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vendredi 18 décembre 2015

La fracture Nord-Sud en chiffres

Voici quelques chiffres qui en disent long sur les soi-disant "bonnes intentions" de l'Occident - les membres du G-20 pour être précis - à vouloir réduire la fracture "Nord-Sud". Une enquête édifiante. A méditer.
Selon le PNUD, les 3 personnes les plus riches du monde sont aussi riches que les 48 pays les plus pauvres.
Les avoirs des 84 personnes les plus riches dépassent le produit intérieur brut de la Chine avec ses 1.2 milliard d'habitants.
Les 225 personnes les plus riches ont un revenu annuel équivalent à celui de 47% de celui des individus les plus pauvres de la planète, soit 3 milliards de personnes en 2005. Il suffirait de moins de 4% de la richesse cumulée de ces 225 plus grandes fortunes mondiales (évaluées à plus de 1000 milliards de dollars US) pour donner à toute la population du monde l'accès aux besoins de base et aux services élémentaires : soins de santé, alimentation, éducation
Selon la Banque Mondiale, la dette totale des pays en développement s’élevait à environ 2527 milliards de dollars en 2001 dont 20% de dettes privées non garanties. Ces pays remboursent chaque année plus de 200 milliards de dollars.
Les réductions ou annulations de dettes consenties aux pays du tiers-monde représentent moins de 2% de l’ensemble de leurs dettes.
L’ensemble des aides publiques au développement atteint 45 milliards de dollars par an.
L’Afrique subsaharienne dépense quatre fois plus d'argent pour rembourser sa dette que pour toutes ses dépenses de santé et d’éducation.
En réévaluant 5% de ses réserves d'or, soit 2.1 milliards de dollars, le FMI pourrait assurer l'éducation de l'Afrique subsaharienne durant 10 ans.
En vendant ou réévaluant un quart de ses réserves d'or, le FMI pourrait annuler la totalité des dettes contractées par les pays pauvres très endettés (PPTE) envers son institution.
A titre de comparaison, tant aux Etats-Unis que dans l'Union Européenne, la dette publique dépasse 5500 milliards de dollars.
Le déficit commercial des Etats-Unis bat tous les records avec 420 milliards de dollars en 2005 du fait des importations, notamment avec la Chine, alors que l'Allemagne présente un excédant à l'exportation de 80 milliards de dollars (et 14 milliards de dollars pour l'U.E.).
Dans le monde les dépenses militaires s’élèvent à 780 milliards de dollars chaque année et les dépenses en publicité atteindraient 1000 milliards de dollars (1998).

mercredi 7 novembre 2012

Obama est réélu président des Etats-Unis

Barack Obama a gagné les élections présidentielles américaines de 2012 avec 270 grands électeurs de préférence contre 206 pour Mitt Romney.


Yes ! Ouf, il en fallut de peu mais nous voilà rassurés, Obama peut sereinement poursuivre et asseoir sa politique dans le long terme et relever de nouveaux défis.
Notons toutefois que le décompte des votes est toujours en cours en Floride. Nous ne reconnaîtrons le résultat définitif que dans quelques jours.
Ceci dit, à l'étranger, les premières réactions se sont déjà fait entendre, notamment celle du président du Conseil de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, qui déclara ce mercredi être "très heureux de la réélection du président Barack Obama."


La grâce retrouvée
Malgré qu'Obama ait perdu ses principaux conseillers à partir de 2010, que la cote financière des Etats-Unis ait été dégradée, que les pauvres soient encore plus pauvres, il a mené à bien de nombreux programmes dont celui de l'assurance-santé et la guerre contre Ben laden, et ses convictions n'ont pas changé, ce qui globalement a renforcé son autorité et joué en sa faveur.
Son programme électoral de 2012 est tout aussi crédible, car fidèle à l'image de l'homme qu'il est réellement derrière la caméra.
En effet, bien plus social et moral que celui de son adversaire, le programme d'Obama est cohérent et rigoureux sur les plans économique et financier, chiffres et méthodes à l'appui, et accorde une place de choix aux questions sociales et de société qui touchent la plupart des Américains. C'est sans doute ce dernier point qui a rallié à lui les électeurs indécis des swing states et redonné espoir aux Américains.

Voici la version française de ce discours.

Le meilleur reste à venir
Mais mieux que cela c'est l'idéal d'une Amérique démocratique, multi ethnique, ouverte au monde et progressiste qui a gagné les élections, bref une partie de l'American Dream qui est préservée même si elle fait de moins en moins rêver et si l'Amérique n'est peut être plus le modèle idéal de société.
Mais il vaut toujours mieux être démocrate et avoir l'esprit ouvert que républicain et ploutocrate quand on veut préserver des principes démocratiques comme l'égalité sociale, la fraternité et la liberté et faire de son pays une grande nation.
Mais Obama reste optimiste et clairvoyant quand il déclara cette nuit dans son discours de remerciement, "le meilleur reste à venir".

Résultat provisoire des élections du 7 nov 2012. Les résultats de Floride ne sont pas encore connus.


Ceci dit, les choses sérieuses vont commencer et Obama n'a pas encore gagné la partie. Il sait que les Républicains du Congrès (Chambre des représentants) sont majoritaires et donc tout aussi puissants que lui sinon davantage et feront tout pour ignorer ses projets de lois et ne pas voter ses budgets. Mais restons optimistes, le Sénat reste aux mains des Démocrates.
La falaise fiscale où la grande menace sur l'économie
Dans l'immédiat, Obama doit faire face au défi de la "falaise fiscale" qui attend tous les Américains le 1 janvier 2013 (l'échéance des allègements fiscaux décidés sous l'ère Bush qui, à défaut d'accord au Congrès conduira à une augmentation de 4% des impôts sur les revenus au sens large).
Républicains et Démocrates savent qu'ils devront trouver des compromis au risque de plonger les Etats-Unis dans la récession, concrètement une nouvelle crise socio-économique majeure. Cela conduirait probablement à une nouvelle décote de la notation financière des Etats-Unis, une situation qui serait encore plus dramatique car elle aura non seulement un impact sur tous les acteurs du secteur financier, mais également sur l'activité des PME et des particuliers en quête de crédits mais par effet domino sur l'économie mondiale également selon Fitch.
Dernière nouvelle
Suite au décomptage des votes en Floride, l'état qui ferma le plus tard ses bureaux électoraux, il apparaît au 10 novembre 2012 que Barack Obama a devancé Mitt Romney avec un avantage de 27000 électeurs seulement.
A l'échelle de l'Union, Obama conforte son leadership avec 332 Grands électeurs contre 206 pour Romney.

lundi 30 janvier 2012

Le coût économique d'une grève

Ce lundi 30 janvier 2012 une partie de la Belgique était en grève, surtout en Wallonie. Coup dur pour les travailleurs mais également pour les patrons...
Il y a les fervents défenseurs du droit de grève et les autres, ceux qui estiment qu'une concertation sociale vaut mieux qu'une paralysie de l'économie.
Car cette fois encore si la FGTB aurait aimé que la grève soit limitée aux seules entreprises, dans les faits les grévistes ne l'ont pas entendu de la même oreille; c'est toute l'économie qui fut touchée, en commençant par les automobilistes souhaitant se rendre à leur travail, les livreurs, etc. En effet, comme toujours les grévistes ont fait du zèle et ralenti le trafic routier voire bloqué certaines voies d'accès
Plus que les revendications, lors d'une grève nationale se pose la question de l'intérêt de bloquer l'économie de tout un pays et notamment l'activité des PME et autres SSII.
En Belgique, un jour de grève coûte 0.5% du PIB soit environ 1500 € par habitant. La perte de production dans les secteurs technologiques atteint 50 millions d'euros pour jour. Au port d'Anvers, on estime la perte financière à un million d'euros par heure de valeur ajoutée.
Pour le représentant des entreprises (FEB), le coût de la facture globale s'élève entre 600 et 800 millions d’euros par jour de grève, sans parler des coûts indirects.
Alors si nous voulons préserver notre gagne-pain vaut-il mieux faire un saut d'index qui finalement ne va toucher que quelques millions de personnes et coûter quelques centaines de millions d'euros à la communauté ou jeter 4 à 5 fois plus d'argent par la fenêtre ?... La première solution me paraît plus sage. Quant au reste, et bien apprenons à dialoguer plutôt qu'à battre le fer !

