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jeudi 6 février 2014

Fireball XL5 de Gerry Anderson

Les lecteurs nés vers 1960 et les plus âgés se rappellent peut-être d'une série TV destinée aux enfants intitulée "Fireball XL5". L'ayant récemment retrouvée sous forme vidéo en naviguant sur le web et étant donné qu'il y a peu de littérature en français sur le sujet, voici ma participation à sa documentation.



Scénario
"Fireball XL5" était une série de science-fiction réalisée par Gerry Anderson avec des maquettes et des marionnettes animées électroniquement. Sa femme Sylvia Anderson participa aux dialogues.
Notez l'absence de
combinaison spatiale !
Le scénario de "Fireball XL5" raconte les aventures interplanétaires de l'équipage du vaisseau spatial Fireball XL5 patrouillant dans le Secteur 25 de la Galaxie en 2062 et 2063. Leur QG se situe à Space City d'où décolle la fusée XL5.
L'équipage visite pas moins de 22 planètes (Amazonia, Conva, Granatoid, Magneton, Planet 46, etc) parfois colonisées ou inhabitables, hostiles, chaudes, glacées, transformées en prison, riches en minerais ou abritant une faune ou une flore extraterrestre.
L'équipage se compose du Colonel Steve Zodiac de la Patrouille Spatiale Mondiale; de la jolie Docteur Vénus, spécialisée en médecine spatiale; d'un navigateur et ingénieur d'âge moyen, le professeur Matthew "Matt" Matic a l'accent prononcé et du copilote Robert le robot, anthropomorphique et transparent.
Le Commandant Wilbur Zéro (Général dans la version française) apparaît dans certains épisodes ainsi que Jock Campbell (Jacques), un Ecossais chef ingénieur de la cité spatiale.
La Dr. Vénus est parfois accompagnée d'un lazoon, un animal semi-télépatique baptisé Zoonie (Zazou en français) qui s'empêtre partout et énerve le supérieur du Colonel Zodiac...
D'autres personnages apparaîtront par la suite comme le Capitaine Dix, le Lieutenant Ninety, le Fuel controller Lane, l'opérateur radio Shute, Eleanor Zéro (la femme du Commandant), son fils Jonathan Zéro qui profita de la fusée XL5 pour son voyage de noce (album de 1964), sans oublier quelques vilains.
Robert est le seul personnage des séries d'Anderson auquel Gerry a prêté sa propre voix, il est vrai modifiée grâce à un larynx artificiel (le même qu'on utilise en médecine).
Bien entendu tous ces héros sont célibataires mais pas pour autant disponibles. Ainsi, on remarque de temps en temps que la Dr. Vénus drague le Colonel Zodiac mais celui-ci n'y voit que du feu.
De son côté, le professeur Matic passe son temps à fabriquer des gadgets en frappant du métal avec un petit marteau et le Robert le robot clame régulièrement "On our way home" (sur le chemin du retour) !
Tournage et production
La série "Fireball XL5" comprenait 39 épisodes d'environ 25 minutes filmés en noir et blanc sur une pellicule de 35 mm avec une seule caméra et en son mono.
Le projet nécessita la collaboration de 16 personnes. Reg Hill était producteur associé et cinq personnes assuraient la direction de la production : Gerry Anderson, Alan Pattillo, David Elliott, Bill Harris et John Kelly.
La supervision fut assurée par David Elliott. La direction de la photographie fut prise en charge par John Read et Ian Struthers, la direction artistique par Bob Bell.
Les effets spéciaux furent réglés par Derek Meddings qui réalisa également certains dessins du synoptique, le décor musical fut composé, arrangé et dirigé par Barry Gray, le thème musical (titre) fut arrangé par Charles Blackwell.
Les voix furent assurées par Paul Maxwell, Sylvia Anderson, David Graham (qui dessina également quelques bandes dessinées), John Bluthal et Gerry Anderson.
Les animations furent réglées par le procédé Supermarionation inventé par Anderson et Provis (voir plus bas) et le décor sonore comme les prises de vue furent soignés jusqu'à chaque plan.
Vu l'intérêt d'Anderson pour la science-fiction, le titre originel de la série était "Century 21". Estimant qu'il ne sonnait pas bien commercialement, il fut changé en "Nova X 100" en préproduction. Comme cela ne convenait toujours pas, inspiré par la marque "Castrol XL", Anderson décida de l'appeler "Fireball XL". Mais de nouveau, le titre n'était pas assez convaincant à l'écran si bien qu'on lui ajouta "-5" qui devint finalement "Fireball XL5" lorsqu'il passa en production.
Le tournage commença en avril 1962. En parallèle, Anderson et son équipe préparèrent les bandes dessinées, le merchandising et Anderson essaya de vendre sa série à l'étranger.
Sur le plan financier, sachant que trois ans auparavant, Twizzle (voir plus bas) coûta 27000£ et utilisa peu d'effets spéciaux, on peut estimer que le budget de "Fireball XL5" s'éleva à plus de 40000£ soit plus de 120000€ actualisés. Pour information, à l'époque le salaire moyen d'un homme était de 200£ par an.
Distribution
La série "Fireball XL5" fut produite en association avec la chaîne britannique ATV et distribuée par ITC Entertainment (qui cessa ses activités en 1998 après le décès de son fondateur, Lew Grade).
Le premier épisode "Planet 46" fut diffusé sur ATV le 28 octobre 1962. La série sera diffusée durant 39 semaines. Le dernier épisode "Space Magnet" sera diffusé le 27 octobre 1963.
La série traversa difficilement l'Atlantique où elle ne fut diffusée aux Etats-Unis que sur une seule chaîne, NBC, entre 1963 et 1965, qui ne s'attendait pas à un tel succès. Elle fut ensuite adaptée en espagnol et en français.
Gerry Anderson tira également profit du merchandising. "Fireball XL5" sera proposée sous forme de jouets dont le "Space City Set", de poupées, de cahiers à colorier, de découpages et même d'un jeu (Fireball XL5 Space Race) proposé à l'occasion des fêtes.

La boîte de jouets “Fireball XL5 Space City Set” comprenant une fusée XL5 de 21", 
les fusées portatives, les jetmobiles et les figurines de Steve et ses amis. Aujourd'hui, 
selon sa qualité ce collector se négocie entre 200$ et 800$, certains
proposant même plus de 2000$ pour un kit complet.
A l'époque des dizaines de magazines présentaient les séries TV sous forme de bandes dessinées ou "Comic strips". Anderson profita de ce canal de distribution, vendant des licences à différents éditeurs.
Etant une adaptation de la série TV, le récit des bandes dessinées fut écrit par le scénariste Alan Fennell et les panneaux furent dessinés par Neville Main, puis Graham Coton et Mike Noble (qu'on retrouvera dans les bandes dessinées de Star Trek).


Pour la première édition, les planches ayant dû être déposées chez l'éditeur avant le tournage du premier film, la première BD fait encore référence à la fusée "C-21", certains détails des appareils sont approximatifs et les couleurs des costumes sont basées sur les concepts de préproduction. Ils seront conformes à la série TV dans les publications suivantes.

