Affichage des articles dont le libellé est Catastrophe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Catastrophe. Afficher tous les articles

mercredi 24 juillet 2013

Fukushima: hausse locale du taux de radioactivité

Evaluation de la situation à Fukushima
Quelle est la situation aujourd'hui, plus de deux ans et demi après l'accident de Fukushima ? Telle était la question d'une lectrice s'inquiétant de la contamination des aliments et notamment des poissons pêchés dans le Nord-Est du Japon.
A l'exception de la zone de Fukushima toujours très contaminée, le niveau de radioactivité s'est globalement normalisé au Japon mais certaines anomalies ont été relevées.
Le 7 février 2013, la Russie a retourné 8 produits importés du Japon sous le motif qu’ils présentaient une dose excessive de radiation depuis début 2013. Beaucoup de pays ont pris de telles mesures mais elles sont peu connues.
80% de la radioactivité de l’explosion s’est répandue dans la mer mais des éléments radioactifs se trouvent toujours dans et autour de la centrale de Fukushima dont l’accès reste interdit au public. Selon le responsable de la centrale de Fukushima, Takeshi Takahashi, il faudra entre 30 et 40 ans pour assainir le site et stocker les débris radioactifs en lieu sûr.
Fin février 2013, selon Tepco les graisses des poissons pêchés dans le port de Fukushima présentaient un niveau de radioactivé de 510000 Bq/kg en Césium-134/137. C’est le niveau le plus élevé jamais mesuré à ce jour. Tepco a déclaré que le niveau de radiation du plancher océanique à cet endroit a augmenté de 950% entre novembre et décembre 2012. Le fallout a également augmenté dans plusieurs villes japonaises pour des raisons encore inexpliquées (3eme plus haut niveau en février 2013).
Le risque sanitaire
Concernant le risque sanitaire, il est devenu quasiment nul. Selon les épidémiologistes, chez les enfants âgés de 1 an le risque de développer un cancer durant leur vie est passé de 44 à 45%. Cette valeur est comparable à celle d’autres risques d’irradiation (tomographie, sol naturel radioactif, etc).
S’il reste un peu d’iode radioactif dans l’eau potable, selon les experts il faudrait boire 6 litres par jour pendant 1 mois pour atteindre la même dose que reçoit l’équipage d’un avion de ligne volant chaque année de Los Angeles à Tokyo (dose de 40 microSv en 5 heures de vol).
On a également retrouvé des traces de Césium-137 aux Etats-Unis mais elles sont proportionnellement moins importantes que le Potassium-40 par exemple qu’on retrouve dans une banane (dose de 0.1 microSv) ou dans notre corps (390 microSv/an).
Si une habitation en granit libère une dose de 70 microSv/an ou affiche 2000 à 4000 Bq/kg, certaines villes atteignent 600 microSv/an et certaines zones naturelles montagneuses bien plus encore.
Les relevés effectués aux Etats-Unis (qui reçoivent les vents dominants venant du Japon) par l'OMS indiquent que le risque de contamination de la nourriture n’a quasiment pas changé. Le risque qu’une personne de 50 ans contracte un cancer au cours de sa vie est passé de 43% à 43.0000001% (et est de 39% pour les femmes), soit une augmentation d’une (mal)chance sur 1 milliard. Ce n’est rien comparé au risque de mourir suite à certains désastres naturels, par accident ou simplement de crise cardiaque.
Pour plus d'informations

dimanche 2 décembre 2012

La fin du monde le 21 décembre 2012

Selon certains auteurs, le calendrier Maya s'arrêterait le 21 décembre 2012. Certaines personnes ont suggéré que cette civilisation savait quelque chose que nous ignorons. Cette découverte est la base de ce qu'on a appelé la "Prophétie du Calendrier Maya 2012".
Cette idée fut un temps supportée par une soi-disant prophétie de Nostradamus mais qui finalement s'avera être un faux rédigé il y a quelques années.
En d'autres termes de soi-disant scientifiques ou "prophètes" prétendent que parce qu'un ancien calendrier Maya s'arrête le 21 décembre 2012, cette date constitue la fin du monde !
Mais ces personnes sont-elles certaines que cette interprétation est correcte ? Et si c'est le cas, les Mayas eux-mêmes croyaient-ils à cette fin du monde prévue en 2012 ? Rien n'est moins sûr.
Une interprétation erronée
En effet, c'est une mauvaise interprétation du Compte Long du calendrier mésoaméricain qui est à l'origine de cette rumeur.
Le 21 décembre 2012 est simplement la date à laquelle le calendrier change de "b'ak'tun" (144000 jours soit 394.26 années tropiques) au Compte Long 13.0.0.0.0. La date à laquelle le calendrier passera au prochain "piktun" (une série complète de 20 "b'ak'tuns"), au Compte Long 1.0.0.0.0.0, se produira le 13 octobre 4772.
Voyons-vous à présent quelque chose de spécial dans cette série de cycles ? Personnellement... rien !
Prédictions
Ceci dit, en lisant la littérature, nous trouvons des milliers de prédictions annonçant la fin du monde en 2012. Elles ont été écrites par de soi-disant prophètes, des prêtres, des scientifiques, et bien sûr beaucoup d'amateurs...
Religieuses
Les Chrétiens par exemple prétendent que la Bible révèle que la date de l"Armagédon" - la bataille finale entre le Bien et le Mal se produira en 2012. Mais elle n'en parle qu'une seule fois, au chapitre XVI, verset 16.  En hébreux "Har-Magedone" signifie "Montagne de Megiddo". Mais "har" peut aussi signifier "colline".
Il existe effectivement une plaine de Megiddo à 100 km au nord de Jérusalem entourée de collines où eu lieu des centaines de batailles. L'Armagédon peut donc se produire dans n'importe quelle vallée et se rapporter à n'importe quelle bataille.
En Chine, le "I Ching" ou Livre des Changements ne prédit pas la fin du monde.
En revanche les mantras des enseignements Hindous parlent de la fin du monde mais cela fait partie de la répétition des cycles cosmiques. Ceci dit, les douze dieux hindous comme les croyants peuvent échapper à l'apocalypse en récitant des mantras.


Science et pseudoscience
Si nous prenons en compte des données plus "scientifiques", y a-t-il de soi-disant "prédictions" relatives à une fin du monde en 2012 ? Il y en a beaucoup ! Mais sont-elles fiables ? Rien n'est plus facile que d'inventer une théorie et d'avoir des supporters, encore faut-il la confirmer mathématiquement et la valider. Prenons quelques exemples
Dans les années '70s Terence McKenna inventa un programme baptisé "Timewave zero" consacré à la numérologie. Il prétendait que grâce à des relations il pouvait prédire "le flux et le reflux des cycles au cours des temps", bref l'évolution de la complexité de l'univers, rien que ça.
Son soi-disant "attracteur téléologique" placé à la fin des temps devait atteindre la "singularité d'une complexité infinie en 2012"... Plus tard on apprit que McKenna s'était drogué quand il développa son concept.
L'astrologie
Les astrologues et les fans de "New Age" prétendent qu'un alignement entre le Soleil au solstice d'hiver - dans la constellation du Sagittaire - et le plan Galactique se produirait aux alentour de 1998. Cet alignement s'est produit mais vu la taille du disque du Soleil, l'incertitude sur sa position s'étend sur 36 années.
Selon John Jenkins, en raison de la précession des équinoxes (au cours des siècles, le cycle solaire semble reculer d'environ 1° tous les 72 ans, soit d'une constellation tous les 2160 ans), cet évènement ne devait se produire qu'au solstice d'hiver, le 21 décembre 2012. Cet alignement est un fait scientifique qui peut être prouvé mais rien ne présage qu'il serait lié à une quelconque fin du monde...

