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vendredi 4 septembre 2015

Saturne à l'équinoxe d'automne

Voici une très belle photographie de Saturne que vient de publier le JPL montrant le "Seigneur des Anneaux" sous un angle inhabituel.
La photographie a été prise par la sonde spatiale Cassini le 12 août 2009 à une distance d'environ 847000 km de Saturne sous un angle de phase Soleil-Saturne de 74°. La résolution est de 50 km/pixel sur le document original.


Notez que ce jour là les anneaux n'étaient pratiquement plus éclairés par le Soleil et ne projettaient qu'une fine ligne d'ombre à hauteur de l'équateur. Rappelons que leur épaisseur varie entre 100 et 1500 mètres.
Voici au même moment comment on voyait Saturne depuis la Terre simulée avec le programme "Solar System Imaging Simulator". La période des équinoxes de Saturne n'est jamais favorable pour l'observation des anneaux.


Lorsque la Terre traverse le plan équatorial de Saturne, les anneaux disparaissent totalement à notre vue et il faut user de techniques infrarouges (sensibles à la chaleur des poussières) pour les détecter.
Ce phénomène étonnant se produit tous les 15 ans. Il s’est présenté pour la dernière fois le 4 septembre 2009. La prochaine disparition des anneaux se produira le 23 mars 2025 comme on le voit ci-dessous.


En fait, les anneaux ne disparaissent pas complètement. Seules les régions les plus denses de l'anneau, diffusant la lumière du Soleil, restent visibles par photographie dans des télescopes d'au moins 250 mm d'ouverture.
Voici comment on pouvait observer Saturne depuis la Terre il y a quelques semaines, 6 ans après la photographie de Cassini, le 14 août 2015. On observe actuellement son pôle Nord et l'ouverture des anneaux est presque maximale. Elle le sera en 2017 et 2018 où les anneaux dépasseront légèrement au-dessus du pôle Nord.

Photographie réalisée par Christopher Go avec un Celestron C14.
Saturne présente actuellement un diamètre de 16.9" (c'est plus de deux fois plus petit que Jupiter) et brille à la magnitude 1.6. A la latitude Paris ou Bruxelles, elle est visible au-dessus de l'horizon Sud-Ouest vers 21 h et se couche vers minuit locale.

samedi 11 juillet 2015

Pluton entre imagination et réalité

Dans 2 jours et 19 heures, la sonde spatiale New Horizons survolera Pluton à 11000 km de distance, une première dans l'histoire de l'astronomie. Ne manquez pas cet évènement car j'ai l'impression que nous ne revisiterons plus Pluton avant très longtemps...
A quoi peut rassembler la surface de Pluton ? A l'heure où ces lignes sont rédigées personne ne le sait exactement. On ignore si sa surface est couverte de glace par exemple ou de roches, si elle est très accidentée ou plutôt lisse, pas plus que sa véritable couleur. On ignore également si son atmosphère est colorée, s'il neige du méthane ou s'il y a des geysers. Nous avons bien des indices, mais il en faut plus pour bâtir des théories.
Les illustrateurs ont donc encore quelques jours pour donner libre cours à leur imagination.
Voici par exemple comment j'imagine Pluton en présence de son plus gros satellite Charon :








Selon Ron Miller :


Selon Don Davis :


Selon Mark Garlick :


Selon Luis Calçada :


Selon David A. Hardy :


Réponse officielle : patientez jusqu'au 14 juillet 2015 après-midi lorsque le JPL recevra les images de la sonde spatiale New Horizons.
Même si elle ne transmettra pas ce type d'images, elle sera suffisamment près pour qu'on puisse examiner son relief en détails (distribution et taille des cratères, des montagnes et des failles) et détecter la présence éventuelle de brume au sol. D'autres instruments permettront de déterminer avec précision la composition de sa légère atmosphère, l'existence d'éventuels d'aérosols et d'un champ magnétique.


En attendant, voici trois photographies révélant le relief de Pluton, notamment ce qui ressemble à une chaîne de montagne traversant l'hémisphère à hauteur de l'équateur ainsi que des régions complexes et localement polygonales bordées de bandes sombres et de failles.
Les photos ont été prises avec la caméra LORRI (LOng Range Reconnaissance Imager) et colorisées à partir des données de l'imager multispectral Ralph.

