais que mon père aurait été fier de l'Amérique pour cela. Cela veut dire que le travail pour lequel mon père et ma mère se sont sacrifiés n'a pas été vain. J'étais très émue et j'ai pleuré ».
Ensuite en Afrique du Sud, où Nelson Mandela a félicité Barack Obama, preuve, selon lui, que tout le monde peut «rêver» de changer le monde.
Une victoire écrasante
Obama a obtenu 53% des suffrages contre 46% pour son adversaire John McCain. Le candidat démocrate obtient dans la foulée la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. Pour la première fois depuis 1992, les Démocrates contrôlent ainsi la Maison-Blanche et les deux chambres du Congrès.
Le rêve américain
Comme JFK, Obama est entré dans la légende. Vivant dans le South side, le quartier le plus pauvre de Chicago, Obama incarne le rêve américain et tous les espoirs de la jeune génération.Résultat des élections présidentielles US 2008.
En effet, ce sont des dizaines de millions de jeunes et finalement tout le peuple qui est aujourd'hui fier d'être américain et convaincu que tout ira mieux dorénavant.
Situé à gauche sur l'échiquier politique, Obama a subi les sarcasmes des politiciens Blancs, y compris des Démocrates mais il a persévéré envers et contre tous.
Diplômé d'Harvard, Obama fut le seul noir élu au Sénat parmi 99 Blancs. Obama s'est fait connaître en 2004 lors d'un meeting politique où il parla de son destin. En 2006 encore, un Américain sur 3 seulement connaissait son nom. Mais depuis la réputation de ce tribun charismatique, homme de gauche, démocrate, courageux et très bien entouré fit le reste.
Marié, père de deux enfants, aujourd'hui cet Afro-Américain qui se dit "trop blanc pour les Noirs et trop noir pour les Blancs", a pourtant réussi là où les Blancs ont échoué !
Le plus dur est à venirL’euphorie de la victoire passée, le président Obama sait à présent qu’il doit faire ses preuves.
Après avoir prêté serment et une fois installé dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 20 janvier 2009 au plus tard, le nouveau président devra assurer et rassurer une Amérique inquiète pour son avenir, son économie vacillante, sa retraite, ses impôts, son image à l’étranger, etc.
Obama (et les quelque 3000 hommes politiques dévoués à sa cause) devra affronter ses détracteurs, résoudre les crises socio-économique et financière, résorber le déficit budgétaire (500 milliards de dollars!), gérer les conflits dans lesquels son pays est engagé et répondre aux exigences des dirigeants étrangers et notamment de la Russie et de l'Europe.
Obama doit à présent assumer son programme mais sur lequel il n'a finalement pas dit grand chose, gérer les erreurs du passé et un héritage extrêmement lourd, redorer l’image de son pays à l’étranger, faire un geste face aux défits climatique et énergétique, tout en rendant confiance aux électeurs qui n’ont pas vôté pour lui.
Cela fait beaucoup de responsabilités pour un seul homme qui a très peu d’expérience politique.
Obama hérite également de deux guerres d’usure en Irak et en Afghanistan, deux pays devenus très instables du fait de l’interventionnisme américain. Actuellement 152000 soldats américains sont déployés en Irak et 32000 en Afghanistan (pour lutter contre les Talibans).
Dans ce climat morose, un fait est déjà pratiquement acquis : les relations des Etats-Unis avec l’Europe seront certainement plus cordiales même si toutes les tensions ne sont pas dissipées.
« La route sera longue, a déclaré Obama le 4 novembre au soir. Le chemin sera escarpé. Nous n'atteindrons peut-être pas notre but en un an, ou même en un mandat. Mais, Amérique, je n'ai jamais eu autant d'espoir que ce soir et nous y arriverons. Je vous le promets, nous, les Américains, y arriverons ».

mardi 28 octobre 2008

Qui est le vrai Obama ?

