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lundi 13 janvier 2014

Pando, menace sur les plus vieux arbres du monde

Nous savons que quelques espèces d'arbres peuvent vivre plusieurs milliers d'années. Ainsi, le Ginkgo qu'on trouve en Chine et au Japon notamment, vit plus de 2000 ans, le pin de Californie (Pirus Aristata) vit plus de 4700 ans et le pin Bristlecone (Pinus longaeva) surnommé "Mathusalem" vivant en Californie est âgé de 4846 ans (2014).
Par clonage (les branches au contact du sol se transforment en racines adventives ou les racines remontent en surface et germent), on atteint des âges qui défient l'entendement.
Ainsi, un épicéa vivant au nord-ouest de Stockholm en Suède a dépassé 9555 ans et un groupe de pins Huon du nord-ouest de la Tasmanie est âgé de 10500 ans !
Le créosotier "King Clone" qui vit dans le désert de Mojave en Californie serait âgé de 11700 ans, un chêne de Palmer (Quercus palmeri) vivant sur la colline de Jurupa en Californie aurait plus de 13000 ans tandis que le Lomatia tasmanica ainsi que ses graines vivent plus de 43500 ans voire trois fois plus longtemps.
Le peuplier faux-tremble
Le record est toutefois détenu par une colonie clonale de peupliers faux-trembles, "Quaking Aspen" en anglais (Populus tremuloides) prétendument âgée de 80000 ans. Cette population d'arbres au tronc blanc moucheté et dont le feuillage présente une belle couleur jaune dorée ou verte est considéré comme le plus vieil organisme vivant sur Terre. Imaginez qu'il a cotoyé l'Homo sapiens !


Toutefois cette information qui s'est vite propagée en Europe n'est pas confirmée par les scientifiques comme l'a expliqué la généticienne et écologiste moléculaire Karen Mock de l'Université d'Etat d'Utah.
Pando, Utah
Ce que l'on sait c'est que cet arbre est issu d'une seule graine et d'une racine mère unique qui se propage en envoyant des pousses souterraines qui émergent pour devenir des arbres. Cette forêt est donc composée de milliers d'arbres clones reliés par leurs racines.
Quand cette forêt fut découverte il y a quelques décennies, les scientifiques lui ont donné un nom latin signifiant "je répands", Pando.
En 1976, Burton Barnes et ses collègues de l'Université du Michigan ont provisoirement cartographié les limites de Pando et publié leurs résultats dans un journal scientifique canadien. C'est depuis cette publication que Pando est sorti de l'anonymat.
La forêt comprend plus de 47000 arbres individuels et couvre 43 ha dans la Fishlake National Forest située au nord du Parc National de Bryce Canyon, dans le centre de l'Utah où cette espèce fait partie du paysage depuis des milliers d'années.
Voici sa position dans Google Maps et en 3D où on reconnaît très bien les peupliers faux-trembles à leur couleur jaune-orangée.

Distribution du peuplier faux-tremble. Document IRC.
Comme on le voit sur la carte ci-dessus, le peuplier faux-tremble est commun en Amérique du Nord. Outre en Utah, il existe des forêts de peupliers faux-trembles en Arizona, au Colorado, en Californie et dans le Wyoming mais leur population est limitée, fragile et doit être protégée.
Ils sont plus nombreux dans les Etats du nord et dans l'Est, en Idaho, aux Dakota Nord et Sud ainsi que dans la région des Grands Lacs (Michigan, Wisconsin, Minnesota, Indiana, Ohio), ainsi qu'au nord-est, en Pennsylvanie, Wisconsin, New York, etc. Ils prolifèrent dans une grande partie du Canada jusqu'à 55° de latitude et même au-delà de 65° de latitude dans les Territoires du Nord-Ouest et en Alaska.
Cet arbre s'est adapté à des climats secs et chauds endurant des températures de plus de 40°C dans le sud aux climats polaires de -40°C.

Peupliers faux-trembles dans le parc national de Grand Teton au Wyoming.
Ces dernières années, Karen Mock a voulu savoir si la réputation de Pando selon laquelle il serait le plus vieil organisme connu de la planète n'était pas exagérée. "Nous avons décidé de le confirmer ou de l'infirmer", dit-elle dans une interview accordée au webzine Deseret News en 2010.
L'ADN de 209 spécimens a été analysé et les scientifiques confirment qu'ils sont tous clone et qu'ensemble ils pèsent environ 6615 tonnes (par comparaison, les plus grands séquoia pèsent 2000 tonnes). Mais il est impossible de connaître leur âge avec précision.
En effet, il n'existe pas de moyen fiable pour déterminer l'âge d'un clone de peuplier faux-tremble car les cernes ne se conservent pas d'une génération à l'autre. Mais étant donné leur mode de reproduction, il est certain que ces arbres sont vénérables : "Les estimations commencent avec de faibles valeurs, peut-être quelques milliers d'années et vont même jusqu'à un million d'années", explique Mock. "Personne ne le sait vraiment et nous n'avons aucune bon moyen de le savoir à ce stade, malheureusement".

Peupliers faux-trembles à Fishlake National Forest, Utah. Document Scott.
En fait, il faudrait trouver des spécimens fossiles dans la population locale et calculer leur âge par datation au carbone-14 comme on l'a fait pour déterminer l'âge du Lomatia tasmanica.
Un ordre de grandeur raisonnable donne à cette population de peuplier faux-tremble un âge compris entre 5000 et 10000 ans mais il est probable que de plus vieux individus existent dans la région.
Un état de santé préoccupant
Aujourd'hui Pando est en état d'alerte. L'écologiste Paul Rogers et des collègues de l'Université d'Etat d'Utah ont examiné les arbres et constaté qu'en quelques années les spécimens adultes de l'ouest du parc étaient en train de mourir de sécheresse et grignotés par les coléoptères. C'est typique du peuplement des trembles en Occident et cela n'est pas inquiétant en soi. Ce qui est alarmant c'est que les jeunes pousses et les petits arbres ont disparu.


De plus, comme le rélève ce bulletin d'information, au sommet des collines, 75% de la canopée de Pando souffre de maladie et est en train de mourir, et cette contamination descend dans les vallées.
En 2010, Rogers visita la région après 2 ans d'absence et constata que Pando était en sérieuse difficulté : "je dirais que c'est une crise", déclara-t-il.
Quand il visita Pando en 2008, le clone semblait en assez bonne santé. Mais quand il est revenu avec des experts forestiers en septembre 2010, il a été choqué : "il n'y avait pas de régénération, il n'y avait pas d'arbre d'âge moyen. Vous pensez trouver des jeunes pousses et des juvéniles, mais il n'y a plus de jeunes arbres pour remplacer les arbres morts. Ça doit donc déclencher la sonnette d'alarme. Nous cherchons une solution pour planter rapidement de nouveaux arbres, d'ici quelques années".
Il y a une surabondance de cerfs et de wapitis dans la région et Rogers pense qu'ils se sont nourris des jeunes pousses. Il y a également des animaux dans les pâturages mais ils jouent un rôle mineur.
Les responsables de la réserve ont constaté qu'en clôturant une petite partie de Pando, moins de 10%, les arbres se sont régénérés et sont en plein essor. Ils envisagent donc d'agrandir d'urgence cette clôture et qu'elle soit suffisamment haute pour retenir les cerfs, mais le projet est controversé par les éleveurs qui ont un droit de pâturage dans la région.