La Voie Lactée. Document Skysurvey.org
Qu'en pensent les archéoastronomes ? Selon les experts, il n'existe aucun fait confirmant que les Mayas aient donné une attention particulière aux solstices et aux équinoxes. De plus, il n'existe aucun évènement astronomique lié à la date de commencement du Compte Long.
Dans une autre théorie, on prétend que l'activité du Soleil présenterait un "pic fatal" quelque part en 2012. Ici non plus, aucun fait scientifique ne vient confirmer cette prédiction. Au contraire, selon les astrophysiciens, en 2012 l'activité solaire (en surface) est toujours faible, le 24eme cycle est dans sa phase croissante dont le paroxysme ne devrait survenir qu'en 2014. Les modèles prédisent qu'au paroxysme l'activité solaire sera inférieure à ce qu'elle fut durant le cycle précédent.
Bref, rien d'inhabitel ne se produira en 2012 sur le Soleil, excepté que le nombre de tâches sombres, de protubérances et autre CME continueront d'augmenter jusqu'au paroxysme.
Selon les géologues, le Yellowstone devrait exploser en 2012. Cette prédiction peut également être vérifiée. Nous savons que le Parc National de Yellowstone cache l'un des plus grands supervolcans du monde. Les mesures faites sur le site indiquent que la pressure interne du magma augmente graduellement en suivant un cycle régulier. Il est également vrai qu'en géologie, des termes comme "maintenant" ou "aujourd'hui" s'étendent sur plusieurs milliers ou dizaines de milliers d'années.
Bref, avec une telle incertitude, il n'est pas étonnant que certaines personnes peu critiques prédisent l'explosion du Yellowstone en 2012.
Dans un autre domaine, à l'échelle subatomique, nous savons que les physiciens du CERN travaillent sur le LHC sur des expériences de collisions entre particules.
En raison des niveaux collossaux d'énergie développée dans l'accélérateur du CERN certaines personnes n'ont pas hésité à prétendre qu'une expérience qui débutera en 2012 et impliquant des strangelets (un plasma de quarks étranges "s") donnerait naissance à un trou noir, cette astre superdense de la taille d'une balle qui s'enfoncerait jusqu'au centre de la Terre. Aucun scientifique n'a jamais confirmé ce scénario, que du contraire.


Enfin, car il faut bien arrêter quelque part cette description de prédictions mystiques, selon une autre théorie, en 2012 le champ magnétique terrestre s'inversera, conduisant à la destruction de la Terre.
Selon les géophysiciens, si un inversion de polarité peut se produire un jour, personne ne sait exactement ce qui se produira; au mieux le monde continuera de tourner comme aujourd'hui et seul le champ géomagnétique sera perturbé quelques années. Mais la question reste ouverte et s'adresse donc aux éventuels prophètes de la planète !
2012 : Science et fiction
Vous comprendrez donc que les évènements décrits dans le film "2012" sont pures spéculations, totalement improbables, même rocambolesques : conjonction planétaire associée à une éruption solaire majeure (CME), suivi d'une émission massive de neutrinos et de surcroit capables d'interagir avec le magma de la Terre, baisse de l'intensité du champ géomagnétique, éruptions volcaniques (dont celle du super volcan de Yellowstone), séismes, dérive de l'écorce terrestre et méga tsunami en série...Bref la totale.
Bien sûr, chaque phénomène en soit peut se produire quelque part sur Terre un jour ou l'autre, mais la loi des séries à des limites... sauf au cinéma !
Que vous y croyiez ou pas, maintenant la seule chose qu'il vous reste à faire est d'attendre, à moins d'être opportuniste...



Le prosélytisme et les dérives sectaires
L'occasion fait le larron dit-on, et cette soi-disant fin du monde tombe à pic pour certaines personnes.
En effet, derrière cette soi-disant prophétie se cache du prosélytisme. Des personnes opportunistes, sectaires voire carrément illuminées profitent de cette rumeur pour soit séduire un public crédule afin de leur vendre notamment des abris de survie (en béton ou en acier), du matériel de camping ou de bricolage, des livres et des accessoires à connontation spirituelle, mystique, occulte, etc, ou encore pour rallier de nouveaux adeptes à leur doctrine.
A les entendre il faut craindre la fin du monde le 21 décembre 2012 et vite rejoindre les abris ! Mais avec un peu de recul nous pourrions leur rappeler que depuis deux mille ans, on nous a annoncé 200 fois la fin du monde qui n'est jamais arrivée... En revanche, pas mal d'argent est tombé dans la besace des commerçants peu scrupuleux sachant profiter de l'évènement !
Bugarach
Près de chez nous, le village de Bugarach situé sur les contreforts des Pyrénées fait l'objet de toutes les spéculations que certains pseudo-journalistes et commerçants ont rapidement exploité.
Ce village de 189 habitants serait en fait le seul lieu qui échapperait à l'Apocalypse. Du coup, le nombre de touristes a doublé en un an. A sa décharge, il faut dire qu'à quelques kilomètres de là se trouve le village de Rennes-le-Château qui cacherait, selon une légende, le trésor des Templiers...
Selon certains le pic de Bugarach abriterait un vortex conduisant vers une autre dimension. D'autres prétendent qu'il contient des pierres "hyperactives" ou cacherait même un trésor égyptien ou des esprits...
Un pseudo guérisseur s'est même établi à Bugarach sous le prétexte qu'il maîtrise les forces de la nature.
Mais à part ces bruits et une grotte cathédrale bien vide, on ne voit toujours rien de spécial à Bugarach - même les villageois évitent les reporters - sauf la police qui contrôle l'identité des étrangers et des dizaines de médias qui viennent des quatre coins du monde constater... qu'il n'y a rien à voir !
Et si rien ne se produisait ?
Au-delà du burlesque et du folklore qui entourent ce genre de prédiction, il reste une inconnue que prennent très au sérieux les services secrets et la police : que se passera-t-il après le 21 décembre dans la tête des gourous ?
Car pour les adeptes de l'Apocalypse, ces centaines de sectes comme Ramtha qui annoncent la mort de plusieurs milliards d'habitants à partir du 21 décembre, le destin va s'accomplir et si l'Apocalypse ne se produit pas, ils le déclencheront... Comment ? Et bien soit en assassinant leurs adeptes ou en leur demandant de se suicider ! Certains gourous vont même jusqu'à annoncer la mort des survivants d'ici un ou deux ans.
Les propos comme les actions de ces gourous sont donc potentiellement dangereux et c'est pour cette raison que leurs activités sont surveillées par les services de sécurité.


Les plus optimistes des "Survivalistes" envisagent tout de même des Arches de Noé& en Afrique du Sud, en Espagne ou en Bulgarie notamment. Mais pour espérer une place dans leur bunker, les "élus" doivent payer jusqu'à 200000 € à leur gourou, que dis-je à ces agents immobiliers véreux qui tirent profit de la crédulité et de la naïveté des gens.
Bref, sous le prétexte de la fin du monde, beaucoup d'arnaqueurs ont trouvé le moyen de se faire beaucoup d'argent et préparer... l'après 2012 !
Au fait, saviez-vous que le 21 décembre nous célébrons la Saint Thomas....
Et vous, que ferez-vous le vendredi 21 décembre 2012 ?
Pour plus d'informations
Consultez le site de la NASA qui présente une FAQ en anglais sur le sujet.
Pour la théorie et les faits scientifiques consultez le site LUXORION, notamment les pages consacrées aux éphémérides, au statut de l'activité solaire et géomagnétique ainsi que les pages consacrées au Soleil, au champ magnétique terrestre, aux histoires d'impacts, etc.
Cet article a été consulté par plus de 3000 internautes. Merci à tous.

samedi 14 avril 2012

Une belge a inspiré « Le Titanic »

Nous commémorons cette semaine les 100 ans de la tragédie du Titanic. Savez-vous que le film « Le Titanic » de James Cameron sorti en 1997 s’est inspiré de l’histoire d’une chanteuse belge dénommée Berthe Mayné.