Pluton photographiée le 11 juin 2015 à 4 millions de kilomètres de distance par la sonde spatiale New Horizons. Document JHUAPL.
Pluton photographiée le 9 juin 2015 à 5.4 millions de kilomètres de distance et centré sur la longitude de 19°.
Pluton photographié le 8 juillet 2015 à 8 millions de kilomètres de distance et centé sur la longitude de 133°.
Vous trouverez d'autres illustrations dans ma page "Alien Worlds".

mardi 9 juin 2015

Survol de l'astéroïde Cérès

La NASA vient de publier une nouvelle vidéo simulant le survol de l'astéroïde Cérès, l'un des plus petits corps célestes de forme sphérique (950 km de diamètre contre 540 km pour Vesta qui est de forme elliptique).
Ce film élaboré par l'équipe Dawn du Centre Aérospatial Allemand DLR est basé sur un montage de 80 images enregistrées par la sonde spatiale Dawn à une altitude comprise entre 13600 et 5100 km.
Si certaines zones blanches rassemblent à des étendues glacées, les scientifiques n'en ont pas la certitude et ignorent encore leur origine et leur composition.
La quantité de détails est impressionnante et le résultat donne vraiment l'impression de survoler l'astre. On a même l'impression qu'en faisant un 100 mètres, on pourrait se retrouver dans le vide. Mais heureusement, avec sa masse, Cérès nous maintiendrait au sol.

jeudi 13 novembre 2014

Photos depuis la surface de la comète 67P "Choury"

Après avoir assisté en direct le 12 novembre 2014 à l'atterrissage de la sonde spatiale Philae sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko alias "Choury" ("Cherry-Gerry" pour les Anglo-Saxons), tout le monde attendit avec impatience la première image panoramique prise depuis sa surface.
Malheureusement les aléas d'une telle mission et notamment les aspérités du relief qui n'est pas encore totalement cartographié ont empêché Philae de transmettre ses données à Rosetta qui devait ensuite les envoyer vers la Terre.
Mais comme promis, quelques heures plus tard l'ESA reçut finalement les premières images de la surface. Au matin nous disposions de six photos prises depuis le sol de la comète Churyumov-Gerasimenko.
Voici la première image panoramique enregistrée par Philae. Il s'agit d'un montage de trois photos corrigées couvrant un champ d'environ 90°. On reconnaît l'un des pieds de la sonde spatiale à l'avant-plan. On ignore actuellement si la zone noire est une zone d'ombre ou le ciel.

Photo prise depuis la surface de la comète par Philae le 13 novembre 2014. Document ESA.
Image panoramique à 360° construite à partir des images enregistrées au sol par Philae le 13 novembre 2014. Un dessin de l'emplacement supposé de la sonde spatiale a été ajouté en incrustation. Document ESA.
Bien qu'à cette distance du Soleil, la comète ne reçoit que 4% de l'énergie qui atteint la Terre, les photos transmises par la sonde sont assez lumineuses.
Malheureusement Philae s'est posée dans une zone partiellement plongée dans l'ombre. On constate malgré tout que la surface est très accidentée et semble couverte de roches localement plates et même brillant au Soleil (il s'agit peut-être de trace de givre), de cailloux et de graviers mêlés de rochers épars, le tout baignant dans un froid glacial (entre -40°C et -70°C en surface).
Nous savions déjà que "Choury" à l'instar de la majorité des comètes et des astéroïdes avait un aspect très sombre avec un albedo (pouvoir réfléchissant) voisin de 0.05 (contre 0.12 pour la Lune et 0.31 pour la Terre). Sa surface est donc aussi sombre que la suie ou le bitume.

Les albedos de la Terre (31%) et de la Lune (12%) comparés à celui de "Choury" (5%). Document T.Lombry.
Malgré la faible lumière ambiante, certains rochers paraissent effectivement très sombres d'autres assez clairs, révélant peut-être des compositions différentes (chondres carbonées, métaux, etc).
Si on distinguait des traces de givre ou de glace sur les images générales, elles n'apparaissent pas sur ces gros-plans.
En revanche, Philae semble y avoir enregistré un jet dans l'une de ses images panoramiques mais il peut aussi s'agir d'un reflet.
Comme le révèle la photographie ci-dessous prise juste sous le Lander à 40 mètres du sol, localement la surface est couverte de graviers, de rochers et de sable.
On ignore s'ils résultent de l'activité interne récente du noyau et d'ejectas ou s'il s'agit de l'état d'une surface plus ancienne de la comète. Les analyses ultérieures devraient nous en dire plus.