dimanche 13 mars 2011

Japon : le prix de la reconstruction et l'esprit Zen

Pour évaluer le prix de la reconstruction après les conséquences catastrophiques du séisme du 11 mars 2011 au Japon, nous pouvons essayer de comparer cette situation à deux précédents : Kobe et Katrina.
Le séisme de Kobe de 1995 fit 5373 victimes, il a fallut reconstruire 200000 logements. Les dégâts matériels furent évalués à plus de 1.2 milliards de dollars (100 milliards de yens).
Le cyclone Katrina qui frappa la Louisiane en 2005 fit 1337 morts et 500000 personnes furent évacuées. La reconstruction coûta 15 milliards de dollars répartis sur 3 ans.
Ici, nous sommes dans une situation encore plus complexe et dramatique combinant les deux types de catastrophes, à laquelle s'ajoute le risque nucléaire à la Three Miles Island. La facture risque d'être très élevée.
En fin de journée à Tokyo (13h30 GMT) le porte-parole du gouvernement japonais, Yukio Edano déclarait que la reconstruction aller "se chiffrer en dizaines de milliards de dollars".
Bilans économique et financier
Outre les milliers de victimes humaines (environ 19000 morts et disparus), les innombrables dégâts aux infrastuctures publiques, des milliers de moyens de transports ont été détruits : des voitures, des camions, des bâteaux de pêche, de plaisance, des navires militaires, des avions civils, des avions de chasse, des trains, y compris des lignes de communication (routes, réseau ferroviaire, réseau électrique), sans parler des pertes matérielles dans les boutiques de milliers de commerçants.


Si les assurances vont se tourner vers l'Etat, dans tous les cas les victimes ne seront jamais indemnisées en totalité et une bonne partie de la population devra soit attendre l'aide des ONG ou prendre à sa charge les réparations urgentes.
Crise ou croissance ?
Le Japon subit actuellement une crise économique sans précédent avec une dette monumentale qui atteint 200% du PIB (contre 102% en Belgique, 83% en France, à peine 14% au Luxembourg et 11% aux Etats-Unis en 2010). L'agence de cotation Standard and Poors a d'ailleurs récemment abaissé la cote de la dette japonaise, estimant que son déficit se maintiendra dans les années à venir.
Pour sa part l'agence Moddy est plus sereine et a déclaré le 11 mars que le séisme ne devrait pas engendrer une dégradation de la note qu'elle attribue à la dette japonaise.
Ceci dit, les destructions provoquées par le tsunami vont peser différemment sur l'économie d'une ville à l'autre. Ainsi la préfecture de Tohoku par exemple produit 8% du PIB nippon alors que celle de Kanto qui abrite Tokyo produit 40% de la richesse du pays.
La raffinerie Cosmo Oil à Ichihara située à l'est de Tokyo a cessé de fonctionner. Elle produisait jusqu'à 30% de la production électrique nationale. Ajoutée aux 11 centrales nucléaires qui ont été arrêtées, selon le ministre du Commerce le Japon se voit temporairement privé de 25% de sa production d'électricité.
Wolfgang Leim, économiste chez Commerzbank a déclaré à l'AFP que "le PIB pourrait baisser de nouveau légèrement au premier trimestre".
Néanmoins, à moyen terme, comme cela s'est produit après le séisme de Kobe, la reconstruction pourrait générer un surcroît d'activité du fait que la population aura tendance à renouveler les biens perdus ou endommagés, ce qui boostera l'économie nipponne, en particulier les secteurs du bâtiment, de la sidérurgie et des télécommunications.
Ainsi en 1995, l'indice Nikkei avait chuté de 21% dans les 5 mois suivant le séisme de Kobe mais s'était rétabli aussi vite. Le PIB du Japon avait augmenté de 1.9% puis de 2.6% en 1996 alors que la croissance moyenne du pays était de 1.5%. Entre 1995 et 1996, la consommation a progressé de 2.2% selon Takuji Okuba, économiste à la Société Générale.
En attendant, le pays va subir non seulement un important impact socio-économique mais également financier, la bourse de Tokyo accusant déjà un ralentissement sensible de ses activités, comme ce fut le cas à l'époque de Kobe.

Bourse de Tokyo le 2 mars 2011. La chute moyenne est de 2.43%.

Par effet domino, les titres de sociétés filiales ou de sous-traitants de l'opérateur Tepco côtés sur d'autres marchés pourraient également subir une baisse sensible de la valeur de leur titre.
De façon générale, tous les titres des sociétés installées au Japon vont subir un recul (par ex. les sociétés d'électronique, d'automobile, robotique, etc).
Enfin, face à ces incertitudes certains investisseurs vont momentanément se retirer du marché, ce qui peut accenter la chute.
Depuis le 11 mars 2011, on constate que des prises de bénéfices ont déjà eu lieu sur les marchés européens, notamment sur les valeurs de l'assurance et de reassurance (chute jusqu'à 2.7% sur le marché français, Wall Street est encore hésitant) ainsi que dans le secteur industriel nucléaire.
Mais paradoxalement, si le gouvernement nippon vote un budget d'urgence comme il le fit en 1995, l'effet peut être finalement positif : à l'époque il eut pour conséquence d'augmenter de 0.3 points la croissance du PIB au deuxième trimestre et de 0.5 points au troisième trimestre. Peter Westaway de Petercam anticipe une réponse similaire de la part des autorités.


Indice de performance de la bourse de Tokyo le 14/03/2011.
Dernières nouvelles
21 mars 2011 : La Banque mondiale estime le prix de la reconstruction du Japon entre 122 et 235 milliards de dollars !
Les derniers chiffres citent une perte de 210 milliards de dollars pour l'économie japonaise.
En une semaine les indices TOPIX et Nikkei ont repris plus de 9% suite aux décisions du G20.
Ayant des relations au Japon, je souhaite beaucoup de courage aux rescapés,
私は生存者に若干の勇気を望みます.

dimanche 27 juin 2010

Le sommet du G20 va-t-il réussir ?