Ci-dessus, le dessin de préproduction de la fusée "C-21" proposé par Derek Meddings
en 1962 et la version finalement acceptée "XL5"

"Fireball XL5" sera proposée sous la forme d'une bande dessinée de 4 pages publiée chaque semaine dans le magazine "TV Comic" en commençant par le N°565 du 13 octobre 1962, jusqu'en 1964. 
Elle sera ensuite publiée dans le magazine "TV21" (anciennement "TV Century 21") entre 1965 et 1967. Il y eu une dernière publication dans le magazine "Countdown" en 1971.
Quatre albums annuels (les "annuals") de 92 pages comprenant 4 bandes dessinées en couleurs, 7 histoires sous forme de textes et 6 ou 7 jeux et puzzles seront également publiés entre 1962 et 1966 plus un album publié par TV21 en 1966 comprenant un écorché de la fusée en double page.


Les scénarii comme les textes de ces cinq albums ne respectent pas exactement la séries TV mais l'esprit y est. Seuls les textes de l'album de 1964 ont été écrits par Alan Fennel, tous les autres furent écrits et dessinés par de nouveaux talents.
Parmi ces dessinateurs il y eut Eric Eden, Eddie Paul, Gerry Embleto, Gerry Wood, B.Walduck, R.Hamilton, T.Hurst et H.Turner.


En 1963, le thème du générique "Fireball" (dont voici les paroles et la version longue) chanté par Don Spencer fit l'objet d'un single qui resta 12 semaines dans les charts anglais, atteignant la 32eme place.
La série TV sera diffusée sur certaines chaînes francophones sous le titre "Fusée XL5", de mémoire vers 1966, à confirmer.
En tous cas je me rappelle que je la suivais assidûment étant petit, me rappelant très bien du titre "XL5". J'étais frappé par l'effet de ralenti que donnaient les évolutions dans le vide et par la texture des paysages planétaires....
Etant donné que c'est l'un des premiers souvenirs que j'ai de l'astronautique et de l'astronomie, il est probable que cette série a contribué à ma passion pour ces disciplines. Cela valait donc la peine que je la retrouve !
Vu les difficultés que j'ai eu pour l'identifier avec mes souvenirs, je peux imaginer que d'autres amateurs prendront également plaisir à la revoir et de connaître l'histoire derrière la série.
Voici donc un échantillon de "Fireball XL5" pour les fans de Gerry Anderson et les nostalgiques des sixtees suivi d'une biographie de Gerry Anderson, probablement l'une des rares rédigées en français.



Biographie
Gerry Anderson est né le 14 avril 1929 au Royaume-Uni. Il travailla comme photographe puis dans un studio de cinéma. Durant la Seconde guerre mondiale, il travailla comme opérateur radio dans la RAF. Après la guerre, il entra aux Pinewood Studios. C'est à cette époque qu'il rencontra Lynda, sa première épouse. Ils auront deux enfants.
En 1955, il entra chez Polytechnic Films, une petite maison de production qui proposait des programmes pour la télévision. C'est à cette occasion qu'il fit la connaissance du caméraman Arthur Provis. La maison de production tomba rapidement en faillite.
Gerry Anderson et Arthur Provis décidèrent alors de fonder leur propre entreprise, Pentagon Films. Ils engagèrent trois anciens employés de Polytechnic Films dont une secrétaire nommée Sylvia que Gerry épousera un peu plus tard.
Mais après avoir réalisé quelques publicités, leur société fit également faillite. Anderson et Provis fondèrent alors AP Films, alias APF. Ils louèrent un manoir edwardien à Maidenhead, dans le Berkshire, à quelques kilomètres de la Tamise, connu sous le nom d'Islet Park.
Ils installèrent un téléphone en espérant recevoir rapidement leur première commande. Ils attendirent ainsi pendant 6 mois.
Pratiquement à court d'argent, ils reçurent un appel de Roberta Leigh, une auteur qui écrivait des romans pour les enfants et de sa collègue Suzanne Warner qui travaillait pour la chaîne Associated Rediffusion Television Company. Leigh cherchait une maison de production pour son personnage "Twizzle" qu'il fallait animer; c'était une marionnette.


Ce n'était pas la première expérience d'Anderson et Provis avec des marionnettes. Quand ils travaillaient pour Pentagon Films, ils avaient eu l'occasion de réaliser une courte publicité pour Kellogg's Corn Flakes, toujours très proche des enfants,  avec un petit personnage baptisé Noddy, qui était apparu à la télévision dans la série Noddy en 1955 (Noddy, personnage créé par Enid Blyton en 1949 est très connu des enfants Anglo-Saxons qui suivent encore ses aventures aujourd'hui).
Bien qu'Anderson et Provis étaient plutôt prêts à réaliser "Les Dix Commandements" et bien que le budget n'était pas élevé, 450£ par épisode, environ 1300€ actualisés, l'idée de la marionnette leur plut et ils signèrent le contrat.
Pour éviter que le personnage ne paraisse grotesque à la télévision, ils développèrent de nouvelles techniques de film (zoom, close-up, travelling, contrechamp, effets spéciaux) et de postproduction, quitte à couper des plans ou effectuer des truquages.
"The Adventures of Twizzle" fut diffusée le 13 novembre 1957 à 16h30. La série reçut une bonne critique. AP Films recevra une nouvelle commande pour 26 épisodes d'une nouvelle série basée sur une fiction écrite par Leigh baptisée "Torchy the Battery Boy". Cette fois ils disposaient d'un budget de 27000£.
Ils recevront ensuite la commande de la série "Space Patrol" puis d'une troisième série intitulée "Four Feather Falls" en 1960 comprenant 39 épisodes de 13 minutes.
Supermarionation
C'est pour la série 'Four Feather Falls" en particulier qu'Anderson et Provis inventèrent le procédé qui sera plus tard baptisé "Supermarionation". Ils ajoutèrent aux marionnettes mécaniques des systèmes électroniques afin d'obtenir une synchronisation aussi précise que possible, notamment entre les mouvements de la bouche des marionnettes et la parole ainsi qu'entre les déplacements des objets et le déclenchement des effets spéciaux (éboulements, explosions, effets lumineux, etc). Selon Anderson, cette technique fonctionnait dans 90% des cas.
Complété par de nouveaux effets spéciaux et pyrotechniques, le procédé Supermarionation assoira définitivement la réputation du studio d'Anderson et Provis qui deviendra une référence pour tous les amateurs, et professionnels, d'effets spéciaux.