Gros-plan sur la surface de la comète photographiée pendant la descente, à 40 mètres du sol, juste sous le Lander. Le gros rocher mesure 5 mètres. Les plus petits détails mesurent 4 cm. Document ESA.
Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique de Philae, a déclaré qu'il ne savait pas exactement où s'était posée Philae car en raison de la faible gravité elle fit deux bonds à des vitesses de 38 cm/s puis de 3 cm/s avant de s'arrêter. La bonne nouvelle est que Philae est en bon état et 100% opérationnelle.
Voici le premier point de chute (touchdown) dont elle s'écarta ensuite de plusieurs centaines de mètres.

Gros-plan sur le premier point d'atterrissage de Philae sur le noyau de la comète "Choury" avant qu'elle ne rebondisse. La photo fut prise par Rosetta avant l'atterrissage, le 14 septembre 2014 à 30 km d'altitude. Si globalement la surface paraît peu accidentée vue d'aussi loin, au sol les reliefs sont localement abrupts, les dénivelés importants et le sol parsemé de gros rochers. L'image couvre 1x1 km. Document ESA.
Selon les données télémétriques, la sonde ne se serait pas accrochée à la surface avec ses crampons et serait posée sur une pente très inclinée et accidentée. L'un de ses pieds serait même dans le vide. Ce risque d'instabilité doit être résolu avant que les expériences ne débutent.
La solution la plus simple consiste à mettre à niveau le plan de travail de Philae de façon à ce que les instruments puissent se repérer par rapport à un plan horizontal.
Une alternative serait de forcer la sonde à faire un nouveau bond (elle pèse 1 g sur la comète) en appuyant par exemple le foret un peu brutalement sur le sol. L'ESA analyse actuellement ces possibilités.
Comme on le voit sur l'image ci-dessous prise la veille durant la descente, cette comète présente très peu de cratères d'impacts récents (aux contours bien dessinés). Cependant les grandes dépressions de plusieurs centaines de mètres peuvent correspondre à des cratères ensevelis ou des effondrement de terrain suite à l'activité interne qui remodèle régulièrement sa surface.

Le noyau de "Choury" photographié à 3 km de distance lors de la descente
de Philae le 12 novembre 2014. La résolution est de 3 mètres. Philae s'est posée un peu à gauche du centre de cette image (tournez la photo de 90° vers la droite pour la comparer à la photo précédente). Document ESA.
Ceci dit, si la structure superficielle de cette comète ressemble à celle de la comète Wild2 mais dans une version un peu plus "fondue", nous ignorons totalement quelle est sa structure interne.
La mécanique céleste permet d'évaluer la vitesse orbitale de "Choury" entre 15 km/s vers 3.5 UA et 34 km/s à 1.2 UA, sa masse est estimée à environ 10 milliards de tonnes et la densité de son noyau à ~0.4.
En corollaire on peut en déduire que sa structure interne est très poreuse, probablement constituée de CHON (de la glace sale constituée d'éléments légers) et de 75% de vide, le reste contenant des roches, des poussières, de la glace d'eau ou d'autres substances et différents gaz.
La mission de Philae consiste à présent à analyser et identifier ces substances grâce à ses dix instruments embarqués. Sa teneur en isotopes de l'hydrogène, de l'oxygène et du carbone seront particulièrement intéressants dans le cadre de la recherche de l'origine de l'eau présente sur Terre. La proportion des différents métaux est également très attendue (sachant déjà que la plupart des astéroïdes sont de véritables mines à ciel ouvert).
Le plus intéressant d'un point de vue scientifique reste donc à venir, d'autant plus que le noyau de la comète risque à tout moment de se réactiver (suite à l'activité solaire, un dégazage interne ou même un impact météoritique).
Rendez-vous sur le site de l'ESA et sur Twitter pour plus d'information.
L'ESA diffusera un briefing en anglais ce 13 novembre 2014 à partir de 14h CET.
Dernières nouvelles
13 nov, 18h
L'ESA n'a pas planifié de nouveau briefing. La mission suit donc son cours et les informations seront publiées au fur et à mesure sur le site de l'ESA.
14 nov, 8h
Les perspectives d'avenir de Philae sont incertaines et elle pourrait ne pas passer la nuit.
Philae s'est posée près d'une falaise qui projette sur elle une ombre qui l'empêche d'exploiter en grande partie ses panneaux solaires qui développent 9 watts.
Sans la lumière du Soleil, Philae doit consommer l'énergie stockée dans ses batteries dont la charge tient 5 jours mais elle ne peut pas les recharger comme l'ESA l'avait espéré. Elles seront donc épuisées dans quelques heures si l'ESA ne trouve pas de solution pour placer la sonde au Soleil.
Philae étant dans une position instable, essayer de la déplacer risque de la renverser et d'interrompre brutalement la mission.
Reste à essayer de la faire pivoter sur elle-même en utilisant le foret; chaque action ayant une réaction dirait Newton, il est donc envisageable de la déplacer de quelques degrés sans la déstabiliser afin qu'elle reçoive un peu plus de lumière du Soleil.
Si cela fonctionne, Philae pourra encore transmettre des données durant quelques mois, en fait jusqu'en mars 2015 date à laquelle "Choury" sera trop proche du Soleil, son noyau sera trop chaud et dégagera trop de chaleur; ce sera la panne électronique.
Selon l'ESA, même si on perd tout contact avec Philae, elle aura déjà accompli 80% de son objectif scientifique initial et il faudra des années à la centaine de scientifiques attachés à ce projet pour dépouiller toutes les données récoltées. En attendant Rosetta continue sa mission.
Rosetta cessera en principe de fonctionner en décembre 2015 mais si ses capacités énergétiques le permettent, elles pourrait survivre plus longtemps.