Peupliers faux-trembles aux pieds du Mont Moran, à Grand Teton, au Wyoming.
Leur population est fragile et à tendance à diminuer.
La situation est similaire dans d'autres Etats de l'ouest américain où sa population régresse en raison de la sécheresse et de maladies. Au Canada, au contraire, le peuplier faux-tremble est envahissant et parfois considéré comme une mauvaise herbe.
Mais en Utah, Pando fait partie de l'héritage culturel. Si Pando doit mourir, ce serait vraiment dramatique pour un organisme aussi singulier et de cet âge, le plus ancien organisme vivant jamais étudié.
Rogers estime qui si rien n'est fait, la surface de Pando risque de rétrécir et devenir l'ombre de son ancienne gloire : "Nous avons vraiment besoin de nous accrocher à ce trésor international", a déclaré Rogers. "Mais il se dérobe très rapidement".
Pour éviter que Pando ne disparaisse, Rogers fonda en 2009 la Western Aspen Alliance dont la mission est de gérer durablement la population de peupliers faux-trembles dans tout les territoires de l'ouest des Etats-Unis, d'y maintenir la diversité tout en conciliant les intérêts sociaux et économiques.
Le futur emblème de l'Utah
Fin 2013, des comités de protection ainsi que des mouvements de jeunesse locaux ont demandé à Gary Herbert, gouverneur de l'Utah, de changer la législation afin que l'arbre national qui jusqu'à présent est l'épicéa bleu du Colorado, une hérésie pour certains, devienne le peuplier faux-tremble de l'Utah. Pando serait ainsi protégé dans un cadre légal, tout en valorisant le tourisme à travers son image emblématique. Le dossier est en cours. Affaire à suivre.


Peupliers faux-trembles au Colorado.

 
L'état alarmant de Pando en Utah en 2013.

Pour plus d'informations
Fishlake National Forest, NPS
The World's Largest Known Organism In Trouble, Interview de Karen Mock et Paul Rogers, 2013
The World's Largest Known Organism Is In Utah-And It's Dying, Salt LakeCity News, 2013
Aspen Decline PNAS Study, 2012
Central Utah's Pando, world's largest living thing, is threatened, Deseret News, 2010
Quaking Aspen, Coconino National Forest
Western Aspen Alliance

jeudi 2 janvier 2014

TranslatorsCafé, le convertisseur d'unité universel

Chacun doit de temps en temps réaliser des conversions d'unités : longueur, volume, température, énergie, puissance, pression, fréquences, unité d'information, etc. Et nous savons combien que les scientifiques se sont ingéniés à en inventer toujours plus !
Il fut une époque où des programmeurs développèrent des applications telle ConvertIt! (1996) tellement ce travail était fastidieux et source d'erreurs. Internet a bien sûr facilité ce travail.
Pas plus tard que le weekend dernier un ami m'a téléphoné en ayant trouvé une erreur de calcul dans le livre d'un astrophysicien renommé, ce qui prouve qu'une assistance en ligne peut même aider les plus érudits !
Nous connaissons chacun des sites proposant des convertisseurs d'unités. En voici un nouveau mis en ligne fin décembre 2013 et particulièrement complet, je dirais même le plus complet du web : TranslatorsCafé.
Ce site qui appartient en fait à une agence de traduction, propose pas moins de 76 catégories et des milliers de relations paramétriques possibles dans les trois principaux systèmes internationaux d'unités, le système métrique, britannique (Imperial) et américain.
La deuxième bonne nouvelle est que le menu est également disponible en français.
La vidéo de présentation n'est pas nécessaire car l'interface graphique est simple à utiliser mais puisque l'auteur a pris du temps pour la réaliser, la voici.


Les limites du système
Bien sûr, il ne convertit pas "tout en tout"; pour cela il devrait combiner plusieurs tables de conversions. Aucun programme ne le fait. Mais comparé à d'autres sites tels Conversioni, Convert World ou SI Metrics, TranslatorsCafé est plus complet et plus convivial.
Toutefois, comme tous les sites de conversion d'unité, ce outil n'établit de relation qu'entre deux tables. A chacun de refaire une sélection pour effectuer des conversions multiples.
Ainsi, pour convertir par exemple une énergie exprimée en keV en longueur d'onde (Cf. la page sur l'énergie quantifiée sur le site Luxorion), il faut effectuer par moins de 4 conversions d'unités ! Quand on réalise la difficulté du travail pour ne pas se tromper de constante et dans le calcul des décimales, on saisit tout l'intérêt du TranslatorsCafé !

lundi 28 octobre 2013

Science@home: les scientifiques vous attendent

Vous aimez les sciences ? Vous aimeriez aider les scientifiques ? Bonne nouvelle, ils vous attendent !
Dans le cadre de leurs recherches, les scientifiques sont souvent confrontés à des problèmes de ressources, que ce soit en personnel, en matériel ou financière, pour assurer la maintenance et le suivi à long terme de leurs programmes.
Quand bien même ils disposeraient des plus puissants ordinateurs et de tout le personnel nécessaire, vu la quantité de données qu'ils doivent traiter, un moment ou un autre leurs ressources seront limitées. Se greffe sur ce problème le fait que les scientifiques ne peuvent pas toujours attendre des mois et des années le résultat des analyses et des calculs.
Des solutions inédites ont été développées. Beowulf par exemple, développée en 1993 par Donald Becker de la NASA fut la première d'entre elles : des ordinateurs ont été mis en parallèle afin d'obtenir un système équivalent à la somme des processeurs utilisés. Même technique pour la mémoire. Aujourd'hui nous appelons ce genre d'architecture un cluster (une grappe).
Dans beaucoup de domaines, il est important de travailler en temps réel sinon le chercheur risque de rater un phénomène, que ce soit un évènement astronomique, physique ou une réaction chimique. Face à de telles contraintes comment peut-on malgré tout répartir le travail d'analyse ?

Internet et l'informatique distribuée au service des scientifiques.
Les applications distribuées
En 1994, David Gedye, vice-président d'une société de formation en ligne discutait avec des amis et émit l'idée géniale d'utiliser la puissance de traitement de tous les micro-ordinateurs reliés à Internet: sur chacun d'eux, il suffisait d'exploiter les périodes de faible activité du processeur durant lesquelles s'active normalement l'économiseur d'écran pour traiter des données scientifiques.
C'est ainsi qu'est né le premier projet distribué, SETI@home, dont le but est de localiser des signaux extraterrestres artificiels. Via un logiciel gratuit, toute personne connectée à Internet peut télécharger des données brutes enregistrées par le radiotélescope d'Arecibo à Porto Rico.
Le logiciel recherche des signaux suspects aléatoires ou répétitifs. Lorsqu'un module est traité les résultats significatifs sont renvoyés aux scientifiques qui n'ont plus qu'à vérifier les signaux suspects.
L'installation est simple : un ordinateur, une connexion à Internet et un logiciel d'analyse de spectre fournit gracieusement par l'équipe SETI de l'Université de Berkeley.
Aujourd'hui ce projet entre dans sa 17eme année d'existence. Plus de 133000 personnes réparties dans plus de 11000 équipes à travers le monde utilisent régulièrement SETI@home.
Depuis 1996, ce projet scientifique ainsi que de nombreux autres ont été intégré dans la plate-forme BOINC qui assure de manière plus conviviale la gestion des projets et des données.
Performances
Les performances d'un projet ainsi distribué à travers Internet sont supérieures à celles de beaucoup de superordinateurs.
En effet, dans le cas de SETI@home, en 2013 la capacité globale de calcul du système dépasse 630 TeraFLOPS !
Grâce à ses 350000 utilisateurs et 6 millions d'ordinateurs, Einstein@Home, dont le but est de découvrir des pulsars et des ondes gravitationnelles, atteint 473 TFLOPS. Autrement dit, grâce à Internet Einstein@Home est 3.4 fois plus rapide que le NEC SX-8R de 140 TFLOPS de Météo-France !
La puissance de calcul a atteint un niveau jamais égalé dans l'histoire de l'informatique et il est probable que son inventeur verra un jour son nom dans les livres d'histoire. Et pour cause.

