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mardi 18 août 2015

Earth, la météo dynamique globale par Cameron Beccario

Si vous êtes lassés des cartes météos stylisées, dessinées à grande échelle, incomplètes et mises à jour toutes les 24 heures, vous avez de la chance car nous avons les moyens d'y ajouter la modernité ! 
Certaines chaînes de TV telles La Une, RTL et la BBC notamment l'ont bien compris et utilisent depuis quelques années des animations vectorielles à haute résolution.
L'ère de l'architecture parallèle
Avec le développement des cartes graphiques accélératrices capable d'exploiter la programmation vectorielle 3D en haute définition, des langages de programmation adaptés à ces représentations et de l'architecture et du traitement informatique parallèles, les programmeurs ont la possibilité de créer des applications d'une puissance de calcul encore inimaginable au début des années 2000.

La météo dans tous ses états. Document PSU.
C'est dans ce contexte technologique très élaboré, qu'en 2012 les designers Fernanda Viégas et Martin Wattenberg créèrent la première carte dynamique des vents des Etats-Unis, Wind Map.
Le projet Tokyo Wind Map
L'idée de représenter vectoriellement les variables météorologhiques intéressa Cameron Beccario, un ingénieur informaticien américain qui travailla notamment chez Microsoft et actuellement pour une société privée au Japon.
Son initiative est partie d'un projet personnel d'apprendre le javascript et la programmation des navigateurs Internet. Ses travaux aboutirent au projet Tokyo Wind Map qui affiche la circulation des vents au-dessus du Japon. L'animation est mise à jour toutes les trois heures à partir de données officielles. Le projet est toujours en ligne.

Le projet Tokyo Wind Map de Cameron Beccario.
Fort de cette première expérience et des commentaires enthousiastes des utilisateurs, en 2013 Beccario étendit son projet à la terre entière en tenant compte de variables météorologiques supplémentaires, aboutissant au projet Earth.
Le projet Earth
Earth modélise les paramètres météorologiques, y compris océaniques et les présente de manière dynamique sur un globe terrestre interactif. Tenant compte de milliards de données - ce sont de Big Data -, cette représentation parle évidemment beaucoup plus qu'une carte statique.

Circulation générale des vents en temps différé (3 heures)
Circulation des vents à l'ouest de l'Alaska autour d'une dépression.
Le programme qui ne requiert qu'une connexion Internet et un ordinateur standard permet d'afficher les conditions météos synoptiques et locales partout dans le monde avec une résolution inférieure à 1 km ! Les données sont mises à jour toutes les 3 heures.
On peut agrandir l'image sur une région du monde et choisir un endroit avec une précision géographique de 2' en latitude et 4' en longitude à 50° Nord soit environ 9 km ou 5 milles nautiques.
Le programme affiche la direction des vents, leur force, la température et le degré d'humidité en surface et en altitude, les courants océaniques et leur force, la direction des vagues, la concentration de monoxyde de carbone, de dioxyde de soufre  et l'extinction due aux poussières et aux sulfates.

Carte des températures et des vents en surface.
Carte des courants océaniques et de leur force.
Zoom sur le courant du Gulf stream.
Concentration du dioxyde de soufre en surface.
Earth utilise les données météorologiques et océaniques américaines gérées par le Global Forecast System (NCEP) de la NOAA et du National Weather Service (NWS), les données océaniques de la NOAA et de programmes tels OSCAR pour la force des courants, MMAB, EMC et WAVEWATCH III pour la température de l'eau et la hauteur des vagues, tandis que les données sur les aérosols et la chimie proviennent du NCEP et du satellite GEOS-5 de la NASA.
La vidéo suivante présente la conférence que donna Cameron Beccario sur son projet Earth à l'Université de Manchester dans le cadre du programme "The Graphical Web 2014".


Pour plus d'information
Consultez l'application Earth. Son menu (via le logo "earth") liste les différents modes d'affichage tandis que la rubrique "about" décrit les détails techniques (source des données, code source du logiciel, contact, etc).

mardi 7 juillet 2015

Miss météo

Internet a découvert une miss météo mexicaine...
On se demande pourquoi le commentateur australien (Ozzy man) a fini par abandonner. Oui, it's fun comme il dit !

 

Je ne suis pas sûr que tout le monde a retenu les mêmes nombres où les a mêmes lus. Et vous ?! Trois c'est déjà parfait. Oulala !

dimanche 7 décembre 2014

Bulletin Météo de 2050

Au cours de la Conférence sur les changements climatiques qui se déroule à Lima du 1 au 12 décembre 2014 (COP20), Météo France en collaboration avec l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM) ont voulu alerter l'opinion publique sur l'état d'urgence du réchauffement climatique.
Selon les dernières simulations, à  l'allure où vont les choses, si les gouvernements ne prennent pas de mesures plus drastiques et continuent à libérer autant de gaz carbonique dans l'atmosphère (700 millions de tonnes de CO2 chaque seconde), l'effet de serre va s'emballer provoquant une augmentation de la température moyenne du globe de plus de 4°C vers la fin du XXIeme siècle (certaines simulations envisagent même 6° d'augmentation).
Pour nous sensibiliser et montrer l'impact d'une telle hausse des températures, Météo France et l'OMM ont publié le bulletin météo du 18 août 2050 pour plusieurs pays dont la France.