Les 20 pays les plus riches membres du cerclé très fermé du G20 discutent ce weekend à Toronto des moyens de relancer l'économie mondiale, des finances mondiales, des avantages fiscaux, du capital à risque, bref des défis et des incitants permettant de maintenir le fragile équilibre financier de la planète tout en évitant la prochaine crise économique ou financière.Les acteurs du G-8 réunis le 25 juin 2010.
Le G20 regroupe 19 grandes économies en plus de l'Union européenne représentant les trois-quarts de la production et les deux-tiers de la population mondiale.
Il comprend le G8 (Etats-Unis, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie et Royaume-Uni) qui s'est réuni à Huntsville, au Canada. Le G20 comprend en plus du G8, l'Argentine, l'Australie, le Brésil, la Chine, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique, la Turquie, l'Arabie Saoudite, l'Afrique du Sud et la Corée du Sud.
Le problème est avant tout dans la manière dont les gouvernements respectifs envisagent de contrôler leur système financier pour ne pas ralentir leur économie florissante comme c'est le cas aux Etats-Unis et en Chine notamment.
La solution doit s'appliquer non seulement aux banques européennes, mais également américaines, canadiennes, japonaises et aux banques des pays émergeants.
Durant ce weekend, les ministres des Finances concernés espèrent trouver un consensus avant le prochain sommet qui se déroula à Séoul, en Corée en novembre.
Questions en suspens
Parmi les questions qui fâchent, si la Commission Européenne aimerait par exemple taxer les banques pour les risques qu'elles prennent (proposition de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre) ainsi que sur transactions bancaires (France et Allemagne), les Etats-Unis y voient une entrave au dévelopement du capitalisme.Les acteurs du G20 réunis le 26 juin 2010.
Seul point sur lequel tout le monde semble d'accord est la réponse de Barack Obama qui reconnaît qu'il faut "apprendre des erreurs commises par le passé, quand les mesures de relance avaient été retirées trop vite".
Mais la question de fond n'est pas seulement de savoir comment inciter les acteurs financiers et économiques à prendre les bonnes décisions mais également la manière de nous protéger contre les futures crises économiques qui peuvent mettre en faillite la plupart des petits pays dont bon nombre de pays européens.
La deuxième question en suspens concerne la réduction du déficit public de moitié d'ici 2013. Ce défi devra toutefois être adapté pour chaque pays pour éviter de compromettre la reprise économique.
La troisième question en suspens concerne la réévaluation du yuan. Cela fait des mois sinon des années que le G20, le FMI, la Banque mondiale et la Commission Européenne demandent à Pékin de réévaluer sa monnaie. Tous les pays travaillant avec la Chine estiment que Pékin maintient artificiellement le yuan bas pour favoriser ses exportations. Pékin a promis d’assouplir son taux de change avec le dollar.
L'avenir des "grands machins"
La présence du G20 au Canada a entraîné de nombreuses manifestations des alter-mondialistes et des opposants à l'organisation actuelle des finances mondiales.
Pas moins de 14000 policiers sont présents à Toronto avec un seul mot d'ordre : arrêter toute personne s'approchant d'un peu trop près de la zone sécurisée du Metro Toronto Convention Center où les dirigeants se réunissent.
D'ores et déjà 4 voitures de police ont été incendiées et 600 manifestants ont été arrêtés, parmi lesquels une majorité de voyous venus sans autre objectif que de tout casser.
En prévision des manifestations, des milliers d'employés ont été conviés à ne pas venir travailler jeudi, vendredi ainsi que ce weekend.Manifestations au cours du G20 de Toronto.
Aujourd'hui les habitants des pays riches ont le sentiment que ces "grands machins" institutionnels que sont le G8 et le G20 se donnent de grands airs mais agissent très peu et ne contraignent personnes. On parle beaucoup, on écrit des centaines de pages de rapports que personne ne lit et qui ne sont suivis de pratiquement aucune action.
En tout cas la population comme les petites entreprises ne voient aucune action concrète pouvant sécuriser les marchés et leurs économies (autre que la garantie de l'Etat), garantir le flux des crédits, augmenter notre pouvoir d'achat ou améliorer les principes de bonne gouvernance des entreprises du secteur financier. Que du contraire, la tendance va vers un ultra-libéralisme et un égoïsme généralisé.
Malgré l'avis différent de ses détracteurs, samedi, en conclusion du sommet du G8, ses responsables ont réaffirmé son utilité : "le G8 est capable de concevoir des approches crédibles pour relever les défis de notre temps. Pendant plus de 30 ans, il a montré que sa volonté collective peut être un catalyseur puissant du changement durable et du progrès."
Même chose pour le G20. Selon le Premier ministre canadien Stephen Harper : "Le G20 a réalisé un étonnant travail en une année et demi, en répondant à la crise économique. Mais il y a des limites à ce que nous pouvons discuter et ce que nous pouvons réaliser dans un groupe de 20." Voilà déjà au moins un aveu de faiblesse. Quelle solution a été envisagée pour palier à ce problème ? Personne n'a fait de proposition...
Une facture démesurée
L'énorme coût du sommet a particulièrement scandalisé les habitants de Toronto qui vont devoir payer une partie de la facture. Selon un rapport du bureau du Budget du Parlement, le G20 coûterait 930 millions de dollars canadiens soit près d'un milliard d'euros en frais de sécurité !
Le gouvernement a notamment investi 2 millions de dollars canadiens dans un pavillon destiné au marketing et aux médias et dans un immense écran vidéo géant.
Les habitants de Toronto auraient préféré que ces sommes exhorbitantes soient investies dans des oeuvres sociales ou éducatives !
Signes du mécontentement général, une partie des résidents a quitté la ville pour le weekend tandis qu'une autre partie est venue accroître la foule des manifestants, criant au G20 : "Fight the war on the poor! Make the rich pay!" (Luttez contre la pauvreté ! Faites payer les riches!).
Le sommet du G20 va-t-il réussir ? La majorité des observateurs en doute.
Dernières nouvelles : conclusions du G20
Comme on s'y attendait le bilan de ce sommet du G20 est mitigé et les actions purement théoriques.
Malgré la bonne volonté de certains pays, le G20 n'est pas parvenu à parler d'une seule voix et à prendre des mesures d'apurement communes.
Une fois de plus, on a beaucoup discuté, on s'est félicité mutuellement d'avoir émis des idées, mais peu de choses concrètes sont sorties de ce sommet.
La question d'imposer une taxe aux banques a été écartée et remise au prochain sommet sans garantie qu'elle sera discutée même si le G20 reconnaît qu'il faut renforcer les règles de gestion des marchés financiers.
Il a été convenu que chaque pays pourra choisir sa stratégie pour relancer son économie. On évoque bien une concertation ou d'éventuels accords entre les membres du G20 mais sans trop y croire.
En revanche tout le monde est d'accord de réduire son déficit public, mais chacun le fera à sa façon.
Bref, dans l'esprit de nos dirigeants, la crise semble s'éloigner et, de ce fait, ils ressentent moins l'urgence des mesures d'assainissement... Or, il suffit de regarder l'évolution des places financières et des différentes économies pour se rendre compte que nous sommes toujours en crise. Espérons que les membres du G20 savent ce qu'ils font.

mercredi 5 mai 2010

Les salaires et l'impôt augmentent au Luxembourg

En mars 2010, le patronat et certains ministres luxembourgeois évoquaient l'idée de suspendre l'index automatique des salaires et des pensions et envisageaient même une baisse des salaires.
Rassurez-vous, cela n'aura pas (encore) lieu mais le Gouvernement a trouvé une autre solution.
Réduire le déficit public à zéro en 2014
Selon les économistes, actuellement le déficit budgétaire du Luxembourg s'élève à 3.5% du PIB (contre 6.1% en Belgique et 8.5% en France).
Le Premier ministre Jean-Claude Juncker qui est également président de l'Eurogroupe (regroupant les ministres des Finances de la zone euro) veut montrer l'exemple. "Notre objectif est un déficit budgétaire à zéro en 2014", a-t-il déclaré devant les députés.
Et pour y parvenir, outre des restrictions budgétaires qui toucheront les budgets de fonctionnement et les salaires des fonctionnaires, M.Juncker ne voit pas d'autre solution que de lever un nouvel impôt.
Une contribution de crise de 0.8%
En effet, on apprend dans le journal Le Quotidien du 5 mai 2010 que M.Juncker a confirmé qu' "un nouvel impôt verra le jour, la contribution de crise. Les bénéficiaires du salaire social minimum en seront exemptés mais cette retenue de 0.8 % affectera tous les revenus, qu'il s'agisse des salaires, loyers ou dividendes".
Dans la foulée, le Statec a estimé le taux d'inflation à 2.3% pour avril 2010, ce qui devrait induire une indexation de 2.5% des salaires de juillet 2010. Les patrons ne vont pas être contents...
Mais relativisons cette hausse. Avec l'impôt de crise qui vient se greffer sur cet index et l'augmentation de 0.15% de la cotisation de sécurité sociale (CNS) prévue en automne, au final tout cela allégera votre portefeuille.
Ainsi un célibataire isolé gagnant 3500€ par mois payera 600€ d'impôt en plus par an. Une famille ayant 6000€ de revenus perdra 930€ par an.
Concrètement, tous les mois cela représente l'équivalent d'une semaine de nourriture pour une personne ou un plein de carburant perdu...
Hausses prévues
Sinon bonne nouvelle pour les parents, le gouvernement envisage d'augmenter les bourses et les prêts étudiants, passant de 3900€ (ou 5000€ pour le 3e enfant) par année d'étude par an à 6000€. Il maintient également les 3700€ pour les frais d'inscription et les 1000€ pour les étudiants handicapés.