Version colorisée en 1994 par Colour Systems Technologies

L'épisode pilote fut proposé à Granada Television qui commanda 39 épisodes. Entre-temps, le manoir devint trop étroit pour leurs ambitions et AP Films déménagea dans une ancienne ferme à Ipswich Road.
Granada ne financera pas d'autres séries, ce qui déçut fortement Anderson. Néanmoins il avait déjà préparé une autre série, "Supercar".
Cette nouvelle série fut diffusée sur le petit écran en 1961 sur le réseau de la chaîne anglaise ATV puis vendue à 107 chaînes américaines, devenant le programme le plus regardé par les enfants.
Notons que l'épisode "Rescue" fait référence à la conquête spatiale. En 3 ans, cette série et le merchandising qui l'accompagna rapportèrent 750000£ soit 2.1 millions d'euros actualisés.
Fort de ce succès, en suivant l'actualité et notamment la compétition entre Russes et Américains pour la conquête de l'espace et le discours du président John F. Kennedy de 1961 déclarant qu'il voulait "envoyer des hommes sur la Lune et les ramener sain et sauf dans moins d'une décennie", Anderson profita de l'opportunité pour se tourner vers la science-fiction.
En 1962, il proposa la série "Fireball XL5" et enchaîna ensuite les séries de science-fiction, mais cette fois en couleurs, chaque nouvelle série apportant des améliorations sur les plans de l'animation et de l'image.
AP Films qui sera renommée Century 21 Production en 1965 créa ainsi "Thunderbirds" (1963) qui apporta à Anderson une renommée internationale, puis "Stingray" (1964), "Captain Scarlet and the Mysterons" (1967), "Joe 90" (1968) et "The Secret Service" (1969).
Ensuite Gerry Anderson réalisa des séries de fiction avec des personnages réels comme "UFO, alerte dans l'espace" (1970), "The Protectors" (1972), "Space 1999" alias "Cosmos 1999" (1975), "Terrahawks" (1983), "Dick Spanner, P.I." (1987), "Space Precinct" (1994), "Lavender Castle" (1999)", le dessin animé japonais "Firestorm" (2003) et "Gerry Anderson New Captain Scarlet" (2005).
Cette dernière série a coûté 23 000 000£. Selon la BBC, c'est le programme pour enfant le plus cher de la télévision britannique.
Gerry Anderson réalisa également 4 longs métrages : "Crossroads to Crime" (1960), "Thunderbirds Are Go" (1966), "Thunderbird 6" (1968) et "Doppelgänger" (1969) mieux connu sous le titre anglais "Journey to the Far Side of the Sun".
Plus récemment, des amateurs ont créé à petite échelle des versions numériques de certaines séquences de Fireball XL5 et Thunderbirds en images de synthèse 3D.
En 2004, Jonathan Frakes réalisa le film "Thunderbirds" (Les sentinelles de l'air) inspirée de la série TV pour Universal Pictures. En résumé, c'est une mauvaise série B qui n'atteint même pas la moyenne.
Dans une interview accordée à la BBC, Gerry Anderson déclara en 2004, que quatre semaines avant la première du film, Universal Pictures lui proposa 750000$ pour de la consultance mais il refusa, jugeant que son rapport ne serait pas favorable.
Et de fait, quand il visionna le DVD qu'un ami lui prêta, il fut déçu par sa qualité et le manque de respect du producteur comme du réalisateur pour tout le travail que son équipe et lui avaient accompli pour réaliser la version originale en Supermarionation. Son opinion négatif fut partagé par d'autres fans (Cf. IMDb).
Gerry Anderson nous quitta le 26 décembre 2012. Il avait 83 ans.
Et dire que Gerry déclara un jour "je n'aime pas travailler avec des marionnettes, le plus difficile". Il avait bien du talent !
Les techniques cinématographiques qu'il inventa avec son équipe influenceront beaucoup de cinéastes et de réalisateurs, des producteurs de Star Trek à Stanley Kubrik et George Lucas. Gerry Anderson passa en quelques années du statut de bricoleur de génie à celui de légende du 7eme art.
Pour conclure, voici deux reportages sur l'oeuvre de Gerry Anderson :


*


Pour plus d'informations
Il existe sur YouTube et Dailymotion quelques versions françaises des séries de Gerry Anderson.
La série "Fireball LX5" est disponible en ligne sur TV.com mais uniquement aux Etats-Unis.
Les séries et les films sont disponibles en DVD.
Garry Anderson, sa biographie rédigée en anglais
Fireball XL5 sur Wikipedia UK
TV Comic pour les bandes dessinées
ATV
Le blog Studio 77 dont plusieurs articles présentent des planches des bandes dessinées
Le site de Robin Day consacré à Fireball XL5 (images 3D, albums, etc).

jeudi 19 septembre 2013

Regards sur le passé de nos villes

Quand on se projette dans l'avenir et qu'on essaye d'imaginer l'architecture de nos villes dans 50 ou 100 ans, on pense a priori que notre environnement sera méconnaissable, ultra moderne, futuriste par nature. Certains imaginent que nous aurons tous un moyen de transport volant individuel, que nos maisons seront intelligentes, faites d'une matière révolutionnaire ou que nos routes ressembleront à des astroports... Loin de vous cette idée !
Les vidéos suivantes nous montrent Paris, Bruxelles, San Francisco et New York il y a 50 ans et même 100 ans.
C'est étonnant. Mis à part le modernisme qui a transformé la terre battue en macadam et remplacé les calèches par des voitures, les lieux nous semblent familiers comme cela avait été filmé il y a peu de temps.
Si les buildings culminent toujours plus haut avec le temps, s'il y a localement plus d'espaces verts, les principales infrastructures publiques sont toujours en place, même si leur destination a parfois changé.
A San Francisco par exemple les trolleys et les vélos circulent toujours et comme dans toutes les villes, cent ans plus tard les piétons comme les automobilistes sont toujours indisciplinés.
On constate en revanche que les piétons ne sont plus étonnés d'être filmés et sont un peu plus pressés de nos jours. Circulation oblige, les piétons ne déambulent plus au milieu de la route et la sécurité (routière ainsi que des ouvriers) ainsi que la mode ont fait du chemin...

Paris à la Belle Epoque, 1920-1925 :

Immergés dans le présent nous ne ressentons pas combien le temps fuit et nous échappe. Mais quand nous jetons un regard par dessus notre épaule, c'est alors qu'on constate tout le chemin parcouru. Cette plongée en abîme dans notre passé nous fait prendre conscience du temps qui passe et donne le vertige. C'est une sensation étrange de vivre dans le futur d'autrui.

La 5eme avenue à Manhattan dans les années 1920 :

New York en 1962 :

Consultez également les séries Photos, films anciens et Old Brussels sur YouTube.
Voir enfin le blog de Sofei Vandenaemet.

lundi 8 octobre 2012

Le Jour de Christophe Colomb

Ce 8 octobre 2012 nous célébrons le "Jour de Christophe Colomb" ou "Columbus Day" aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Espagne en commémoration de la date d'arrivée de Christophe Colomb (Cristóbal Colón) dans le Nouveau Monde en 1492.
Mais me direz-vous, ce continent porte aujourd'hui le nom d'Amérique en hommage à... Amerigo Vespucci. Quel navigateur a donc réellement découvert ce continent ?
Les voyages de Christophe Colomb
En 1486, après avoir consulté les dernières cartes du monde, Christophe Colomb envisagea la possibilité d'atteindre les Indes en naviguant vers l'Ouest.
Après avoir essuyé deux refus de mission, le premier par les experts du roi Dom João II du Portugal, l'autre par la reine Isabelle de Castille, en 1491 il resoumit son projet à la reine d'Espagne qui voit dans ce vopyage l'opportunité de retombées économiques.
Le 3 août 1492 Christophe Colomb affreta deux caravelles et une nef à destination des Indes et part pour haute-mer.
Le 12 octobre 1492 Christophe Colomb découvrit San Salvador (Guanahami) puis Cuba, La Dominique, la Martinique, la Guadeloupe et Montserrat, bref les Antilles. Mais il était persuadé d'être en Asie, relevés géographiques à l'appui.