Quatre degrés aux effets dévastateurs
Que représentent concrètement 4 degrés d'augmentation ? D'abord il s'agit d'une température moyenne; il y aura donc localement et en fonction des microclimats des pics très supérieurs en été (canicules) et très inférieurs en hiver (blizzard, etc) pouvant même se répéter.
La planète sera confrontée à des phénomènes météos plus violents et plus fréquents aux effets également plus dévastateurs (tempêtes, inondations, incendies, etc). Pour certains, la "loi des séries" prendra un sens très concret.
Dans le détail, plus de la moitié des glaciers vont disparaître (le processus a déjà commencé), les réserves d'eau douce qu'ils abritent condamneront des habitants de villages entiers à l'exil, la banquise va disparaître (et avec elle les ours blancs) et la plus grande partie de l'Arctique va fondre sous la chaleur (de 1979 à 2000, l'Arctique a perdu 33% de sa surface et la banquise diminue de plus de 3% chaque décennie). 
Evolution du taux de gaz carbonique
dans l'atmosphère d'ici 2100.
L'effet du réchauffement en Antarctique est plus difficile à évaluer et reste actuellement indéterminé.
Néanmoins les icebergs sont localement plus nombreux, la glace de mer est plus souvent morcelée (comme près du Groenland) et on observe plus de failles et de grottes que jadis.
Le permafrost des régions polaires va également fondre, libérant localement de grandes quantité de méthane actuellement prisonnier qui viendra accélérer l'effet de serre.
Selon certains modèles, suite à la baisse des précipitations, la forêt amazonienne pourrait se transformer en savane en 2100, éliminant une partie de la biodiversité (50% des pluies  tombant sur l'Amazonie proviennent de l'Atlantique et 50% de l'évapo-transpiration de la forêt. Aujourd'hui, la quantité de pluie a déjà diminué de 10% comparativement à 1975).
Sous les latitudes européennes, les climats régionaux vont devenir plus continentaux voire tropicaux et globalement plus secs; les rivières déjà peu alimentées en été vont totalement s'assécher, les nappes aquifères vont se tarir et les cultures pour la plupart inadaptées à ce nouveau régime trop chaud et trop sec vont dépérir.
Les vins, les céréales, les arbres fruitiers, les fleurs perdront leurs propriétés, des pans entier de l'agriculture traditionnelle risquent de disparaître au profit de nouvelles régions plus nordiques qui deviendront les nouveaux eldorado économiques.
Et on ne parle pas encore des effets possibles de la fonte des glaces sur la salinité de l'eau de mer et la circulation des courants océaniques qui à terme pourraient priver l'Europe de la chaleur du Golf Stream et nous faire connaître les rigueurs des hivers du Canada. Si cet évènement se produit, son effet pourrait durer plus de 1000 ans.
Scénario catastrophe ou réalité d'un futur annoncé, mieux vaut ne pas attendre de savoir qui a gagné à ce jeu de simulation mais changeons plutôt tous ensemble et tout de suite notre manière de consommer l'énergie.
Bienvenu en l'an 2050 !
Gaïa a besoin de nous
Aujourd'hui nous consommons 40 fois plus d'énergie qu'un animal ayant notre poids et nous occupons sur Terre 30 fois l'espace que nous devrions utiliser en vertu des lois de la sélection naturelle. Nous avons échappé à l'influence de dame Nature, mais n'oublions pas que loin des yeux, nous sommes aussi loin du coeur du problème.
Aurait-on oublié notre devoir envers la Terre ? Si nous voulons sauver Gaïa nous devons d'urgence réévaluer notre place dans la nature et protéger Gaïa. Alors seulement nous aurons sauvé la planète. Nos petits enfants nous remercierons.
Pour plus d'informations
L'effet de serre, Luxorion
La Terre, une planète fragile, Luxorion
Biosphère 2, Luxorion.

mercredi 8 janvier 2014

La tempête de neige Hercules s'abat sur New York

Voici une vidéo en time-lapse prise par le Wall Street Journal durant la nuit du 3 au 4 janvier 2014 montrant l'arrivée de la tempête de neige Hercules sur New York.
Cette nuit là la température est descendue à -13°C avec un ressenti proche de -28°C.


New York a enregistré mardi 7 janvier 2014 la température la plus basse depuis plus de 100 ans ! Il a fait -15.5°C à Central Park alors que 2 semaines auparavant on s'y promenait en tee-shirt ! Durant la journée la température n'a pas dépassé -10°C. Le précédent record de froid avait été enregistré en 1896 avec -14.4°C.
La situation est identique à Chicago où même le lac Michigan fume, l'eau étant nettement plus chaude que l'air.
La tempête de neige Hercules a touché 21 Etats américains, y compris l'Alabama et le Montana où le ressenti a atteint -51°C. Le froid polaire a déjà tué 16 personnes. Dix fois plus de sans-abris que d'habitude ont demandé l'aide des services sociaux.

*
Chicago sous la neige le 7 janvier 2014. Documents NBC.
Une journaliste a montré aux téléspectateurs à quel point il faisait froid. Elle a pris une tasse contenant de l'eau chaude et a jeté l'eau dans l'air; elle s'est instantanément transformée en neige !
Mais c'est dans le Midwest, notamment au Michigan, que la situation est la plus sévère où on observe des températures 20 à 50° inférieures aux normales saisonnières !

*
Froid polaire au Michigan le 6 janvier 2014. Documents US News.

mardi 10 décembre 2013

Record de froid de -93.2°C en Antarctique

Les chercheurs du centre américain du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) sont parvenus à déterminer l'endroit le plus froid de la Terre : il se situe en Antarctique, par 82.86°S, 135°O.
Pour y parvenir, les scientifiques ont analysé les données provenant de plusieurs satellites de télédétection, dont l'instrument MODIS embarqué sur le satellite Aqua de la NASA et TIRS6 du satellite Landsat 8.


Après avoir analysé 32 années de données de température enregistrées par plusieurs instruments embarqués sur des satellites, le point le plus froid du globe a été localisé à la surface de l'Antarctique, à côté d'une crête de glace qui s'étend du Dôme Argus au Dôme Fuji.
Dans de petites dépressions de 2 à 5 mètres de profondeur, il existe des endroits où la température a battu des dizaines de fois des records de froid.
La température la plus basse a été enregistrée le 10 août 2010 avec -93.2° C.
Le précédent record était détenu par la station de recherche Vostok avec une température de -89.3°C le 21 juillet 1983.

samedi 14 juillet 2012

Stratocumulus opacus mamma

Les nuages prennent parfois des formes étonnantes. Au soir du 14 juillet, après une forte averse, je fus attiré par la clarté jaune émanant du ciel.
Je suis sorti et levant les yeux, j'ai remarqué la présence de ce stratocumulus opacus mamma relativement bas. Il est reconnaissable à sa forme allongée et opaque et sa base boursoufflée ressemblant à des mamelles. Ce type de nuage est assez rare pour mériter cette publication. La formation s'est dissipée en un quart d'heure et disparut au bout d'une demi-heure.
Cette forme très particulière peut envahir tout le ciel, formant des alignements spectaculaires. Elle apparaît généralement sous les cumulonimbus après un orage, parfois sous les altostratus après une forte pluie, et plus rarement sous les cirrocumulus et les cirrus.


Le mamma se manifeste lorsque la partie instable d'un nuage se déplace au-dessus d'une couche d'air plus sèche. Les gouttelettes d'eau (ou les cristaux de glace) du nuage tombent dans la couche sèche où ils perdent leur énergie et se refroidissent par évaporation. En raison de l'instabilité, la descente des gouttelettes n'est pas uniforme, l'humidité présente dans la base du nuage est inégale et des zones plus sèches que d'autres se forment.
Photographie prise au Luxembourg. Vous trouverez d'autres photographies de mamma sur Triggerpit.

dimanche 5 juin 2011

Photographier les éclairs avec le kit Zeus

La photograhie des éclairs est un sujet très difficile. Non seulement le phénomène est fugace mais en plaine les éclairs tombent n'importe où et rarement là où vous avez orienté votre appareil photo. Et lorsque vous pensez l'avoir photographié, c'était juste trop tard !
Vous pouvez travailler en mode rafale (poses lentes de 1/10eme à 1 sec) ou même en laissant l'obturateur ouvert en pose B mais les résultats sont aléatoires.
L'amateur grec Viktor Takacs propose le kit électronique Zeus qui déclenche l'obturateur des APN lorsqu'il détecte un éclair.
Le système utilise un microcontrôleur PIC 16F628A, une photodiode OPT101 (à droite), un amplificateur à transimpédance (convertisseur courant-tension) et un système de calibration manuel, à régler en fonction de la lumière ambiante.
Le plan de montage est disponible sur le site de Viktor mais il vous propose également le kit préassemblé pour 85€, câble et port compris mais sans le boîtier. Vous devriez facilement trouver un coffret (dim.intérieures ~130x60x25 mm) dans tout bon magasin de petite électronique ou sur Internet chez Electronic Direct (réf. Tenclos TK660FB), Gotronic (réf. 11126), Transistek (réf. Tenclos), Conrad (réf. 6006) ou encore en Grèce chez AcDcShop (réf. HM-1599BBKBAT). Le kit fonctionne avec une pile de 9V (en fait délivrant au moins 6.5V en continu, par ex. 6LR21 ou 6F22) et présente une autonomie de 5h en continu.