samedi 27 mars 2010

Passage à l'heure d'été

Nous passons à l'heure d'été dans la nuit de samedi à dimanche. Tous les pays de l'Union Européenne vont devoir avancer d'une heure leurs horloges. Quand il sera 2h dans la nuit de samedi à dimanche, il sera en fait 3h.
Cela me fait penser que j'ai 6 horloges à modifier dont celle de la voiture plus celle de l'ordinateur qui se règlera automatiquement...
Un changement d'heure inutile
Mais pourquoi effectuons-nous ce changement d'heure ? Est-il bien nécessaire ?Source: Joliecarte.com C'est en 1977 que nous avons adopté cette politique dont l'objectif visait et vise toujours à limiter la consommation d'énergie. Avec le temps - et l'effet de mode - les autorités ont prétendu que cela permettait également de lutter contre le réchauffement climatique.
Aujourd'hui, après plus de 30 ans d'application, selon les analyses et les calculs détaillés, il s'avère que cette politique est non seulement inefficace mais contre-productive et donc inutile !
En réalité, les scientifiques ont calculé que le gain d'énergie était au maximum de 0.3% le matin mais était... négatif en soirée.
En effet, le matin, il est fort possible qu'en se levant plus tôt que l'heure solaire réelle, certaines personnes vont chauffer un peu plus et allumer l'éclairage un peu plus longtemps.
Les soirées étant plus longues, plus de personnes vont profiter de la clarté pour sortir, utilisant leur voiture, consommant du carburant, etc.
Quant à ceux qui ont des problèmes de sommeil, espérons que ce décalage d'une heure facilitera leur endormissement.
Finalement qui va y gagner ? Les commerçants qui serviront sans doute plus de clients mais nullement la population qui consommera sans doute plus d'énergie, et encore moins les agriculteurs qui continueront de travailler à l'heure solaire... Quand l'Europe va-t-elle se décider à annuler ce changement d'heure ?

mardi 16 juin 2009

Le pire de la récession est à venir

"Le pire de la récession est à venir" a déclaré Erik Berglof, chef économiste auprès de la Banque européenne de reconstruction et de développement (EBRD), le 15 juin 2009 lors d'une conférence à Gleneagles, en Ecosse, appelant à plus de transparence du système bancaire, notamment en Europe. La 'grande vague' au large de la côte de Kanagawa avec le Mt Fuji à l'arrière-plan. Cette célèbre peinture sur bois a été réalisée entre 1823-1829 par Katsushiba Hokusai. Elle représente le tsunami qui déferla sur le Japon au 18eme siècle. Un phénomène de cette ampleur existe dans la  finance, c'est la 'vague d'Elliott'
Rappelons que sur le plan économique, une récession se définit comme une baisse de la valeur produite, du PIB (à ne pas confondre avec une déflation qui correspond à une baisse de l'indice des prix).
"Je ne pense pas que le pire soit derrière nous", a indiqué Erik Berglof. "Nous n'avons pas encore tout vu […] il semble que nous ne sachions toujours pas ce qu'il y a dans notre système bancaire [européen], et il y a besoin non seulement de le découvrir mais aussi de le rendre public comme on l'a fait aux Etats-Unis". Il a estimé que la méthode américaine était "la référence et avait certainement aidé à stabiliser le système".
Mme Kroes, la commissaire européenne à la Concurrence, a rencontré récemment les représentants du secteur bancaire. Elle a noté que les banquiers se rejetaient la responsabilité des problèmes, et que "beaucoup déniaient ce qui se passait dans leur propre institution".
Analyse
Mme Kroes a correctement identifié la source de nos maux mais elle ne nous dit certainement pas tout ce qu'elle sait ou ce qu'elle aimerait nous dire par peur des réactions diplomatiques.
Si beaucoup de bancassureurs sont encore loin de présenter un bilan positif, certains se remettent doucement de la crise (BNP Paribas, Dexia, HSBC, etc) mais ce n'est pas pour autant qu'elles ne licencieront personne demain. Espérons que je me trompe...
Mais bizarrement, parmi ces banques, certaines comme la KBC vient de voir le cours de son action réajusté par "magie" début mai - cela n'a pas duré -, comme si la garantie de l’Etat représentait un permis de laisser-faire, ou comme si certains investisseurs savaient avant d’autres… Qui sait quoi dans le monde de la finance ? A qui profite la crise ?
Les Conseils d’administrations des grandes banques savent évidemment la vérité sur l’état de santé de leur entreprise, comme les grands argentiers que sont le FMI et la BCE notamment savent dans une certaine mesure qui manipule les cours.
Que cache par exemple la Banque Fédérale américaine quand on apprend qu’elle interviendrait directement sur les marchés et qu’elle refuse d’être auditée ?
Comme cela se fait-il que la crise qui touche certains produits financiers à risques se propage à d'autres sortes de produits considérés comme sûrs (prêts titrisés sur la solvabilité des particuliers et des entreprise comme les cartes de crédit, l'immobilier commercial, etc) ?
Plus près de chez nous, des actions de banques européennes en crise voient leur cours se retourner en quelques heures… Comment expliquer un tel retournement ?
Elus dans le secret des dieux, il est évident que certains gros actionnaires bien placés ont l'occasion d'acheter et de vendre des millions de titres au meilleur moment.
Mais ces délits d’initiés ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Car s’ajoute à cela d’autres pratiques malhonnêtes ou mal réglementées.
Si vous questionnez un trader sur l'intérêt des Hedge Funds (fonds spéculatifs), malgré ce qui s'est passé il y a un an, tous restent confiants et repasseraient les mêmes opérations à haut risque prétextant qu'ils ont modifié leur modèle et que la prochaine fois ils seront plus vigilants; leur manager n'a tiré aucune leçon du passé !
Dans un autre domaine, pourquoi autorise-t-on les banques à gagner de l’argent sur le dos des pays dont la monnaie est faible ? Un exemple. Il existe une opération spéculative appelée le "carry-trade". Elle permet à une banque d'emprunter en euros ou en franc suisse et de prêter aux pays d'Europe centrale dans leur devise locale qui s'effondre. Conséquence, la dette augmente dans la monnaie locale !
A plus petite échelle, tout comptable sait qu’en appliquant quelques règles, il peut masquer des pertes et truquer les chiffres d’un bilan.
Dans ce cas, que vaut réellement une société cotée en bourse et le cours de son action ? Cet argent virtuel n’a-t-il plus aucune valeur ? A qui peut-on se fier ?
Pire, la BEI notamment dispose d’outils financiers comme l’effet de levier qui permet de soutenir jusqu’à 50 fois les fonds propres d’une banque !
Et ne parlons même pas des paradis fiscaux où des maires intéressés et des banquiers sans scrupules n’appliquent plus aucune règle tant que l’argent leur profite…
Enfin, sur le plan social, il y a le problème du chômage. Tant aux Etats-Unis qu’en Europe, le chômage connaît son taux le plus élevé depuis la crise de 1929.
Repenser le système financier
On voit donc clairement que c’est tout le système financier qui est en train de pourrir du fait d’un manque chronique de responsabilités, de contrôles, bref de sécurité, et avec lui toutes nos économies et nos moyens de crédits qui se volatilisent.
Comment redresser la barre de ce bateau ivre et stabiliser le système ? Comment croire ces banquiers qui nous prétendent que leur entreprise est saine ou ces économistes qui nous annoncent que la situation s'améliore quand on constate que la situation économique est de plus en plus désastreuse, ce que confirme le Bureau International du Travail (BIT) et les différents observatoires (instituts de statistiques) nationaux : le taux de chômage et le taux de défaillance des emprunteurs n'ont jamais été aussi élevés, les banqueroutes, les faillites, les grêves, les délocalisations, les fraudes, les licenciements, les fermetures d’usines se suivent semaine après semaine…
Ainsi que nous l'avons déjà dit, ce n'est pas une seule tête pensante qui peut résoudre ce problème à la fois économique, financier, social et structurel.
C'est dans une concertation supranationale entre les ministres des finances du G20, des banques centrales, et finalement tout au bout de la chaîne des Présidents et des Premiers ministres d'imposer de nouvelles règles de bonnes gouvernances à l'ensemble des acteurs du système financier.
Fin de la crise en 2015 ?
Sommes-nous sur la bonne voie ? Travaillant dans le secteur financier et dans un pays ultra capitaliste, permettez-moi d'en douter.Un trader de Hedge Funds derrière ses consoles.
La solution passe par de nombreux changements, y compris de mentalité, dont notamment une révision des règles et du plan comptable, la fin des paradis fiscaux et l'application de contrôles plus stricts des services proposés par les différents professionnels du secteur financier.
Reste ensuite à transposer ces idées en lois et à les faire appliquer. Ce n'est pas pour demain. Peut-être pour 2011 ou 2012, au plus tôt.
A quelle échéance peut-on envisager une sortie de crise ? Ajoutée aux autres problèmes financiers et socio-économiques (endettement de l'Etat, des particuliers, des crédits aux entreprises, crise du secteur agricole, de la pêche, de la métallurgie, etc), la récession peut encore durer un an ou deux sinon davantage dans certains secteurs (agriculture, automobile, etc).
Quand verrons-nous la fin de la crise ? Personne ne le sait. Tout va dépendre de l'effet des actions des banques centrales, des politiques des Etats et de la volonté des banques.
Dans un communiqué publié le 3 juin 2009, au niveau mondial, le BIT considère que "la crise de l’emploi et de la protection sociale provoquée par la récession économique pourrait durer de six à huit ans", soit jusqu'en 2015 ou 2017 !
Cela dit, si on se limite à l'Europe, une majorité d'économistes estiment que nous pourrions repasser à une phase d'expansion lente vers 2012. Bref, dans tous les cas, ce n'est pas pour demain.
En attendant, pour bien des employeurs, la crise a bon dos car tous ne la subissent pas, mais tous en profitent. Et ce sont les plus pauvres et les faibles qui trinquent.