Selon les derniers sondages (RCP), Barack Obama serait le 44eme président des Etats-Unis, devançant son rival John McCain de 6 points avec plus de 50% des voix.
Barack Obama en 2008.
Vrai ou faux, si Obama remporte les suffrages, passant pour un réformateur et un démocrate convaincu, certains indices laissent à penser qu'il est plutôt conservateur et n'est pas si démocrate que cela, au point qu'il serait occasionnellement prêt à embrasser le point de vue des Républicains sur bien des sujets. Mais voudront-ils de lui comme chef d'Etat ? Rien n'est moins sûr.
Le profil méconnu d'Obama
En effet, Barack Obama est un avocat issu d'une famille aisée, il est de gauche mais libéral à tendance oligarchique; Obama veut renforcer le pouvoir central et nationaliser les banques.
Né à Hawaii d'un père musulman et d'une mère chrétienne, Obama est élevé sans religion mais adhéra au protestantisme. De ce fait, il est en faveur de l'avortement et ne s'oppose à aucune religion ou philosophie, il n'est même pas contre les idées pseudoscientifiques et sectaires des Créationnistes.
Autre anachronisme, Obama n'est pas réellement pacifique, supportant la guerre en Afghanistan contre les Talibans.
S'il peut comprendre mieux que J.McCain la ségrégation dont font l'objet les minorités et les Afro-Américains, le fait qu'il soit culturellement très différent de l'Américain moyen n'est pas au goût de tout le monde.
Une Amérique à moitié raciste
Il ne faut pas oublier que jusqu'en 1865, du temps d'Abraham Lincoln, tout le Sud (15 Etats sur 31) était esclavagiste. En 1963, il y a à peine 50 ans, Marthin Luther King fut assassiné parce qu'il revendiquait l'émancipation des Noirs et des minorités. En 2007 encore, la tribu indienne Cherokee qui vit en Oklahoma vota à 77% des suffrages une loi de purification raciale leur permettant d'exclure de leur nation les descendants d'esclaves Noirs qui vivaient encore sur ses terres.
Aujourd'hui, la majorité des Républicains n'accepteraient jamais un Noir ou un métisse à la présidence de leur pays. Même certains Démocrates se demandent si Barack Hussein Obama ne va pas tous les convertir à l'Islam et liquider les actions qu'ils ont en bourse... Du coup, certains Démocrates voteront également Républicains !
Si ces points de vues primaires sont loin d'être partagés par les intellectuels et les habitants des mégapoles, il reflète malheureusement le point de vue de l'Amérique profonde qui tire avant de discuter et est bien décidée à laisser le pouvoir entre les mains des Blancs.
De part son action, Obama sait déjà qu'il est dans la ligne de mire des membres des milices d'extrême-droite (dont McCain fut membre soit dit en passant).
Enfin, sur les plans sociaux et économiques, il n'est pas du tout garanti qu'Obama parviendra à imposer sa politique concernant l'assurance santé et les impôts.
Près de la moitié des Américains ne se retrouvant pas dans le programme ni dans la culture ou la race d'Obama, ce sont autant de voix franches ou indécises qui iront appuyer son rival.
La vision du monde d'Obama
Avec une génération d'écart, McCain a connu la guerre du Vietnam à une époque où Obama courait encore en culottes courtes en l'Indonésie et Hawaii.
McCain est carré et binaire, foncièrement raciste, peu féru d'économie et de géopolitique, voyant par exemple à tord un lien entre l'Iran et Al-Qaida et ne voyant que le terrorisme traditionnel là il est aujourd'hui surnois et diffus.
Cette mentalité dépassée est à l'opposé de la vision du monde d'Obama et on ne peut pas imaginer que les Etats-Unis et leur image à l'étranger seront meilleurs si McCain accède au pouvoir suprême.
Une majorité d'électeurs jugent que la jeunesse d'Obama (47 ans contre 72 ans pour McCain lors que l'un ou l'autre entrera à la Maison Blanche) et la défense des droits démocratiques valent bien tous les sacrifices. Leur différence d'âge et leur différente vision du monde plaident aussi en faveur d'Obama.
Aussi, si Obama remporte les élections US le 4 novembre prochain, ce sera réellement un tournant dans l'histoire des Etats-Unis : grâce à ses dons d'orateur, sa jeunesse, sa mentalité et sa force de conviction, un Afro-Américain aura réussi là où les Blancs ont échoué.
Quoiqu'il en soit, on parle déjà d'une participation record qui devrait dépasser 60% alors qu'en général à peine 40% des personnes en âge de voter participent aux élections.
Pour plus d'information, John R. MacArthur, journaliste et président du "Harper's Magazine", auteur du livre "Une caste américaine: Les élections aux États-Unis expliquées aux Français" a publié sur le site "Le Devoir", un intéressant article intitulé "Qui est le vrai Obama ?" dans lequel il dresse un portrait assez méconnu du candidat américain.