Voici le kit que j'ai assemblé et relié à un Nikon D7000.


Je publierai quelques photos prises avec un Nikon D90 et un D7000 (tous deux munis d'un port MC-DC2 "GPS") dès que possible, encore faut-il qu'il y ait des éclairs !

mardi 15 mars 2011

Centrale de Fukushima : risque lié au facteur météo

Suite aux accidents survenus à la centrale nucléaire de Fukushima Daiishi depuis le 12 mars 2011 (Niveau 6 sur l'échelle INES), outre le risque d'irradiation pour le personnel de la centrale, il faut aujourd'hui ajouter le risque de contamination lié au facteur météo.
Bien que les autorités en parlent peu pour éviter l'effet de panique, il faut aborder le sujet et être conscient des risques potentiels pour notre santé à tous.
Le premier Ministre japonais a reconnu qu'une ou plusieurs des cuves de confinement des réacteurs nucléaires ainsi qu'une ou plusieurs piscines contenant des barres de combustibles usagées de la centrale libéraient des substances radioactives dans l'air.
A présent des particules radioactives ont été détectées dans l'atmosphère, y compris à Tokyo. Le facteur météo risque d'aggraver la situation.
Les effets météorologiques
En cas de précipitations locales, la pluie va entraîner ces particules radioactives au sol et contaminer les champs ainsi que la population du Japon.
Les vents peuvent également emporter ces poussières radioactives autour du monde, même en l'absence d'explosion, par le simple fait que les émissions radioactives sont continues tant que les fuites ne sont pas colmatées et le coeur comme les barres usagées refroidies.
Dans l'éventualité où l'un des réacteurs exploserait et que du plutonium notamment serait vaporisé dans l'air, si l'explosion est peu puissante, l'éventuel nuage radioactif restera confiné localement, brassé et dispersé par les vents dans les basses couches de l'atmosphère. Si le vent est soutenu, il peut disperser ces particules vers l'Est.
Mais si l'explosion nucléaire est violente, des particules radioactives pourraient atteindre le niveau du jet stream qui évolue vers 10000 mètre d'altitude.
Dans ce cas les particules seraient emportées dans la circulation atmosphérique générale et atteindraient les Etats-Unis quelques jours plus tard.
On estime qu'il faudra 8 à 10 jours pour que l'éventuel nuage radioactif arrive jusqu'en Europe (Belgique).
Si une telle situation devait se produire, restez à l'écoute des médias et écoutez les prévisions météos. Espérons qu'on n'en reparlera plus dans 2 semaines.
Statut le 17 mars 2011
Une simulation de la dispersion du nuage radioactif de Césium-137 a été publiée par l'IRSN (France). Elle couvre la période allant du 12 au 20 mars 2011. Les valeurs sont exprimés en becquerels par mètre cube d’air (Bq/m3).

Une seconde simulation a été préparée par l'IASB-BIRA, l'Institut Central pour la Météorologie et la Géodynamique autrichien où vous trouverez des animations mises à jour.

NB. Le Becquerel (Bq) mesure la quantité de rayonnement émis par un élément radioactif. Il s'exprime en nombre de désintégrations par seconde par unité de volume ou de masse.
Le Sievert (Sv et plus généralement le mSv) mesure la dose efficace (dose reçue) pour évaluer le risque pour la santé (1 Sv = 100 rem).
Selon l'IRSN, à titre de comparaison, les valeurs mesurées à proximité de la centrale de Tchernobyl, peu après l’accident du 26 avril 1986, dépassaient 100000 Bq/m3 ; elles étaient de l’ordre de 100 à 1000 Bq/m3 dans les pays les plus touchés par le panache radioactif (Ukraine, Biélorussie) ; en France, les valeurs mesurées dans l’Est étaient de l’ordre de 1 à 10 Bq/m3 (le 1er mai 1986) et le nuage contamina de nombreux habitants de la région.
Dans le cas présent, le nuage était 1000 fois moins dense au-dessus de Fukushima et atteindra la Californie le 18 mars 2011 avec une concentration 1000 fois plus faible qu'en France en 1986. Le nuage ne devrait pas toucher l'Europe (ou sous une forme pas plus concentrée que la radioactivité naturelle).
Quel est le risque ?
Actuellement, tant pour les Etats-Unis que pour l'Europe, vu les très faibles concentrations de radioactivité dans le nuage, les experts déclarent unanimement qu'il n'y aucun risque pour la santé.
Le nuage de Fukushima évoluant en permanence, consultez les sites mentionnés pour plus de détails.
En fait, il faut savoir que la radioactivité naturelle est de 1 à 2 Bq/m3 dans l'air. Dans les matériaux de construction la radioactivité peut atteindre plusieurs centaines de Bq/m3 (à l'exception du granit où elle peut atteindre 4000 Bq/m3), tandis que la radioactivité naturelle du Radon-222 varie entre quelque 40 et 1000 Bq/m3 selon les endroits, avec une moyenne nationale qui atteint 90 Bq/m3 en France.
Précisons que la réglementation européenne fixe la limite de concentration en Radon-222 à 400 Bq/m3 dans les anciennes habitations et à 200 Bq/m3 dans les nouvelles habitations.
Pour plus d'information
Consultez les articles sur le Jet stream, la Mesure de la radioactivité et la protection civile ainsi que les sites consacrés au Radon de l'AFCN (B) et de La radioactivité (F).

lundi 14 février 2011

Les éclairs filmés au ralenti

Il est rare que l'on présente des vidéos d'éclairs pris au ralenti. Et pour cause, il faut du matériel professionnel à plus de 10000$ (caméras Phantom, Photron, Optronis, ...).
Matthew "Jeff" McHarg de l'USAF a enregistré des éclairs au moyen d'une caméra ultra rapide enregistrant 9000 images/seconde. Voici le résultat d'un enregistrement ralenti 200 fois.