Berthe Antonine Mayné est née le 21 juillet 1887 à Ixelles, une commune de Bruxelles.
Née dans une famille de classe ouvrière composée de 7 enfants, à 24 ans, Berthe est devenue une très belle jeune femme et se lance dans une carrière musicale.
Un soir en hiver 1911 alors qu’elle chante au Métropole à Bruxelles, Berthe rencontre Quigg Baxter, un hockeyeur d’origine canadienne. Ils tomberont amoureux.
Quigg est l’héritier d’une très riche famille et lui demande de l’accompagner à Montréal. D’abord hésitante, Berthe finit par accepter.
L’embarquement
Le 10 avril 1912, Berthe et Quigg embarquent à bord du "RMS Titanic" à Cherbourg. Le ticket de Berthe porte le no 17482. Quigg l’a payé 4350$, soit 36000€ actualisés.
Par discrétion Quigg installe sa fiancée dans sa propre cabine N° C90 située en première classe, sous le pseudonyme de « Mrs de Villiers ». Il ne révéla l’existence de sa fiancée à sa famille que peu de temps avant le nauvrage.
L'accident
Le 14 avril 1912 à 23h45, par une nuit étoilée et sans Lune alors que le navire vogue à toute vapeur vers New York en suivant une route plus au sud que la route classique pour des raisons de sécurité, soudain quelques membres d’équipages et passagés situés à l’avant ressentent une secousse. Le Titanic vient de heurter un iceberg à plus de 20 nœuds, provoquant une brèche dans la coque.
On apprendra plus tard que la brèche s’étend sur le flanc tribord immergé sur près de 90 mètres. La double rangée de rivets de mauvaises qualité (contenant de la coque) maintenant les tôles d’acier n’a pas résisté à la pression de la glace dont la masse était près de 100 fois supérieure à celle du paquebot. En revanche les plaques d’acier certies de 3 lignes de rivets ont résisté.
Le capitaine Bruce Smith informe immédiatement les morsistes Phillips et Bride et leur demande de préparer un message de détresse. Le Titanic (dont l'indicatif morse est MGY) se trouve par 41°46' N et 50°14' Ouest et est en train de sombrer.


A cette époque le code morse de détresse est CQD pour la marine anglaise travaillant avec des opérateurs de Marconi mais SOS tend à s'imposer comme standard depuis 1906 et est utilisé par les opérateurs des compagnies allemandes notamment.
Sur ordre du capitaine, le 15 avril à 0h15 Phillips envoie le premier message : "CQD Titanic 41.46 N 50.24 W" lorsque Bride l'interrompt : "Envoie S.O.S. ! C'est le nouvel indicatif et c'est peut être notre dernière chance de l'envoyer". Mais fidèle à la règlementation de Marconi, Phillips continue à envoyer CQD. D'autres messages seront envoyés et échangés avec des navires proches. Au total 28 navires seront en communication avec le Titanic.
A 0h25, Bride envoie un autre message partiellement couvert par du statique : "MGY CQD SOS SOS CQD CQD DE MGY we are sinking fast passengers kein...". Le navire le "Carpathia" de la compagnie Cunar Liner l'entend et y répond. Malheureusement on apprend qu'il est à 50 miles (90 km).
Le capitaine Smith réalise que le Carpathia ne pourra pas être sur zone avant 4 heures. Or, six caissons étaches prennent l’eau. Les officiers se rendent compte que le paquebot va sombrer avant l’arrivée des secours. Il faut donc évacuer d’urgence tout le monde dans les canots de sauvetage.
Précisons que si quelqu’un devait tomber à l'eau dont la température était négative en cette période, même s’il était sportif et en bonne santé, il ne tiendrait pas plus de 20 minutes à une demi-heure dans l'eau glacée.
L’évacuation
Mais il y a un gros problème : bien que le Titanic ait prévu des canots de plus grande capacité que ce qu’exigeait la règlementation, le paquebot ne dispose que de 20 canots de sauvetage, modèles de secours et pliables compris (d’une capacité de 40 à 65 personnes chacun) pour 2340 personnes. Le calcul est vite fait : le capitaine ne pourra évacuer que 1178 personnes, donc les femmes et les enfants d’abord (ceci dit en principe les couples restent ensembles)…
Alors que des morceaux de glace tombent sur le pont et que des passagers en font des boules de neige sans se soucier du danger, Quigg accompagné de sa mère et sa soeur ainsi que Berthe quittèrent leur cabine. Berthe porte juste un gros pardessus en laine sur sa robe de soirée.
Lorsque Quigg lui demanda de monter seule avec sa famille dans le canot no.6, elle se déroba. Se rappelant qu’elle avait oublié quelques bijoux, elle voulut aller les chercher mais vu la gravité de la situation, son amie Maggie Brown, une personnalité mondaine de Denver, l’en dissuada et heureusement car le paquebot sombra 3 heures plus tard.
Aux dernières nouvelles les bijoux se trouveraient toujours quelque part dans le Titanic gisant par 3810 mètres de profondeur.
Les derniers mots de Quigg à sa famille et sa fiancée furent : "Au revoir bon espoir vous autres".
Le Carpathia arriva sur site à 4h10 du matin et pris de suite en charge les premiers survivants et envoya ensuite des messages en morse aux autres navires venus aux secours. A 8h10 les passagers du dernier canot étaient récupérés par le Carpathia qui fit ensuite route vers New York qu’il rejoignit le 18 avril au soir.
C’est grâce à son fiancé que Berthe survécut mais elle ne le revit jamais.
Grâce à l’invention de la TSF et du morse, 745 personnes furent sauvées mais 1595 personnes moururent dans cette tragédie parmi lesquelles de nombreuses personnalités et un certain Quigg Baxter.
Le nauvrage du Titanic est encore considéré à ce jour comme étant la plus grande catastrophe civile maritime.
A son arrivée à New York, Berthe sera accueillie par la famille de Quigg et restera à Montréal quelques mois avant de revenir en Europe pour poursuivre sa carrière musicale à Paris. Elle ne se maria jamais.
Un amour et des souvenirs intacts
A la fin de sa carrière, Berthe se retira à Berchem-Ste-Agathe, dans la banlieue bruxelloise. Après sa retraite elle essaya de persuader son neveu qu’elle avait été à bord du Titanic en compagnie d’un jeune millionnaire canadien, mais personne ne l’a cru.
Après son décès le 11 october 1962, parmi ses affaires personnelles on découvrit ses lettres et des photographies qu’elle avait conservées dans une boîte à chaussures...
Pour plus d’informations

mercredi 16 mars 2011

Fukushima : la loi des séries

La série noire d'évènements naturels catastrophiques et d'accidents que subit actuellement le Japon depuis le 11 mars 2011 est inédite et invraisemblable.
Il est intéressant de se pencher sur ces relations car elles mettent en évidence la réalité de la "loi des séries" ainsi que l'influence du facteur humain dans une suite de prises de décisions qui ont vraisemblablement participé à alourdir le bilan de ces catastrophes.