La carte du monde dressée en 1492 par le cartographe allemand Martin Behaim (Martinus de Bohemia).
Si Colomb a pu la consulter, il n'en tira pas toutes les conséquences.

Au cours du 2eme voyage (1493-1496) il découvrit Saint-Barthémely, Porto-Rico et la Jamaïque.
Ne parvenant pas à découvrir la côte des Indes, à partir de 1498 et de son 3eme voyage, Christophe Colomb décida de naviguer plus au sud des Caraïbes. Il finit par découvrir le continent à hauteur du Vénézuela (signifiant "Petite Venise" que Colomb appela "Terra de Gracia") et explora l'embouchure de l'Orénoque.


Devant la quantité d'eau douce que charria le fleuve, il pensa que c'était la côte Ouest d'un continent mais ne le revendiqua pas, plus préoccupé par les affaires de la colonie d'Hispaniola. Il renonça à explorer cette nouvelle terre qui ne sera colonisée qu'en 1522.
Lors de son 4eme voyage il explora de nouveau la région des Antilles et longea cette fois l'Amérique centrale. Mais dans son esprit il naviguait quelque part au large de l'isthme de Malaisie.
Christophe Colomb ne voulut jamais admettre avoir découvert le Nouveau Monde car jusqu'à la fin de sa vie il fut persuadé d'avoir navigué autour de quelques îles au large des Indes. Il mourut en 1506 à Valladolid, riche, mais sans titre et dans l'oubli.
Les découvertes d'Amerigo Vespucci
Entre le 18 mai 1487 et le 5 octobre 1498 le navigateur florentin Amerigo Vespucci avait affirmé avoir touché la terre ferme par 16°N et 90°O (à Bélize ou au Honduras). Outre les îles des Caraïbes, il avait également découvert le Brésil et était descendu jusqu'à la latitude de la Patagonie. En 1503, il fit état de ce Nouveau Monde qu'il appela "Mundus Novus".
En 1507, l'éditeur lorrain Gauthier Lud décida de rééditer les huit livres constituant la "Cosmographia" de Ptolémée reprenant toutes les cartes du monde connu jusqu'à alors. La dernière édition remontait à 1492 et fut l'oeuvre du cartographe Martin Behaim. Pour remettre les cartes à jour, Lud fit appel à un jeune géographe allemand nommé Martin Waldseemüller.
Etant donné que Colomb n'avait pas revendiqué la découverte d'un nouveau continent - il parlait uniquement d'îles - on se souvint de la découverte d'Amerigo Vespucci. Les nouvelles terres formaient effectivement un nouveau continent bien distinct de l'Asie. Cherchant un nom phonétiquement fort pour baptiser le nouveau continent, Waldseemüller décida de l'appeler "America" en hommage à son inventeur Amerigo (latinisé en Americus Vespucius).

La carte du monde dressée par Martin Waldseemüller en 1507.
C'est la première mappemonde sur laquelle apparaît le nom "America".

Waldseemüller ajouta une note personnelle à propos des nouvelles terres, "que l'on pourrait appeler désormais terres d'Americus ou America, puisque c'est Americus qui l'a découverte".
Et c'est ainsi que le 25 avril 1507 fut baptisé le Nouveau Monde. Un atlas de 54 pages signé Vespucci fut publié reprenant les nouvelles cartes et le compte-rendu des quatre voyages du navigateur. Aucune allusion n'était faite aux voyages de Colomb.
En l'espace de quelques années les Espagnols et les Portugais utilisèrent le nom d'Amérique pour situer le Brésil, l'Argentine, le Chili, etc, puis finalement tout le Nouveau Monde sera appelé "l'Amérique" ou plus exactement "les Amériques" parlant du continent.
Pour plus d'information consultez l'article Le Traité de Tordesillas sur mon site Luxorion.

mardi 18 septembre 2012

Un papyrus évoque la femme de Jésus

Au cours d’un congrès international sur les études coptes qui s'est tenu à  Rome le 18 septembre 2012, l'historienne américaine Karen King, professeur à la Harvard Divinity School a fait sensation en dévoilant un ancien manuscrit faisant mention de « la femme de Jésus ».


Ce fragment de papyrus écrit en copte a été amené à Karen King par un collectionneur anonyme en décembre 2011. Ce document remonte au IVeme siècle de notre ère et mesure 3.8x7.6 cm. King pense qu'il s'agit d'une copie d'un Еvangile, probablement écrit en grec au IIeme siècle. Ce fragment contient ces commentaires :

        Pas pour moi. Ma mère me l’a donné vie…
        Les disciples dirent à Jésus,…
        …nier, Marie est digne de cela…
        …Jésus leur dit : ma femme…
        Laissez les gens méchants enfler…
        Quant à moi, j’ habite avec elle, afin de…
        …une image…

Bien sûr le sens de ce fragment doit être remis dans son contexte et ne prouve certainement pas que Jésus était marié, mais il sous-entend que Marie était sa femme. Il laisse entendre que la question se posait à l'époque, alors que "la tradition chrétienne a considéré comme acquis le fait que Jésus n’était pas marié", précise King.
Or, nous savons par l'Evangile de Philippe (55) que "La compagne du Fils est Myriam de Magdala. L’Enseignant aimait Myriam plus que tous les disciples, il l’embrassait souvent sur la bouche..."
Certes, un baisé ne prouve pas non plus que deux personnes vivent ensemble mais il témoigne d'une amitié pour le moins intime.
Même si les Evangiles n'en parlent pas, à l'époque il est vraisemblable qu'un homme de 30 ans soit marié. En revanche, d'un point de vue théologique, il n'est pas concevable que la Parole de Dieu s'incarne dans un être humain ordinaire, un Jésus homme, le Fils de Dieu avec sa fonction de Christ perdant alors tout son sens messianique. Seuls les adeptes d'une doctrine d'un dieu unique "super homme" pouvaient entretenir cette croyance.
King de poursuivre, "Dès le début même du christianisme, les chrétiens se sont opposés sur le fait de savoir s’il était préférable ou non de ne pas être marié, mais ce n’est que plus d’un siècle plus tard, bien après la mort de Jésus, qu’ils commencent à se référer à la position maritale de Jésus pour soutenir leur position."
Selon Olivier-Thomas Venard, professeur à l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem, cette affirmation doit être nuancée car "l’authenticité du manuscrit pose encore plusieurs questions. Surtout, on ne connaît pas sa provenance, ce qui rend toute interprétation historique difficile."
Si ce document est authentique et si Rome accepte de revoir sa doctrine, cela remettrait en question le rôle de la femme dans l'Eglise. Mais il faudrait un miracle pour cela !

samedi 25 août 2012

Neil Armstrong nous a quitté (1930-2012)