Illustration artistique de Philae posée sur le sol de la comète 67P "Choury". Document ESA.
15 nov, 2h
Dans la nuit l'ESA est parvenue à pivoter Philae de 35° mais elle n'est pas encore suffisamment exposée au Soleil.
Selon Stefan Ulamec, lander manager au DLR, tels qu'ils sont exposés le premier panneau solaire de Philae fournit 1h20 d'énergie tandis que les deux autres panneaux solaires permettent d'utiliser les instruments à peine 20 à 30 minutes. Bref, Philae est à court d'énergie.
Comme toutes les équipes de l'ESA qui ont travaillé dur ces derniers jours, tout le monde est fatigué !
Les communications avec Philae ont été interrompues ce matin à 1h36. Philae s'est endormie. Elle pourra à nouveau fonctionner dès que la comète aura changé d'orientation et que les panneaux solaires de la sonde seront mieux exposés au Soleil. Il se pourrait que ce ne soit qu'au printemps 2015. Bon repos, Philae.
17 nov
L'ESA a pu identifier la trajectoire exacte que suivi la sonde Phylae lors de ses quatre rebonds sur la comète 67P. Voilà les différentes séquences :

Les différentes étapes de l'atterrissage de la sonde Philae photographiée depuis la sonde Rosetta. Document ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA.
1 dec, 12h
L'ESA nous propose enfin la première photographie en couleurs de 67P. Il s'agit d'un compositage RGB réalisé par les deux caméras OSIRIS de Rosetta d'une résolution de 4 MB. La comète ayant bougé entre les trois prises de vue, l'image est légèrement floue.


Les astronomes furent étonnés par la couleur brune-orangée du noyau qui rappelle la surface désertique et poussiéreuse de Mars. En effet, sur base de son albedo très faible, on s'attendait à une teinte anthracite (cf. l'image comparative en haut de page). Comme quoi en science rien n'est jamais acquis.

dimanche 17 août 2014

Vous ne verrez probablement ça qu'à Dubaï

Le webzine Buzzfeed a rassemblé 35 photos insolites prises à Dubaï montrant tout l'anachronisme, l'extravagance, l'excentricité et le choc des cultures que l'on peut voir dans cet émirat et probablement nul part ailleurs sur la planète !
Voici quelques extraits d'un microcosme où l'argent n'a plus de valeur, où les apparences ne sont même pas trompeuses et où les animaux "domestiques" sont mieux considérés que les épouses.

Il prend son guépard comme on prend son chien ou son chat...
...ou son tigre !
Ces smartphones en or et incrustés de diamants valent plus chers qu'une maison.
Cet ATM délivre de l'or en barre.
Un sport à haut risque... acrophobistes s'abstenir.
La Lamborghini de la police réservée aux voies rapides.
Big wheels.
Ce n'est que la salle de bain de 100 m2.
Où il est "normal" selon la Sharia qu'un mari "fouette gentillement" sa femme.
Le choc des cultures.
Un paysage urbain à la Blade Runner.
Images extraites de BuzzFeed.

samedi 16 août 2014

Après les selfies, voici les dronies

Après les "selfies" et les "groupies", voici les "dronies", un nouveau concept qui nous vient tout droit de Nouvelle-Zélande. Cette nouvelle mode a été lancée durant la saison de ski hivernale qui débuta en juin dernier en Nouvelle-Zélande.