A propos des élections US : Le changement

dimanche 6 mai 2007

Nicolas Sarkozy élu Président pour 5 ans !

Le 6 mai 2007, au terme du second tour de l'élection présidentielle française opposant Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal les Français se sont prononcés en faveur de la droite : conformément aux sondages, Nicolas Sarkozy est arrivé en tête du second tour avec 53.1% des suffrages, devenant ainsi le 6eme Président de la Ve République, le 23eme Président des Français.
La participation au second tour atteignit 85.3% , un chiffre record depuis 1965 (il fut de 66% pour la réélection de Chirac en 2005).
Ce taux de participation très élevé a traduit le vif intérêt des Français pour une élection jugée décisive pour l'avenir du pays. En effet d'aucun jugaient le pays empêtré depuis quelques années dans un marasme socio-économique créé par une succession de gouvernements incapables d'imaginer de nouvelles stratégies.
Selon ses supporters de l'UMP, Sarkozy a gagné les élections car les Français ne voulaient plus de la "politique de papa" et des discours surannés des socialistes. C'est son charisme, sa volonté de réussir, son expérience et sa connaissance des dossiers, bref ses compétences qui ont convaincu les Français. D'autres diront que les Français avaient besoin d'une personnalité forte au pouvoir mais qu'ils étaient encore trop machistes pour faire confiance à une femme qu'il leur parut un peu trop féminine et manquant de convictions.
Quoiqu'il en soit, aujourd'hui les dés sont jetés. A partir du 16 mai le Président Sarkozy prendra ses quartiers à l'Elysée et devra agir pour ne pas décevoir ses électeurs. Mais il sait qu'il aura un travail dur à abattre pour redorer l'image de la France. Il sait aussi qu'il est dans le collimateur de ses opposants qui participeront aux élections législatives de juin 2007.
Homme politique de premier plan, au cours de son discours inaugural dont voici la vidéo Sarkozy a confirmé qu'il était désormais le Président de tous les Français.
Il s'est engagé à améliorer les conditions de vie des Français. Il compte également jouer un rôle prédominant sur l'échiquier mondial, notamment sur les questions européennes (en échange, ses partenaires européens attendent beaucoup du nouveau Président français), en matière de politique extérieure (par ex. concernant la libération des otages, d'Ingrid Betencourt ou des infirmières prisonnières en Lybie) et il veut convaincre l'administration américaine que le réchauffement climatique les concerne également car il en va de notre avenir à tous.
Pour réaliser son programme politique et rallier à lui tous les Français, le Président Sarkozy dispose d'un énorme pouvoir. Il pourra notamment signer les lois et décrets, dissoudre l'Assemblée nationale (la chambre du Parlement) et même réviser la constitution s'il le souhaite. Il détient également le pouvoir de déclencher le feu nucléaire...
Militant de la première heure, Nicolas Sarkozy était en campagne depuis 5 ans. Aujourd'hui il est déterminé à changer la France ! L'avenir sera juge. Consultez le site Sarkozy.fr pour tout connaître sur l'homme et son programme politique.
Résultat des législatives 2007
Pour être complet, le 17 juin 2007, les élections législatives françaises ont confirmé la "vague bleue" : les deux tiers des sièges ont été attribués à l'UMP et ses alliés (314 sièges pour l'UMP plus 10 sièges apparentés contre 185 sièges pour le PS), renforçant le pouvoir du Président. Toutefois, 40% des électeurs n'ont pas été voter, un record depuis le début de la Ve République (1958). Mais l'écueil vient du score d'Alain Juppé, le N°2 du gouvernement, qui a perdu le siège municipal de l'UMP à Bordeaux. Après 60 ans de règne de la droite sur la ville, le Président l'a remplacé par la socialiste Michèle Delaunay.