samedi 16 mai 2009

Les frontaliers gagnent moins que les résidents

Le Statec vient de publier son étude sur les salaires au Luxembourg en 2006. Il apparaît que les frontaliers gagnent jusque 20% de moins que les résidents !
Le salaire moyen
Selon l'étude du Statec, le salaire mensuel moyen (brut) est de 2741 € pour un frontalier résident en France, 3244 € pour un frontalier résident en Allemagne, 3356 € pour un frontalier résident en Belgique et de 3464 € pour un salarié résidant au Grand Duché de Luxembourg.
Les résidents affichent un écart de 1% par rapport aux frontaliers venant de Belgique, de 6% avec les frontaliers venant d'Allemagne et de près de 20% avec les frontaliers venant de France !
Selon l'enquête, les salariés provenant de Belgique sont, avec 38% d’universitaires, en moyenne plus qualifiés et occupent plus souvent des postes de direction (directeurs ou cadres supérieurs).
Plus globalement, l'étude révèle qu'environ 83% des employés touchent un salaire inférieur ou égal à 4500 €, c’est-à-dire le triple du salaire social minimum (en 2009, il est fixé à 1570.28 € pour un travailleur non qualifié d'au moins 18 ans accomplis, Cf. Ministère du Travail).
Les femmes toujours pénalisées
En ce qui concerne le traitement hommes/femme, l'étude révèle que les salaires des hommes sont systématiquement plus élevés que ceux des femmes.
Ainsi, en octobre 2006, le salaire moyen était de 3243 €. Les femmes touchaient 3243 € alors que les hommes touchaiet 3359 € en moyenne.
L'âge et l'ancienneté
Le salaire varie également en fonction de l'âge et de l'ancienneté d'une personne. Ainsi, un salarié ayant 20 ans d'ancienneté est logiquement mieux rémunéré qu'un jeune.
Dans le cas extrême, entre un jeune de moins de 25 ans et une personne d'au moins 55 ans, le salaire passe du simple au double.
La profession
Enfin, le salaire moyen varie aussi en fonction du type de profession exercée. Ainsi, on constate sans surprise que les employés non qualifiés gagnent environ 5000 € de moins qu'un cadre supérieur, sans tenir compte des primes autres gratifications qui grèvent sérieusement les chiffres.
Pour plus d'information
Concernant les salaires au Luxembourg, consultez le Salairoscope des Frontaliers.lu.