Fréquence des séismes et des tsunamis
En soi un séisme de magnitude comprise entre 8.0 et 8.9 se produit une fois par an. En revanche, un séisme de magnitude 9 et supérieure se produit une fois tous les 20 ans.
Il se produit en moyenne 10 tsunamis par an dont 80% se manifestent dans l'Océan Pacifique qui est également la région présentant la plus longue "ligne de feu", de points chauds tectoniques.
Fréquence des accidents dans les centrales nuclaires
Depuis l'invention de l'énergie nucléaire en 1944, pour l'ensemble des centrales nucléaires (440 en 2001), on dénombre environ 60 évènements de Niveau 3 ou supérieur sur l'échelle INES, pour ainsi dire un par an, auxquels il faut ajouter plus de 9000 incidents mineurs (Niveaux 0 à 3) mais non moins préoccupants qui se produisent chaque année.
Pour rappel, il y eut un seul accident de Niveau 7 (Tchernobyl, 1986), 2 accidents de Niveau 6 (Mayak en 1957 et Fukushima en 2011), 4 accidents de Niveau 5 et 5 accidents de Niveau 4.
Effets conjugués
Ce qui est plus étonnant et nous interroge tous, est le fait qu'un violent séisme soit non seulement suivi d'un méga tsunami (cela reste concevable) mais que cela entraîne des accidents en cascade dans 4 réacteurs nucléaires; cela personne ne l'aurait imaginé, pas même dans un film de fiction ! Et pourtant c'est la réalité et elle risque peut-être d'être encore plus effrayante...
Bien que cette combinaison d'évènements paraisse a priori hautement improbable, quelques indices tendent à démontrer qu'elle n'est pas liée au hasard et un calcul de probabilité peut le démontrer.
Peut-on également apporter la preuve que de mauvaises décisions humaines seraient à l'origine de cette "loi des séries" que subit le Japon ? Autrement dit, le hasard ne serait-il finalement qu'un acteur de second-plan dans ce scénario catastrophe et les choix humains au coeur du débat ?
Les catastrophes humanitaires
Un rapport publié le 11 novembre 2010 par la Banque mondiale et l'ONU vient supporter cette hypothèse. Intitulé "Natural hazards, unnatural disasters", Apurva Sanghi, économiste principal à la Banque mondiale et auteur principal du rapport, explique que les catastrophes humanitaires provoquées par les tremblements de terre, les inondations et autres phénomènes naturels pourraient dans certains cas être évitées si les gouvernements collectaient et partageaient les données sur les risques au niveau international.
Pour Apurva Sanghi, si nous pouvions améliorer l’accessibilité des informations sur les dangers potentiels, comme les lignes de faille sismiques, les zones inondables, les conditions météorologiques et le régime climatique, ce serait une “mesure relativement simple et efficace” d’en réduire l’impact.
Cet ouvrage truffé de cas concrets et de leçons à tirer est une mine de renseignements que trop peu de responsables prennent en considération.
La loi des séries
Il est évident que chaque évènement en soi, chaque catastrophe, est un phénomène imprévisible et donc du ressort du hasard.
En revanche, toute la suite des évènements qui suivirent le séisme ne relèvent plus du hasard :
- le tsunami est bien le résultat du déplacement des plaques tectoniques
- la catastrophe humaine est bien le résultat des effets du tsunami dans un lieu surpeuplé
- les accidents dans la centrale nucléaire étaient du domaine du possible.
La seule coïncidence pourrait-on dire est le fait que la centrale ait été construite à cet endroit. Mais justement, ce n'est pas le fait du hasard !
En effet, si la succession des évènements catastrophiques n'était pas programmée, son occurrence n'était pas non plus imprévisible...
Que disent les probabilités ? La loi de Poisson nous est très précieuse. Considérant des évènements rares et indépendants, la probabilité qu'ils se produisent est d’autant plus grande que le temps mort entre les évènements est court.
Cette conclusion contre-intuitive a été vérifiée depuis un siècle de relevés d'accidents et de calculs statistiques.
Cette loi des séries s'applique aux accidents dans les centrales nucléaires comme aux crash d'avions notamment.
Ainsi, il s'avère qu'en moyenne plus de 50% des accidents d'avions surviennent dans les 5 jours qui suivent un premier crash tandis qu'on dénombre moins de 10% de crash après 50 jours. Evidemment, si les évènements sont liés, la probabilité qu'ils se produisent en chaîne sera certaine. C'est la situation qu'a connu le Japon.
Mais ce qu'il faut retenir est que le risque de subir un 2eme accident peut donc être évalué et pondéré en fonction de facteurs supplémentaires (corrélation, présence d'autre risques, etc).
Un risque (mal) calculé
Tous les opérateurs du secteur nucléaire diront toujours après un accident majeur : "nous apprenons de nos expériences", sous-entendant clairement qu'ils ne maîtrisent pas tous les paramètres de leur funeste expérience, notamment les erreurs humaines et les phénomènes naturels imprévisibles ! Oui, il y a de quoi être surpris en entendant ce genre de remarque !
Mais dans ce cas, faut-il prendre le risque de conduire "l'expérience" du nucléaire ? On peut sérieusement se poser la question !
Voilà une expression scandaleuse car les décisions qui se prennent au niveau politique mettent la vie de millions de personnes en jeu sans que nos ministres y opposent la moindre solution alternative alors qu'elles existent et ne présentent pas le moindre risque !
Dans ce cas-ci les autorités ont accepté de prendre le risque, et bien mal leur en prit.
Le Japon, victime de ses choix
Comme c'est toujours le cas - mais souvent non avoué - à propos du nucléaire, le risque potentiel existait bien : bâtir une centrale nucléaire sur une faille sismique face au Pacifique est un risque calculé qu'ont accepté de prendre les autorités japonaises. Ce risque a été sous-estimé.
Si c'est évidemment plus facile à dire après un accident et d'autant plus aisément qu'il est dramatique, le Japon a sciemment choisi l'option économique plutôt que la sécurité de ses centrales nucléaires.
Utiliser une centrale nucléaire durant plus de 40 ans tout en sachant qu'il y avait de nombreux incidents et ne pas les signaler à la population est autre une erreur que les autorités comme l'opérateur portent aujourd'hui à leur charge.
Au bout de 40 ans d'utilisation, sachant pertinemment bien que tous les éléments d'une centrale nucléaire peuvent être remplacés à l'exclusion du coeur c'est faire preuve d'irresponsabilité.
Bref, le Japon a dû faire des choix économiques et stratégiques notamment, et en matière de nucléaire leurs choix furent malheureux.
Dans ce cas ci, on pourrait invoquer le défaut de prévoyance. Avis aux avocats des parties civiles et aux assureurs.
Tirer les leçons du passé
Oui, on tire des leçons du passé, à force d'essais et d'erreurs on s'améliore et en principe on ne commet plus deux fois la même erreur. Encore faut-il avoir un regard critique et pouvoir se remettre en question et notamment de se demander si les modèles ne devraient pas être améliorés et inclure notamment de nouvelles variables, peut-être issues d'autres disciplines.
Cette façon de procéder est le propre de l'étudiant comme du scientifique; c'est la seule façon d'apprendre car personne n'a la science infuse et ainsi va la vie.
C'est valable pour n'importe quel apprentissage, n'importe quel accident et ce jusqu'à l'échelle planétaire. Malgré toute notre sagesse, notre expertise ou notre expérience, nous subissons les crises économiques, les crises financières, les crises sociales, le réchauffement climatique global, la pollution et bien d'autres catastrophes ou maux de civilisations.
A chaque fois les autorités parviennent à nous convaincre que le phénomène est sous contrôle, qu'on ne nous y reprendra plus. Et de fait après avoir pris quelques mesures correctives et patienter un peu - parfois des années - la crise passe et tout le monde redevient optimiste jusqu'à la prochaine vague d'Elliott et autre tsunami au sens propre ou figuré...
Aujourd'hui, nous sommes arrivés à un tournant de l'histoire du nucléaire. Si certains d'entre nous n'avaient pas encore assimilé la leçon de Tchernobyl, ils doivent se dire que ce qui est arrivé à Fukushima peut arriver près de chez nous et doit nous faire réfléchir.
Les autorités ne peuvent plus prendre la population en otage, laisser les lobbies gérer le marché et refuser les référendum sur une question aussi sensible que le nucléaire.
Tous les pays disposant de centrales nucléaires à l'uranium ou au MOX (uranium + plutonium) doivent remettre leur politique énergétique en question et certainement effectuer des "stress-test" plus sévères sur leurs centrales et le cas échéant prendre les mesures de sécurité qui s'imposent.
Suite à ces évènements, comme ce fut le cas aux Etats-Unis après Three Mile Island, la crise financière et la marée noire du Golfe du Mexique, on peut s'attendre à un durcissement des législations et des procédures de contrôles tant nationales qu'européennes et internationales. C'est en bonne voie par la force des choses. Leur mise à exécution pourra cependant prendre du temps (de quelques mois à un an selon le problème à résoudre).
Clairvoyants, la Belgique et l'Allemagne sont même sur le point de quitter le nucléaire (certes, pas avant 10 ou 15 ans). Triste constat qu'il faille attendre un accident majeur pour changer les mentalités et revenir à l'essentiel.
L'effet du hasard
En première approximation, ce qui ressemble à une "loi des séries" et donc à une suite d'évènements enchaînés ne s'écarte pas de la moyenne statistique. Ce qui la rend exceptionnelle (mais non improbable) est le nombre d'évènements catastrophiques survenus sur une courte période de temps : en 4 jours le Japon a connu un violent séisme, un méga tsunami, une catastrophe humanitaire et quatre accidents majeurs dans une centrale nucléaire !