Les projets actifs dans l'interface BOINC, chacun étant assigné à un processeur.
De nombreux projets scientifiques
L'informatique distribuée s'est avérée si performante qu'aujourd'hui près de 140 projets similaires ont vu le jour. Parmi ceux ci citons :
- Astronomie : SETI@home, Cosmology@Home, Asteroids@home, Milkyway@home
- Astronautique : Constellation
- Physique : Einstein@home, LHC@home, uFluids, eOn, Iberdvis
- Sciences de la Terre : Climateprediction.net
- Biologie et Médecine : SIMAP, Rosetta@home, Docking@Home, Malariacontrol.net, GPUGrid.net
- Chimie : Spinhenge@home, Leiden Classical
- Environnement : Radioactive@Home
- Informatique : DistrRTgen, VoIPEx
- Informatique quantique : OProject@Home
- IA et Neurosciences : FreeHAL, MindModeling@Home
- Mathématiques : PrimeGrid, ABC@home, Collatz Conjecture, NFS@home, SAT@home
- ONG : World Community Grid
- Séismologie : Quake Catcher Network (avec sonde USB)
etc.
Quelques projets scientifiques disponibles via l'interface BOINC.
Ces projets font avancer la Science. Ainsi grâce à la participation des internautes, Einstein@Home par exemple permet de découvrir environ 200 pulsars par an, y compris des pulsars binaires, millisecondes et gamma. Leur étude permet de mieux comprendre la fin de vie des étoiles.
Grâce à Rosetta@home, les chercheurs peuvent créer de nouveaux enzymes et vaccins notamment.
Enfin, grâce à Quake Catcher Network et une sonde USB installée sur l'ordinateur de l'internaute, les séismologues peuvent détecter et suivre l'activité séismique en temps réel à travers le monde, etc.
Ces projets n'attendent que vous. Alors si vous voulez concrètement aider les scientifiques, téléchargez BOINC et ajoutez-y quelques projets. Faites-vous plaisir, c'est de la Science !
A propos des FLOPS et des superordinateurs
FLOPS est l'acronyme de nombre d'opérations en virgule flottante par seconde ou "FLoating point Operations Per Second". On parle de virgule flottante par opposition aux calculs avec des nombres entiers.
1 TeraFLOPS ou TFLOPS correspond à 1 milliard d'opérations en virgule flottante par seconde (ou 1000 Mips), l'équivalent de 1000 processeurs cadencés à 1 GHz.
Un ordinateur classique cadencé à 1 GHz présente une capacité de calcul d'environ 1 GFLOPS mais la progression n'est pas strictement linéaire car elle dépend des performances des caches du processeur.
A titre de comparaison, le cortex de l’homme est capable de traiter 1019 bits d’information soit, en jargon informatique l’équivalent d’une puissance de 10000 TFLOPS; notre cortex à la puissance d’un superordinateur Cray-3 mais ce dernier est loin d’être optimisé.
Notons qu'une simple calculatrice de poche réalise en théorie une seule opération par seconde. Nous avons rarement besoin d'un temps de réponse plus rapide. Subjectivement, nous considérons que toute réponse affichée en moins de 0.1 seconde est instantanée. Cela permet d'attribuer aux calculatrices une performance d'environ 10 FLOPS. Quant au méthodes de calculs manuelles (une division difficile), notre performance tombe en général à environ 1 milliFLOPS.
Voir aussi le TOP500 des superordinateurs les plus rapides.

vendredi 13 septembre 2013

Le petit cerveau du coeur

Nous savons tous que le coeur est un organe extraordinaire. Mais nous savons moins qu'il renferme une extension autonome du cerveau.
Cela fait quelques années maintenant que les chercheurs anglais de l'Institut Heartmath et de l'University College de Londres (Dr. Paterson) notamment étudient le coeur d'un point de vue neurologique.
En effet, les chercheurs américains ont découvert au début des années 1990 que le coeur contenait un réseau d'environ 40000 neurones en tous points identiques à ceux du cortex qu'on a appelé le "petit cerveau du coeur". Jusqu'il y a peu son rôle était sous-estimé car méconnu.
Le coeur a ses raisons
Aujourd'hui nous savons que l'expression "le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point" de Blaise Pascal est une réalité; il existe une interaction entre le coeur et le cerveau et bien sûr vice versa mais de moindre importance.
Même pour un esprit rationnel force est de constater que le coeur n'est plus la pompe mécanique de Descartes mais un organe bien  plus subtil et complexe, tant du point de vue anatomique, neurologique que physiologique.
Non seulement des expériences démontrent que le coeur coopère avec le cortex mais il peut aussi lui envoyer des signaux, notamment à l'agmydale lorsque vous sentez votre coeur palpiter par exemple suite à une émotion, alors que jusqu'à présent on pensait que le seul le cerveau commandait les organes et les battements du coeur.
On a ainsi découvert que le petit cerveau du coeur reçoit en premier les informations émotives et les transmet ensuite au cortex qui assure leur traitement et les redistribue aux organes concernés. Ainsi c'est le coeur qui est à l'origine du sentiment de compassion qu'on éprouve pour autrui.
Le coeur semble également être une puissante source d'ondes électromagnétiques, acoustiques et autres fronts d'ondes que d'autres organes reconnaissent et interprètent.
Le reportage suivant décrit ces découvertes tandis que la BBC a réalisé un reportage sur le coeur en 2012 présenté par David Malone, rediffusé depuis sur ARTE TV (où vous trouverez le reportage en vidéo), expliquant le rôle de ce petit cerveau du coeur et sa relation avec le cortex et les émotions.


Si vous êtes curieux, je vous conseille de suivre les émissions sur le sujet. Non seulement nous avons encore beaucoup de choses à apprendre sur le rôle de ce petit cerveau du coeur mais il nous rassure sur notre humanité.
Nous avons beau revendiquer notre rationalisme, notre capacité d'analyse ou notre rigueur toute cartésienne, quelque part au fond de nous nous avons tous du coeur et son influence est toute aussi importante dans notre façon d'appréhender le monde que celle de la raison.
Et tant qu'à compter nos cerveaux, rappelons que nous avons un "troisième cerveau", celui de la psychologie qui définit un cerveau cognitif, émotionnel et mimétique.

dimanche 1 juillet 2012

La fin du monde avant 2100 ?