Comment se forment les éclairs ?
Les éclairs sont la manifestation lumineuse qui accompagne une décharge brusque d'électricité atmosphérique. Ces décharges d'électricité jaillissent soit entre un nuage et la terre (catégorie CG), soit entre différentes parties d'un même nuage (catégorie CC ou Crawler), soit enfin entre différents nuages.
Elles trouvent leur origine dans les hautes valeurs locales du champ électrique qui peut atteindre quelques milliers de volts par cm avant la décharge. Les courants de décharge oscillent entre 18 et 31 kA avec des petites variations atteignant 24 kA/ms. Mais ils peuvent atteindre plus de 200 kA pendant quelques microsecondes !
En temps normal l'air constitue un parfait isolant (rappelez-vous les propriétés des capacités); les charges positives et négatives sont dispersées, la différence de potentiel dans un nuage étant très faible.
Les éclairs se manifestent lorsque l'air devient conducteur. Les éclairs sont issus de régions ionisées (nuages ou terre) portées à des différences de potentiel importantes.
Lorsque les électrons chargés négativement dans une région sont fortement attirés par les charges positives présentes dans une autre région (la terre par exemple), la différence de potentiel atteint un tel niveau que des électrons libres s'entrechoquent, provoquant une "avalanche électronique" et créent en quelques nanosecondes un canal ionisé conducteur d'environ 1 m de diamètre au sein du nuage.
Ce canal est constitué d'ions et d'électrons; c'est un plasma conducteur. Près du sol, chargé positivement, les particules étant attirées par leur charge opposée, un canal ionisé s'amorce rejoignant celui formé au sein du nuage. A cet instant l'éclair se manifeste en suivant la trajectoire offrant la moindre résistivité (comme l'eau s'écoulant d'une colline), d'où son parcours en zigzag.


C'est au moment où le canal de retour (d'ordinaire issu du sol) se crée que l'éclair s'illumine et que l'on entend le tonnerre. Dans l'exemple où la foudre va du nuage vers le sol seul le premier éclair de retour présente une structure arborescente tandis que les décharges successives utiliseront toujours le même canal, donnant aux éclairs l'impression de clignoter.
Il peut y avoir jusqu'à 30 décharges de retour venant de la terre en l'espace d'une à deux secondes, donnant l'impression que l'éclair est persistant et très lumineux.
La foudre ne "tombe" donc pas uniquement du ciel mais monte également du sol. En fait lors d'un coup foudre entre un nuage et la terre, le sol étant positif, une première décharge d'électricité se manifeste du nuage vers le sol. Elle se fraye un passage à travers l'atmosphère en se dispersant en plusieurs petits canaux ou fourches en prenant l'aspect d'un escalier.
Lorsque l'une des fourches rejoint un canal issu du sol, le lien s'établit et forme dorénavant le trajet de retour qui permettra à la foudre de décharger des dizaines de milliers d'ampères dans le nuage.
En général le point de rencontre se situe à moins de 100 m au-dessus du sol. Cette première phase exploratoire affichant l'arborescence caractéristique est en général très peu lumineuse car elle ne décharge pas beaucoup de courant dans l'atmosphère. Par contre lorsque la foudre monte vers le nuage, la décharge de courant crée un plasma conducteur qui illumine violemment le canal, c'est l'éclair à proprement dit que vous observez.
Lorsque la foudre est tombée le nuage se recharge de lui-même un certain nombre de fois selon sa maturité et son activité. Certains cellules orageuses peuvent provoquer plus de 100 éclairs par minute tandis que les moins actives émettent un seul éclair durant tout leur cycle de vie, soit en l'espace d'une heure.
L'éclair que l'on aperçoit est accompagné de plusieurs impulsions très intenses d'énergie qui s'étalent au travers du spectre électromagnétique. L'essentiel de cette énergie est constituée d'impulsions continues (CC) qui sont souvent précédées par un rayonnement radioélectrique (RF) qui se manifeste durant les premiers instants de la décharge de l'éclair.
Un bref éclair apparaissant durant 0.25 ms émet un rayonnement radio-fréquence à 1 MHz tout à fait audible sur un récepteur onde-courtes. A mesure que la durée de l'éclair augmente, le signal radioélectrique se décale lentement vers les basses fréquences.
Ainsi une impulsion durant 12 ms par exemple émet un rayonnement RF à 20 kHz. C'est l'énergie contenue dans ce signal radioélectrique qui affecte les appareils électriques sous tension et qui, selon son intensité, impose de mettre en place des mesures de protection. C'est le même type d'impulsion électromagnétique mais amplifié qui est généré par une bombe EMP ou E-bombe.
Pour plus d'information
Vous trouverez d'autres vidéos d'éclairs en slow motion sur YouTube.

jeudi 9 décembre 2010

Rappel : les effets du verglas

L'hiver est la saison des sports de glisse mais aussi des... auto-tamponneuses, également appelées "pinball cars"... ! La preuve en images. Un homme averti en vaut deux.

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Rappelons que contrairement à la neige dont la présence suffit à faire lever le pied de l'accélérateur, le verglas est invisible. La température indiquée dans un véhicule est celle de l'air. Elle est proche de celle au sol si le ciel est couvert. Mais s'il y a des éclaircies et peu de vent, la température au sol peut être 4 à 5° plus basse.

vendredi 16 avril 2010

Islande: un nuage de cendres cloue les avions au sol

Suite à l'éruption du stratovolcan Eyjafjallajokull en Islande le 14 avril 2010, le nuage de cendres qui s’est développé dans l'atmosphère a contraint l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI) en concertation avec le Met Office de Londres, Eurocontrol et le London VAAC, à demander la fermeture des espaces aériens européens à partir du 15 avril 2010. Cette mesure exceptionnelle n'est pas sans conséquences sur l'économie européenne et mondiale.

Etendue du nuage de cendres le 16 avril 2010. Document NASA/Earth Observatory.
Composition du nuage
Pourquoi avoir fermer l'espace aérien ? La fumée volcanique est constituée de cendres d’une taille comprise entre le micro et quelques millimètres qui furent éjectés jusqu’à 12 km d’altitude. Ces cendres sont restées dans la troposphère et ne vont se disperser que très lentement. Les vents dominants soufflent ce nuage vers l’Est, en direction de l’Europe continentale (Allemagne, Scandinavie, Pologne et Russie).


Ce nuage de cendres se compose de microparticules de magma, de silicates et de gaz, essentiellement du chlore, du fluor et du dioxyde de soufre.
Au cours de leur progression dans la haute atmosphère, ces gaz peuvent se mêler à la vapeur d'eau pour former des goutellettes d'acide chlorhydrique et d'acide sulfurique (comme les fumées de combustion du charbon).
Ces gaz, qu'ils soient hydratés ou non, sont toxiques mais le nuage étant très peu dense, il ne représente aucun danger pour la santé. En revanche, la présence de ce nuage de cendres pose un problème pour l'aviation.
Effets du nuage de cendres sur les avions
Du point de vue météo et aéronautique, sont touchés les niveaux de vol entre FL550 et FL200 à partir de 45° N et principalement au-dessus de la Manche, de la mer du Nord et de la Scandinavie dans un premier temps. Ce sont donc tous les avions jets, les moyens et longs-courriers qui sont touchés par ce phénomène naturel.