mardi 15 mars 2011

Centrale de Fukushima : risque lié au facteur météo

Suite aux accidents survenus à la centrale nucléaire de Fukushima Daiishi depuis le 12 mars 2011 (Niveau 6 sur l'échelle INES), outre le risque d'irradiation pour le personnel de la centrale, il faut aujourd'hui ajouter le risque de contamination lié au facteur météo.
Bien que les autorités en parlent peu pour éviter l'effet de panique, il faut aborder le sujet et être conscient des risques potentiels pour notre santé à tous.
Le premier Ministre japonais a reconnu qu'une ou plusieurs des cuves de confinement des réacteurs nucléaires ainsi qu'une ou plusieurs piscines contenant des barres de combustibles usagées de la centrale libéraient des substances radioactives dans l'air.
A présent des particules radioactives ont été détectées dans l'atmosphère, y compris à Tokyo. Le facteur météo risque d'aggraver la situation.
Les effets météorologiques
En cas de précipitations locales, la pluie va entraîner ces particules radioactives au sol et contaminer les champs ainsi que la population du Japon.
Les vents peuvent également emporter ces poussières radioactives autour du monde, même en l'absence d'explosion, par le simple fait que les émissions radioactives sont continues tant que les fuites ne sont pas colmatées et le coeur comme les barres usagées refroidies.
Dans l'éventualité où l'un des réacteurs exploserait et que du plutonium notamment serait vaporisé dans l'air, si l'explosion est peu puissante, l'éventuel nuage radioactif restera confiné localement, brassé et dispersé par les vents dans les basses couches de l'atmosphère. Si le vent est soutenu, il peut disperser ces particules vers l'Est.
Mais si l'explosion nucléaire est violente, des particules radioactives pourraient atteindre le niveau du jet stream qui évolue vers 10000 mètre d'altitude.
Dans ce cas les particules seraient emportées dans la circulation atmosphérique générale et atteindraient les Etats-Unis quelques jours plus tard.
On estime qu'il faudra 8 à 10 jours pour que l'éventuel nuage radioactif arrive jusqu'en Europe (Belgique).
Si une telle situation devait se produire, restez à l'écoute des médias et écoutez les prévisions météos. Espérons qu'on n'en reparlera plus dans 2 semaines.
Statut le 17 mars 2011
Une simulation de la dispersion du nuage radioactif de Césium-137 a été publiée par l'IRSN (France). Elle couvre la période allant du 12 au 20 mars 2011. Les valeurs sont exprimés en becquerels par mètre cube d’air (Bq/m3).

Une seconde simulation a été préparée par l'IASB-BIRA, l'Institut Central pour la Météorologie et la Géodynamique autrichien où vous trouverez des animations mises à jour.

NB. Le Becquerel (Bq) mesure la quantité de rayonnement émis par un élément radioactif. Il s'exprime en nombre de désintégrations par seconde par unité de volume ou de masse.
Le Sievert (Sv et plus généralement le mSv) mesure la dose efficace (dose reçue) pour évaluer le risque pour la santé (1 Sv = 100 rem).
Selon l'IRSN, à titre de comparaison, les valeurs mesurées à proximité de la centrale de Tchernobyl, peu après l’accident du 26 avril 1986, dépassaient 100000 Bq/m3 ; elles étaient de l’ordre de 100 à 1000 Bq/m3 dans les pays les plus touchés par le panache radioactif (Ukraine, Biélorussie) ; en France, les valeurs mesurées dans l’Est étaient de l’ordre de 1 à 10 Bq/m3 (le 1er mai 1986) et le nuage contamina de nombreux habitants de la région.
Dans le cas présent, le nuage était 1000 fois moins dense au-dessus de Fukushima et atteindra la Californie le 18 mars 2011 avec une concentration 1000 fois plus faible qu'en France en 1986. Le nuage ne devrait pas toucher l'Europe (ou sous une forme pas plus concentrée que la radioactivité naturelle).
Quel est le risque ?
Actuellement, tant pour les Etats-Unis que pour l'Europe, vu les très faibles concentrations de radioactivité dans le nuage, les experts déclarent unanimement qu'il n'y aucun risque pour la santé.
Le nuage de Fukushima évoluant en permanence, consultez les sites mentionnés pour plus de détails.
En fait, il faut savoir que la radioactivité naturelle est de 1 à 2 Bq/m3 dans l'air. Dans les matériaux de construction la radioactivité peut atteindre plusieurs centaines de Bq/m3 (à l'exception du granit où elle peut atteindre 4000 Bq/m3), tandis que la radioactivité naturelle du Radon-222 varie entre quelque 40 et 1000 Bq/m3 selon les endroits, avec une moyenne nationale qui atteint 90 Bq/m3 en France.
Précisons que la réglementation européenne fixe la limite de concentration en Radon-222 à 400 Bq/m3 dans les anciennes habitations et à 200 Bq/m3 dans les nouvelles habitations.
Pour plus d'information
Consultez les articles sur le Jet stream, la Mesure de la radioactivité et la protection civile ainsi que les sites consacrés au Radon de l'AFCN (B) et de La radioactivité (F).

dimanche 13 mars 2011

Japon : le prix de la reconstruction et l'esprit Zen

Pour évaluer le prix de la reconstruction après les conséquences catastrophiques du séisme du 11 mars 2011 au Japon, nous pouvons essayer de comparer cette situation à deux précédents : Kobe et Katrina.
Le séisme de Kobe de 1995 fit 5373 victimes, il a fallut reconstruire 200000 logements. Les dégâts matériels furent évalués à plus de 1.2 milliards de dollars (100 milliards de yens).
Le cyclone Katrina qui frappa la Louisiane en 2005 fit 1337 morts et 500000 personnes furent évacuées. La reconstruction coûta 15 milliards de dollars répartis sur 3 ans.
Ici, nous sommes dans une situation encore plus complexe et dramatique combinant les deux types de catastrophes, à laquelle s'ajoute le risque nucléaire à la Three Miles Island. La facture risque d'être très élevée.
En fin de journée à Tokyo (13h30 GMT) le porte-parole du gouvernement japonais, Yukio Edano déclarait que la reconstruction aller "se chiffrer en dizaines de milliards de dollars".
Bilans économique et financier
Outre les milliers de victimes humaines (environ 19000 morts et disparus), les innombrables dégâts aux infrastuctures publiques, des milliers de moyens de transports ont été détruits : des voitures, des camions, des bâteaux de pêche, de plaisance, des navires militaires, des avions civils, des avions de chasse, des trains, y compris des lignes de communication (routes, réseau ferroviaire, réseau électrique), sans parler des pertes matérielles dans les boutiques de milliers de commerçants.


Si les assurances vont se tourner vers l'Etat, dans tous les cas les victimes ne seront jamais indemnisées en totalité et une bonne partie de la population devra soit attendre l'aide des ONG ou prendre à sa charge les réparations urgentes.
Crise ou croissance ?
Le Japon subit actuellement une crise économique sans précédent avec une dette monumentale qui atteint 200% du PIB (contre 102% en Belgique, 83% en France, à peine 14% au Luxembourg et 11% aux Etats-Unis en 2010). L'agence de cotation Standard and Poors a d'ailleurs récemment abaissé la cote de la dette japonaise, estimant que son déficit se maintiendra dans les années à venir.
Pour sa part l'agence Moddy est plus sereine et a déclaré le 11 mars que le séisme ne devrait pas engendrer une dégradation de la note qu'elle attribue à la dette japonaise.
Ceci dit, les destructions provoquées par le tsunami vont peser différemment sur l'économie d'une ville à l'autre. Ainsi la préfecture de Tohoku par exemple produit 8% du PIB nippon alors que celle de Kanto qui abrite Tokyo produit 40% de la richesse du pays.
La raffinerie Cosmo Oil à Ichihara située à l'est de Tokyo a cessé de fonctionner. Elle produisait jusqu'à 30% de la production électrique nationale. Ajoutée aux 11 centrales nucléaires qui ont été arrêtées, selon le ministre du Commerce le Japon se voit temporairement privé de 25% de sa production d'électricité.
Wolfgang Leim, économiste chez Commerzbank a déclaré à l'AFP que "le PIB pourrait baisser de nouveau légèrement au premier trimestre".
Néanmoins, à moyen terme, comme cela s'est produit après le séisme de Kobe, la reconstruction pourrait générer un surcroît d'activité du fait que la population aura tendance à renouveler les biens perdus ou endommagés, ce qui boostera l'économie nipponne, en particulier les secteurs du bâtiment, de la sidérurgie et des télécommunications.
Ainsi en 1995, l'indice Nikkei avait chuté de 21% dans les 5 mois suivant le séisme de Kobe mais s'était rétabli aussi vite. Le PIB du Japon avait augmenté de 1.9% puis de 2.6% en 1996 alors que la croissance moyenne du pays était de 1.5%. Entre 1995 et 1996, la consommation a progressé de 2.2% selon Takuji Okuba, économiste à la Société Générale.
En attendant, le pays va subir non seulement un important impact socio-économique mais également financier, la bourse de Tokyo accusant déjà un ralentissement sensible de ses activités, comme ce fut le cas à l'époque de Kobe.