La revue Nature a publié le 7 juin 2012 un article intitulé "Approaching a state-shift in Earth’s biosphere" qui fait autant d'effets dans la communauté scientifique que les faits qu'il expose. 
En effet, les auteurs de cette étude prédisent la fin possible de notre planète dans moins d'un siècle en raison de l'emballement des changements radicaux des écosystèmes et du climat de la Terre.
Vers une fin du monde
Cette étude de la Simon Fraser University (SFU) de Vancouver démontrerait qu'un effondrement total de la planète se produirait d'ici la fin du siècle.
L'étude, menée par 18 scientifiques, met en évidence plus faits alarmants :
- la dégradation générale de la nature et des écosystèmes
- les fluctuations climatiques de plus en plus extrêmes
- le changement radical du bilan énergétique global.
Ces modifications à l'échelle globale finiraient par arriver à un point de non-retour, où elles seraient irréversibles.
Selon Arne Moers, qui a dirigé l'étude : "Le dernier point de basculement dans l’histoire de la Terre est apparu il y a 12000 ans. C'est à l'époque où la planète est passée de la phase glaciale à celle actuelle, appelée inter glaciale. A ce moment, des changements biologiques les plus extrêmes menant à notre état actuel sont apparus en seulement 1000 ans. C’est comme passer de l’état de bébé à l’âge adulte en moins d’une année. Et la planète est en train de changer encore plus vite aujourd'hui".
Or, un système ne peut pas passer d’un état à un autre sans épuisement. Pour Moers : "La planète ne possède pas la mémoire de son état précédent.[...] Le prochain changement pourrait être extrêmement destructeur pour la planète. Une fois que le seuil critique sera dépassé, il n’y aura plus de possibilité de revenir en arrière". Ce "seuil critique" serait l'utilisation de 50% des ressources terrestres, alors que 43% ont déjà été exploitées.
Critiques
L'étude qui pose clairement l'hypothèse de l'Apocalypse sur Terre si nous ne changeons pas radicalement nos habitudes a été critiquée par de nombreux chercheurs. Parmi eux, le Dr. Aaron Ellison, expert en Ecologie et des dynamiques liées à la biodiversité et aux changements climatiques de l'Université d'Harvard Forest dénonce la banalité de l'étude : "On sait déjà très bien que les choses changent très vite et qu’il faut comprendre ce qu’il va se passer, considéré l’urgence de la situation". Pour le Dr. Brad Cardinal, expert en Ecologie à l’Université du Michigan, les conclusions de cette étude sont loin d'être définitives : "Seul le temps nous donnera la réponse. Ce n’est pas la première fois qu’une étude du genre est publiée".
Pourtant, l'étude se distingue de celles réalisées jusqu'alors par l'originalité des méthodes employées. La diversité des sources, notamment, apportent du crédit à ce nouvel avertissement. En effet, des théories scientifiques, des modélisations d'écosystèmes et des preuves paléontologiques ont, pour la première fois, converger pour montrer la destruction imminente de notre planète si le processus se poursuit.
"Les hommes n'ont rien fait de réellement d'important pour éviter le pire" explique Moers. Dans tous les cas, ce qui semble évident pour tous les experts du domaine est l'urgence d’effectuer une vraie révolution dans le style de vie de l’humanité. Cette révolution impliquerait une augmentation du développement durable, des énergies alternatives et une meilleure gestion de l’écosystème.
Propositions
Si les chercheurs ayant réalisé cette étude annoncent l'Apocalypse, ils proposent également aux gouvernements d'entreprendre quatre actions immédiates pour éviter ce scénario :
- diminuer radicalement la pression démographique;
- concentrer les populations sur les zones enregistrant déjà de fortes densités afin de laisser les autres territoires tenter de retrouver des équilibres naturels;
- ajuster les niveaux de vie des plus riches sur ceux des plus pauvres;
- développer de nouvelles technologie permettant de produire et de distribuer de nouvelles ressources alimentaires sans consommer davantage de territoires et d'espèces sauvages.
Dans nos pays capitalistes à l'économie ultra libérale où les bénéfices immédiats des individus l'emportent souvent sur les investissements durables dans l'intérêt de la communauté, ces idées ont fait chuter plus d'un gouvernement...
Et Moers de conclure : "[jusqu'ici] les hommes n'ont rien fait de réellement important pour éviter le pire car les structures sociales existantes ne sont simplement pas les bonnes. C’est comme si on refusait d’y penser. Nous ne sommes pas prêts. Mes collègues ne sont pas juste inquiets. Ils sont terrifiés".

lundi 12 décembre 2011

200 nouvelles espèces découvertes près du Mékong

Selon le WWF, plus de 200 nouvelles espèces ont été identifiées en 2010 dans la région du Grand Mékong, mais beaucoup sont déjà menacées.


"En moyenne, une nouvelle espèce est découverte tous les deux jours dans cette région qui comprend le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande, la Birmanie et la province chinoise du Yunnan", selon le rapport « Mékong sauvage ».  Cela représente 145 plantes, 28 reptiles, 25 poissons, 7 amphibiens, 2 mammifères et un oiseau en 2010.
Parmi ces nouvelles espèces il y a un lézard femelle qui se clone sans avoir besoin de mâle mais qui fut découvert... au menu d’un restaurant de la province de Ba Ria Vung Tau, dans le sud du Vietnam !


Il y a également une nouvelle espèce de singe au nez retroussé  (Rhinopithecus strykeri) dessiné à gauche, déjà connu des Birmans de l’État Kachin pour éternuer quand l’eau entre dans ses narines et qui passe les journées pluvieuses la tête entre les jambes pour éviter ce désagrément.
Enfin, il y a un lézard "psychédélique" au cou jaune vif, au corps bleu et aux pattes et à la queue orange.
Au total, depuis 1997, plus de 1500 nouvelles espèces animales et végétales y ont été découvertes dans la région du Grand Mékong.
Mais selon le WWF, "beaucoup sont déjà destinées aux assiettes, se battent pour survivre dans des habitats qui rétrécissent et risquent de disparaître".

lundi 26 septembre 2011

On a reconstruit le film de notre pensée visuelle

Une équipe de chercheurs américains a mis au point un système d'imagerie capable de visualiser les informations produites par le cerveau.
Le professeur Jack Gallant, neurologue à l’Université de Californie à Berkeley (UCB) et ses collègues ont utilisé un système d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) et des modèles informatiques pour décoder et reconstruire les stimuli visuels dynamiques de plusieurs dizaines da patients volontaires. L'expérience consista à interpoler les signaux émis par le cortex visuel et à reconstruire l'image ou le film résultant. Le résultat prouve que le cerveau reconstruit des images en couleurs de ce que l'on voit ou imagine.


Une fenêtre sur l'esprit
"Nous avons ouvert une fenêtre sur le cinéma de nos esprits", a déclaré le professeur Gallant. Cette technologie permet de reproduire les films que nous formons dans notre tête, comme les souvenirs ou les rêves. “C’est un grand bond vers la reconstruction de l’imagerie interne", a déclaré le professeur Gallant.
Autre point positif : cette la technologie pourrait permettre de voir dans l’esprit des personnes qui ne peuvent pas communiquer verbalement, comme les victimes d’AVC, les patients dans le coma et les personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Elle peut aussi jeter les bases d’une interface cerveau-machine, afin que les personnes atteintes de paralysie cérébrale aient la possibilité, par exemple, de guider les ordinateurs avec leurs esprits.
Le professeur Gallant précise toutefois que ce n'est pas demain que cette technologie permettra à des savants fous de lire nos pensées et nos intentions !
Principe de l'expérience
Le professeur Gallant et son équipe ont tout d'abord enregistré l’activité cérébrale de trois membres de l'équipe servant de cobayes qui regardaient des images en noir et blanc. Ils ont ensuite construit un modèle informatique qui leur a permis de prédire avec précision quelle image le sujet regardait.
Ensuite les chercheurs ont effectué le décodage des signaux du cerveau produit par des images animées.
L'expérience fut éproruvante car les volontaires ont dû rester immobiles à l’intérieur de l’IRMf pendant des heures. Ils ont regardé deux ensembles distincts de bandes-annonces de films hollywoodiens, alors que l’IRMf était utilisée pour mesurer le flux sanguin dans le cortex visuel, la partie du cerveau qui traite l’information visuelle.
Sur l’ordinateur, le cerveau a été divisé en un réseau tridimensionnel (des pixels volumétriques ou voxels) afin de construire un modèle informatique du cerveau. “Nous avons construit un modèle pour chaque voxel qui décrit comment la forme et l’information de mouvement, dans le film, sont mappées dans l’activité du cerveau", a déclaré Nishimoto, l'un des chercheurs volontaires de l'expérience.
L'enregistrement de l'activité cérébrale a ensuite introduit dans le programme informatique qui a appris, seconde par seconde, d'associer des modèles visuels du film avec l’activité cérébrale correspondante. L’activité cérébrale induite par la deuxième série de films a été utilisée pour tester l’algorithme de reconstruction du film. Il aura fallu alimenté le programme informatique de 18 millions de secondes de vidéos YouTube prises au hasard, afin qu’il puisse prédire l’activité du cerveau que chaque clip pouvait probablement évoquer dans chaque sujet.
Finalement, les 100 vidéos que le programme informatique a estimé être les plus similaires au clip que le sujet avait vu, ont été fusionnées pour produire une reconstruction en continu du film original.
Ce sont ces films qui sont présentés ci-dessus. L'expérience est un succès car on aperçoit assez bien les couleurs et les formes, même si le film de l'activité cérébrale manque encore de détails.

mardi 26 juillet 2011

L'OVNI triangulaire était un faux !