L'astronaute américain Neil Armstrong, premier homme à avoir marché sur la Lune le 21 juillet 1969 est décédé le 25 août 2012 à l'âge de 82 ans. L'astronaute est mort de complications après une opération cardiovasculaire, a annoncé samedi sa famille qui a salué "un héros américain contre son gré [qui a] servi sa nation avec fierté, comme pilote de la marine, pilote d'essai, puis astronaute".
Neil Armstrong et son co-équipier Buzz Aldrin avaient posé le LEM sur la Lune le 20 juillet 1969 à 21h17 heure de Paris avant d'effectuer leur sortie historique quelques heures plus tard, tandis que le troisième membre de l'équipage Michael Collins était resté dans le module de commande en orbite autour de la Lune, attendant leur retour.
"A tous ceux qui pourraient se demander comment lui rendre hommage, nous avons une simple requête. Honorez son exemple de service, de réussite et de modestie et la prochaine fois que vous marchez un soir de nuit claire et que vous voyez la Lune, souriez en vous-même, pensez à Neil Armstrong et faites-lui un clin d'oeil", a suggéré sa famille.
Le président Barack Obama s'est dit "profondément attristé" et a salué la mémoire de l'astronaute : "Neil était parmi les plus grands héros américains, pas seulement de l'époque actuelle, mais de tous les temps".
Toute la planète avait vibré avec Neil Armstrong lorsqu'en foulant le sol lunaire il déclara : "C'est un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'humanité". Il avait 38 ans.
En 2011, lors d'un entretien réalisé en Australie, Neil Armstrong avait expliqué qu'il connaissait bien les risques de sa mission : "Je pensais que nous avions 90% de chances de retourner sains et saufs sur Terre à l'issue de ce vol mais seulement 50% de chances de nous poser (sur la Lune) lors de cette première tentative". Il parlait sérieusement car quelques mois avant la mission Apollo 11 il dut s'éjecter d'urgence d'un prototype du LEM devenu instable !...
Héros malgré lui
Cet homme modeste, excessivement calme et tenace était devenu malgré lui le héros d'une nation et de la planète toute entière. Armstrong aimait les défis et a toujours pris des risques calculés mais la carrière d'astronaute et la célébrité ne l'intéressaient pas.
Armstrong quitta la NASA en 1971, fuya les interviews et devint professeur au département de génie aérospatial de l'université de Cincinnati jusqu'en 1979.
Il entra ensuite dans le secteur privé et fut le porte-parole de plusieurs entreprises avant de se retirer dans une ferme du nord de l'Ohio.
Armstrong n'a jamais réellement compris l'engouement suscité par son personnage. "J'imagine que nous aimons tous être reconnu non pas pour un seul coup d'éclat mais pour l'ensemble de notre travail quotidien", déclarait-il en 2005 dans l'émission "60 minutes" sur CBS.
Ayant appris que certaines personnes revendaient fort cher sa signature, en 2009 il avait annoncé qu'il ne signerait plus aucune dédicace.
Quand on lui demanda ce qu'il ressentait à l'idée que ses empreintes de pas resteraient imprimées sur la surface de la Lune pendant des milliers d'années, il avait répondu : "J'ai l'espoir que quelqu'un ira sur place un de ces jours et les effacera".
Armstrong avait également exprimé publiquement son inquiétude à propos de la fragilité de notre planète.
Il restait un homme éperdument passionné d'astronautique et déclara qu'il était favorable à une mission habitée vers Mars.


Biographie
Neil Armstrong était né le 5 août 1930 à Wapakoneta, dans le nord de l'Ohio. Dès son enfance il fut passionné par l'aviation et obtint son brevet de pilote à 16 ans.
Plus tard, il devint pilote de l'US Navy et effectua 78 missions pendant la guerre de Corée. Armstrong étudia l'ingéniérie aéronautique à l'université de Purdue en Indiana et obtint son master à l'université de Californie du Sud.
En 1955, il devint pilote d'essai et vola notamment sur X-15. Sept ans plus tard, il fut sélectionné par la toute jeune agence de la NASA pour devenir astronaute.
En septembre 1966, il effectua un vol avec David Scott lors de la mission Gemini 8. Le vaisseau s'amarra à un autre véhicule non habité, réalisant le premier amarrage orbital. Puis ce fut la mission Apollo 11 et l'entrée de Neil Armstrong dans l'Histoire.


Neil Armstrong se maria avec Janet Elizabeth Shearon en 1956 qui lui donna trois enfants, Eric, Karen et Mark. Karen mourut d'une pneumonie à 3 ans. Janet et lui divorcèrent en 1991. Il finit sa vie auprès de Carol Held Knight, sa seconde femme, qu'il épousa en 1994.
Vous trouverez plus d'information sur le site de la NASA et dans l'article sur l'astronautique.
Aujourd'hui le livre qu'il m'a dédicacé revête une valeur plus sentimentale encore, celle attachée à un héros humble parti trop tôt qui laisse derrière lui plusieurs générations d'aventuriers qui pleurent leur père et mentor.

samedi 5 mai 2012

Le plus vieil ancêtre de l'homme trouvé dans un lac

En 1995, des chercheurs de l'Université d'Oslo ont trouvé le premier spécimen d'un micro-organisme mangeur d'algues vivant dans la boue d'un petit lac baptisé Ås, situé à 30 kilomètres au sud d'Oslo en Norvège.
A l'époque les scientifiques ont reconnu que cet organisme était inhabituel mais ignoraient l'importance qu'il pouvait avoir.
Aujourd'hui, après quelque vingt ans d'analyses, les scientifiques ont déclaré qu'il s'agissait d'un des plus vieux organismes vivants ancêtre de l'homme.
Cette créature unicellulaire est apparue il y a environ 1 milliard d'années et ne trouve aucune place dans l'arbre phylogénique actuel du règne des être vivants - ce n'est pas un animal, ni une plante, ni un champignon, ni un protiste ou une algue, disent les scientifiques.
Collodictyon
"A ce jour nous ne connaissons aucun autre groupe d'organismes qui descende aussi près de nos racines de l'arbre de la vie que cette espèce", qui fait partie d'un nouveau genre appelé Collodictyon, explique le Dr Kamran Shalchian-Tabrizi de l'Université d'Oslo.
Collodictyon est endémique au lac Ås. "Nous avons découvert une nouvelle banche inconnue de l'arbre de la vie dans ce lac. Elle est unique," dit Tabrizi.
Il existe trois espèces de Collodictyon: C.ciliatum, C.semiciliatum et C.triciliatum.
Comme les plantes, les champignons, les protistes et les animaux, y compris les humains, tous sont membres de la famille des eucaryotes, des organismes uni ou pluricellulaires (proto ou métazoaires) possédant un vrai noyau cellulaire et des mitochondries, ce que ne possèdent pas les bactéries (organismes procaryotes).
Collodictyon dispose de quatre flagelles insérées au sommet d'un large sillon, ingérant des algues par cette ouverture.
Son corps contient des mitochondries présentant des crêtes tubulaires, des dictyosomes, des cellules sans parois et d'autres excroissances. Cet organisme mesure entre 30 et 50 microns.
Les chercheurs pensent que cette découverte pourrait apporter de nouveaux renseignements sur le passé de la terre il y a des centaines de millions d'années.
Des créatures solitaires
A partir des caractéristiques de Collodictyon, les chercheurs peuvent à présent imaginer à quoi ressemblaient les cellules eucaryotes préhistoriques, explique Tabrizi - qui étaient probablement des organismes unicellulaires ayant une structure tubulaire qu'ils utilisaient pour attraper des proies microscopiques.
"Ce ne sont pas des créatures sociables," explique son collègue le Pr. Dag Klaveness, qui étudia des millions de micro-organismes pour cette étude.
"Ils prospèrent mieux quand ils vivent seuls. Ils fois qu'ils ont ingéré de la nourriture, le cannibalisme est à l'ordre du jour."
"C'est fascinant de pouvoir encore trouver ce type d'organismes après autant d'années," dit Tabrizi. "Il est resté dehors pendant des millions d'années et nous ne l'avons pas vu."