dimanche 22 avril 2007

Elections françaises 2007 : Duel Sarkozy - Royal

Au terme du 1er tour des élections présidentielles françaises de 2007, 85% des Français avaient été votés, une proportion supérieure à celles des élections de 2002 (72%). Cette fois les Français ont choisi de voter utile.
Les résultats furent assez conformes aux sondages avec quelques pourcents d'erreurs seulement : Nicolas Sarkozy est arrivé en tête avec 31.18% des suffrages suivi par Ségolène Royal avec 25.87%, François Bayrou est largement devancé avec seulement 18.57% des suffrages et enfin Jean-Marie Le Pen avec 10.44% des suffrages. Le score de ce dernier ne fait que chuter au fil des élections. Jean-Marie Le Pen se retirant de la politique, il ne sera donc jamais Président et c'est une très bonne chose pour la démocratie.

Notons que parmi les petits candidats, Olivier Besancenot de la Ligue Communiste Révolutionnaire arrive en tête avec 4.08% des suffrages, le Parti Communiste rassemble 1.93% et les Verts 1.57% des suffrages malgré le Pacte Ecologique de Nicolas Hulot. Non, l'écologie n'est décidemment pas encore une valeur politique refuge et n'est pas rentrée dans les moeurs des Français.
Comme la majorité des électeurs l'espérait, le 22 mai 2007 nous assisterons donc à un duel gauche-droite entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Mais avec plus de 18% des électeurs, François Bayrou est devenu incontournable et le futur Président de la République devra compter avec lui.
Aussi pour l'heure les deux premiers candidats lancent toutes leurs forces dans la bataille pour essayer de séduire les 7.8 millions de Centristes. Les voix de Bayrou sont en effet composées presque à part égale d'électeurs en faveur de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. Mais une bonne partie d'entre eux, peut-être 30%, ne veulent ni l'un ni l'autre et pourraient ne pas voter.
François Bayrou doit donc anticiper les résultats du 6 mai et donner ses voix soit à gauche, mais il va s'attirer les foudres de Sarkozy qui retiendra la leçon, soit à droite, ce qui paraît probable puisque François Bayou a toujours été à droite du centre. Il pourrait également demander à ses électeurs de ne pas se prononcer.
Quel sera le choix des Français ? Si Nicolas Sarkozy comme Ségolène Royal ont tous deux conscience du laisser-aller général de la politique française et de la nécessité urgente d'une réforme des institutions et des conditions de vie des Français, leurs méthodes respectives pour remettre la France en bonne santé sont très différentes.
Rappelons en quelques mots le profil de ces deux candidats car l'un des deux sera à l'Elysée à partir du 15 mai 2007.
Nicolas Sarkozy. Ancien ministre de l'Intérieur sous le Gouvernement Chirac, l'homme paraît nostalogique de la matraque et du langage de la rue au point qu'il a dû modérer son franc-parler et devenir plus diplomatique pour ne pas s'attirer les foudres de son entourage et de ses futurs électeurs. Il a toutefois montré qu'il restait fort irritable et susceptible.