La photo de l'OVNI triangulaire photographié en Belgique à Petit-Rechain durant la "vague belge" en 1990 était un faux ! Aujourd'hui Patrick Maréchal a avoué qu'il s'agissait d'un canular !


"C'était un panneau de frigolite" avoue aujourd'hui en souriant Patrick M., l'auteur de la photographie et de la maquette. Agé de 18 ans à l'époque des faits, il avait fabriqué avec quelques amis cette maquette équipée d'ampoules qu'il suspendit à des fils de pêche dans sa cour pour la photographier !

Reconstitution de l'OVNI de Petit-Rechain. Document Patrick M. Droits réservés.
Pendant plus de 20 ans la supercherie a été tenue secrète. Des experts en imagerie de l'Ecole Royale Militaire, de l'Institut Royal du Patrimoine Artistique de Bruxelles, de la société française Fleximage d'Arcueil, de l'Institut d'Optique d'Orsey, ainsi qu'un ancien scientifique de la NASA ont analysé cette photographie pour finalement apprendre qu'ils avaient planché sur une supercherie ! Après tout rien de plus normal puisqu'une photographie ne prouve rien.
Des experts encore sceptiques
Malgré cette déclaration, plusieurs professionnels restent sceptiques. Selon André Meessens, physiciens émérite de l'UCL, qui analysa également la photographie, les explications de Patrick sont en contradiction avec les résultats des analyses et notamment sur la prétendue utilisation de lampes de poches pour simuler l'éclairage de l'OVNI.
Lors de la conférence du 5 mai 1997 de la SOBEPS, A.Meessens au nom des scientifiques présents (et Patrick M. y assistait !) avait même déclaré "qu'une sorte de champ de force entourait l'objet [...] appuyant certaines théories comme les vagues de plasma"...
Il conclut qu'"il est difficile de comprendre pourquoi un faussaire aurait pris la peine d'imaginer et de réaliser un phénomène aussi complexe". Et encore : "le halo de lumière entourant l'objet présente des vortex. La nature du phénomène physique correspondant pourrait, selon certains auteurs, être lié au système de propulsion du véhicule... ". Mais n'est-ce pas ce même expert qui déclara que l'objet avait toute les chances d'avoir une origine extraterrestre....
Quel délire alors que ces "experts" n'avaient pas l'once d'une preuve ! Quel manque de sens critique ! Pas étonnant qu'avec un tel soutien les médias et le public se prennent au jeu...
La mise au point de Patrick M.
Ainsi que Patrick M. le rappelle dans cette interview, puisque sa maquette n'a jamais volé, qu'ont donc vu pendant 12 heures les dizaines de témoins 5 mois plus tôt, le 29 novembre 1989 dans l'Est de la Belgique, et des milliers de personnes dans les mois qui suivirent ? Qu'ont donc enregistré les radars des F-16 et ceux des centres radars de Glons et Semmerzake la nuit du 30 au 31 mars 1990 ?
Les quelques journalistes qui voudraient résumer toute cette vague d'OVNI qui s'étendit de 1989 à 1991 et concerna plus de 5000 témoins à cette seule photo se trompent. Le mystère demeure...


Dans les cartons des associations d'ufologie, il reste toujours quelques pourcents de notifications qui demeurent inexpliquées...
Je remercie Patrick M. de m'avoir permis de publier ses photographies.

jeudi 7 avril 2011

Vague d'OVNI sur la Belgique: 20 ans d'enquête

Le COBEPS organisera un colloque sur le thème "Vague d'OVNI sur la Belgique: 20 ans d'enquête" le samedi 14 mai 2011 au Centre Culturel de Perwez (Brabant Wallon) à partir de 15h00. Pour des raisons pratiques, la réservation est indispensable.
Pour tout renseignement consultez le site du COBEPS.
Photo prise le 31 mars 1990 à 2h20 (peu après le décollage des F-16) dans la région de Wavre :


Photo prise à Petit-Rechain par Patrick M. et traitée en fausses couleurs sur ordinateur :


Pour plus d'information
A propos de la vague belge de 1989-91 et du fameux "triangle" observé par les témoins, consultez le dossier sur le phénomène OVNI.

mercredi 16 mars 2011

Fukushima : la loi des séries

La série noire d'évènements naturels catastrophiques et d'accidents que subit actuellement le Japon depuis le 11 mars 2011 est inédite et invraisemblable.
Il est intéressant de se pencher sur ces relations car elles mettent en évidence la réalité de la "loi des séries" ainsi que l'influence du facteur humain dans une suite de prises de décisions qui ont vraisemblablement participé à alourdir le bilan de ces catastrophes.