samedi 14 avril 2012

Une belge a inspiré « Le Titanic »

Nous commémorons cette semaine les 100 ans de la tragédie du Titanic. Savez-vous que le film « Le Titanic » de James Cameron sorti en 1997 s’est inspiré de l’histoire d’une chanteuse belge dénommée Berthe Mayné.


Berthe Antonine Mayné est née le 21 juillet 1887 à Ixelles, une commune de Bruxelles.
Née dans une famille de classe ouvrière composée de 7 enfants, à 24 ans, Berthe est devenue une très belle jeune femme et se lance dans une carrière musicale.
Un soir en hiver 1911 alors qu’elle chante au Métropole à Bruxelles, Berthe rencontre Quigg Baxter, un hockeyeur d’origine canadienne. Ils tomberont amoureux.
Quigg est l’héritier d’une très riche famille et lui demande de l’accompagner à Montréal. D’abord hésitante, Berthe finit par accepter.
L’embarquement
Le 10 avril 1912, Berthe et Quigg embarquent à bord du "RMS Titanic" à Cherbourg. Le ticket de Berthe porte le no 17482. Quigg l’a payé 4350$, soit 36000€ actualisés.
Par discrétion Quigg installe sa fiancée dans sa propre cabine N° C90 située en première classe, sous le pseudonyme de « Mrs de Villiers ». Il ne révéla l’existence de sa fiancée à sa famille que peu de temps avant le nauvrage.
L'accident
Le 14 avril 1912 à 23h45, par une nuit étoilée et sans Lune alors que le navire vogue à toute vapeur vers New York en suivant une route plus au sud que la route classique pour des raisons de sécurité, soudain quelques membres d’équipages et passagés situés à l’avant ressentent une secousse. Le Titanic vient de heurter un iceberg à plus de 20 nœuds, provoquant une brèche dans la coque.
On apprendra plus tard que la brèche s’étend sur le flanc tribord immergé sur près de 90 mètres. La double rangée de rivets de mauvaises qualité (contenant de la coque) maintenant les tôles d’acier n’a pas résisté à la pression de la glace dont la masse était près de 100 fois supérieure à celle du paquebot. En revanche les plaques d’acier certies de 3 lignes de rivets ont résisté.
Le capitaine Bruce Smith informe immédiatement les morsistes Phillips et Bride et leur demande de préparer un message de détresse. Le Titanic (dont l'indicatif morse est MGY) se trouve par 41°46' N et 50°14' Ouest et est en train de sombrer.


A cette époque le code morse de détresse est CQD pour la marine anglaise travaillant avec des opérateurs de Marconi mais SOS tend à s'imposer comme standard depuis 1906 et est utilisé par les opérateurs des compagnies allemandes notamment.
Sur ordre du capitaine, le 15 avril à 0h15 Phillips envoie le premier message : "CQD Titanic 41.46 N 50.24 W" lorsque Bride l'interrompt : "Envoie S.O.S. ! C'est le nouvel indicatif et c'est peut être notre dernière chance de l'envoyer". Mais fidèle à la règlementation de Marconi, Phillips continue à envoyer CQD. D'autres messages seront envoyés et échangés avec des navires proches. Au total 28 navires seront en communication avec le Titanic.
A 0h25, Bride envoie un autre message partiellement couvert par du statique : "MGY CQD SOS SOS CQD CQD DE MGY we are sinking fast passengers kein...". Le navire le "Carpathia" de la compagnie Cunar Liner l'entend et y répond. Malheureusement on apprend qu'il est à 50 miles (90 km).
Le capitaine Smith réalise que le Carpathia ne pourra pas être sur zone avant 4 heures. Or, six caissons étaches prennent l’eau. Les officiers se rendent compte que le paquebot va sombrer avant l’arrivée des secours. Il faut donc évacuer d’urgence tout le monde dans les canots de sauvetage.
Précisons que si quelqu’un devait tomber à l'eau dont la température était négative en cette période, même s’il était sportif et en bonne santé, il ne tiendrait pas plus de 20 minutes à une demi-heure dans l'eau glacée.
L’évacuation
Mais il y a un gros problème : bien que le Titanic ait prévu des canots de plus grande capacité que ce qu’exigeait la règlementation, le paquebot ne dispose que de 20 canots de sauvetage, modèles de secours et pliables compris (d’une capacité de 40 à 65 personnes chacun) pour 2340 personnes. Le calcul est vite fait : le capitaine ne pourra évacuer que 1178 personnes, donc les femmes et les enfants d’abord (ceci dit en principe les couples restent ensembles)…
Alors que des morceaux de glace tombent sur le pont et que des passagers en font des boules de neige sans se soucier du danger, Quigg accompagné de sa mère et sa soeur ainsi que Berthe quittèrent leur cabine. Berthe porte juste un gros pardessus en laine sur sa robe de soirée.
Lorsque Quigg lui demanda de monter seule avec sa famille dans le canot no.6, elle se déroba. Se rappelant qu’elle avait oublié quelques bijoux, elle voulut aller les chercher mais vu la gravité de la situation, son amie Maggie Brown, une personnalité mondaine de Denver, l’en dissuada et heureusement car le paquebot sombra 3 heures plus tard.
Aux dernières nouvelles les bijoux se trouveraient toujours quelque part dans le Titanic gisant par 3810 mètres de profondeur.
Les derniers mots de Quigg à sa famille et sa fiancée furent : "Au revoir bon espoir vous autres".
Le Carpathia arriva sur site à 4h10 du matin et pris de suite en charge les premiers survivants et envoya ensuite des messages en morse aux autres navires venus aux secours. A 8h10 les passagers du dernier canot étaient récupérés par le Carpathia qui fit ensuite route vers New York qu’il rejoignit le 18 avril au soir.
C’est grâce à son fiancé que Berthe survécut mais elle ne le revit jamais.
Grâce à l’invention de la TSF et du morse, 745 personnes furent sauvées mais 1595 personnes moururent dans cette tragédie parmi lesquelles de nombreuses personnalités et un certain Quigg Baxter.
Le nauvrage du Titanic est encore considéré à ce jour comme étant la plus grande catastrophe civile maritime.
A son arrivée à New York, Berthe sera accueillie par la famille de Quigg et restera à Montréal quelques mois avant de revenir en Europe pour poursuivre sa carrière musicale à Paris. Elle ne se maria jamais.
Un amour et des souvenirs intacts
A la fin de sa carrière, Berthe se retira à Berchem-Ste-Agathe, dans la banlieue bruxelloise. Après sa retraite elle essaya de persuader son neveu qu’elle avait été à bord du Titanic en compagnie d’un jeune millionnaire canadien, mais personne ne l’a cru.
Après son décès le 11 october 1962, parmi ses affaires personnelles on découvrit ses lettres et des photographies qu’elle avait conservées dans une boîte à chaussures...
Pour plus d’informations