Que risque un avion s'il traverse ce panache de fumée ? Un avion qui traverse ce nuage va accumuler des cendres dans ses réacteurs. Les palettes vont également se recouvrir d'un dépôt de cendres vitrifiées. La combustion peut alors être complètement interrompue et provoquer la chute de l’avion.
A ce jour, on dénombre une centaine d'accidents de ce type dans le monde, le plus spectaculaire étant un Boing 747 de la British Airways qui, après l'éruption du volcan Galungung en Indonésie en 1982, chuta de 6000 mètres durant 13 minutes avant de pouvoir redémarrer deux des quatre réacteurs. Le danger est donc réel.
Ces cendres sont également abrasives; elles érodent le fuselage ainsi que le bord d'attaque des ailes et peuvent dépolir le pare-brise.
Enfin, ces cendres ont des propriétés électrostatiques pouvant induire des dérèglements des instruments de bord.
Paralysie du trafic aérien
En Belgique, de mémoire de contrôleur aérien, c'est la première fois depuis 1945 que l'aéroport de Brussels Airlines) a été fermé plusieurs jours au trafic aérien ! La situation est identique dans toute l'Europe du nord, d'Oslo à Milan en passant par Barcelone et Munich.
Le sud de l'Europe est toutefois relativement épargné, les vols entre Athènes par exemple et Madrid étant maintenus (cf Google map pour une carte des aéroports perturbés).
Mais d'un phénomène banal qui devait temporairement interrompre le trafic aérien local, nous sommes rapidement passés à une situation chaotique dans toute l'Europe.
Selon l'IATA (Association Internationale du Transport Aérien), "c'est très certainement comparable à la paralysie massive [de l'espace aérien] qui suivit le 11 Septembre".
Des mesures excessives
D’aucuns peuvent se demander si les mesures prises par l'OACI et répercutées par les ministres des transports de nos pays sont justifiées ? Elles ne sont certainement pas excessives du point de vue de la sécurité aérienne car on ne peut pas faire voler un avion tant que le risque d’accident subsiste.
Quant à fermer totalement les aéroports internationaux, on peut juger la décision tout de même excessive. En effet tous les vols au départ ou en provenance de l'Ouest (Amériques), du Sud (Afrique) et de l'Est (Moyen-Orient, Asie) passent très loin du panache de cendres ou le pilote peut très bien modifier son plan de vol pour éviter cette zone à risque.
Impacts de l'immobilisation des avions
Si pour les passagers, l'immobilisation des avions entraîne des retards ou des annulations, l’arrêt du trafic aérien a un impact financier.
L'IATA estime que l'industrie aérienne perd environ 200 millions de dollars par jour d'immobilisation.
La présence du nuage de cendres a également des impacts inattendus : des milliers de containers sont bloqués dans les aéroports, contenant notamment des animaux vivants, des aliments périssables (primeurs, poissons, etc), des prélèvements d’organes humains, des cercueils, du courrier urgent, des pièces de rechange, etc. Les missions aériennes militaires sont également touchées.
Enfin, des personnes blessées ne peuvent pas être rapatriées par avion sanitaire, des rendez-vous d'affaires ont dû être annulés, etc.
Vu l’impact de cet événement sur l’économie et l'emploi, il va de soi que l’Europe ainsi que les gouvernements prendront des mesures extraordinaires pour indemniser les principales entreprises victimes de cet arrêt de travail forcé.
Si les tour operators et les passagers font la grise mine, ce sont les agents des chemins de fer qui auront le sourire dans les prochains jours !
L'Europe vous protège
Avis aux voyageurs : l'Europe impose aux compagnies aériennes de soit rembourser intégralement les voyageurs lésés, y compris de rembourser leurs frais de séjours supplémentaires soit de leur proposer un autre moyen de transport. C'est une obligation contractuelle.
Vous pouvez également vous renseigner sur vos droits en téléphonant au guichet européen "Europe Direct" au 00 800 67 89 10 11.
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Samedi 17 avril : En fonction de la vitesse et de la direction des vents, on estime que les avions pourraient rester au sol jusque lundi 19 avril au matin.
Lundi 19 avril : des scientifiques ont embarqué à bord de plusieurs avions longs-courriers au départ des aéroports allemands, suisse et français pour évaluer les risques liés à la présence du nuages de cendres.
Les résultats sont négatifs; les vols pourraient donc reprendre. Toutefois, les gouvernements anglais, belge, luxembourgeois, français et allemands notamment maintiennent les avions au sol jusque ce soir 18h voire jusque mardi matin.
Le nuage de cendres continue de s'étendre vers l'Est et vers l'Ouest mais les satellites perdent sa trace au milieu de l'Atlantique Nord.
Mardi 20 avril : le nuage se dissipant au-dessus de régions peu fréquentées, les vols reprennent lentement un peu partout en Europe mais les couloirs aériens ont été modifiés pour éviter le nuage de cendres.
Dans tous les cas, s'il n'y a pas de nouvelles éruptions importantes, les cendres résiduelles seront lessivées et retomberont au sol avec les prochaines pluies.
Samedi 1 Mai : l'Europe a évalué la perte financière pour le secteur du tourisme à 1 milliard d'euros. Les avocats de certaines compagnies aériennes refusent d'indemniser leurs clients sous le prétexte qu'il s'agirait d'un cas de force majeure, malgré l'avis contraire de la Commission Européenne. Visiblement, tous les dossiers ne vont pas se traiter à l'amiable, surtout les séjours bon marché signés avec des compagnies de charter assurant un service minimum ! Que chacun en tire la leçon.

Le panache de fumée émis par le volcan Eyjafjallajokull le 28 mai 2010. Doc ESA.
Dernières nouvelles
Samedi 8 mai 2010. Ca recommence ! Une bonne partie de l'Espagne est affectée par un nouveau nuage de cendres émis par le volcan islandais. Le panache situé au-dessus de l'Atlantique se dirige vers le Portugal, l'Espagne et le sud de la France. Plusieurs dizaines d'aéroports ont été obligés d'annuler certains vols ou de les retarder de 24 heures mais aucun aéroport n'a été fermé.
Les compagnies aériennes ou les agences de voyage proposent à leurs clients lésés soit une autre destination soit de rembourser totalement leur billet. Autrement dit, c'est la débrouille avec à la clé des rendez-vous manqués.
Les passagers devant partir ou revenir par avion ce weekend sont priés de consulter le planning des vols de leur compagnie aérienne sur Internet.
2011 : Sur les 7 jours principaux de fermeture (15-22 avril 2010), les pertes directes pour les compagnies aériennes furent estimées à environ 1.7 milliard de dollars, comprenant la perte de revenus, les remboursements ou reports des billets et les coûts supplémentaires pour prendre en charge les passagers bloqués. L'impact économique global fut d'environ 5 milliards de dollars.

mercredi 15 juillet 2009

Des nuages nacrés à Paris pour le 14 juillet 2009

Comme ce fut déjà le cas le mois dernier, des nuages nacrés sont de nouveau visibles au-dessus de l'Europe et des Etats-Unis.
Le webzine Spaceweather rapporte que des nuages nacrés ont été observés au-dessus de Paris au soir du 14 juillet 2009.
Il est possible qu'ils soient encore visibles quelques jours. Surveillez le ciel au-dessus de l'horizon ouest, entre 30 minutes et 1 heure après le coucher du Soleil, soit à partir de 22h30 locale environ.