Fréquence des séismes et des tsunamis
En soi un séisme de magnitude comprise entre 8.0 et 8.9 se produit une fois par an. En revanche, un séisme de magnitude 9 et supérieure se produit une fois tous les 20 ans.
Il se produit en moyenne 10 tsunamis par an dont 80% se manifestent dans l'Océan Pacifique qui est également la région présentant la plus longue "ligne de feu", de points chauds tectoniques.
Fréquence des accidents dans les centrales nuclaires
Depuis l'invention de l'énergie nucléaire en 1944, pour l'ensemble des centrales nucléaires (440 en 2001), on dénombre environ 60 évènements de Niveau 3 ou supérieur sur l'échelle INES, pour ainsi dire un par an, auxquels il faut ajouter plus de 9000 incidents mineurs (Niveaux 0 à 3) mais non moins préoccupants qui se produisent chaque année.
Pour rappel, il y eut un seul accident de Niveau 7 (Tchernobyl, 1986), 2 accidents de Niveau 6 (Mayak en 1957 et Fukushima en 2011), 4 accidents de Niveau 5 et 5 accidents de Niveau 4.
Effets conjugués
Ce qui est plus étonnant et nous interroge tous, est le fait qu'un violent séisme soit non seulement suivi d'un méga tsunami (cela reste concevable) mais que cela entraîne des accidents en cascade dans 4 réacteurs nucléaires; cela personne ne l'aurait imaginé, pas même dans un film de fiction ! Et pourtant c'est la réalité et elle risque peut-être d'être encore plus effrayante...
Bien que cette combinaison d'évènements paraisse a priori hautement improbable, quelques indices tendent à démontrer qu'elle n'est pas liée au hasard et un calcul de probabilité peut le démontrer.
Peut-on également apporter la preuve que de mauvaises décisions humaines seraient à l'origine de cette "loi des séries" que subit le Japon ? Autrement dit, le hasard ne serait-il finalement qu'un acteur de second-plan dans ce scénario catastrophe et les choix humains au coeur du débat ?
Les catastrophes humanitaires
Un rapport publié le 11 novembre 2010 par la Banque mondiale et l'ONU vient supporter cette hypothèse. Intitulé "Natural hazards, unnatural disasters", Apurva Sanghi, économiste principal à la Banque mondiale et auteur principal du rapport, explique que les catastrophes humanitaires provoquées par les tremblements de terre, les inondations et autres phénomènes naturels pourraient dans certains cas être évitées si les gouvernements collectaient et partageaient les données sur les risques au niveau international.
Pour Apurva Sanghi, si nous pouvions améliorer l’accessibilité des informations sur les dangers potentiels, comme les lignes de faille sismiques, les zones inondables, les conditions météorologiques et le régime climatique, ce serait une “mesure relativement simple et efficace” d’en réduire l’impact.
Cet ouvrage truffé de cas concrets et de leçons à tirer est une mine de renseignements que trop peu de responsables prennent en considération.
La loi des séries
Il est évident que chaque évènement en soi, chaque catastrophe, est un phénomène imprévisible et donc du ressort du hasard.
En revanche, toute la suite des évènements qui suivirent le séisme ne relèvent plus du hasard :
- le tsunami est bien le résultat du déplacement des plaques tectoniques
- la catastrophe humaine est bien le résultat des effets du tsunami dans un lieu surpeuplé
- les accidents dans la centrale nucléaire étaient du domaine du possible.
La seule coïncidence pourrait-on dire est le fait que la centrale ait été construite à cet endroit. Mais justement, ce n'est pas le fait du hasard !
En effet, si la succession des évènements catastrophiques n'était pas programmée, son occurrence n'était pas non plus imprévisible...
Que disent les probabilités ? La loi de Poisson nous est très précieuse. Considérant des évènements rares et indépendants, la probabilité qu'ils se produisent est d’autant plus grande que le temps mort entre les évènements est court.
Cette conclusion contre-intuitive a été vérifiée depuis un siècle de relevés d'accidents et de calculs statistiques.
Cette loi des séries s'applique aux accidents dans les centrales nucléaires comme aux crash d'avions notamment.
Ainsi, il s'avère qu'en moyenne plus de 50% des accidents d'avions surviennent dans les 5 jours qui suivent un premier crash tandis qu'on dénombre moins de 10% de crash après 50 jours. Evidemment, si les évènements sont liés, la probabilité qu'ils se produisent en chaîne sera certaine. C'est la situation qu'a connu le Japon.
Mais ce qu'il faut retenir est que le risque de subir un 2eme accident peut donc être évalué et pondéré en fonction de facteurs supplémentaires (corrélation, présence d'autre risques, etc).
Un risque (mal) calculé
Tous les opérateurs du secteur nucléaire diront toujours après un accident majeur : "nous apprenons de nos expériences", sous-entendant clairement qu'ils ne maîtrisent pas tous les paramètres de leur funeste expérience, notamment les erreurs humaines et les phénomènes naturels imprévisibles ! Oui, il y a de quoi être surpris en entendant ce genre de remarque !
Mais dans ce cas, faut-il prendre le risque de conduire "l'expérience" du nucléaire ? On peut sérieusement se poser la question !
Voilà une expression scandaleuse car les décisions qui se prennent au niveau politique mettent la vie de millions de personnes en jeu sans que nos ministres y opposent la moindre solution alternative alors qu'elles existent et ne présentent pas le moindre risque !
Dans ce cas-ci les autorités ont accepté de prendre le risque, et bien mal leur en prit.
Le Japon, victime de ses choix
Comme c'est toujours le cas - mais souvent non avoué - à propos du nucléaire, le risque potentiel existait bien : bâtir une centrale nucléaire sur une faille sismique face au Pacifique est un risque calculé qu'ont accepté de prendre les autorités japonaises. Ce risque a été sous-estimé.
Si c'est évidemment plus facile à dire après un accident et d'autant plus aisément qu'il est dramatique, le Japon a sciemment choisi l'option économique plutôt que la sécurité de ses centrales nucléaires.
Utiliser une centrale nucléaire durant plus de 40 ans tout en sachant qu'il y avait de nombreux incidents et ne pas les signaler à la population est autre une erreur que les autorités comme l'opérateur portent aujourd'hui à leur charge.
Au bout de 40 ans d'utilisation, sachant pertinemment bien que tous les éléments d'une centrale nucléaire peuvent être remplacés à l'exclusion du coeur c'est faire preuve d'irresponsabilité.
Bref, le Japon a dû faire des choix économiques et stratégiques notamment, et en matière de nucléaire leurs choix furent malheureux.
Dans ce cas ci, on pourrait invoquer le défaut de prévoyance. Avis aux avocats des parties civiles et aux assureurs.
Tirer les leçons du passé
Oui, on tire des leçons du passé, à force d'essais et d'erreurs on s'améliore et en principe on ne commet plus deux fois la même erreur. Encore faut-il avoir un regard critique et pouvoir se remettre en question et notamment de se demander si les modèles ne devraient pas être améliorés et inclure notamment de nouvelles variables, peut-être issues d'autres disciplines.
Cette façon de procéder est le propre de l'étudiant comme du scientifique; c'est la seule façon d'apprendre car personne n'a la science infuse et ainsi va la vie.
C'est valable pour n'importe quel apprentissage, n'importe quel accident et ce jusqu'à l'échelle planétaire. Malgré toute notre sagesse, notre expertise ou notre expérience, nous subissons les crises économiques, les crises financières, les crises sociales, le réchauffement climatique global, la pollution et bien d'autres catastrophes ou maux de civilisations.
A chaque fois les autorités parviennent à nous convaincre que le phénomène est sous contrôle, qu'on ne nous y reprendra plus. Et de fait après avoir pris quelques mesures correctives et patienter un peu - parfois des années - la crise passe et tout le monde redevient optimiste jusqu'à la prochaine vague d'Elliott et autre tsunami au sens propre ou figuré...
Aujourd'hui, nous sommes arrivés à un tournant de l'histoire du nucléaire. Si certains d'entre nous n'avaient pas encore assimilé la leçon de Tchernobyl, ils doivent se dire que ce qui est arrivé à Fukushima peut arriver près de chez nous et doit nous faire réfléchir.
Les autorités ne peuvent plus prendre la population en otage, laisser les lobbies gérer le marché et refuser les référendum sur une question aussi sensible que le nucléaire.
Tous les pays disposant de centrales nucléaires à l'uranium ou au MOX (uranium + plutonium) doivent remettre leur politique énergétique en question et certainement effectuer des "stress-test" plus sévères sur leurs centrales et le cas échéant prendre les mesures de sécurité qui s'imposent.
Suite à ces évènements, comme ce fut le cas aux Etats-Unis après Three Mile Island, la crise financière et la marée noire du Golfe du Mexique, on peut s'attendre à un durcissement des législations et des procédures de contrôles tant nationales qu'européennes et internationales. C'est en bonne voie par la force des choses. Leur mise à exécution pourra cependant prendre du temps (de quelques mois à un an selon le problème à résoudre).
Clairvoyants, la Belgique et l'Allemagne sont même sur le point de quitter le nucléaire (certes, pas avant 10 ou 15 ans). Triste constat qu'il faille attendre un accident majeur pour changer les mentalités et revenir à l'essentiel.
L'effet du hasard
En première approximation, ce qui ressemble à une "loi des séries" et donc à une suite d'évènements enchaînés ne s'écarte pas de la moyenne statistique. Ce qui la rend exceptionnelle (mais non improbable) est le nombre d'évènements catastrophiques survenus sur une courte période de temps : en 4 jours le Japon a connu un violent séisme, un méga tsunami, une catastrophe humanitaire et quatre accidents majeurs dans une centrale nucléaire !

lundi 14 février 2011

Les éclairs filmés au ralenti

Il est rare que l'on présente des vidéos d'éclairs pris au ralenti. Et pour cause, il faut du matériel professionnel à plus de 10000$ (caméras Phantom, Photron, Optronis, ...).
Matthew "Jeff" McHarg de l'USAF a enregistré des éclairs au moyen d'une caméra ultra rapide enregistrant 9000 images/seconde. Voici le résultat d'un enregistrement ralenti 200 fois.