vendredi 24 décembre 2010

Jésus-Christ : la prophétie s'est accomplie

25 décembre... Noël approche et bien que cette fête soit d'origine païenne (Perse puis reprise par les Romains), dans l'esprit de tous les Chrétiens elle est aujourd'hui indissociable de la commémoration de la naissance de Jésus-Christ.
La vie de Jésus est extraordinaire sur bien des plans. La question de ses origines, de sa motivation, de ses actes comme les conséquences religieuses et politiques qu’ont impliqué son engagement rendent le personnage atypique et très intéressant à étudier, même si plusieurs questions resteront sans doute à jamais sans réponses.
Voyons quelques unes des questions-clés qui restent ouvertes sur la vie de Jésus.

A voir sur YouTube : Jésus de Nazareth


Parole d'Evangile
Il y a tout d'abord la question de savoir s'il faut prendre la Bible au pied de la lettre comme "parole d'Evangile" ? Bien sûr un croyant vous dira qu'il s'agit de textes sacrés et qu'à ce titre ils ne souffrent aucune critique; en d'autres termes, c'est la parole de Dieu et nul ne peut en douter et ne peut la contester.
Que les croyants soient malgré tout tolérants et acceptent que certaines personnes puissent en douter. Car malheureusement, dans ce contexte des analyses critiques ont déjà démontré que le texte biblique se contredisait quelquefois. Nous y reviendrons.
Les découvertes scientifiques viendront confirmer cette idée mais également, parfois, renforcer le mystère.
Sur base de ces faits, il faut donc garder l'esprit critique et relativiser le sens des textes sacrés, plus encore quand ils sont dogmatisés par certains groupes religieux extrémistes ou sectaires.



Jésus, né de la volonté divine
Parmi les questions ouvertes il y a la naissance du Christ. Comment Marie fut-elle enceinte de Jésus ? La Bible parle de la visite d'un archange et d’une intervention divine.
Certes, tout est possible en invoquant une force occulte, surnaturelle ! Mais est-ce la vérité ou une manière mystique, une figure de style pour annoncer la venue d’un personnage que l’on veut démarquer du commun des mortels ?
Prétendre une origine divine à défaut de pouvoir le prouver a beaucoup d’implications et non des moindres : cela implique qu’il existerait une puissance surnaturelle et que sa volonté pourrait se matérialiser et influencer la vie des hommes. Cette puissance divine serait éternelle et omnipotente.
Enfin, la Bible parle de l’existence d’un seul Dieu. Ce concept remet en cause de nombreuses philosophies orientales que partagent des milliards de personnes.
Notons que ce concept de puissance supérieure ou de super-homme existe dans toutes les cultures et ce depuis l’aube des civilisations. Ce n’est pas pour autant qu’elle reflète une réalité. C’est souvent le reflet d’un manque de connaissances des phénomènes qui nous entourent.
Si on peut douter de la nature divine sur le plan scientifique – c’est le rôle de la science -, nous n’aurons probablement jamais la réponse.
Pour un croyant c’est par définition une histoire de foi, un fait sacré qu’il est offensant et sacrilège de remettre en question. Le débat n’aura pas lieu. Soit.
Pour les autres, comme saint Thomas, quand bien même Dieu se matérialiserait sous leurs yeux plus d’un refuseraient encore d’y croire…
Dieu et le libre arbitre
Pour un non croyant voire un agnostique, les raisons de ne pas « croire » en Dieu sont nombreuses dont la plus importante concerne notre libre arbitre.
En effet, qui décide de nos actions et de notre avenir : nous-même ou Dieu ? Sommes-nous libres de penser, de créer et d'agir, ou ne sommes-nous que l'instrument d'une puissance supérieure ?
Seuls face à ce dilemme et à l'inconnu lourds de sens, à défaut de réponse nous nous rassurons en estimant que nous maîtrisons notre destin.
Mais si la seconde réponse s'avère un jour exacte (et comme le sous-entendent certains récits bibliques), mieux vaut s'y préparer car l'explication risque de déplaire aux athées et, sans doute plus généralement, à nous petits humains orgueilleux, créatures éphémères et fragiles qui nous croyons encore au centre de l'Univers. A chacun d'apprécier.
Destin et prophétie
Si pour vous le terme « destin » ou « prédestinée » n’a pas de sens, alors vous êtes sans doute non croyant. Ce n’est pas pour autant que vous ne donnez pas un sens à votre vie.
En revanche, les prophètes soulèvent une question pertinente sur le don de prémonition et la destinée. L’Ancien comme le Nouveau Testament y font souvent référence pour expliquer la nature divine de Jésus et sa mission sur terre.
Sans entrer dans le débat de savoir si l’Ancien Testament annonçait ou non la mort et la crucifixion du Christ (rien ne le prouve), les Evangiles prétendraient que Jésus connaissait son son destin, sa mort sur la croix et sa résurrection, et l’aurait accepté comme étant la volonté du Père.



Mais dans ce cas les paroles du Christ contredisent les paroles des prophètes et la question se pose de savoir qui a tord et qui a raison… une question ouverte à laquelle je laisse aux exégètes chrétiens (voire juifs et musulmans) le soin de répondre.
Quoi qu'il en soit, ces contradictions découvertes dans la Bible jettent un doute sur sa cohérence, la fiabilité des auteurs et finalement sur la véracité historique des textes sacrés.
L’engagement de Jésus
Chacun et quelle que soit sa religion ou sa philosophie doit reconnaître que la crucifixion du Christ (pour être précis, un acte auquel seuls les Chrétiens croient), celle d’un homme honnête et bon emprunt de spiritualité, laisse un goût amer d'injustice.
Par ailleurs on peut se demander ce que gagne un homme intelligent à se sacrifier en sachant qu’il va engendrer des guerres de religions et des martyrs.
Si la foi déplace des montagnes, elle peut également faire couler le sang, et à ce titre il n’est pas établi que ses principes valent mieux qu’un engagement politique ou un programme militaire obéissant à des règles démocratiques. Mais le débat est ouvert et la réponse est loin d’être binaire.