Document Tourism NZ.
Le principe est simple. La société Tourism New Zeland propose aux amateurs de sports d’hiver de les filmer en plan serré puis de s'éloigner en terminant avec un plan large montrant les paysages grandioses de la Nouvelle-Zélande.
Le drone permet de créer une vidéo de 8 secondes que l'auteur peut ensuite partager avec ses amis sur les réseaux sociaux (cf. par ex. #NZdronie).
Vous trouverez plus de détails sur ce service et le fonctionnement de ce drone sur les comptes Instagram et Facebook de Tourism New Zeland (Tourism NZ).
A n'en pas douter, après avoir séduit les reporters et les naturalistes, on retrouvera des drones équipés de moyens vidéos sur les pistes de ski européennes cette année.

Le drone Phantom2 de DJI utilisé par Tourism NZ.
L'usage (très) réglementé des drones
Si chacun peut acheter un drone et l'équiper d'une caméra GoPro par exemple ou d'un APN commandé à distance depuis une console ou un iPad, vous n'êtes pas pour autant autorisé à l'utiliser pour filmer ou photographier l'environnement, et certainement pas les régions habitées comme le révèle cet article publié récemment dans le journal "L'essentiel".
En effet, le drone est considéré comme un aéronef et son exploitation exige une autorisation de l'Aviation civile. Mais ce n'est pas tout.
Vous devez également réussir un examen théorique de pilote d'ULM (un QCM) et utiliser un drone homologué (tous ceux vendus en France ou Benelux le sont généralement).
Si le drone est équipé de moyen photo ou vidéo vous devez également fournir à la préfecture le plan de vol de la région que vous voulez survoler au moins 15 jours à l'avance.
Pour plus d'information consultez les législations française, luxembourgeoise et belge (projet).
Assouplissement de la loi mais pas de libéralisation
La législation sur l'usage des drones va s'assouplir, notamment en Belgique comme l'explique cet article publié dans le journal "Le Soir" en avril 2014. Ceci dit, il ne faut pas s'attendre à une libéralisation totale, c'est-à-dire une utilisation hors de tout contrôle.
En effet, un drone reste un appareil volant qui peut être piloté jusqu'à 1000 ou 1500 m d'altitude. Les plus sophistiqués peuvent même maintenir leur position par GPS.
Un drone est équipé d'une batterie Lithium Polymère (LiPo) et pèse quelques kilos. Autrement dit, il peut se retrouver sur la trajectoire des avions privés, des avions de chasse en "low level" et des ULM.
Le risque de collision est donc bien réel et la batterie LiPo peut faire exploser le réacteur d'un avion. L'usage des drones doit donc respecter des règles de sécurité propres à l'aviation ainsi que la vie privé.

Drone Phantom2 de DJI équipé d'une caméra GoPro Hero3.
Amendes et emprisonnement
En attendant un peu de souplesse de la part du législateur, les personnes qui ne respectent pas la loi et qui notamment portent "atteinte à la vie d'autrui" en survolant des piétons ou des zones habitées à basse altitude encourent une amende jusque 15000€, une confiscation du matériel et un an d'emprisonnement.
La police utilisant elle-même des drones, elle commence à bien les connaître et n'hésite pas à verbaliser les pirates... Tout ceci a de quoi décourager les photographes ou vidéastes les plus avertis.
Quant au prix et les spécifications de ces appareils, précisons qu'un drone coûte entre 300-2500€ pour un modèle de loisir à plus de 6000€ pour un modèle pro. Il pèse entre 2 et 15 kg selon le modèle et fait pas mal de bruit.
Son autonomie est voisine de 20 minutes pour les modèles grand public à 2 heures pour les modèles pro (type Infotron) et il peut emporter une charge variant entre 1 et 5 kg selon le modèle.
Si cela vous intéresse toujours et détenez vos autorisations et permis, voici deux boutiques en ligne : Drones.lu et Droneshop.