Avec les jeunes "bien sous tout rapport", les directeurs de PME, les chefs des grandes industries et autres professions libérales, bref la droite, Nicolas Sarkozy parle d'amour et de dignité, il aime parler de la grandeur de la France, de ce qui est grandiose, original et n'aime pas parler de ce qui est médiocre et ordinaire. C'est un battant qui vaut restaurer l'honneur des Français, la valeur du travail et du mérite. Il insiste sur l'identité française quitte à ramener les voix du FN et veut restaurer le pouvoir d'achat des Français quitte pour cela à se faire des ennemis. Avec les banlieues et les problèmes d'immigration, il tient un autre discours : ce n'est plus le Sarkozy qui parle d'amour et de fierté mais celui qui abuse des termes de racaille et de carcher pour nettoyer les banlieues de leurs casseurs... Dans un sondage réalisé quelques jours avant le 1er tour, à la question "Sarkozy vous inquiète-t-il ?", 51% des sondés ont répondu "oui". Ceci dit, près de 30% des Français ont apprécié son langage et ses engagements. Nicolas Sarkozy est-il réellement déterminé, croit-il foncièrement ce qu'il dit, veut-il réellement appliquer son programme ou n'est-ce qu'une façade apprêtée et de la communication (et non de l'information), il y a certainement un peu des deux.
Ségolène Royal. Ancienne ministre de l'Environnement (1992), elle rassemble tous les Français qui se retrouvent sous le slogan "Tout sauf Sarkozy !" Sous le signe de la rose, elle se situe entre la fraîcheur et les épines... Côté fraîcheur, elle s'appuye sur l'homme de la rue pour réaliser sa démocratie participative. On dit Ségolène Royal toujours à l'aise et à l'écoute des autres, mais dans le fond elle peut être froide, intransigeante et distante. Néanmoins elle est à la fois maternelle et pleine d'empathie. Ses débats sont toujours très politisés mais également proches du public, des minorités et des classes démunies. Elle se présente également en sauveuse de la France. Côté épine, elle s'oppose farouchement à la politique libérale et élitiste de l'UMP de Nicolas Sarkozy et a parfois qualifiée son attitude d'indigne. Elle veut une amélioration sociale pour les classes défavorisées, elle joue également la différence, faisant un pied d'écart vis-à-vis des ténors et des "éléphants" de son parti.
La dernière incertitude est de savoir quel candidat sera Président des Français en 2007 ? Pour être bref et caricaturée la situation, la France qui travaille (Sarkozy) ou la France assistée (Royal) ? Si Ségolène Royal parvient à rassembler toute la gauche et les centristes, elle gagnera les élections.
Mais parions que Nicolas Sarkozy gagnera avec 55% des suffrages en raison de son parlé franc, son charisme et d'un programme politique autoritaire mais courageux. S'il ne semble pas traîner de "casseroles" derrière lui (il faut encore vérifier son patrimoine immobilier, son ISF, etc), espérons qu'il respectera les règles démocratiques et même un peu plus.