Nous ignorons quasiment tout de l’enfance et de l’adolescence de Jésus. Pendant près des trente premières années, la vie de Jésus est passée sous silence (on parle de sa vie cachée). Que pensa l’enfant puis le Jésus adolescent face aux injustices, aux violences et autres scandales dont il fut témoin ? Qu'elle fut son éducation ? Que pensa-t-il de sa religion ?
Son intervention au Temple durant 3 jours où il répondit à Marie qu’il devait s’occuper des « affaires de son Père » présageait que Jésus avait déjà conscience de sa mission divine à 12 ans.
Son caractère « rebelle » sinon révolutionnaire et sa mission spirituelle seront confirmés une fois adulte lors de son intervention à la synagogue (« la prophétie est accomplie ») et plus tard même violemment contre les marchands du Temple et les pharisiens.
Sur les plans historiques et religieux, si le peuple d’Israël attendait un Messie qui les délivrerait de l’esclavage et des envahisseurs, Jean le Baptiste comme Jésus leur annonça non pas la venue d’un chef de guerre mais la fin de leur « captivité dans le péché », que « le royaume des cieux était ici et maintenant ».
Mais pour éviter tout malentendu, Jésus annonça à ses disciplines et au public qu’il « apportait non pas la paix sur la terre… mais une épée », « Je suis venu vous apporter la division entre l’homme et son père, la mère et sa fille, dans la maison … ».
Il les rassura néanmoins sur leur destin en précisant que celui qui quittait « tout en son nom recevrait le centuple », « la vie éternelle », que « les derniers seraient les premiers… », etc.
Bref Jésus leur offrait à tous un royaume spirituel fait d’amour et de compassion, mais il sous-entendait clairement qu’il apportait aussi les guerres idéologiques et de religions, loin des attentes du peuple !
Nul doute que ses propos énigmatiques conduisirent à une certaine incompréhension y compris parmi les intellectuels et furent à l’origine de son calvaire.
Les pouvoirs de Jésus
Ensuite vient la question des « pouvoirs » de Jésus et des miracles qu’il accomplit.
Ces faits troublants soulèvent une autre énigme pour la Science. Après des décennies de minutieuses recherches par les exégètes, les historiens des sciences, les géologues, les médecins et des recherches historico-culturelles notamment, on ne peut plus invoquer la naïveté du public ou des erreurs de jugement pour expliquer les miracles réalisés par Jésus.
Mais faute de récits scientifiques, nous ignorons ce qui s’est exactement passé à l’époque de ces actes et nous ne le saurons probablement jamais. Nous pouvons seulement recouper certains récits avec des événements historiques mais ils ne nous apportent que des indices, aucune preuve.



Faute de preuves, il faut donc les considérer comme des anecdotes qui viendront alimenter les points de vue des protagonistes. Mais l'Eglise n'est pas de cet avis et considère les miracles comme une réalité, des preuves irréfutables et indispensables pour soutenir le message de la foi.
La résurrection
Enfin vient la question fondamentale de la résurrection, la clé de voûte de la foi chrétienne.
Sans entrer dans le débat des prophéties ou des miracles évoqués plus haut, Jésus serait à la fois plongé dans l'instant présent, il vécut comme un homme, et dans l’éternité, capable de violer toutes les lois de la nature y compris celle de la biologie et plus généralement de la physique.
Ces concepts dépassant notre entendement, on peut en déduire que la Science n’aura jamais le dernier mot et moins encore la réponse concernant la nature de Jésus ou celle de Dieu.
Toutefois, à force de se poser des questions et de chercher une explication rationnelle à toute chose, la Science est en mesure d’expliquer des notions qui voici quelques siècles à peine étaient encore du ressort de la métaphysique (par ex. l'origine de l'Univers, les origines de l'homme, etc).
Aussi, un jour peut-être comprendrons-nous la véritable nature du temps, la raison d'être de l'Univers, quant à celle de Jésus... Dieu seul le sait.
Jésus, Fils de Dieu
Nous savons que les paraboles de Jésus sont typiques du style narratif de l’époque, comme aujourd’hui on se raconte des histoires pour faire passer un message ou faisons référence à des allégories de la réalité pour expliquer des notions complexes.
Jésus faisait référence au Père et à Dieu et parfois même il prétendait être le « Fils de Dieu », y compris durant la passion, ce qui lui vaudra d’être condamné à la peine capitale.
Précision importante, Jésus n’a jamais déclaré être de nature divine ou Dieu lui-même. En revanche, il n’a jamais rectifié les paroles de ses disciplines et notamment lorsque Thomas l’appelle « Seigneur et Dieu » (Jean 20,28). Pourquoi, que faut-il en conclure ? Si Jésus lui-même n'a pas abordé la question, bien malin celui qui serait capable d'y répondre.
L’interprétation des textes
Parmi les multiples questions que soulèvent la vie de Jésus, il y a la question de savoir ce qui signifient les paroles du Christ comme : "ne me touche pas, je ne suis pas encore monté vers mon Père" dit-il juste après sa résurrection, "le Père m'a envoyé" dit-il a ses disciples ou encore "maintenant je vais quitter le monde et aller vers le Père". Que voulait exactement dire Jésus ?
On peut interpréter ces paroles au second degré et y voir un projet purement spirituel. Mais dans ce cas ce projet est intangible, irréel, virtuel. Quand aux paroles "je serai avec vous chaque jour jusqu'à la fin des temps", au second degré on peut y voir l’idée que son esprit restera parmi nous, concrètement qu’il restera dans nos mémoires.
Comme nous le dirions aujourd’hui, seule une personne très proche de vous, éprise de compassion pour autrui ou à l’extrême, une personne déconnectée de la réalité, un fou ou un exalté parlerait ainsi…
Mais on peut douter de cette interprétation connaissant la vie du personnage. On pourrait donc considérer les paroles de Jésus au premier degré. Ont-elles plus de sens ?
Dans ce cas, cela sous-entend effectivement que Jésus ne parlait et n’agissait pas en son nom propre, qu’il accomplissait une volonté divine. Cette signification est logique, conforme au discours que voulut transmettre Jésus et les prophètes avant lui.
Quant à la nature extraordinaire ou divine de Jésus, c'est un autre débat et je crains malheureusement que personne n'ait la réponse.



Des paroles aux actes
Quoiqu’il en soit, à la fois homme et super-homme (qui d’autre est capable de réaliser des miracles ?) si on en juge par ses paroles et ses actes, en soi la nature de Jésus reste mystérieuse.
En dire plus est une affaire de foi ou de science, deux visions antinomiques du sujet.
Jusqu'à preuve du contraire la Science n'a jamais pu résoudre l'énigme de Dieu et personne n'a pu concilier science et religion si ce n'est pour essayer de prouver que l'une des parties se trompait, en vain...
Mais une chose est sûre, à travers la Bible, l’action humaniste de Jésus a laissé un souvenir impérissable dans la mémoire collective et dans le monde chrétien depuis plus de 2000 ans. Ses paroles et ses actes permettent aujourd'hui à des milliards de personnes d'y puiser des idées pour conduire leur vie.
La blague du jour : le club de Jésus
- Le père à son fils : fiston, tu sais que ton club est toujours ouvert ?
- Le fils : Quel club ? De quoi parles-tu ?
- Le père : Rappelle-toi, le club dont tu me parlais, celui que tu fondas sur Terre il y a 2000 ans. Un visiteur m'a dit qu'il était toujours ouvert et on prétend qu'ils te prennent pour un dieu !
- Le fils : Tout ça pour quelques sermons et une résurrection. Décidément ces humains croient encore aux anges !
Pour plus d’informations
La Bible face à la critique historique