Bourse de Tokyo le 2 mars 2011. La chute moyenne est de 2.43%.

Par effet domino, les titres de sociétés filiales ou de sous-traitants de l'opérateur Tepco côtés sur d'autres marchés pourraient également subir une baisse sensible de la valeur de leur titre.
De façon générale, tous les titres des sociétés installées au Japon vont subir un recul (par ex. les sociétés d'électronique, d'automobile, robotique, etc).
Enfin, face à ces incertitudes certains investisseurs vont momentanément se retirer du marché, ce qui peut accenter la chute.
Depuis le 11 mars 2011, on constate que des prises de bénéfices ont déjà eu lieu sur les marchés européens, notamment sur les valeurs de l'assurance et de reassurance (chute jusqu'à 2.7% sur le marché français, Wall Street est encore hésitant) ainsi que dans le secteur industriel nucléaire.
Mais paradoxalement, si le gouvernement nippon vote un budget d'urgence comme il le fit en 1995, l'effet peut être finalement positif : à l'époque il eut pour conséquence d'augmenter de 0.3 points la croissance du PIB au deuxième trimestre et de 0.5 points au troisième trimestre. Peter Westaway de Petercam anticipe une réponse similaire de la part des autorités.


Indice de performance de la bourse de Tokyo le 14/03/2011.
Dernières nouvelles
21 mars 2011 : La Banque mondiale estime le prix de la reconstruction du Japon entre 122 et 235 milliards de dollars !
Les derniers chiffres citent une perte de 210 milliards de dollars pour l'économie japonaise.
En une semaine les indices TOPIX et Nikkei ont repris plus de 9% suite aux décisions du G20.
Ayant des relations au Japon, je souhaite beaucoup de courage aux rescapés,
私は生存者に若干の勇気を望みます.

samedi 12 mars 2011

Explosion dans la centrale nucléaire de Fukushima

Une explosion s'est produite dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiishi au Japon annonce la chaîne de télévision NHK ce samedi 12 mars 2011. L'incident est classé de Niveau 4 sur l'échelle INES.
Selon l'opérateur de la centrale Tokyo Electric Power (Tepco), le toit et les murs du bâtiment du réacteur no.1 se sont effondrés. Il ne reste que la superstructure du bâtiment. La cuve abritant le réacteur n'aurait pas été endommagée. Quatre employés ont été blessés dans l'explosion. Un inquiétant nuage brun s'est élevé au dessus des installations.

 Centrale nucléaire de Fukushima avant l'accident.
L'accident
Le réacteur de Fukushima (4.7 GWe) est dit à eau bouillante (BWR en anglais, BER en français). A l'image des systèmes occidentaux à eau sous pression (PER), il n'y a pas d'échange thermique entre le circuit primaire (eau liquide) et le circuit secondaire (vapeur d'eau), gage de simplicité mais également de sécurité.
Toutefois, en cas d'accident (fuite d'eau du circuit primaire), il est nécessaire d'injecter de l'eau dans la cuve pour refroidir les barres d'uranium et éviter la dégradation du combustible jusqu'à la fusion (vers 2100°C).
Suite au séisme survenu le 11 mars 2011, les réacteurs se sont automatiquement arrêtés mais le système de refroidissement devait continuer à fonctionner.
Or le tsunami a envahi la région et l'eau a notamment noyé les moteurs diesels des groupes électrogènes, empêchant les pompes d'injecter de l'eau dans le circuit du réacteur, dont la température s'est mise dangereusement à monter et à dégager des vapeurs d'hydrogène.
Fuites radioactives
L'explosion s'est produite samedi vers 16h30 locale (7h30 GMT). D'après NHK, le niveau de radioactivité constaté sur place serait de 20 fois supérieur à la normale. En fin de journée, un niveau de radioactivité 1000 fois supérieur à la normale était relevé dans la salle de contrôle du réacteur.
Les télévisions japonaises conseillent aux riverains de se calfeutrer, et de fermer leur fenêtre dans un périmètre "plus large que les 10 kilomètres de zone évacuée". Les experts et les journalistes conseillent aussi aux personnes qui se trouvent à l'extérieur de protéger leurs voies respiratoires avec une serviette mouillée, et de se couvrir au maximum pour éviter les contacts directs de la peau avec l'air.


D'après l'opérateur Tepco cité par la chaîne japonaise, l'évènement ne proviendrait pas du réacteur mais se serait produit suite aux répliques qui ont suivi le violent séisme du 11 mars 2011. Toutefois, un expert nucléaire qui s'exprimait plus tôt à la télévision avait affirmé qu'il pourrait s'agir d'une explosion "intentionnelle".
Reste à déterminer l'origine et le volume de la fuite car si l'enceinte intérieure de confinement du réacteur est endommagée, un scénario à la Three Miles Island (28 mars 1979, Niveau 5) n'est pas à exclure.
En effet, vu la concentration des barres d'uranium une explosion nucléaire n'est pas possible, mais des fuites de gaz radioactifs dans l'atmosphère sont possibles, de même qu'une fusion partielle du combustible. Un scénario à la Tchernobyl (explosion le 26 avril 1987, Niveau 7) n'est pas exclu si le coeur explose sous la chaleur et la pression.
Des investigations sont en cours et des pompiers spécialisés ont été appelés en renfort sur le site.
Fusion possible du réacteur
Ce matin l'agence de sécurité nucléaire et industrielle a estimé qu'il y a une forte probabilité de fusion du combustible du réacteur si la situation n'est pas contrôlée. Un porte-parole de Tepco a cependant affirmé qu'un tel phénomène "n'était pas en cours" et que la compagnie tentait "de faire remonter le niveau d'eau", pour refroidir le réacteur.
Disons que comme par le passé, l'opérateur nippon est avare de commentaires et peu transparent. Le premier ministre japonais Naoto Kan s'est donc chargé de la communication et a pris les mesures préventives nécessaires.


Cette installation est située à 250 kilomètres au nord de Tokyo. Des dysfonctionnements du système de refroidissement de ce réacteur numéro 1 avaient été signalés la veille, ainsi qu'une élévation anormale de la pression interne.
Tepco avait alors reçu des autorités l'instruction de laisser s'échapper un peu de vapeur du réacteur comportant des substances peu radioactives pour diminuer la pression, après avoir évacué 50000 habitants dans un rayon de 10 km puis de 20 km.
Quelques heures plus tard, la circulation était interdite dans un rayon de 30 km autour de la centrale.
Par ailleurs, du césium et de l'iodine radioactifs ont été détectés près de la centrale nucléaire selon l'Agence de sécurité nucléaire et industrielle. Ces éléments qui ne peuvent pas provenir du système de refroidissement indiqueraient que les containers d'uranium auraient été endommagés.
Situation en fin de journée
Le taux de radioactivité libéré dans l'air une heure après l'explosion correspond au taux enregistré en un an. L'accident serait lié à l'explosion de l'hydrogène issue du liquide de refroidissement.
Bien que la centrale soit arrêtée (des barres de contrôles se sont abaissées automatiquement dans le coeur de chaque réacteur pour interrompre la réaction en chaîne), les barres d'uranium restent brûlantes et risquent d'entrer en fusion, formant de la lave radioactive.
Suite à la perte de liquide de refroidissement, les barres de combustibles sont partiellement hors de l'eau et ne sont plus refroidies. Les deux systèmes de refroidissement de secours sont tombés en panne.
Actuellement la seule solution pour refroidir le réacteur est d'utiliser de l'eau de mer. Mais le risque de fusion n'est pas encore écarté. L'opérateur envisage de noyer toute la centrale, quitte à ne plus jamais l'utiliser, pour éviter l'accident.
La compagnie d'électricité Tepco a averti samedi qu'il risquerait d'y avoir une interruption de l'alimentation électrique à Tokyo et aux alentours en raison de l'arrêt des réacteurs de ses centrales Fukushima N°1 et Fukushima N°2 situées dans la zone dévastée par les tremblements de terre.
Si le premier ministre japonais se veut rassurant, indiquant que la centrale nucléaire de Fukushima ne présentait aucun risque et sa maintenance était assurée selon les normes en vigueur, la situation actuelle reste préoccupante.
Des experts allemands dépêchés sur place ont déclaré qu'ils déconseillaient aux voyageurs de se rendre dans la région nord-est du Japon. Des experts américains ont également été envoyés sur place.
Dernières nouvelles
L'accident a été finalement été reclassé au Niveau 7 de l'échelle INES le 11 avril 2011. L'accident est considéré comme grave avec des rejets majeurs et des effets étendus sur la santé et l'environnement.
Conséquence de cet accident et de l'arrêt des certains usines japonaises d'électronique, tous les marchés financiers ont accusé une chute allant de 2 à 10%.
A Fukushima ainsi qu'à Tokyo de la radioactivité a été détectée dans certains aliments, notamment du lait et certains légumes à feuilles. L'eau de mer contient également des substances légèrement radioactives.
Début avril, l'opérateur Tepco a annoncé avec regret qu'il était contraint et forcé de déverser dans la mer les millions de litres d'eau ayant servi à refroidir les réacteurs. Cette eau est radioactive. L'opération ne devrait durer qu'une semaine.
Suite au tsunami, plus de 25000 personnes sont portées disparues et probablement décédées. Les dégâts sont estimés à plus de 200 milliards de dollars.
Selon les dernières études, la vague du tsunami se propageait en mer à 800 km/h et atteignit localement 23 mètres de hauteur. Cette hauteur exceptionnelle explique que dans le Nord du pays certaines voitures ont été retrouvées sur le toit de building de 5 étages !
Pour plus d'information
Pour un résumé en image de la situation consultez cette infographie du Monde.fr.
Concernant l'usage de l'énergie nucléaire, consultez l'article Fission et fission nucléaires.
Consultez également l'article Mesure de la radioactivité et protection civile.