samedi 21 avril 2007

Elections présidentielles françaises 2007

Le 22 avril 2007, quelque 44.5 millions d'électeurs auxquels il faut ajouter quelque 800000 électeurs français vivant à l'étranger dont 70000 résidant en Belgique iront voter pour le 1er tour des électrons présidentielles française. Selon les sondages quatre candidats se démarquent avec par ordre d'importance : Nicolas Sarkozy (29% des prétentions de vote), Ségolène Royal (27%), François Bayrou (17%) et Jean-Marie Le Pen (12%).
Si Nicolas Sarkozy semble le mieux placer pour gagner ces élections, certains n’hésitent pas à dire que les deux challengers ont presque autant de chance et qu’il n’est pas impossible par exemple qu’on se trouve au 1er tour dans une situation équivalente à celle de 2002 où il eut près de 50% d’indécis et 22% d'abstention ce qui conduisit Jean-Marie Le Pen à deux doigts du pouvoir (17% pour Jean-Marie Le Pen contre 20% pour Jacques Chirac).
Cette fois, du fait que les sondages annoncent que 30% des électeurs n’auraient pas encore fait leur choix, certains estiment qu’il n’est pas impossible qu’on assiste à un affrontement entre Nicolas Sarkozy et… Jean-Marie Le Pen. Mais tous les experts vous diront que les sondages ont un degré de précision incertain car ils sont basés sur un échantillon limité de personnes et sur le seul avis des personnes sondées. Par nature il est donc impossible de sonder ceux qui refusent d’être sondés ! Les résultats doivent donc être corrigés et complétés pour tenir compte des 50% d’électeurs qui refusent de répondre ou qui mentent sciemment sur leurs intentions de vote. Les sondages sont donc toujours biaisés par nature. Aussi, aujourd’hui les journalistes sont-ils plus critiques vis-à-vis des sondages. Quel candidat entrera dans l’histoire ? Seul les électeurs en décideront. Voyons en résumé le profil des quatres candidats favoris. Honneur aux femmes.
Ségolène Royal
C’est la première candidate féminine mais son image médiatique est fade et son discours manque de convictions et de rigueur. Elle manque surtout tout de charisme pour rassembler la France autour d’une seule idée. On la dit également autoritaire et faisant peu de cas de l'avis de son entourage, ce qui en dit long sur son éventuelle diplomatie. Candidate superfavorite jusqu'en 2006, sa compagne a déstabilisé les électeurs. Elle n’a pas réussi à rallier à sa cause de grands électeurs de gauche ni de droite. Elle s’oppose farouchement à la France libérale, anti sociale et autoritaire que défend Nicolas Sarkozy. Elle représente le Parti Socialiste (PS) et est soutenue par le Parti Radical de Gauche de Jean-Michel Baylet et le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) anciennement représenté par Jean-Pierre Chevènement et aujourd’hui par Georges Sarre.
Nicolas Sarkozy
candidat favori de la droite, c’est l'homme à abattre, un homme autoritaire bien décidé à faire de la France un pays où chacun sera rémunéré à hauteur de son travail. Son programme politique a empiété sur celui de Jean-Marie Le Pen. Des rumeurs sur la brutalité supposée et la personnalité dangereuse de Sarkozy inquiètent son entourage. Il porte également un regard intolérant sur les immigrés, autant d’indices malvenus dans une Europe communautaire et tolérante. Il représente l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), regroupe le RPR et Démocratie libérale. Il est soutenu par le Président Jacques Chirac.
François Bayrou
challenger, il se définit comme une force tranquille et en a le profil. Certains y voient la 3eme voie, d’autre la 3eme roue du carrosse. En tous cas il prône la révolution sans les risques de la révolution Il marque sa différence en chantant non pas la Marseillaise mais "Montagnes Pyrénées” en béarnais. Centriste, il représente l’Union pour la Démocratie Française (UDF).
Jean-Marie Le Pen
raciste et xénophobe, intolérant et souhaitant rendre la France aux Français il s’attire les électeurs d’extrême-droite et, dit-on, tous ceux qui sont déçus par la situation socio-économique actuelle du pays. Il a fait une campagne discrète mais apparut gonflé à bloc, sûr de se retrouver comme en 2002, au 2eme tour. La chute sera sans doute encore plus dure. Il représente le Front National (FN). Il est soutenu par le Mouvement National Républicain et le Parti Populiste.
Enfin, il y a huit autres candidats plus ou moins concernés par l’écologie, l'identité française, les principes du communisme ou la ruralité. Selon les sondages, ces petits candidats représentent entre 1 et 4% des voix, des "grains de sable" dans la mécanique bien rodée des quatre principaux candidats.
Plus d'infos sur les sites Présidentielle 2007 et Wikipédia.