Nuages nacrés photographiés par Sylvain Raimbault le 14 juillet 2009.

jeudi 18 juin 2009

Nuages nacrés au-dessus de l'Europe

Au soir du 16 juin 2009 des observateurs situés en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Angleterre, en Irlande, en Allemagne, au Danemark, en Pologne, en Estonie et en Russie notamment ont observé des nuages nacrés remarquablement brillants.
Sans qu'on puisque vraiment l'expliquer, les nuages nacrés tendent à être plus actifs lors du minimum de l'activité solaire qui a lieu actuellement.
Ci-dessous une photographie prise par Chris Rollwagen depuis Postdam, en Allemagne. Il est possible que des nuages nacrés soient encore visibles ces prochains jours vers 23h ou minuit (aujourd'hui le coucher du Soleil à Bruxelles a lieu à 21h59 locale).

Les nuages nacrés
Comment et où se forment les nuages nacrés ? Ces nuages apparaissent dans la stratosphère, vers 25 km d'altitude. Il existe en effet encore suffisamment d'air et d'humidité pour y trouver des particules de glace et d'eau surfondue qui se forment par condensation.
Le milieu est stratifié en raison de contraintes thermodynamiques dont la tropopause est le plus bel exemple. En effet, cette barrière empêche les échanges d'eau et de chaleur dans le plan vertical et isole les nuages troposphériques de ceux que l'on rencontre dans la stratosphère et la mésosphère.
Aux latitudes polaires (Scandinavie), on peut régulièrement observer des nuages nacrés (noctilucent en anglais).
Ainsi que le montrent ces deux photographies, ces nuages ressemblent à nos cirrus ou nos altocumulus lenticulaires mais sont irisés ou d'un bleu électrique, phénomène à l'origine de leur nom. Ces irisations apparaissent durant le crépuscule, lorsque le Soleil est passé sous l'horizon, raison pour laquelle on ne peut les photographier qu'après le coucher du Soleil.
Malgré la stabilité de l'air à ce niveau de l'atmosphère, à l'image de l'effet KHW, certains nuages nacrés présentent occasionnellement des turbulences verticales à l'image des nuages orographiques.
Un phénomène similaire mais beaucoup plus rare se manifeste dans la mésosphère, vers 85 km d'altitude, à hauteur de la mésopause.
A cette altitude, le contenu en eau de l'atmosphère est si pauvre que les nuages nacrés ne peuvent pas se former par condensation. Le processus tient essentiellement à la présence de poussières qui servent de noyaux de condensation aux particules de glace.
A cette altitude, la forme des nuages nacrés ne varie pas foncièrement par rapport à ceux de la stratosphère et les bancs sont tout aussi vastes. Ils peuvent présenter des couleurs allant du blanc-gris à l'argenté et deviennent bleus après le coucher du soleil. Ils présentent leur brillance maximale à la fin du crépuscule astronomique (lorsque le Soleil est à plus de 18° sous l'horizon, environ 2 heures après le coucher du Soleil) du fait de la lumière rasante, pour décliner ensuite en raison de l'obscurité.
Notons que ce phénomène n'a rien à voir avec les irisations ordinaires que l'on observe dans les altocumulus ou les différentes variétés de cirrus, les arcs circumzénitaux ou encore le phénomène de couronne associé aux cirrostratus.
Vous trouverez d'autres images de nuages nacrés sur le site de Spaceweather.

mardi 10 mars 2009

L'indice Dow Jones et les taches solaires

Y a-t-il un rapport entre les marchés boursiers, le PIB et les taches solaires ? Réfléchissez bien avant de répondre...Corrélation entre l'indice du Tararingapatam Stock Exchange (bourse de Tchéquie, indice TX-50) et le nombre de taches solaires.
Le chercheur Théodore Modis de la société suisse Growth-Dynamics s'est sérieusement penché sur la question et a publié un article sur le sujet dans le journal "Technological Forecasting & Social Change" en novembre 2008.
Cet article eut peu d'écho dans le grand public mais, crise du système monétaire oblige, il mérite une seconde lecture.
Théodore Modis est un physicien diplômé de l'Université de Columbia de New York. Il a travaillé aux Brookhaven National Laboratories (BNL) et au CERN.
Mais c'est avant tout un expert en analyse stratégique financière. Il s'intéresse également à la prospective en matière boursière. Il est enfin auteur de plusieurs livres et articles sur le sujet.
Corrélations
Modis a observé des corrélations entre le PIB des Etats-Unis et le nombre de taches solaires ainsi qu'entre l'indice financier Dow Jones Industrial Average (DJIA) et le nombre de taches solaires. Les données qu'il a analysées couvrent 80 ans d'histoire.
Les corrélations observées lui ont permit de prédire le PIB et la situation financière du marché américain à l'horizon des 10 prochaines années. Les deux corrélations ont mis en évidence une tendance à long terme dont le pic se situait aux alentours de juin 2008 (il est survenu début mai 2008)... avant de chuter.