*

A défaut d'autorisation et de permis, vous pouvez louer un drone équipé de moyen photo ou vidéo et piloté par une personne autorisée. Le marché étant tout récent, les prix restent élevés (aussi élevés qu'un vol d'initiation dans une école de pilotage d'avion !).
Ainsi, une location de drone avec moyen photo ou vidéo et assistant revient entre 100-290€ l'heure selon le modèle et le projet et entre 800-3000€ htva par jour.
Evidemment, dans ce secteur les plus petites entreprises, souvent des photographes ou vidéastes indépendants, sont les moins chères.
Mais dans tous les cas, si vous faites régulièrement des photos ou vidéos aériennes, l'achat est vivement conseillé !
Voici quelques adresses :
Belgique :  PixarDrone, SVA Belgium, Studio ADR, Vue Aérienne, Sky Gaume
Luxembourg : Cominlux, Drones
France : Above My Place, Drone Camera Service, Sky Drone, Vision-Drones Location, Vision du Ciel
Pour plus d'informations
Drones civils : de nouvelles réglementations en perspective, deJuristen (Belgique)
Drone et respect de la loi, HelicoMicro (un article long mais qui vaut la peine d'être lu)
Fédération Professionnelle du Drone Civil (France).

samedi 9 août 2014

Les Perséides arrivent !

Comme chaque année à la même époque, les personnes s'intéressant aux phénomènes célestes ont l'occasion d'observer l'essaim des Perséides, l'une des apparitions d'étoiles filantes les plus nombreuses et les plus brillantes de l'année. Le pic d'activité se produit entre le 9 et 13 août.
Ces météores sont constitués des débris laissés sur son orbite par la comète Swift-Tuttle que la Terre traverse chaque année. Le nom de Perséides est lié à la constellation dans laquelle apparaissent ces météores. Cette constellation se situe dans le secteur Nord-Est du ciel.
Voici deux cartes du ciel avec et sans annotations qui vous permettront de localiser le radiant.

L'essaim des Perséides vers minuit locale à 50°N. Carte préparée avec Stellarium.

Le radiant, point central de l'essaim se situe à 3h04 et 58°N en coordonnées équatoriales le 12 août. Il se décale au cours des nuits car il ne suit pas le mouvement des étoiles.
Le radiant se situe assez bas sur l'horizon en début de nuit (22° d'élévation à 22h) puis s'élève lentement dans le ciel à mesure que la nuit avance pour atteindre 69° d'élévation à 5h du matin.
On peut observer en moyenne 75 météores par heure au zénith avec un maximum après minuit où les météores sont généralement plus brillants car ils pénètrent plus rapidement dans l'atmosphère terrestre.
Selon l'IMO, il y eut 122 météores par heure le 12 août 2012 à 15h50 TU, taux qui chuta de moitié 6 heures plus tard.
Photographie
Si le ciel est dégagé, sortez si possible après minuit et placez-vous dans un endroit éloigné de toute lumière artificielle et levez la tête au ciel du côté Nord-Est. Soyez patient et attendez quelques minutes. Le spectacle va commencer !
En principe vous devriez observer une Perséide par minute ou au moins tous les quarts d'heure (mais certains n'en voient jamais). Sa traînée évanescente s'étire en général sur 10 ou 20° qu'elle parcourt en 2-3 secondes, soit grosso-modo la distance qui sépare votre pouce de l'auriculaire poing fermé et bras tendu (la largeur du pouce bras tendu représente 2°).
En général un météore se déplace en silence et sa traînée disparaît en quelques secondes. Exceptionnellement, elle peut persister quelques dizaines de secondes ou même quelques minutes. En de très rares occasions, souvent associées au passage d'un bolide très brillant, quelques observateurs ont même entendu un bruit.
Pour les photographes amateurs, placez votre APN sur un trépied et reliez-le à un déclencheur à distance (filaire ou sans fil) ou programmez-le pour qu'il réalise des photographies à intervalles réguliers.
Plus le champ de l'objectif est grand plus vous avez de chances d'enregistrer un météore. Sachant cela, utilisez si possible une optique grand-angle comprise entre le 8 mm couvrant 135° et le 35 mm couvrant 63° en format 24x36 ou un zoom de 3 ou 4 mm en format compact voire même une optique panoramique (fish-eye de 180°).
Vu que certains météores seront hors champ, attendez-vous à observer plus de météores que vous ne pourrez en photographier...