vendredi 11 mars 2011

Tsunami sur le Japon le 11 mars 2011

Un très violent tremblement de terre s'est produit au large du Japon ce 11 mars 2011 vers 14h50 locale (6h50 heure de Paris). L'hypocentre se trouvait à 130 km à l'est de la côte de Honshu (Sendaï) à 24.4 km de profondeur.
D'une magnitude de 8.9 à 9.0 sur l'échelle ouverte de Richter, c'est le plus important séisme qu'a connu le Japon depuis 140 ans ! L'événement a duré environ 2 minutes et fut suivi de nombres répliques atteignant la magnitude 5.
Suite à ce séisme, un tsunami s'est formé présentant localement des vagues de 10 mètres de hauteur. L'eau s'enfonça à environ 50 km/h jusqu'à 5 km dans les terres, détruisant tout sur son passage.
A l'heure actuelle on dénombre plus de 1000 morts et disparus, dont les passagers d'un bâteau et deux trains qui ont disparu corps et biens. On dénombre également quelque 950 blessés. Vu la situation, on estime que le bilan final sera beaucoup plus lourd.
Sous la pression de l'eau et des débris, des citernes d'une raffinerie de pétrole située à Chiba, près de Tokyo, ont pris feu, dégagement d'immenses flammes dans le ciel. L'accident demeure relativement peu polluant.


Le tsunami a principalement touché la région de Sendaï où entre 200 et 300 cadavres ont été retrouvés sur la plage. L'aéroport est inondé. L'armée japonaise est prête à y envoyer 300 avions et 40 navires pour secourir la population.
Alerte nucléaire
Les centrales nucléaires ont bien résisté au séisme et 11 réacteurs se sont arrêtés automatiquement.
Mais selon Kyodo News, une alerte nucléaire a toutefois été déclenchée dans la centrale de Fukushima Daiishi (4.7 GWe) suite à une anomalie découverte dans le système de refroidissement du réacteur no.1. Elle pourrait déclencher une fuite radioactive dans les prochaines heures, à confirmer.


Les ingénieurs ont déjà constaté que la pression dans la turbine avait augmenté de 1.5x et ils prévoient la possibilité que la température augmente dans le coeur du réacteur d'ici quelques heures. Bien que la situation soit sous contrôle, par mesure sécurité, plus de 10000 habitants de la région ont été évacués.
Une nature toute puissante
Malgré les normes parasismiques, les dégâts aux infrastructures publiques et notamment aux routes ainsi qu'aux bâtiments sont très importants. Même les buildings conçus pour résister aux tremblements de terre se sont mis à osciller dangereusement. Le déplacement horizontal atteignait plusieurs mètres au sommet des plus grands building (Cf. cette vidéo) ! Si certains ont bien résisté, d'autres se sont écroulés.
L'eau salée, la boue et les débris ont recouvert des centaines de kilomètres carrés de cultures et endommagés ou détruits des milliers de bateaux, des dizaines milliers de véhicules et d'habitations. Les vidéos parlent d'elles-mêmes.
Les Japonais sont familiers des séismes mais vu l'amplitude de celui-ci cette fois-ci la population est sous le choc.
Impact dans le monde
La vague du tsunami est passée sans faire trop de dégâts en Californie, sauf dans l'extrême nord de l'Etat (près de Crescent City et de Santa Cruz) qui fut secoué par des vagues de 2 mètres de haut. 35 bateaux de plaisance ont été endommagés. Des milliers d'habitants ont dû être évacués.
Des vagues de 2 à 4 mètres de hauteur sont attendues en fin de journée aux îles Marquises tandis que toutes les côtes d'Amérique centrale et du Sud sont en alerte pour 12 heures. Arrivée à Hawaïi, les vagues mesuraient à peine 2 mètres de haut, rien d'inhabituel.
En Equateur, l'état d'urgence fut décrété. Au Chili, à Takawano notamment les habitants furent également évacués, tout comme au Pérou.
Le Japon doit à présent gérer cet état d'urgence et le risque nucléaire. Bien que le pays soit très bien organisé et la population disciplinée, les reportages indiquent que la situation reste chaotique.
Le président Obama a annoncé qu'il apportait son aide au Japon, suivi par les offres de cinquante autres pays y compris de l'Union européenne.


Situation le 12 mars 2011
Depuis le séisme du 11 mars, plus de 15 répliques sismiques de magnitude 5 à 8 se sont produites au Japon.
Confronté à l'état d'urgence, le Japon a accepté l'aide humanitaire des Etats-Unis, de la France et de l'Union européenne. Des experts de l'ONU sont également partis sur place pour évaluer la situation et organiser les secours. Le gouvernement a envoyé 100000 secouristes dans les régions du nord-est.
Plusieurs sites industriels et notamment des raffineries de pétrole sont toujours en feu.
Le nord du pays est noyé sous l'eau et jongé de débris à perte de vue. La vie est paralysée, les trains et les lignes de métro ne fonctionnant pas ou sont détruites. Certains personnes et des hôpitaux sont toujours isolés et attendent les secours depuis 24 heures.
On dénombre plus de 1800 morts et disparus. Quelques 10000 habitants de la ville de Minamisanriku (ci-dessous) sont portés disparus, la ville ayant été rasée de la carte par le tsunami. La ville côtière de Miyagi située tout près de l'hypocentre a également été submergée et tous ses les habitants ont disparu.


Devant ce chaos, dans le nord du pays les magasins ne sont plus ravitaillés, le réseau électrique est localement coupé ainsi que le réseau GSM. Actuellement seules les liaisons satellites et Internet sont maintenus.
D'autres vidéos du tsunami sont encore publiées sur Internet montrant la puissance de destruction du tsunami dans la ville de Miyako (ci-dessous).