Modis conclut son article en disant :
"... Si on accepte qu'il y ait quelque corrélation entre la croissance du PIB et la croissance du marché boursier [...], dans ce cas on ne peut pas utiliser le manque de preuve scientifique comme argument pour nier l'existence de corrélation entre le marché boursier et les taches solaires (ci-dessus), ou entre le PIB et les taches solaires.
D'un autre côté, si ces corrélations sont réelles, alors on peut s'aventurer à prévoir des tendances à long terme pour le DJIA et le PIB..."
Sur base de ces tendances, Modis prévoyait un indice DJIA de 13908 pour la mi-2008 (il atteignit 13191 le 5 mai 2008) et de 7919 début 2014.
Notons que d'autres chercheurs ont également noté une corrélation entre l'indice du Tararingapatam Stock Exchange (bourse de Tchéquie, indice TX-50 présenté en haut de page) et le nombre de taches solaires.
Bien qu'il y ait une certaine corrélation entre les taches solaires, certains indices boursiers et le PIB, il y a également beaucoup d'influences, telles que les effets d'annonces (politiques ou socio-économiques), l'effet de panique et l'effet négatif du crédit (emprunts) dans l'industrie bancaire qui viennent impacter l'évolution des cours.
Poussière d'étoile
Sir William Herschel qui était également astronome, avait découvert une corrélation entre les prix du blé et les taches solaires. Taches sombres à la surface du Soleil (21 sept 2000). Document Ray Gralak.En effet, en 1801, il publia deux articles qui, de part la réputation d'Herschel en Angleterre (il était astronome royal), lança l'étude de l'influence du Soleil sur le climat terrestre, qui de fait existe bel et bien, au point que les scientifiques parlent aujourd'hui de l'influence de la "météorologie spatiale" (spaceweather) sur l'environnement terrestre.
C'est également dans ce premier article que Herschel discute d'une anticorrélation entre le prix du blé et le nombre de taches visibles sur le Soleil.
C'est l'une des raisons pour laquelle Modis présume que les liens entre le DJIA et le PIB ne sont pas liés au hasard.
Pour conclure, Modis nous rappelle "comme le disait l'exobiologiste Carl Sagan dans sa série "Cosmos" diffusée dans les années 1980, "nous sommes tous faits de poussière d'étoile". Il n'est pas déraisonnable de penser que le flux et le reflux de notre existence continuent d'être liés à notre plus proche étoile".
Corrélation n'est pas preuve
Etant notamment météorologiste et informaticien de formation, travaillant pour une société d'investissement et étant astronome et radio amateur, je peux dire que je connais un peu ces domaines pour les avoir pratiqués avec succès durant de nombreuses années.
C'est la raison pour laquelle cette étude m'interpelle mais comme ce fut sans doute votre cas, mon sens critique m'a mis en alerte, me faisant esquisser un léger sourire...
Sans contredire Théodore Modis, je suis étonné de voir de telles corrélations. Mais que signifient-elles réellement ?
Je dois honnêtement reconnaître que ces corrélations sont troublantes et d'autant plus si la présence de taches solaires aurait un effet inconscient sur le comportement humain et plus encore, sur toute une société ou tout le moins sur tous ceux ayant placé directement ou indirectement leur argent en bourse. Mais c'est bien là que le bas blesse...Gros plan sur une tache solaire (28 sept 2005). Document NSO.
Pour le dire vite, "ce n'est que du blabla"; ces corrélations restent à démontrer et un constat aussi détaillé soit-il ne représentera jamais une démonstration - mathématique - prouvant l'existence d'un lien de cause à effet.
Et en tant que physicien, donc féru de mathématiques, rigoureux, et spécialisé dans l'analyse financière, Modis le sait sans doute mieux que personne.
Ne me parlez pas d'astrologie où un astre pourrait soi-disant influencer le comportement humain ou un élément de notre organisme à distance ! A part l'effet de la gravité sur la masse des océans notamment, l'influence (mineure) des astres est largement effacée par les interactions à courtes distances (mécaniques, chimiques, électromagnétiques, etc.), la plupart d'entre elles nécessitant même un contact avec un élément du corps humain pour produire un effet.
Mais Modis n'a peut-être pas utilisé le bon substantif. Car au lieu de parler de "corrélation", il aurait été plus judicieux qu'il utilise le terme de "coïncidence". Comme la "loi des séries", le hasard peut effectivement produire des effets inattendus qui semblent obéir à des lois, mais l'air ne fait pas la chanson...
Je conclus donc sereinement que pour nous dire quelque chose de concret sur le monde, cette analyse empirique doit être formalisée et mise en équation.
Autrement dit, s'il y avait une recette miracle pour gagner en bourse, ça se saurait !
Des modèles à améliorer
Seule chose positive, ces indices apportent encore plus de poids face à ceux qui douteraient de l'intérêt d'améliorer nos modèles de l'activité du Soleil comme celui de la géomagnétosphère, de l'environnement Terre-Soleil et de l'atmosphère terrestre, des domaines où les phénomènes magnétiques et hydro-dynamiques en évolution (taches solaires, CME, tempête géomagnétique, aurore, masses d'air, nuages, etc) sont excessivement complexes à mettre en équations et demeurent imprécis. Attracteur étrange observé dans l'évolution de l'action d'Apple Inc.
Sans parler d'une éventuelle mise en équation des marchés financiers. On connaît les "vagues d'Elliott" à l'origine des grandes crises, mais nul ne peut encore les prévoir. On sait en revanche que certaines actions comme celle d'Apple par exemple présentée à gauche ont un comportement chaotique, a priori imprévisible. Mais cela ne signifie pas nécessairement que toute prévision à leur sujet soit impossible (comme il semblait impossible de savoir à quel instant démarrait un faisceau laser).
A l'inverse, nous connaissons des phénomènes mécaniques jugés a priori prévisibles et réversibles qui s'avèrent finalement du ressort des "lois du chaos" à très long terme (le mouvement des planètes par exemple).
Enfin, et c'est le plus grand défi, il reste à mettre en équation le comportement humain. Peut-être que la cybernétique pourra nous y aider.
Ce n'est qu'une fois que ces modèles seront validés et donneront toute satisfaction, y compris dans leurs détails - et ce n'est pas avant quelques générations - que les scientifiques pourront essayer de démontrer l'influence des uns sur les autres et notamment superposer les prévisions des cycles de l'activité solaire (et tout ce que cela comprend) sur celles de l'évolution des marchés boursiers.
Ainsi qu'on le constate, il reste du chemin à parcourir et encore de l'avenir pour les chercheurs en quête de sujets d'études avant que les idées séduisantes de Modis soient démontrées. Avis aux intéressés.
Pour plus d'information
A propos des influences du Soleil sur la Terre, consultez les articles La Terre, une planète fragile (climatologie), Origine du champ magnétique solaire, La belle aurore ! (magnétisme), La science du chaos, et en anglais The short history of the Smoothed Sunspot Number, Ionospheric perturbations.