Document J.Perez. (le Nord est à gauche).
Ne photographiez pas directement le radiant car il ne s'y passe rien, mais un secteur situé entre 45-90° tout autour, vers le haut (vers le W de Cassiopée jusqu'à la Croix du Cygne), vers la gauche ou la droite. Il m'est déjà arrivé d'observer des Perséides à plus de 90° du radiant, dans l'Aigle, mais rarement plus éloigné, et même très bas sur l'horizon.
Vous pouvez aussi photographier l'horizon NE où se trouve Capella (la seule étoile brillante dans cette région du ciel) mais statistiquement vous observerez très peu de météores à une si faible élévation (50% à 27° d'élévation et 10% à 2.6° au-dessus de l'horizon), sans parler de l'effet de la pollution de l'air, de l'éclairage public ou de la brume.
N'oubliez pas que cette année la présence de la pleine Lune risque de voiler vos photographies et d'éclairer les éventuels nuages. De plus, à 800 ou 1600 ISO une exposition de 10 secondes à f/5 rendra l'image aussi lumineuse qu'en plein jour !
Il faudra donc éviter des temps d'expositions trop longs et d'avoir la Lune dans le champ. Du fait de son éclat les météores les plus pâles (magnitudes 5-6) ne seront pas visibles.
En revanche, si vous avez de la chance, il est possible que vous observiez un bolide, un météore très brillant (Mv -10) qui n'est qu'un grain de poussière un peu plus gros que les autres (quelques millimètres de diamètre).

Une Perséide photographiée à 1h du matin en présence de la Lune.
Objectif Canon de 24 mm f/2.8. Exposition de 5 secondes à 1250 ISO. Document A.Abolfath.
Désactivez si possible tous les automatismes de votre APN et faites la mise au point sur l'infini. Choisissez le mode manuel, une sensibilité de 1000 à 1600 ISO (au-dessus le bruit électronique sera apparent et va détruire la qualité de l'image), ouvrez le diaphragme à pleine ouverture et faites autant de photographies que possible exposées environ 10 secondes vu l'éclat de la Lune.
Notez toutefois que si vous utilisez un grand angle, au-delà d'une minute d'exposition le filé des étoiles devient apparent.
La formule pour connaître le temps d'exposition maximum que vous pouvez utiliser pour que les traînées des astres n'apparaissent pas sur la photo est la suivante : Durée (secondes) = 1000 / (Focale * cos (Elevation)).
Ainsi, pour une élévation de 60° et une optique équivalent à un 35 mm, le temps d'exposition maximal est de 57 secondes.
Si vous disposez d'une monture équatoriale, vous pouvez faire des expositions suivies d'une minute en veillant à ce que la photographie ne soit pas surexposée par l'éclat de la Lune.

Gros-plan d'une Perséide colorée photographiée par S.Kohle.
Optique de 28 mm f/2.8. Exposition de 5 minutes à 1000 ISO.
La couleur des météores
Si visuellement les étoiles filantes sont généralement blanches, sur les photographies elles présentent souvent une traînée colorée qui se termine parfois par une explosion plus brillante comme on le voit ci-dessus.
Les couleurs bleue et verte proviennent du magnésium (Mg I), le calcium (Ca II) donne un éclat bleu-violet, le chrome (Cr I) donne une lumière bleue tandis que la lumière jaune-orange est émise par le fer (Fe I). Cette couleur ne dépend pas de la composition du météore mais de celle de l'atmosphère.
En effet, la matière qui est éjectée des météores se refroidit très rapidement dans la haute atmosphère et ne peut pas rester longtemps lumineuse.
Ce qu'on observe comme étant un météore vert ou cuivré est en fait la trace de l'air ionisé, les électrons se recombinant avec les atomes en émettant des photons à des longueurs d'ondes spécifiques, rouges, jaunes, vertes ou bleues en fonction de la densité de l’oxygène ou de l’azote présent à cette altitude.
Ainsi une traînée verte ne signifie pas que le météore est constitué de magnésium. Il a simplement ionisé une région de la haute atmosphère riche en oxygène neutre.
N'oubliez pas faire un voeux et bon amusement !

vendredi 2 mai 2014

Reflets dans une goutte d'eau

Avez-vous déjà photographié une goutte d'eau ? A l'image des bulles de savon, leur forme parfaite et leurs reflets en font de fascinants sujets photographiques.
Physique de la goutte d'eau
Une goutte d'eau mesure typiquement 1 mm de diamètre. Elle prend une forme sphérique sur une surface hydrophobe. Pourquoi prend-elle cette forme ?