Comment se forment les éclairs ?
Les éclairs sont la manifestation lumineuse qui accompagne une décharge brusque d'électricité atmosphérique. Ces décharges d'électricité jaillissent soit entre un nuage et la terre (catégorie CG), soit entre différentes parties d'un même nuage (catégorie CC ou Crawler), soit enfin entre différents nuages.
Elles trouvent leur origine dans les hautes valeurs locales du champ électrique qui peut atteindre quelques milliers de volts par cm avant la décharge. Les courants de décharge oscillent entre 18 et 31 kA avec des petites variations atteignant 24 kA/ms. Mais ils peuvent atteindre plus de 200 kA pendant quelques microsecondes !
En temps normal l'air constitue un parfait isolant (rappelez-vous les propriétés des capacités); les charges positives et négatives sont dispersées, la différence de potentiel dans un nuage étant très faible.
Les éclairs se manifestent lorsque l'air devient conducteur. Les éclairs sont issus de régions ionisées (nuages ou terre) portées à des différences de potentiel importantes.
Lorsque les électrons chargés négativement dans une région sont fortement attirés par les charges positives présentes dans une autre région (la terre par exemple), la différence de potentiel atteint un tel niveau que des électrons libres s'entrechoquent, provoquant une "avalanche électronique" et créent en quelques nanosecondes un canal ionisé conducteur d'environ 1 m de diamètre au sein du nuage.
Ce canal est constitué d'ions et d'électrons; c'est un plasma conducteur. Près du sol, chargé positivement, les particules étant attirées par leur charge opposée, un canal ionisé s'amorce rejoignant celui formé au sein du nuage. A cet instant l'éclair se manifeste en suivant la trajectoire offrant la moindre résistivité (comme l'eau s'écoulant d'une colline), d'où son parcours en zigzag.


C'est au moment où le canal de retour (d'ordinaire issu du sol) se crée que l'éclair s'illumine et que l'on entend le tonnerre. Dans l'exemple où la foudre va du nuage vers le sol seul le premier éclair de retour présente une structure arborescente tandis que les décharges successives utiliseront toujours le même canal, donnant aux éclairs l'impression de clignoter.
Il peut y avoir jusqu'à 30 décharges de retour venant de la terre en l'espace d'une à deux secondes, donnant l'impression que l'éclair est persistant et très lumineux.
La foudre ne "tombe" donc pas uniquement du ciel mais monte également du sol. En fait lors d'un coup foudre entre un nuage et la terre, le sol étant positif, une première décharge d'électricité se manifeste du nuage vers le sol. Elle se fraye un passage à travers l'atmosphère en se dispersant en plusieurs petits canaux ou fourches en prenant l'aspect d'un escalier.
Lorsque l'une des fourches rejoint un canal issu du sol, le lien s'établit et forme dorénavant le trajet de retour qui permettra à la foudre de décharger des dizaines de milliers d'ampères dans le nuage.
En général le point de rencontre se situe à moins de 100 m au-dessus du sol. Cette première phase exploratoire affichant l'arborescence caractéristique est en général très peu lumineuse car elle ne décharge pas beaucoup de courant dans l'atmosphère. Par contre lorsque la foudre monte vers le nuage, la décharge de courant crée un plasma conducteur qui illumine violemment le canal, c'est l'éclair à proprement dit que vous observez.
Lorsque la foudre est tombée le nuage se recharge de lui-même un certain nombre de fois selon sa maturité et son activité. Certains cellules orageuses peuvent provoquer plus de 100 éclairs par minute tandis que les moins actives émettent un seul éclair durant tout leur cycle de vie, soit en l'espace d'une heure.
L'éclair que l'on aperçoit est accompagné de plusieurs impulsions très intenses d'énergie qui s'étalent au travers du spectre électromagnétique. L'essentiel de cette énergie est constituée d'impulsions continues (CC) qui sont souvent précédées par un rayonnement radioélectrique (RF) qui se manifeste durant les premiers instants de la décharge de l'éclair.
Un bref éclair apparaissant durant 0.25 ms émet un rayonnement radio-fréquence à 1 MHz tout à fait audible sur un récepteur onde-courtes. A mesure que la durée de l'éclair augmente, le signal radioélectrique se décale lentement vers les basses fréquences.
Ainsi une impulsion durant 12 ms par exemple émet un rayonnement RF à 20 kHz. C'est l'énergie contenue dans ce signal radioélectrique qui affecte les appareils électriques sous tension et qui, selon son intensité, impose de mettre en place des mesures de protection. C'est le même type d'impulsion électromagnétique mais amplifié qui est généré par une bombe EMP ou E-bombe.
Pour plus d'information
Vous trouverez d'autres vidéos d'éclairs en slow motion sur YouTube.

mercredi 28 juillet 2010

La Chaîne Astro : des vidéos en ligne

Le blog "La Chaîne Astro" et "La Ferme des Etoiles" proposent quotidiennement des reportages sur l'astronomie. Voici un extrait des dernières vidéos mises en ligne. Amateurs de sciences et de physique ou simples curieux, vous allez vous régaler !
Ce qu'Einstein ne savait pas encore - 1/3
Un documentaire d’Arte en trois parties. 1 - le rêve d'Einstein.
Des premières découvertes d’Einstein aux plus récentes théories sur l’interaction des forces, le physicien et mathématicien Brian Greene présente ici une passionnante adaptation télévisée de son best-seller, "L’univers élégant".
Voir la vidéo (43m21s).
Ce qu'Einstein ne savait pas encore - 2/3
La Théorie Des Cordes - À l’aide d’images de synthèse éblouissantes et d’expériences simples puisées dans notre quotidien, il explique les différentes étapes de la “théorie des cordes” : une approche révolutionnaire qui pourrait expliquer la formation de notre univers. Voir la vidéo (43n26s).
Ce qu'Einstein ne savait pas encore - 3/3
Imaginez que nous soyons capables de contrôler l’espace, de contrôler le temps… Voir la vidéo (43m18s).
Einstein et nous
Le physicien contemporain le plus connu est sans conteste Albert Einstein, père de la théorie de la relativité et de la cosmologie moderne. Même si avec l’avènement de la physique quantique et de la cosmologie, le XXe siècle a foisonné d’idées nouvelles, héritages de Lorentz, Poincaré, Friedmann, Lemaître, Bohr, Heisenberg, Schrödinger… cent ans plus tard, seul Einstein est entré dans la légende. Voir la vidéo (13m48s).
Ceci n'est pas Einstein
La physique tente de comprendre les lois de la nature. Où en sommes-nous ? Comment décrivons-nous le monde ? Comment fonctionne-t-elle ? ''Ceci n'est pas Einstein'' raconte la quête d'un personnage qui cherche à comprendre la réalité en s'appuyant sur la discipline scientifique qui s'y consacre : la physique. Voir la vidéo (2m45s).