dimanche 5 avril 2009

La crise touche aussi le Luxembourg

Comme les autres pays européens, le Luxembourg est touché par la récession, et de manière plus forte que l'estimation faite par le Statec il y a quelques mois, estimant la baisse de croissance à 1.8% alors qu'elle était supérieure ailleurs en Europe.
La population luxembourgeoise et les frontaliers qui étaient jusqu'ici un peu épargnés par la crise, devront déchanter.
En effet, selon les derniers chiffres du FMI, le PIB du Luxembourg devrait subir une chute proche de 3.8%, soit plus forte que la moyenne des pays de la zone euro estimée à moins de 3.2%. "Ce sera certainement une première mais, en 2009, le Luxembourg aura un taux de croissance proche de celui du reste de la zone euro", a déclaré Jürgen Odenius, chef de la mission économique du FMI. Et de poursuivre, "La reprise est prévue pour le milieu de l'année 2010, mais la croissance annuelle devrait continuer à stagner". Selon Jürgen Odenius, la reprise n'est pas attendue avant... 2011 !
Des effets concrets
Après la vague déferlante de la crise financière qui toucha l'Europe fin 2008, des signes avant-coureurs laissaient à penser que la place financière de Luxembourg serait peu touchée par la crise.
Mais au fil des mois, les financiers comme les économistes ont dû se rendre à l'évidence : le Luxembourg accuse aussi la crise et affiche tous les symptômes d'une économie en berne.
Même si le pays est peu peuplé, son PIB est lié au système économique européen et à la finance mondiale; il n'y a donc aucune raison que ce pays soit épargné.
Depuis la crise, le chômage a atteint un sommet historique : 5.6% de la population luxembourgeoise en âge de travail est sans emploi. Cela représente un bond de 27.7% en un an ! Notons que la moyenne européenne est d'environ 7% (et même supérieure à 8% en France).
Une crise majeure
Au Luxembourg, aucun secteur n'a été épargné par la crise qui toucha autant la PME que la filiale d'une holding multinationale.
Le secteur automobile fut le premier touché par la crise. Les commerciaux ont vu du jour au lendemain leur carnets de commandes fondre comme neige au soleil, la majorité des clients potentiels postposant le remplacement de leur voiture.
Ensuite la crise toucha le secteur de la construction. De nombreux projets ont été annulés ou ont été repoussés. Par effet domino, le secteur de l'immobilier a subit une baisse de 5 à 20%.
Puis ce fut le tour du secteur bancaire de subir la crise. Après une chute du bénéfice net de 7.7% et de 5.8% sur les commissions en 2008, les banquiers s'attendent à des chiffres encore plus alarmants en 2009.
Aussi, en prévision de cette chute des bénéfices, la plupart sinon toutes les banques de dépôts ou d'affaires ont gelé leurs offres d'emplois quand elles n'ont pas licencié du personnel. Dans la foulée, les bonus accordés aux employés suite aux évaluations annuelles ont été revus à la baisse.
Certains patrons aimeraient même bloquer les augmentations de salaire liées à l'index.
Les Luxembourgeois doivent donc se rendre à l'évidence : des nuages sombres se profilent à l'horizon.
Une crise qui touche la Grande région
En conséquence, la crise financière est devenue socio-économique et touche avant tout les travailleurs frontaliers, belges, français et allemands, et donc toute la Grande région.
D'un taux de chômage faible (moins de 4% jusqu'en 2008) et principalement structurel, le Luxembourg accuse aujourd'hui un chômage important et sans doute durable car structurel.
Ainsi depuis décembre 2008, environ 1000 travailleurs frontaliers belges ont été licenciés et viennent allonger la liste des demandeurs d'emplois de l'ONEM.
Au total, début avril 2009, toutes nationalités confondues, ce sont quelque 10400 travailleurs frontaliers supplémentaires qui sont confrontés au chômage économique.
Au total, dans la province du Luxembourg (B), un habitant actif sur trois travaille au Grand Duché de Luxembourg. C'est dire combien la crise peut avoir d'impact dans la Grande région.
Des temps difficiles pour les chômeurs frontaliers
Comparé au chômeur résident luxembourgeois, l'avenir des chômeurs frontaliers est sombre et difficile.
La Belgique par exemple n'offre aucun complément à l'indemnité de chômage et les aides à l'emploi sont anecdotiques.
Ainsi, un employé de banque frontalier célibataire licencié se retrouve du jour au lendemain avec un revenu qui passe de 3000 ou 5000 € net s'il a de l'expérience à un peu plus de 800 € net. Ce chômeur frontalier belge passe sous un régime fiscal très défavorable, avec 45% de taxes contre à peine 30% maximum au Luxembourg.
Le travailleur frontalier français comme le résidant luxembourgeois mis au chômage se trouvent dans une situation financière un peu plus confortable.
En effet, durant un an, le Luxembourg lui versera 80% de la moyenne de ses trois derniers salaires, mais dès la deuxième année de chômage il ne bénéficiera plus que du minimum vital garanti, le RMG au Luxembourg et le SMIC en France.
Si cette indemnité est supérieure au Luxembourg que partout ailleurs, dans les faits elle est proportionnelle au niveau de vie dans le pays (et notamment au prix très élevé des loyers et des services en général).
Seul problème, contrairement à la Belgique, une fois que le chômeur résident au Luxembourg touche le RMG - donc dès la 2eme année de chômage - il ne cotise plus pour sa pension. Il a donc tout intérêt à retrouver rapidement un emploi. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire.
Car quand on consulte les chiffres de l'ADEM, on constate qu'environ 30% des demandeurs d'emploi sont au chômage depuis plus d'un an (ils sont 60% dans ce cas en Belgique).
Bonne nouvelle si l'on peut dire, l'ADEM va de nouveau subir un lifting et son organisation sera modifiée pour mieux répondre à la crise.
L'avantage de vivre au Luxembourg
Contrairement aux pays limitrophes, être résident luxembourgeois au chômage présente des avantages.
D'abord, le demandeur d'emploi bénéficie d'un abonnement gratuit pour les transports en commun (train, bus) et d'une prime pour le chauffage. L'un dans l'autre l'avantage financier s'élève à plus de 1000 € chaque année, c'est loin d'être négligeable.
Le chômeur luxembourgeois bénéficie également des ressources du Centre National (ou Régional) d'Aide Sociale (qui dépend du Ministère qui le paye au terme de la première année de chômage) dont le but est notamment de réinsérer au plus tôt les chômeurs de longue durée dans le circuit du travail.
Le CNAS (ou CRAS) va rechercher des employeurs et leur proposer d'engager leur protégé (ne fut-ce que quelques mois), le salaire étant pris en charge par le Ministère.
Si ça paye juste 10% de plus que le chômage pour un emploi qualifié, cette personne mise au travail cotise au moins pour sa pension et retrouve le moral en travaillant à temps plein. De plus, bien souvent, elle retrouve un CDI grâce à cette première réinsertion.
Le Luxembourg propose également des aides à l'emploi dont peut bénéficier l'employeur, aides financières ciblées en fonction de l'âge du candidat. Peu d'employeurs sont au courant de ces aides publiques.
Gardez le moral
Si une personne reste longtemps sans emploi ou ne trouve que des emplois précaires, la perte de revenu et les éventuels crédits en cours auront vite fait d'épuiser ses maigres économies. A terme, cette situation affectera son moral et, au pire, sa situation familiale.
La situation économique actuelle est difficile et on ne peut que souhaiter bonne chance - car il en faut aussi - à tous ceux et celles qui recherchent un emploi.
Trois conseils pour terminer : ne comptez que sur vous, sachez que l'avenir sourit toujours aux audacieux et démarquez-vous.
Formez-vous
En tant que demandeur d'emploi, vous avez du temps libre. Profitez-en pour compléter votre formation, que ce soit en langue ou sur le plan technique voire les deux. Ce sera un atout supplémentaire sur votre CV.
Inscrivez-vous par exemple à une formation diplomante ou certifiée (cours du jour ou du soir) organisée par le ministère, la commune, la chambre de commerce ou une école supérieure. Vous pouvez également vous inscrire comme élève libre dans une Haute Ecole ou une université, nationale ou étrangère.
En autodidacte, vous pouvez aussi passer une certification, certaines étant très recherchées, notamment en IT, en audit, en finance, en gestion, en écologie, etc.
Seul inconvénient, les supports de cours et l'examen sont cher (de 150 à 500 € et même jusqu'à 4000 € dans des domaines pointus) mais si vous avez la volonté de réussir, l'investissement peut être rentable.
Sortir du lot
Outre la formation, comment se faire remarquer dans la foule des candidats et avoir une chance d'avoir un entretien d'embauche ?
En plus d'envoyer votre CV par e-mail, faxez-le à l'employeur. Ainsi au lieu de devoir lire en diagonale des dizaines d'e-mails pour trouver le bon profil, l'employeur aura votre CV directement à sa disposition, sur papier.
Autre suggestion surtout valable pour les petites PME, contactez par téléphone l'employeur à qui vous avez envoyé votre CV quelques jours auparavant.
En effet, il n'a peut-être pas le temps de répondre à ses e-mails avant plusieurs jours. En revanche, il pourra rapidement convenir d'un rendez-vous par téléphone.
L'avantage de ces deux formules, le fax et le téléphone, est d'une part que l'employeur vous répondra beaucoup plus vite et d'autre part il y a de fortes chances que votre CV soit lu en priorité, le téléphone offrant l'avantage supplémentaire de pouvoir convenir rapidement d'un rendez-vous, parfois dans la journée.
Restez optimiste
Mais rassurez-vous, s'il y a crise il y a forcément une après-crise; après le passage des nuages sombres et des mesures d'austérités, ce sera le temps des éclaircies et des effets des mesures d'austérités. Quand ? Nul ne le sait. Dans 6 mois, dans 1 an, ...

dimanche 7 décembre 2008

Les salaires belges varient entre 1680 € et 4207 €

Une enquête sur le salaire des belges a été réalisée en novembre 2008 par le quotidien "Le Soir" en collaboration avec la KUL de Louvain.
Il ressort de cette enquête conduite auprès de 86782 personnes que les salariés belges gagnent entre 1680 € et 4207 € brut par mois (taxés à 45%).
Le profil type du travailleur touchant le meilleur salaire en Belgique est celui d'un homme, titulaire d'un diplôme universitaire, qui travaille dans la chimie ou le secteur pharmaceutique et y exerce une fonction dans le management, la finance ou la comptabilité, la recherche et développement ou l'informatique.
Dans notre pays, la ventilation des salaires reste relativement limitée et oscille, en salaire brut, du simple au double, de 1680 € (le plancher de l'échantillon) à 4207 € (le plafond en dessous duquel se situent 90% des répondants). Ce qui donne, au final, un salaire mensuel brut moyen de l'ordre de 2805 €.
Sans surprise, la satisfaction relative au salaire évolue avec le niveau de celui-ci. Elle n'est pas corrélée avec la satisfaction au travail, qui reste globalement constante selon le niveau de rémunération des répondants.
Près de 75% des répondants ne souhaitent pas changer de travail, seuls 14.4% se déclarant à la recherche active d'un nouvel emploi.
Un peu moins de 10% souhaiteraient changer, mais n'effectuent pas d'efforts en ce sens. Parmi les motivations à changer figurent le salaire (45%), un job au contenu plus intéressant (34%), de meilleures perspectives de carrière (31%), une meilleure articulation entre vies professionnelle et privée (13%) ou encore une meilleure sécurité d'emploi (10%).
Par ailleurs, selon Gert Theunissen, "il existe un lien direct et indubitable entre le niveau d'études et celui du salaire".
En effet, du bas de l'échelle (secondaire inférieur) au plus haut niveau (universitaire), le salaire de départ passe de 1460 € à 2241 € en moyenne. Cette "prime au diplôme" peut en outre être maximisée eu égard aux besoins du marché.
Ainsi, le secteur pharmaceutique, en bonne santé, est l'un de ceux qui paient le mieux en Belgique (salaire supérieur de 18.7% à la moyenne du marché), après la chimie (+22.6%), mais loin devant l'horeca (inférieur de 13.4% à la moyenne) ou le socioculturel (-11.6%).
L'écart salarial entre hommes et femmes se confirme: si un tiers des hommes qui gagnent 1500 € bruts par mois déclarent que leur partenaire gagne davantage, trois quarts des femmes sont dans cette situation (leur compagnon gagne plus).
Même lorsque leur salaire atteint 4000 € bruts par mois, un tiers des femmes déclarent que leur compagnon gagne plus, contre 6% des hommes qui sont dans ce cas.
Et les professions libérales ?
Notons tout de même qu'il y a près d'un million de personnes excerçant une profession libérale en Belgique, allant de l'avocat au dentiste en passant par l'architecte ou l'agent immobilier.
Les rémunérations et autres émoluments de ces indépendants sont souvent sans rapport avec ces chiffres qui peuvent parfois être multipliés par 5 ou même par 20 pour une affaire qui marche, ce qui ferait exploser la moyenne de cette enquête qui n'est donc pas représentative de tous les secteurs du travail.
Et à titre de comparaison, que gagne-t-on dans les autres pays ? Voyez ce qu'un salarié gagne par exemple au Luxembourg (sur ce blog) et en France (Insee) ainsi que la distribution des salaires européens (jdn).