Situation le 13 mars 2011
Quelque 3400 bâtiments ont été détruits dans les zones sinistrées et plusieurs ports de pêche ont été rasés de la carte. 5 millions de foyers sont privés d'électricité et 300000 personnes furent évacuées. On estime qu'il y a plus de 10000 cadavres.
A Tokyo la vie a repris mais l'électricité est temporairement coupée la nuit le long des routes. Toute la population est inquiète et fait des réserves de nourriture en prévision du pire. Les étrangers habitant près de la centrale nucléaire de Fukushima sont angoissés et plus d'un étranger envisagent de quitter l'archipel nippon.
Entre les pertes humaines considérables et les installations endommagées, les habitants du nord-est du Japon doivent à présent faire face à un risque nucléaire.
De mémoire de Japonais, aucun séisme ni aucun tsunami n'avait provoqué jusqu'ici une telle catastrophe. Le premier ministre japonais a qualifié la situation de "désastre national" et déclaré qu'il s'agissait "de la plus grande crise depuis la guerre".
Les risques sanitaire et radiologique (nucléaire) restent d'actualité. S'ajoute à ces problèmes le facteur météo. On prévoit de la pluie sur le Japon les prochains jours. La pluie va précipiter les contaminants radioactifs au sol ce qui obligera les autorités à procéder à une décontamination de la population et des champs.
La situation est critique et l'aide internationale attendue avec impatience. Dans beaucoup de pays occidentaux, les secours ont été mobilisés y compris des convois militaires.
Le prix de la reconstruction
Au vu de l'ampleur de la catastrophe et des milliers de victimes, les conséquences de ce tsunami vont peser lourd sur l'économie du Japon.
Si on se rappelle que la reconstruction après le séisme de Kobe (1995) coûta plus de 1.2 milliards de dollars que celle suivant le passage du cyclone Katrina (2005) coûta 15 milliards de dollars, ici nous sommes dans une situation combinant les deux types de catastrophes. La facture sera vraisemblablement beaucoup plus lourde. Son impact reste à évaluer.
Pour plus d'informations
A propos du prix de la reconstruction et de ses effets, lire l'article Japon : le prix de la reconstruction et l'esprit Zen.
Vous trouverez sur le site du National Geographic quelques images spectaculaires prises après le passage du tsunami.

jeudi 21 octobre 2010

La marée noire du Golfe du Mexique entre deux eaux

Où est passée la marée noire de la plate-forme pétrolière "Deepwater horizon" de BP ? Où sont les oiseaux mazoutés ? Où sont les plages maculées de pétrole ? On dirait que la marée noire a disparu du Golfe du Mexique depuis l'été... !
Quand on navigue ou qu'on survole la région de l'accident, en surface on ne voit plus aucune trace de la marée noire, comme si elle avait disparu. Même les plages sont propres, à peine découvre-t-on quelques goutelettes de pétrole séché en creusant le sable à 10 cm de profondeur.
Hydrocarbones à 1000m de profondeur
Mais à y regarder de près, par avion, à 200 km des côtes on découvre en deux eaux une immense tache sombre... elle est là ! Ou du moins la partie superficielle.
Car il y a plus alarmant. Des scientifiques indépendants ont retrouvé la nappe de pétrole entre 1000 et 1500 m de profondeur. Quelles preuves ont-ils ? Les relevés des taux d'oxygène (en chute) et d'hydrocarbones (en forte hausse) s'affolent à cette profondeur, preuve qu'il existe une nappe de pétrole diluée en haute mer.
Pour le moment la NOAA, l'agence officielle du gouvernement, refuse de valider cette conclusion, prétextant maladroitement que d'autres explications sont possibles !
En fait, la nappe de pétrole est toujours là, mais cachée aux yeux du public et le milieu est toujours pollué.
La nappe s'étend sur une superficie plus grande que la Belgique : elle mesure 500 km de longueur, 90 km de largeur sur une épaisseur d'environ 400 m !
Ce pétrole a été dilué par le Corexit, un puissant dispersant ressemblant à du savon liquide très concentré vendu par Nalco Holding Company.
Ce produit dangereux pour l'environnement comme pour les hommes (on le classe parmi les pesticides neurotoxiques) fut utilisé pour la première fois à grande échelle à l'occasion de cette marée noire. Il fut déversé durant plusieurs semaines sur la nappe de pétrole. 7 millions de litres de Corexit furent utilisés dont 4 millions de litres furent déversés dans l'air et 3 millions de litres directement près de la tête du puits.
Sous l'effet du produit, la nappe de pétrole s'est désagrégée en micro-particules qui se sont enfoncées doucement dans les eaux, loin des regards indiscrets...

lundi 7 juin 2010

Bhopal : un verdict injuste après 26 ans de procédure

Après 26 ans de procédure pénale, les 7 principaux dirigeants indiens d'Union Carbide (Down Chemicals) ont été condamnés ce lundi 7 juin 2010 à une peine de deux ans de prison et à une amende de 100000 roupies (2100$). Le 8e dirigeant est déjà décédé.
Les installations corrodées d'Union Carbide abandonnées à Bhopal après l'accident. Document Raghu Rai/Greenpeace. L'ancien président d'Union Carbide India, Keshub Mahindra, aujourd'hui directeur général du constructeur de véhicules utilitaires Mahindra & Mahindra, a écopé d'une amende de 500000 roupies (10600$) pour négligence.
Depuis 1985, Union Carbide a versé 500 millions de dollars d'indemnités à la justice indienne mais pas une roupie aux victimes (à part 75€ à quelques plaignants). Le patron américain de la société ne s'est jamais présenté devant la justice indienne.
Sur le plan écologique, l'usine de Bhopal n'a jamais été démantelée et le site n'a jamais été assaini par Union Carbide qui a simplement abandonné ses installations et ses containers toxiques au milieu de la ville.
26 ans d'immunité et un déni de justice
Les avocats des victimes ainsi que les ONG de défense de l'environnement considèrent que ce verdict est trop clément et arrive trop tard.
En effet, oser condamner des gens aussi irresponsables à une peine aussi légère après un délai aussi long, l'un d'entre eux étant déjà décédé, est un véritable affront et une parodie de justice. On s'attendait au minimum à une condamnation pour homicide involontaire... C'est dans de telles situations qu'on se rend compte de la toute puissance des sociétés multinationales !
"Il ne s'agit pas de sanctions exemplaires susceptibles de dissuader les grandes entreprises de provoquer une nouvelle catastrophe de cette envergure", a déclaré un militant local, Rachna Dhingra. "Il n'y a vraiment pas de quoi se réjouir".
Bhopal, 1984Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, un gaz toxique blanc, le MIC (isocyanate de méthyle) utilisé pour fabriquer des pesticides s'échappa de l'usine d'Union Carbide de Bhopal.Un enfant victime du MIC à Bhopal en 1984. Document Raghu Rai/Greenpeace. Cet accident tua officiellement 3500 personnes. Mais officieusement (selon les ONG) il fit plus de 25000 morts et laissa plus de 50000 personnes handicapées (borgnes, aveugles, brûlées ou victime de déformations congénitales), un vrai désastre humanitaire.
Aujourd'hui, les victimes ayant survécu à cet accident demandent vengeance : "La pendaison pour les coupables !", a-t-on entendu dans les rues après l'annonce du verdict.
Les manifestants ont tenté de pénétrer de force dans l'enceinte du Palais de justice mais les forces de police les en ont empêchés : "Laissez-nous entrer. Ils ont peut-être été sanctionnés, mais qu'en est-il de nous ? Nous sommes si nombreux ici à n'avoir reçu aucune indemnisation", s'est exclamé une victime de la catastrophe, Shanta bai.
Pour Ram Prasad, un villageois âgé de 75 ans, "ces sanctions ne vont pas assez loin. J'ai perdu mon fils, mon frère cadet et mon père, et la nuit, je fais encore des cauchemars".
Si le procès est terminé, le dossier reste ouvert. Les condamnés peuvent encore faire appel de la décision, une procédure qui prendra toutefois plusieurs années en Inde.
Comme si l'affront n'était pas suffisant, les 8 condamnés ont bénéficié d'une mesure de mise en liberté provisoire après versement d'une caution de 25000 roupies (530$) chacun. De qui se moque-t-on ?
Pollution et risques d'accidents
Le MIC existe toujours et est notamment stocké chez Bayer en quantité deux fois plus importante qu'à Bhopal. Deux accidents se sont récemment produits chez Bayer, le premier aux Etats-Unis en 2008, le second en Inde en 2010.
Chaque fois l'accident causa la mort d'un ou plusieurs employés et concernait des gaz extrêmement toxiques, de classe 1.
Les conclusions des experts sont toujours les mêmes : les mesures de sécurité de ces installations ne sont pas suffisantes, augmentant le risque de fuite ou d'incendie.
Que font l'Europe et les états pour réglementer l'utilisation et le stockage de ces substances ? Je n'entends que le silence... Allons-nous attendre un nouvel accident majeur pour réagir ?
A consulter : La liste des 10 villes les plus polluées de la planète ainsi que l'article Safety forecast for the 21st century qui comprend quelques tableaux très instructifs.