mardi 30 mars 2010

Une collision de 7 TeV au CERN

Ce 30 mars 2010, à 13h06 au CERN, des faisceaux de protons sont entrés en collision à une énergie de 7 TeV (énergie incidente totale), donnant ainsi le coup d’envoi au programme de recherche du LHC (Large Hadron Collider) qui avait dû être reporté voici quelques mois suite à des problèmes techniques.
Un petit incident technique s'est encore produit cette fois-ci mais il fut rapidement résolu. Toutefois la vitesse d'impulsion des particules fut deux fois inférieure à leur vitesse nominale.
A présent, des milliers de physiciens des particules dans le monde entier vont analyser les résultats, se préparant à une moisson potentiellement riche de nouvelles découvertes à haute énergie. En effet, le LHC entame sa première longue période d'exploitation à une énergie 3.5 fois supérieure aux énergies atteintes au Fermilab (2 TeV).
Le boson de Higgs
Grâce à ce niveau d'énergie proche des premiers instants qui ont suivi le Big Bang, les physiciens espèrent découvrir la trace du boson de Higgs, cette fameuse particule manquante qui validerait le modèle Standard, la théorie des particules élémentaires.
Le boson de Higgs dont la masse (l'énergie de masse au repos) est d'au moins 115 GeV expliquerait notammment comment les particules acquièrent leur masse et indirectement quelle est la composition de la matière sombre (la masse manquante) constituant l'univers.
Notons que le modèle Standard s'oppose aux théories alternatives comme la théorie M (membranaire), les supercordes et autres univers à 11 dimensions.
Lire également l'article Le LHC a été inauguré au CERN.
Pour plus de détails, consultez le dossier sur La physique quantique.

mardi 7 juillet 2009

Namaqualand, ou quand le désert fleurit

Il existe en Afrique du Sud, au nord-ouest de la province du Cap, à environ 500 km au Nord-Ouest de Cape Town ou 5 heures de route, par 29° Sud, une région appelée le Namaqualand qui s'étend sur la façade Atlantique sur environ 225000 ha.
Cette zone proche des Tropiques est quasi-désertique et constitue l'une des régions les plus arides de l'Afrique du Sud-Ouest.
Or une fois par an, cette région désolée alternant de grandes plaines et des montagnes granitiques subit une métamorphose inattendue.
Entre le mois de juillet et septembre, des milliards de fleurs s'épanouissent, offrant au visiteur des tapis floraux aux palettes de couleurs chatoyantes qui changent de la monotonie qui règne habituellement dans ce désert.
Le spectacle est fascinant et connu de tous les botanistes et de plus en plus de touristes.
Cette région présente l'une des biodiversités florales les plus riches de la planète avec plus de 3000 espèces de plantes endémiques.
Les réserves
Pour préserver cette nature, l'Etat Sud-Africain a d'ailleurs créé trois réserves dans ce territoire :
- Skilpad Wild Flower Reserve qui s'étend sur environ 60000 ha près des montagnes de Kamiesberg Range dont le pic de Rooiberg culmine à 1700 m,
- Goegap Nature Reserve située à 15 km de Springbok qui s'étend sur 15000 ha. Elle abrite le jardin d'Hester Malan Wild Flower Garden où sont rassemblées des plantes succulentes et des rocailles. On y trouve notamment les lithops ou "fleurs-cailloux" qui ressemblent à s'y méprendre à des pierres avant de fleurir. Cette réserve abrite également 45 espèces de mammifères, près de 100 espèces d'oiseaux et environ 600 espèces de fleurs.
- Richtersveld National Park classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il couvre 160000 ha près de la frontière avec la Namibie, dans la région la plus aride du pays. Ce parc rassemble près de 30% de toutes les espèces de plantes succulentes d'Afrique du Sud (et forcément celles que vous pourriez acheter chez votre fleuriste).

*

Par quelle magie ce désert fleurit-il ? En fait, en ce lieu unique au monde survivent des plantes qui se sont adaptées aux conditions désertiques il y a 50 millions d'années.
Pour éviter de brûler sous l'ardeur des rayons du Soleil estival, les graines gorgées d'eau après la saison des pluies (juin-août avec un pic de précipitations en juin) germent dès le printemps austral sous un climat moins rude et tapissent le désert dans une explosion de mille couleurs.
Visiter le Namaqualand
Le Namaqualand bénéficie d'un climat aride mais son exposition maritime apporte des pluies en hiver (entre juin et août) dont la quantité est relativement faible (entre 4 et 25 mm ou litres/m2 par mois, contre 60 à 120 mm par mois en Europe).
Non seulement il pleut dans cette région mais il peut même y avoir des orages dans la région de Springbok.
Ce paysage est un spectacle à voir absolument mais qui ne dure que quelques semaines chaque année.
L'explosion des fleurs se produit en général entre mi-août et fin septembre mais tout dépend des pluies. 
Entre août et septembre, les précipitations moyennes sont respectivement de 23 mm et 16 mm ou litres/m2 par mois. 
Certains touristes ont visité la région fin août sans observer le tapis floral et leur frustration fut à la hauteur de leurs espérances. 
Il faut également savoir que beaucoup de fleurs s'ouvrent quand il y a du Soleil mais restent fermées quand le ciel est couvert. 
L'idéal est de consulter la météo de Springbok ou d'une ville proche et de téléphoner à plusieurs gîtes et hôtels B&B de la région en leur demander quand le désert fleurit ou s'il est sur le point de l'être et de partir dans la semaine.


Comme tout phénomène naturel, prévoir un tel événement est aussi difficile que prévoir les grandes migrations des mammifères. Aussi, à défaut de pouvoir vous y rendre sur le champ, disons que vous avez certainement plus de chances de voir cette explosion florale si vous planifiez ce voyage début septembre.
Attendez-vous à une température moyenne de 18°C avec un maximum pouvant dépasser 32°C et comptez sur la chance.

*
Enfin, si vous séjournez dans la région et aimez l'astronomie, profitez-en pour aller observer et photographier le ciel à 800 km plus au nord, dans la "Réserve de Ciel Nocturne "de NamibRand en Namibie, un sanctuaire pour les astronomes.
Vols aériens
Pour se rendre en Afrique du Sud, les destinations les plus fréquentes sont Cape Town sur la côte Atlantique qui est aussi la plus proche du Namaqualand et Durban sur la côte de l'Océan Indien.
Pour l'Afrique du Sud, au départ d'Amsterdam, Bruxelles, Francfort, Luxembourg ou Paris, la plupart des compagnies aériennes proposent des vols Cape Town ou Durban.
Selon les compagnies, il y a 1 esclade à Istanbul ou Dubaï et plus souvent même 2 escales. Le vol dure généralement 18 heures à l'aller et 19 heures au retour car le temps d'attente peut dépasser 9 heures à l'escale !
On peut également envisager un vol vers Windhoek en Namibie. Avec Air Namibia, au départ de Bruxelles avec une escale de 2 heures à Francfort, le vol dure 13.5 heures. On trouve des vols au départ de Paris mais ils durent entre 19-23 heures.
Les vols les plus "courts" sont ceux du weekend car en semaine les vols durent entre 20-24 heures en raison des longues escales. Oubliez également les petits aéroports régionaux car ils n'ont pas de correspondance dans l'heure et le vol peut durer... entre 30 et 44 heures si vous voulez être déposé près de chez vous.
En 2016, les billets d'avions A-R vers Cape Town au départ de Bruxelles sont proposés à partir de 620 € (2 escales) ou 830 € (1 escale) par personne et à partir de 998 € vers Winhoek avec 1 escale. Il y a des vols Paris-Winhoeck à partir de 968 € par personne.
Pour plus d'informations
Namaqua National Park : Tel. +0027 (0) 27 672 1948
South Africa Tourism : Tel. +0027 83 123 6789
Opodo (billet d'avion)
Météo à Springbok, Afrique du Sud.
Google Map
Hôtels et Cottage au Namaqualand (LekkeSlaap)
Langebaan Lagoon (Logements près de Postberg Nature Park, à 130 km au nord de Cape Town)
Namaqualand fin août 2013 (blog Mostly Birding)
The blooming spectacular Namaqualand wild flowers, Travel Ground.