lundi 1 décembre 2008

La crise du système monétaire

Krach boursier, faillite, licenciement, déflation, dépression, récession, ces mots sont malheureusement à la mode.
Le système monétaire, c'est-à-dire les méthodes du SMI permettant d'échanger des biens, des services, etc, n'est pas encore en faillite mais vient de subir sa plus grande crise depuis 1929. Toute l'économie est touchée, y compris le pouvoir d'achat des salariés.
Réviser le SMI
Crise boursière au Japon en octobre 2008. Document AFP. Si nous voulons traverser cette tourmente et relever de nouveaux défis, à travers les crises financière et socio-économique que nous vivons actuellement, c'est tout le système monétaire qu'il faut revoir !
En effet, selon les experts, c'est son dysfonctionnement qui a conduit à la crise systémique, ce phénomène de dérapage à grande échelle comme l'effet domino qu'ont connu dernièrement les banques.
Ce sont les outils financiers, et notamment les projets innovants et non régulés qui ont mal été gérés ainsi que la confiance que nous avons trop rapidement accordée aux managers dont une bonne partie n'étaient que des pions sans réel pouvoir voire irresponsables (c'est le cas typique des hedge funds et des subprimes).
Nous sommes dans une société capitaliste et ultralibérale qui fait la part belle au crédit et aux spéculations. Pour sortir de la crise, les Etats doivent mettre en place de meilleurs gardes-fous, de meilleures règles de gouvernance. Encore faut-il s'entendre sur la signification de "meilleures" et notamment pour qui ?... J'y reviendrai.
Il faudra bien trois ou quatre réunions du G20 et du FMI pour trouver une solution et expliquer à nos décideurs du secteur privé en quoi ils ont mal géré leur projets financiers et comment éviter de faire les mêmes erreurs à l'avenir. Avis aux économistes.
Comment contrôler une voiture sport qui dérape ?
On peut comparer le krach actuel à une course de voitures. Vous avez les jeunes fougueux qui tout haut de leur 25 ans ne craignent ni dieu ni personne, prennent des risques que d'autres jugent inconsidérés et foncent vers la victoire promise. Si certains se crashent ou abandonnent d'autres gagnent. Leur écurie remporte la victoire et devient N°1.
On paye ces pilotes très cher pour offrir cette image gagnante à leur société et pour qu'ils prennent ce genre de risque à la place des autres, argent qui les motive aussi à toujours en vouloir plus, jusqu'à commettre parfois une erreur fatale.
Ensuite, vous avez les conducteurs plus âgés qui ont de la bouteille, connus des accidents et sont devenus plus sages. Ils réfléchissent, évaluent les risques. Ils feront la même course que notre Fanjo mais contrairement à lui, à cette allure ils ne gagneront jamais. Ils n'ont pas le même salaire que les premiers et leur société ne deviendra jamais N°1. Que choisir ?
La société dans laquelle nous vivons a besoin de jeunes fougueux, ambitieux, aimant les risques. Mais peu savent les évaluer ou les gérer à long terme (par ex. qu'ils doivent couvrir leurs positions). Mais ces "jeunes" sont parfois les membres du C.A. ou le CEO lui-même d'une banque d'investissements qui juge du haut de son building tout à fait déconnecté de la réalité, quelle est la meilleure stratégie pour s'assurer le meilleur rendement, quitte à prendre des risques inconsidérés...
Notre société doit donc inculquer à ces financiers quelques règles de bonnes gouvernance et d'éthique, au risque d'aller droit dans le mur la prochaine fois.Evolution d'une action type entre 2007 et 2008.
Ces règles, ce sont les Etats du G20 qui vont devoir les édicter et contrôler leur application à travers le respect de lois nationales et fédérales.
Les règles de bonne gouvernance mises en place (années 2000) visaient la libéralisation des marchés; les startups côtées en bourse ont vu leur valeur comptable exploser jusqu'au jour où nous avons assisté à l'éclatement de la bulle Internet avec des faillites retentissantes comme l'affaire Enron.
On ne peut plus faire la même erreur et jouer le jeu des voyoux et des requins de la finance. Il faut restaurer la confiance des investisseurs et du public et évaluer plus sérieusement les risques. Déjà la notation de certaines grandes banques a été revue à la baisse.
Le capitalisme d'Etat
Les nouvelles règles s'appellent le capitalisme d'Etat qui a la prétention de viser une meilleure gestion des trois piliers du SMI : son système libéral, les innovations financières et la globalisation.
L'Etat devient acteur économique et social en achetant les moyens de production... Oui, ça sent le régime russe de Staline où la finance était entre les mains de quelques familles privilégiées.
Est-ce cela le capitalisme du XXIeme siècle ? Oui, dans la mesure où il y aura toujours des plus-values, des capitalistes et des salariés. Seulement l'Etat aura peut-être, si le peuple l'accepte, un peu plus de pouvoirs encore... Est-ce la solution ?
Les banques centrales (Fed, BCE, etc), donc les gouvernements, ont déjà commencé à jouer ce rôle : ils renflouent les grandes banques à coup de dizaines de milliards de dollars et d'euros pour préserver leurs liquidités, tout en ne tombant dans le jeu de renflouer les banques qui sont en faillites parce qu'elles ont pris trop de risques !
Mais qui sait réellement aujourd'hui quelle banque est en train ou non de "jouer" avec notre argent ? Toutes jouent au même jeu de la spéculation et cherchent les placements les plus rentables.
A présent c'est au tour des grandes industries, notamment de l'automobile américaine, de demander l'aide providentielle du Grand argentier US.
Allons-nous vers un marché financier d'assistés ? L'histoire future nous dira si le capitalisme d'Etat a été la solution de nos problèmes financiers. J'en doute car ce n'est pas ainsi que nos managers et nos traders apprendront les leçons de leurs erreurs.
Quelle évolution ?
Bien malin celui qui peut prédire l'évolution de la crise et des marchés. Du côté de la crise tout d'abord, à mon humble avis et qui n'engage que moi, petit employé de banque, sachant que les marchés ont un comportement qui relève de la science du chaos (vérifiez les cours, vous verrez qu'ils obéissent à des lois de la dynamique du chaos) il ne va qu'accélérer la prochaine crise financière qui conduira à un nouvel ajustement, et ainsi de suite; nous essuyerons encore de nouvelles vagues d'Elliott. Les gouvernements tireront bien sûr les leçons du passé, mais l'état des marchés sera de nouveau différent.
Le SMI obéissant à des lois dynamiques, celles des marchés et de la politique, ses méthodes obéissent à trop de variables extérieures pour être maîtrisées dans leur globalité.
Ne rêvez pas ou ne soyez pas déçu, on a déjà essayé tous les autres systèmes, sans succès. Le socialisme de Marx, le communisme de Staline, etc. Ils ont essayé de mettre en place leur système... avec les banqueroutes mémorables et les faillites que l'on connaît.
Après réflexion, nous n'avons donc pas d'autre choix que de poursuivre avec un SMI corrigé et de conserver l'économie de marché libéral.
Comment va évoluer la bourse ? Impossible de le dire tant la conjoncture et les spéculateurs influencent les marchés et conditionnent l'opinion public. A l'instar des traders, on peut juste calculer des probabilités de hausse ou de baisse pour tel marché, secteur ou titre.
Aussi, dans la conjoncture actuelle, disons qu'il faut éviter (ou conserver) les titres bancaires et profiter des opportunités; à tout bonheur malheur est bon dit-on...
Aussi, je vous conseille de vous orienter vers les titres dont la cotation boursière est au plus bas pour l'instant et qui sont vraisemblablement sous évalués, en espérant que les marchés retrouvent bientôt leur sérénité et que les titres repartent à la hausse.
Il faut seulement se rappeler que si durant une crise un titre peut chuter de 80% en quelques mois, il lui faudra plusieurs années pour remonter lentement la pente.
Mais il y a encore beaucoup à dire sur les krachs boursiers de ce genre et notamment sur ceux qui en tirent avantages.
Voyez notamment sur ce blog les vidéos qui en disent long sur le pouvoir des magnats.
Consultez également les trois vidéos suivantes sur l'origine du krach 2008. Réalisées par Michel Kaptur, elles sont présentées par Elie Cohen, chercheur au CNRS et professeur d'économie à Science Po. Il est également auteur de plusieurs ouvages sur l'économie.
Les années 90