dimanche 8 février 2009

La station de ski d'Isola 2000 sous 8 mètres de neige

Depuis dimanche 8 février 2009, l'accès à la station de ski d'Isola 2000, dans les Alpes-Maritimes, est fermé "jusqu'à nouvel ordre" en raison des risques d'avalanche, a indiqué la préfecture.
Huit mètres de neige
Isola 2000 sous la neige le 7 février 2009. Document TF1/LCI.Si jeudi 4 février on relevait encore 2.1 mètres de neige à la station et plus de 3 mètres au sommet des pistes, au cours du week-end de fortes chutes de neige sont tombées dans la région, portant localement l'épaisseur cumulée de neige à 8 mètres sur la route !
De ce fait, l'accès à Isola 2000, où se trouvent actuellement quelque 900 personnes est fermé depuis jeudi soir.
Dans cette ouate blanche qui enveloppe toute la région, on ne reconnaît même plus les voitures qui ressemblent à autant de boules de neige. Le spectacle est surprenant. Un peu de ciel bleu et ce sera magnifique !
Face à cette situation d'exception dans cette région, le Conseil général a mobilisé des équipes de déneigement qui sont à pied d'oeuvre 24 heures sur 24. Une soixantaine d'hommes sont mobilisés, équipés de chasse-neige, pelleteuses, saleuses et fraiseuses à turbines.
En parallèle, pour assurer la sécurité du public, en surplomb de la route, des artificiers procèdent à des déclenchements d'avalanches. Ils ont déjà utilisé 150 kg de poudre, précise un porte-parole du Conseil général.
Un cadeau du ciel
A tout bonheur malheur est bon dit-on. Si la neige peut nous apporter les pires tracas, elle peut aussi nous procurer beaucoup de plaisirs.
La route d'Isola 2000 en février 2009. Document TF1/LCI. En l'occurrence, si les uns doivent travailler dur pour déneiger les voies d'accès et sécuriser le site, à l'Office de tourisme, tout le personnel a le sourire et travaille "dans la bonne humeur": "Tout le monde le prend bien, il y a un maximum d'entraide. Certains hébergeurs ont proposé à leurs clients bloqués dans la station de rester gratuitement, d'autres ont réduit leurs prix", indique Céline, l'une des responsables de l'accueil à l'office du tourisme.
Bonnes vacances !
Isola 2000 sort le bout du nez de la couverture de neige qui l'enveloppa tout le week-end. La station attendait 1000 visiteurs qui devront patienter jusqu'à lundi pour profiter de ces conditions d'enneigement exceptionnelles.
Selon Jean-Marc Bérard, directeur de la station, 20% du domaine skiable était ouvert dimanche. "Nous faisons le maximum pour ouvrir à 80% lundi", a-t-il ajouté.

Panorama d'Isola 2000.

L'approvisionnement ne posera pas de problèmes, la station disposant de réserves suffisantes et les voies d'accès étant en cours de déneigement.
Actuellement, la hauteur cumulée de neige en haut des pistes oscille entre 7.50-7.70 mètres. La hauteur effective dans la station atteint par endroit 2.10 mètres.
Compte tenu des circonstances, les skieurs peuvent utiliser gratuitement les remontées mécaniques.
Notons que les sites français présentant la météo des neiges, notamment celui de France-Bleue, Hauteur de Neige et L'Internaute n'ont pas été mis à jour durant le week-end.


Descente d'une piste bleue à Isola 2000 par Steph dit StaNKiLL.

samedi 5 juillet 2008

La Belgique mauvaise élève en matière climatique

L'Institut Fédéral Suisse de Technologie ETH (Eidgenössische Technische Hochschule), a récemment publié un classement des pays en fonction des résultats de leur "politique internationale du climat" rapporte le journal De Morgen.
Document Greenpeace.
Il ressort de cette étude que la Belgique arrive en dernier lieu du palmarès européen, elle reçoit une note "insuffisante", toute aussi mauvaise que la note accordée aux pollueurs notoires que sont les Etats-Unis et l'Australie.
Selon ce rapport, les autorités belges font beaucoup trop peu d'efforts au niveau international pour freiner le changement climatique.
A la lecture de ce rapport, les journalistes ont qualifié la Belgique de cancre européen !
Le classement de l'ETH s'appuie sur cinq indicateurs : le délai de ratification du protocole de Kyoto et du traité sur le climat; le respect des engagements financiers; la correction des évaluations; et le niveau de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Paul Magnette, ministre belge du Climat et de l'Energie est conscient du problème mais explique qu'il est difficile d'aboutir rapidement à des résultats dans un pays où vivent deux communautés et où toutes les décisions communes se prennent très lentement.
Quant aux scientifiques concernés par ce problème, ils ne sont pas étonnés par les résultats de cette étude, car même en considérant d'autres critères, globalement on arrive au même constat.
Pour plus d'information sur les mesures concrètes que nous pouvons prendre pour réduire le réchauffement climatique et agir en faveur de l'écologie, consultez le dossier sur L'écologie et l'environnement.

vendredi 24 août 2007

Des jets de plasma au dessus des nuages d'orage

A côté des éclairs de rayons gamma que l’on a détecté dans l’ionosphère, en 1989 les astronautes de la navette spatiale ont découvert qu'entre 30 et 100 km d’altitude environ, des jets de plasma surgissent au-dessus des nuages d’orage, desquels ils s’échappent sous forme de filaments bleutés, de "gigantic jets", de "sprites" (lutins) et autres "elfes" rouges. Sprites photographiés en Australie en 2005.
Non, vous ne rêvez pas, vous n'êtes pas en train de lire un conte merveilleux non plus, c'est une découverte scientifique surprenante dont les témoignages furent longtemps attribués à des méprises.
Ces phénomènes lumineux peuvent s'étendre sur 100 km au-dessus des nuages d'orage. Au-delà, la densité électronique est trop faible pour qu'ils se manifestent.
Le document présenté ci-dessous a été enregistré le 20 août 2007 par Richard Smedley, un astronome amateur américain vivant à Broken Arrow, en Oklahoma.
Des Gigantic Jets filmés en Oklahoma
Alors que Richard Smedley voulait filmer des météores avec une caméra ultra sensible, un orage grondait à 170 km de là, au Missouri. Soudainement, il observa d'étranges lueurs dans le ciel qui ressemblaient à des météores très brillants ou des bolides émanant non pas du ciel, mais d'une région proche de l'horizon.
Gigantic jets filmés au-dessus de cellules orageuses en Oklahoma le 20 août 2007. Document Richard Smedley/SpaceWeather.
Cliquer sur l'image pour lancer la séquence WMV sur le site de Spaceweather.

Il s'agissait en fait de bouffées de plasma émises à plus de 80 km d'altitude, jusque dans l'ionosphère, depuis le sommet des cellules orageuses. Ce sont des "gigantic jets" (GJ). Ils ont été découverts en 2001 par le Dr Victor Pasko à Porto Rico. Depuis, une trentaine de GJ ont été enregistrés. Ce sont les premiers qu'on observe sur le continent américain.
Les chercheurs pensent que les TLE sont des bouffées d’ionisation dont l’origine est liée à l’activité ionosphérique, un couplage électronique se créant entre les différentes couches de l'ionosphère.
A posteriori le phénomène est plus courant qu'on ne le pense, mais il faut que les conditions d'observation soient réunies, à savoir que le témoin regarde le ciel durant la nuit, soit à bonne distance d'un orage, qu'il y ait des éclaircies, et détecte ces lueurs évanescentes.
Les TLE sont principalement étudiés par un groupe de chercheurs européens réunis dans le cadre du projet CAL (Coupling of Atmospheric Layers). Oscar van der Velde du Laboratoire d’Aérologie de l'Université Paul Sabatier de Toulouse, en France, en a fait sa spécialité.
Pour plus d'information, consultez l'article publié par Spaceweather le 23 août 2007 ainsi que l'article sur les Phénomènes Lumineux Transitoires (TLE) où sont publiés d'autres documents relatifs aux TLE. Le blog Eurosprite rassemble également de la documentation sur ces phénomènes.