Source: Photo of the World.
Elle doit sa forme à sa tension superficielle qui est proportionnelle à son rayon de courbure. Quand cette tension est constante, la courbure de la goutte d'eau atteint un état d'équilibre et prend la forme d'une sphère.
Cela reste vrai tant que la force de tension superficielle est supérieure à celle de la pesanteur.
C'est la raison pour laquelle à partir d'environ 3 mm de diamètre (au-delà de la longueur dite capillaire), la goutte s'aplatit sous son propre poids. Au-delà de 3 mm de rayon, toutes les gouttes explosent.
Pourquoi y a-t-il des reflets et parfois des irisations dans une goutte d'eau ? Une goutte d'eau produit sur la lumière le même effet qu'une loupe, un prisme ou un miroir semi-réfléchissant. La lumière se réfléchit sur la surface de contact, se réfracte dans son épaisseur, s'y diffuse et agrandit les images tout en les inversant comme on le voit sur les très belles macro photographies suivantes.

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La macrophotographie
Ce monde proche du microscopique est à votre portée à condition de disposer d'un appareil photo équipé d'un objectif macro, c'est-à-dire une optique capable s'assurer une mise au point jusqu'à moins de 20 cm du sujet et de dépasser un agrandissement de 1:1 (par exemple un téléobjectif réflex de 85 mm à 180 mm de focale f/2.8-3.5) ou un APN compact muni d'une option macro.
On peut aussi faire de la macro avec des objectifs réflex de 50 mm couplés à des bonnettes d'approche de 3 à 10 dioptries (qui se vissent sur l'objectif), une bague d'inversion (pour utiliser l'objectif à l'envers), des tubes d'extension de 12 à 36 mm (tele-extender), un soufflet et même envisager d'utiliser une caméra endoscopique.
Les autofocus se perdant dans les détails de la scène, la mise au point doit impérativement être faite manuellement.
Un conseil, travaillez avec un trépied ou un monopied, sous une forte lumière ambiante et si possible à faible sensibilité (100-400 ISO) car il faut envisager un agrandissement d'une partie de l'image sans que l'on voit la pixelisation.


La vitesse d'exposition dépend de la quantité de lumière et du sujet, mais pour un sujet calme (par exemple un insecte posé sur une feuille), choisissez une vitesse d'au moins 1/125eme de seconde. Si le sujet est très nerveux, vous pouvez aller jusqu'à 1/1000eme de seconde ou davantage.
Etant donné que le sujet est très rapproché, la profondeur de champ est souvent réduite à quelques centimètres voire millimètres. Il faut donc diaphragmé (f/5.6 à f/11) sachant que l'effet de la diffraction augmente à mesure que l'ouverture du diaphragme diminue (à partir de trois diaphragmes de la plus grande ouverture) et risque d'affecter la qualité des détails. Sans oublier que le moindre décalage de la mise au point donnera une image floue. Raison pour laquelle, à défaut de lumière, le trépied est souvent utile.

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Source: DSLR.
Si la profondeur de champ n'est pas suffisante, reculez légèrement (mais il faudra allonger la focale) ou utilisez un flash diffus ce qui vous permettra de diaphragmer et d'augmenter la plage de netteté.
Lorsque la lumière diminue (il suffit d'un nuage ou un ciel gris) le flash diffus devient vite indispensable pour éviter des temps d'expositions trop lents et un risque de bougé (en-dessous de ~1/15eme de seconde).
Vous pouvez en complément utiliser un déclencheur souple (un déclencheur filaire qui se connecte au boîtier du réflex) car à faible vitesse le fait d'appuyer sur le déclencheur de l'appareil photo est une source potentielle de bougé.
L'alternative est de travailler en studio sur des sujets calmes ou inertes où les conditions de travail sont contrôlées.
Logiciel
Enfin, il existe d'excellents logiciels permettant de superposer des images, redonnant leur netteté à des images individuelles partiellement floues.
Une seule recommandation : utilisez un trépied et conservez les mêmes conditions de prise de vue (point de vue, angle de prise de vue, focale, etc) pour toutes les photos, cela facilitera la reconstruction de l'image finale.
Si vous ne respectez pas l'échelle de la composition ou le grandissement, la perspective sera déformée et il sera très difficile d'aligner les images sur ordinateur.
Si beaucoup de photographes travaillent avec Adobe Photoshop qui permet de manipuler des calques (layers) et d'accentuer la netteté des images notamment, le programme Zerene Stacker est particulièrement adapté à la macro photographie. Essayez-le, il vaut le détour.

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Macro photos traitées avec Zerene Stacker. Source : Flickr.
Vous trouverez une impressionnante galerie de magnifiques macro photographies sur Flickr.
Sauf autre mention, ces images sont extraites des sites Amazingly Timed Photos, Dusky's Wonder, Wildscreen HD Wallpapers, Wikipedia et Luxorion.
Pour plus d'information consultez l'article sur la photographique numérique.