La bulle Internet

La crise des subprimes

dimanche 12 octobre 2008

L'économie mondiale en crise

En septembre 2008, nous avons appris la faillite de la banque américaine Lehman Brothers. Incapable de couvrir les risques liés aux subprimes distribuées à tout va et sans contrôle, la 4eme banque du pays a fait faillite, entraînant dans un effet domino les banquiers et leurs clients dans une crise financière qui affecta rapidement l'économie mondiale.
Perte de confiance sur le marché interbancaire
Il est vrai que personne ne pouvait prévoir à quel point la situation allait se détériorer sur le marché interbancaire.Evolution de l'indice du Dow Jones (échelle log.) depuis 1900.
Rapidement les banques ne se sont plus accordées de crédits ne sachant pas s'il y avait des titres toxiques dans leur bilan. Par précaution elles se sont donc repliées sur elles-mêmes et ont perdu la confiance qu'elles avaient dans leur système.
Cette perte de confiance alla rapidement affecter l'évolution de tous les titres côtés en bourse (actions, obligations, fonds de placement, etc) qui subirent en quelques mois des chutes allant jusqu'à 70%, quelque soit le secteur !
Le krach boursier
La faillite de LHB n'était que le premier domino d'une longue chaîne. Chaque jour les indices des grandes places boursières ont chuté de 7 à 16% en une séance, jusqu'à 22% en une semaine !
Aujourd'hui ce sont des dizaines de banques de dépôts dans tous les pays qui sont en difficulté : aux Etats-Unis, en Europe, au Japon, en Russie. Dans certains pays, par précaution une partie de leurs actifs ont été nationalisés pour préserver l'emploi. Ailleurs les places boursières ont fermé durant plusieurs semaines pour éviter une panique sur les marchés.
Seul le Luxembourg semble encore peu affecter par la crise. Mais après Londres, Frankfort ou Paris, Luxembourg va logiquement subir les effets de cette vague...
Ceci dit, certaines succursales de grandes banques ont bloqué tous les comptes de leurs clients du fait de la faillite de leur maison mère américaine ou islandaise.
D'autres banques, comme Fortis Luxembourg ont préféré se séparer de leur groupe et revenir à une entité nationale.
Le 8 octobre le FMI revoya à la baisse la croissance mondiale (PIB) qui serait limitée à 3% en 2009, le taux le plus bas depuis 2002... En Europe, on annonçe une croissance d'à peine 1%. La récession, c'est-à-dire la baisse de la valeur produite, n'est pas loin.
Notons qu'au Luxembourg la croissance du PIB varie ces dernières années entre 4 et 6% et devrait se maintenir à 4% en 2009 selon le Statec. Personnellement, vu l'ampleur de la crise je n'y crois pas un seul instant. J'opte pour croissance beaucoup plus faible (0-1% max). On ne peut pas l'éviter sur le plan économique, et d'autant moins si les marchés financiers perdent confiance.
Un monde en crise
Dans les pays membres du G7, nous assistons à un véritable krach boursier, une crise comme nous en avons jamais connue depuis 1929. Seule différence, les banquiers et les Etats ont tiré les leçons du passé et peuvent immédiatement prendre des contre-mesures sur les plans financier (notamment au travers de stabilisateurs automatiques) et politique (décision des gouvernements, des banques centrales, etc).
Mais les faits sont là. Aujourd'hui c'est non seulement le secteur bancaire qui subit la crise mais également par voie de conséquence (via le crédit) le marché immobilier, les PME, le secteur industriel, les sociétés de services, les demandeurs d'emploi, et finalement tout le monde.
Même les banques d'investissements sont affectées car leurs gains diminuent proportionnellement au volume des transactions (elles perçoivent un pourcentage sur chaque transaction) et des moins-values réalisées par les brokers (sur l'argent placé en bourse).
Si la capitalisation boursière des banques d'affaires reste solide, compte tenu du climat morose du secteur bancaire, leurs managers préfèrent postposer ou annuler les nouveaux projets et reportent de plusieurs mois l'engagement de personnel.
Dans ce climat incertain, les banquiers ne prêtent plus qu'aux riches, aux clients les plus solvables et offrant peu de risque.
Conséquence directe sur le marché, en Belgique, en France et au Luxembourg le prix de vente des maisons est retombé à ce qu'il était en 2005. Dans certaines agences immobilières, les prix ont chuté de 15% en un an.
Du côté des PME, certains sociétés ne peuvent plus investir et s'agrandir car les banques refusent de leur ouvrir de nouveaux crédits.
Par les temps qui courent, les clients postposent leurs achats et les PME ne vendent plus leurs produits. Certains constructeurs automobiles sont en chômage technique. Certaines sociétés licencient du personnel. Ainsi, la crise qui touchait au départ uniquement les banques de dépôt affecte aujourd'hui toute l'économie mondiale.
Rassurer le marché et le public
Depuis quelques jours les gouvernements occidentaux et les grands pouvoyeurs de fonds essayent tant bien que mal de rassurer le public et de juguler la crise.
Ainsi, pour la première fois, les principales banques centrales nationales ainsi que la BCE ont abaissé simultanément leur taux d'escompte de 0.5 points (celui qui affecte le crédit).
Le 8 octobre, le FMI a également demandé aux différents gouvernements européens d'agir ensemble afin de prendre des mesures globales qui n'entravent pas les actions nationales.
A leur tour les ministres des Finances du G7 réunis le 11 octobre ont voulu une "réponse mondiale" pour débloquer la crise du crédit et les marchés monétaires.
Haro sur la bourse casino
Mais les indices boursiers restent encore à la baisse car les investisseurs lésés voire dupés ont visiblement perdu leur confiance dans le système. La bourse ressemble de plus en plus à un immense casino.
En effet, certaines SICAV par exemple offrant prétendûment peu de risques (risque 1) ont subi une chute plus sévère que les actions les plus risquées. Quand aux fonds de pensions que certains épargnants ont pris pour assurer leur vieillesse, certains ont perdu plus de 20% et chutent encore ! Que leur restera-t-il le jour de leur pension ?
Pour se prémunir du pire, certains épargnants ont déjà liquidé leurs comptes et acheté des lingots d'or ou un coffre-fort !
Il faudra du temps et sans doute des actions plus concrètes encore de la part de nos gouvernements et des banquiers pour rassurer les épargnants comme les actionnaires. Si les marchés ne réagissent pas positivement d'ici quelques semaines, certains pays risquent la récession.
Gardons espoir
Si le krach mondial a été évité de justesse, espérons que les jours et semaines à venir marqueront le retour de la confiance. En effet, il est impératif pour l'économie que les marchés fermés depuis quelques jours réouvrent leurs portes de même que la cotation des cours suspendus.
Si le risque de chute est probable sur certains titres en mal de liquidité ou surévalués, on peut espérer quelques signes d'apaisement, mais je doute que dans ce climat morose les actions des entreprises même correctement capitalisées et dont le bilan est connu avec précision subissent une hausse significative.
Aussi, je confirme ce que je le disais déjà en juillet dernier, les indices boursiers ne vont certainement pas remonter avant 2009 sinon plus tard. Le seul conseil que je puis vous donner est de ne pas vendre vos titres et de ne pas en acheter tant que la conjoncture est morose et les analyses techniques défavorables. Mais si cela continue de baisser, disons de plus de 20%, vendez tout et racheter plus tard. Vous éviterez ainsi bien des soucis.
Tirer les leçons du passé
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